On ne dit pas : "Ça va ternir l'image de nous" !

Comme l'a lamentablement déclaré, le 14 août 2019, le jeune toulousain nettoyant bénévolement les plages, interrogé sur la chaîne de télévision française d'information en continu BFM TV.

Mais : "Cela va ternir NOTRE image" !

Comme souvent en pareil cas, je suis proprement effaré par la propension de toutes ces personnes, manifestement peu exercées à s'exprimer de manière correcte, à s'efforcer systématiquement de trop rehausser leur niveau de langue lorsqu'elles sont interrogées par un journaliste. Ce qui donne souvent d'elles l'image d'une personne incapable de construire une phrase correcte, alors que ce n'est pas forcément le cas.

Ici par exemple : ce jeune aurait naturellement bien mieux fait de se contenter de dire "Ça va abîmer notre image", phrase qui me semble avoir été largement à sa portée. Je ne peux en effet pas croire que l'on ne puisse pas dire "notre image" - et non "l'image de nous" - dès lors que l'on connaît la signification du verbe "ternir".

Même s'il ne relevait que du langage courant, le verbe "abîmer" était largement suffisant : nul besoin d'aller se creuser les méninges pour trouver le verbe "ternir", qui relève davantage du registre soutenu, pour ensuite se vautrer lamentablement, tout concentré qu'il était, le pauvre, en achevant sa phrase par "l'image de nous", qui le ridiculise en le faisant passer pour un analphabète, qu'il n'est clairement pas.

Je ne saurais trop conseiller aux jeunes ou aux personnes ne maniant pas notre langue avec aisance, de se contenter de phrases simples du langage courant, voire familier, plutôt que d'essayer en vain de rehausser leur niveau de langue.

Et de ne surtout pas chercher à vouloir utiliser des mots, verbes ou expressions du registre soutenu ne relevant clairement pas de leur vocabulaire actif.

Ne sachant les maîtriser correctement, c'est la catastrophe assurée.

On ne dit pas : "Faire des griefs" !

Comme l'a malheureusement déclaré Catherine Nayl, directrice de l'information de France Inter, le 25 janvier 2019, au micro d'Emmanuelle Daviet dans l'émission radiophonique "Le rendez-vous de la médiatrice", se félicitant de ce que les auditeurs prenaient la peine de contacter ses journalistes afin de leur faire part de leurs reproches concernant la couverture médiatique du mouvement des "Gilets jaunes", souvent jugée abusive.

Mais : "Faire grief" ou "Faire part de griefs" !

En raison de son niveau de responsabilité, du domaine dans lequel elle travaille (l'information), de ce qu'elle est une professionnelle du verbe, exerçant au plus haut niveau et donc, à ce titre, entourée d'une équipe de spécialistes de la communication dont certains l'aident à préparer ses interventions, ainsi que du cadre dans lequel elle a sorti cette formule (entretien préalablement préparé), je lui décerne sans hésiter mon label "Fâchés avec le français" !

On ne dit pas : "Y a des moments que moi ch'uis un peu d'accord" !

Comme l'a "déclaré l'artiste et programmateur musical français "Kiddy Smile", dans l'émission radiophonique française "Par Jupiter", de Charline Van Hoenacker et Alex Vizorek, sur France Inter, le 6 juin 2019.

Mais (du moins, je pense, car la pertinence du charabia de ce personnage m'échappe peut-être, hélas !) :

"IL y a des moments que, personnellement, j'approuve" !

Pour l'incommensurable bêtise de cette déclaration, je lui décerne sans hésitation mon label de médiocrité "Fâchés avec le français" !