On ne dit pas : "On va pas rev'nir à c'que disait Bernard" !

L'ancien président du club de football français du Racing Club de Lens (62) Gervais Martel

Comme l'a déclaré l'ancien président du RC Lens (62) Gervais Martel, le 28 octobre 2019, dans l'émission vespérale "L'Équipe du soir", de la chaîne de télévision française L'Équipe.

Mais : "On NE va pas revEnir SUR cE que disait Bernard" !

Pas spécialement pour cette déclaration, mais de façon générale, parce que j'ai rarement entendu une personne de cet âge (il est né en 1954) et avec ce niveau d'études (école de commerce) et de responsabilité (chef d'entreprise et président de club) s'exprimer aussi mal, Gervais Martel jouit du privilège d'être détenteur permanent de mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

On ne dit pas : "Je suis d'avis à" !

Le journaliste sportif français Pierre Maturana

Comme l'a déclaré le journaliste sportif français Pierre Maturana, le 4 août 2019, dans l'émission de télévision française "L’Équipe Mercato", de la chaîne L’Équipe.

Mais : "Je suis d'avis DE" !

Parce qu'il est coutumier du fait et s'exprime souvent très mal, je lui décerne mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

On ne dit pas : "Gérard de Villiers fait marcher l'édition française très bien" !

Comme l'a déclaré Jacques Chirac, le 7 avril 1983, au journaliste français Jérôme Garcin, dans son émission télévisée "Boîte aux lettres", sur la chaîne publique français FR3, en direct du 3e Salon du livre de Paris (75).

Mais : "L'édition française FONCTIONNE très bien GRÂCE À Gérard de Villiers" !

On ne dit pas : "On se ment à soi-même" et "Il se raconte quelque chose à lui-même" !

Comme l'a déclaré le philosophe français Raphaël Enthoven, le 19 octobre 2019, au journaliste français Emmanuel Khérad, dans son émission radiophonique dominicale "La librairie francophone", sur la radio publique nationale France Inter.

Mais : "On se ment" et "Il se raconte quelque chose à lui-même" !

On ne dit pas : "C'était la mode, dû aux événements d'Amérique du Sud" !

Comme l'a déclaré l'illustratrice française Rébecca Dautremer, le 13 octobre 2019, dans l'émission radiophonique dominicale française de Zoé Varier, "Une journée particulière", sur la chaîne publique France Inter.

Mais : "C'était la mode, EN RAISON DE CE QUI SE PASSAIT EN Amérique du Sud" !

Pourquoi dire : "Lorsque nous sommes arrivés en situation de responsabilité" ?

L'homme politique français Bernard Cazeneuve

Comme l'a déclaré l'ancien Premier ministre français Bernard Cazeneuve, le 9 octobre 2019, sur la radio publique française France Inter.

Et pas : "Lorsque nous sommes parvenus au pouvoir" ou "Lorsque j'ai été nommé à ce poste".

Je trouve parfois que j'exagère et ai une fâcheuse propension à accumuler les adjectifs ou les périphrases.

Mais je dois m'incliner devant ces rois de la novlangue que sont la plupart de nos hommes politiques, régulièrement "en capacité" d'enfumer leur auditoire et de masquer leur incurie, leur impéritie, leur incompétence et leur inefficacité - ou celle de leurs services - sous des propos aussi abscons.

"Ne dites pas : "Le soft power" !

Comme l'a fait la journaliste française Fabienne Sintes, le 7 octobre 2019, dans son émission radiophonique quotidienne  "Un jour dans le monde",
sur la chaîne radiophonique publique française France Inter.

Mais : "La manière douce" ou "Le pouvoir de convaincre" !

Ce concept utilisé en relations internationales a été développé par le professeur états-sunien Joseph Nye, et repris depuis une décennie par de nombreux dirigeants politiques.

Il désigne la capacité d'un acteur politique - État, firme multinationale, ONG, institution internationale (comme l'ONU ou le FMI), voire réseau de citoyens (comme le mouvement altermondialiste) - à influencer indirectement le comportement d'un autre acteur.

Le concept a été développé aux États-Unis vers 1990, mais la notion est née au XIXe siècle au Royaume-Uni.

C'est, en effet, en partie à travers la culture britannique, sa littérature notamment (Shakespeare, Conan Doyle, avec ses enquêtes de "Sherlock Holmes", Lewis Carroll avec "Alice au pays des merveilles", etc.) ou, par l'adoption par de nombreux pays, de normes comme les notions de fair-play et d'amateurisme, que le Royaume-Uni a pu exercer au XIXe siècle et au début du XXe une forte influence.

Source : wikipedia.org

Pourquoi dire : "Un tout petit territoire qui n'est pas censé supporter autant de supporteurs... si je puis dire" !

Comme l'a déclaré la journaliste française Fabienne Sintes, le 7 octobre 2019, dans son émission radiophonique quotidienne  "Un jour dans le monde", consacrée au Qatar, pays organisateur de la future coupe du monde de football 2022, sur la chaîne radiophonique publique française France Inter.

Et pas : "Un tout petit territoire qui n'est pas censé ACCUEILLIR autant de supporteurs" !

On ne dit pas : "C'est un basique" ni "Ça fait partie de nos basiques" !

Comme l'a déclaré Isabelle Monnet, directrice générale de la société Scolarest (Groupe Compass), numéro trois de la restauration scolaire en France, au cours du reportage "Cantines scolaires, qu'est-ce qu'on mange ?", dans l'émission radiophonique dominicale française "Interception", le 6 octobre 2019, sur la radio publique française France Inter.

Mais : "C'est un élément de base" ou "Cela fait partie de nos éléments de base" !

En français, "basique" n'est en aucune façon un substantif, mais uniquement un adjectif, qui signifie "de base, basal(e), élémentaire".

On ne dit pas : "Un achat en panic buy" !

Comme je l'ai entendu, début octobre 2019, dans l'émission télévisée "L'Équipe du soir", sur la chaîne télévisée française L'Équipe.

Mais : "Un achat de dernière minute" ou "Un achat effectué en catastrophe" !

Il s'agit, au surplus, d'un faux anglicisme, la véritable forme anglaise étant "Panic buying"...

On ne dit pas : "C'est des animaux qu'on essaye d'élever dans les mêmes méthodes qu'y a eu" !

Comme l'a déclaré un éleveur corse de porcs noirs, interrogé dans le volet consacré à "La Corse gourmande" de l'émission télévisée française "Échappées belles", rediffusée le 6 octobre 2019, sur la chaîne télévisée publique France 3.

Mais : "CE SONT des animaux QUE L'ON essaye d'élever AVEC les mêmes méthodes qu'AUTREFOIS" !

Pour cet épouvantable galimatias, je lui décerne sans hésitation, malgré son statut de non professionnel de la langue ou de la communication, mon label de médiocrité "Fâchés avec le français" !

Le lapsus du siècle !

C'est au sympathique Jean-Pierre Foucault que nous le devons. Et je trouve qu'il vaut son pesant d'or !

La scène remonte à 1987.

Le célèbre animateur présente alors l'émission de divertissement phare du moment, "Sacrée soirée", et il doit désannoncer la chanteuse Karen Cheryl, aujourd'hui davantage connue comme animatrice de radio, sous son véritable patronyme d'Isabelle Morizet.

La jolie vedette alors âgée de 32 ans, sexy en diable, en pantalon de cuir noir, vient de se trémousser quatre minutes durant au rythme de son nouveau titre "À l'envers, à l'endroit", lorsque le sémillant quadragénaire - nous sommes, je le rappelle en 1987 - vient la rejoindre sur le plateau en s'exclamant : "À bientôt Karen Cheryl, "Par devant, par derrière !"...

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