"Un toubib".

Un toubib dans un hôpital

Ce substantif masculin qui relève du registre familier désigne : un médecin.

Et il nous vient de l’arabe"ṭabib ("médecin"), via le maghrébin "ṭbib" et nous a été transmis à partir du XIXe siècle à travers l'argot militaire des nos troupes coloniales basées en Afrique du Nord.

Le médecin est une personne exerçant la médecine et titulaire du diplôme de docteur en médecine.

Une femme médecin, en consultation

Source : wikipedia.org

"Manu militari".

Cette locution adverbiale latine peut se traduite en français par "la main militaire".

Et elle signifie :

  • au sens propre : en employant la force armée, la force publique.

On dit par exemple : "Les occupants illégaux ont été expulsés manu militari".

23 août 1996 : expulsion manu militari des sans-papiers de l'église Saint-Bernard, à Paris (75) par les forces de l'ordre
23 août 1996 : expulsion manu militari des sans-papiers africains de l'église Saint-Bernard, à Paris (75) par les forces de l'ordre (© AFP Thomas Coex)
  • et par extension : par la force, par la violence.

On dit par exemple : "Elle a du mettre à la porte sa soeur manu militari".

Source : www.larousse.fr

"Une mater" et "Mater".

Ces mots homophonographes ne doivent surtout pas être confondus :

  • "Une mater" (ma-tère) est un substantif féminin du registre familier, signifiant selon le contexte :
    • par apocope : un établissement hospitalier public ou privé, service d'hôpital ou de clinique, réservé aux femmes sur le point d'accoucher ou présentant des complications dues à leur grossesse.

Un service de maternité

    • ou, pour les jeunes, par utilisation du mot latin "mater" ("la mère) : une mère.

On dit par exemple : "Ta mater est d'accord pour samedi soir ?".

Une maman et ses bébés, étendus sur l'herbe

Source : www.cnrtl.fr

"Une devise" et "Je devise" ou "Des devises" et "Tu devises".

"Devise" ou  "Devises" est un mot polysémique du langage courant signifiant, selon le contexte :

    • "Une devise" ou "Des devises" :
      • dans le domaine économique et financier :
        • tout actif financier liquide libellé en monnaie étrangère,
        • et par métonymie : l'unité monétaire d'un pays étranger, par opposition à la "monnaie", qui est l'unitaire monétaire de son propre pays,

On dit par exemple : "L'arrivée de l'euro a bien simplifié la vie des voyageurs en Europe, qui ne sont plus obligés de se procurer des devises différentes pour chacun des pays visités".

Des devises

      • en héraldique : une figure emblématique accompagnée d'une courte formule qui, généralement, s'y rapporte,

      • par métonymie : la formule seule,

On dit par exemple : "La devise de la République française est Liberté, Égalité, Fraternité".

      • par analogie : une courte formule exprimant un sentiment, une pensée, une attitude, un mot d'ordre, résumant une règle de conduite ou un idéal ; un adage, une maxime, une sentence,

On dit par exemple : "J'adore être pris pour un con par les imbéciles : telle est ma devise".

    • et "Je devise" et "Tu devises" :
      • je converse, je discute, je m'entretiens familèrement avec quelqu'un, ou tu converses, tu discutes, tu t'entretiens familièrement avec quelqu'un.

On dit par exemple : "Je devise souvent avec des collègues à l'heure de l'apéro".

      • et pour nos amis Suisses : j'établis un devis ou tu établis un devis.

Bien qu'elle soit couramment utilisée en France au sein de certains services commerciaux, cette acception du verbe "Deviser" constitue un helvétisme.

Source : www.journaldunet.fr, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Le syndrome de tako-tsubo" (ou "takotsubo"), "Le tako-tsubo" (ou "takotsubo"), "La ballonisation apicale", "La cardiopathie de stress" ou "Le syndrome du coeur brisé" : des émotions trop fortes et la perte d'un être cher sont véritablement capables de vous briser le coeur !

Le "tako-tsubo" ou "Syndrome du coeur brisé"

Ce syndrome peu ou mal connu est une maladie du muscle cardiaque, générée par un stress intense, dont le nombre cas ne cesse d'augmenter depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Ce trouble toucherait principalement les femmes.

Tout choc émotionnel ou physique entraînant un stress intense peut conduire à un tako-tsubo, davantage encore lorsque cette situation spécifique est associée à une fatigue intense. Des chercheurs de l'université de Zurich parlent notamment de décès, de rupture amoureuse, d'annonce d'une maladie, mais aussi d'intervention chirurgicale, d'agression, ou encore d'accident.

Autant dire que la pandémie de COVID-19 semble propice au syndrome du coeur brisé. Le nombre de cas aurait même été multiplié par 4,58 dans plusieurs pays pendant la crise sanitaire, comme le rapporte une étude états-unienne dévoilée en juillet 2020.

Des chercheurs de l'université John Hopkins, à Baltimore (Maryland) ont décrit plus précisément cette maladie. En 1999, l'équipe des professeurs Champion et Wittstein notait le caractère inhabituel de certains patients arrivant au centre se plaignant d'attaques cardiaques. Parmi eux, une forte proportion de femmes ménopausées qui venaient d'être victimes d'une émotion intense juste avant leur accident. "L'accumulation de stress conduit à une fragilité émotionnelle, qui peut aboutir à une paralysie du muscle cardiaque. Le coeur se met en état de sidération face à l'événement de trop, qui aurait pu être anodin en d'autres circonstances. C'est le Tako-tsubo, syndrome du cœur brisé ou cardiomyopathie de stress.

Pour mieux comprendre le phénomène, ces chercheurs ont collecté les électrocardiogrammes et différents dosages biochimiques de 19 patients souffrant de cardiomyopathie de stress, caractérisée par un spasme dans la poitrine et un affaiblissement général. Parmi les événements qui avaient amené ces malheureux à consulter, les chercheurs ont répertorié : un accident, un vol à main armée, une violente dispute et même une surprise d'anniversaire ! L'âge moyen de ces personnes était de 63 ans et 95 % étaient des femmes. Ils les ont ensuite comparés avec 7 patients atteints "de crises cardiaques classiques". Le syndrome se manifeste par des symptômes proches de l'infarctus, principalement chez la femme plutôt anxieuse, plus particulièrement au moment de la ménopause et chez les personnes en situation de précarité. C'est une urgence cardio-vasculaire encore trop méconnue, à prendre très au sérieux, tout particulièrement en cette période de COVID.

Une "fausse" crise cardiaque

Potentiellement mortel, ce syndrome a un très bon pronostic de guérison, à condition de bénéficier des traitements adéquats.

L'angiographie ne révélait aucune obstruction des artères alimentant le cœur, l'examen par les tests sanguins ne réussirent pas à déceler dans le sang les enzymes caractéristiques d'un dommage du muscle cardiaque. L'absence de dommage cardiaque a été confirmée par IRM (Imagerie par Résonance Magnétique). La capacité cardiaque revenait à la normale dans les deux semaines. En comparaison, la récupération partielle après une crise cardiaque peut prendre des semaines ou des mois et fréquemment, le dommage cardiaque est permanent.

Mais les analyses sanguines révélaient d'autres surprises. Les taux sanguins de plusieurs hormones appelées catécholamines (en particulier l'adrénaline) étaient deux à trois fois supérieurs aux autres patients après attaques cardiaques et 7 à 34 fois plus importants que les personnes en bonne santé. Sous l'effet d'une libération massive de ces hormones, une partie du cœur ne se contracte quasiment pas. Il se ballonne et prend une forme d'amphore, ce qui lui vaut le nom de "tako-tsubo" au Japon signifiant "piège à poulpe". Il s'agit d'une paralysie transitoire.

Des troubles du rythme ventriculaire, parfois graves, peuvent alors suivre. Les risques sont la mort subite, une insuffisance cardiaque aiguë, des caillots de sang dans le coeur inerte.

Les femmes davantage touchées que les hommes par le tako-tsubo

Surtout après la ménopause (probablement à cause de la chute du taux d'hormones aux effets cardioprotecteurs). Après cette première hypothèse, émise en 1999, une autre équipe états-unienne confirme cette prédominance féminine en 2005, tout comme l'issue très favorable en cas de traitement approprié.

Comment expliquer cette sensibilité féminine ? On le sait, les femmes réagissent différemment des hommes au stress. Leurs artères sont notamment plus sensibles aux effets du stress, les rendant plus sujettes aux spasmes. Ainsi, cette sensibilité féminine pourrait s'expliquer par les hormones et les liaisons nerveuses de leur cerveau et de leur coeur. Mais l'influence des hormones sexuelles sur les hormones du stress reste cependant largement mystérieuse.

L'importance d'un bon diagnostic

Alors qu'au Japon, ces troubles sont connus depuis de nombreuses années, ces cardiopathies de stress n'avaient suscité que peu d'intérêt en Occident. Les prochains travaux devront permettre de savoir si certains patients ont une vulnérabilité d'origine génétique et surtout savoir pourquoi ce syndrome des coeurs brisés touche principalement les femmes.

Ces travaux permettront demain de distinguer plus aisément ces cardiopathies de stress des véritables crises cardiaques. Bénéficiant du bon diagnostic, ces personnes pourraient éviter d'être soignées toute leur vie pour une maladie cardiovasculaire qu'elles n'ont pas. En attendant, essayez autant que possible de prendre un peu de distance par rapport aux événements stressants.

Le cerveau en cause ?

Selon une étude réalisée par des chercheurs de l'hôpital universitaire de Zurich, en Suisse, et publiée dans l'European Heart Journal, le 5 mars 2019, il y aurait un lien entre ce problème cardiaque et notre cerveau. Les scientifiques ont analysé l'activité cérébrale de 15 personnes souffrant d'un syndrome de tako-tsubo puis l'ont comparé à celle de 39 personnes en bonne santé.

Résultat, les patients atteints du syndrome ont une connectivité cérébrale différente et ne traite pas les émotions de la même manière. Ils seraient plus sensibles aux émotions fortes. Cette découverte permet d'envisager de nouvelles pistes de traitement.

Si la prévention - qui passe notamment par l'activité physique, une alimentation saine, un bon sommeil, ou encore des techniques de relaxation - peut permettre de réduire le risque d'être exposé à ce syndrome, la prise en charge doit elle être immédiate. Pour ce faire, il est primordial d'en connaître les symptômes.

Le syndrome peut être caractérisé par un essoufflement, une douleur brutale dans la poitrine en étau, des palpitations, une perte de connaissance, ou encore un malaise vagal.

Une femme de plus de 50 ans, ménopausée, en situation de rupture, ne doit surtout pas sous-estimer les premiers symptômes liés à un stress émotionnel aigu. Le syndrome de tako-tsubo nécessite une hospitalisation en urgence, pour éviter des complications graves et permettre une prise en charge en unités de soins intensifs cardiologiques. L'appel du 15 est primordial comme dans l'infarctus du myocarde, chaque minute compte !

Source : www.doctissimo.fr

"Une dragée".

Ce substantif féminin désigne :

  • au sens propre, dans le langage courant : une confiserie généralement constituée d'un noyau dur enrobé de sucre.

Un sachet de dragées

Les dragées sont traditionnellement offertes en petits sachets, à l'occasion de baptêmes, de mariages ou de communions, et présentées dans de petits récipients appelés "bonbonnières" ou "drageoirs".

Une bonbonnière remplie de dragées

On lançait jadis des dragées de petite taille durant certaines fêtes, ce qui fait qu'en français le nom des boulettes de plâtre puis des petits morceaux de papier qui leur ont succédé - les "confetti" - signifie "dragées" en italien.

Des confettis

  • et dans le registre argotique : une balle, un projectile d'arme à feu.

On dit par exemple : "Riton le Stéphanois s'est pris une dragée dans la guibolle en sortant de la banque : les flics nous attendaient !".

Des "bastos", "dragées" ou "pruneaux" ("balles" en argot)

Dans le même registre argotique, on utilise également les mots : "un pruneau" ou "une bastos".

Source : wikipedia.org

"Un motel".

Motel états-unien des années 1960

Ce substantif masculin désigne : un hôtel généralement bon marché, situé au bord d'une route et destiné aux automobilistes.

Motel états-unien

Curieusement, il me semble que l'on ignore assez souvent qu'il s'agit d'un anglicisme et d'un mot-valise (MOtorists hoTEL, c'est à dire "hôtel pour automobiles").

Un motel

Pourtant, tout le monde se souvient généralement du fameux "Bates Motel" du terrifiant film états-unien "Psychose", réalisé en 1960 par le génial Alfred Hitchcock :

Affiche du film états-unien "Psychose" d'Alfred Hitchcock (1960)

Source : Le robert

On ne dit pas : "Même s'il a un aura, une compétence" !

L'ancien joueur de rugby à XV et consultant sportif français Éric Blanc, cofondateur de la marque de vêtement "Eden park"

Mais : "Même s'il a unE aura, une compétence" !

Le mot "Aura" est en effet un subtantif féminin, qui nous vient du latin, et désignant - dans ce contexte - l'image, la réputation qui entoure ou semble entourer un être ou une chose.

Sources : Le Robert, www.larousse.fr, www.cnrtl.fr et wiktionary.org

"Un kop".

Le kop de Boulogne, au Parc de Princes

Ce substantif masculin anglais est utilisé en français pour désigner, selon le contexte :

  • une tribune, souvent située derrière une cage de but, où se rassemblent les supporteurs les plus acharnés d'un club de football (ou de hockey sur glace).

Comme par exemple le kop de Boulogne, figurant en illustration de cet article, situé dans la tribune homonyme du Parc des Princes, le stade du PSG, situé dans le 16e arrondissement de Paris (75).

Implantation du Parc des Princes, avec la ville de Paris (75) à l'Est, la ville de Boulogne-Billancourt (92) à l'Ouest, et le quartier de la Porte d'Auteuil, au Nord
Implantation du Parc des Princes, avec la ville de Paris (75) à l'Est, la ville de Boulogne-Billancourt (92) à l'Ouest, et le quartier de la Porte d'Auteuil, au Nord

Ce nom de "tribune Boulogne" résulte de ce qu'elle est située au Sud-Est du stade, à proximité immédiate de la ville de Boulogne-Billancourt (92), la tribune Nord-Est étant appelée "Auteuil", du nom du quartier limitrophe (où se trouve le fameux "stade de la porte d'Auteuil" : Rolland-Garros), celle de l'Ouest "Présidentielle" ou "Borelli", du nom de l'ancien président du club Francis Borelli et celle de l'Est "Paris".

Plan du Parc de Princes, le stade du Paris Saint-Germain, à Paris (75)

 

  • ou bien : ces supporteurs eux-mêmes.

Le mot "Kop" fait référence à la bataille de Spion Kop qui se déroula en Afrique du Sud, lors de Seconde Guerre des Boers en 1900, qui vit la victoire des Boers face aux troupes britanniques.

Traumatisés  par cette défaite, les Britanniques baptisèrent alors plusieurs tribunes de stades sportifs du nom de "Spion Kop" puis, par ellipse "Kop ".

Et ce mot est resté pour désigner certaines tribunes de stades où se regroupent les supporters les plus actifs.

En néerlandais, "Spion" signifie "Regarder" ou "Espionner" ("Spioen", en afrikaans) et "Kop" signifie "Tête".

C'est la furie des combats sur le plan incliné de la colline qui a suscité ce rapprochement avec les tribunes populaires animées des stades de football.

Arsenal FC, club alors basé en plein milieu des arsenaux royaux de Woolwich, est le premier à adopter le terme en 1904, suivi, en 1905, par Birmingham City FC puis Liverpool FC.

Le kop de Liverpool
Le kop de Liverpool

Le kop de Liverpool

Sources : www.larousse.fr et wikipedia.org

"Des desiderata" ou "Un desideratum".

Ce joli mot latin est utilisé en français, le plus souvent au pluriel pour désigner : des choses que l'on souhaite voir se réaliser, que l'on demande, que l'on attend. Et donc, selon le contexte : des désirs, des souhaits, des voeux, des revendications, des prétentions, des doléances.

On dit par exemple : "À force d'écouter les desiderata de son trio d'attaquants vedettes Benzema, Griezmann, Mbappé, durant la phase finale de l'Euro 2020, le sélectionneur des bleus, Didier Deschamps, s'est perdu dans ses schémas tactiques : 4-3-3 face à l’Allemagne lors de la première rencontre de poule, 4-4-2 face à la Hongrie, lors de la deuxième, 4-2-3-1 contre le Portugal, lors de a troisième, et enfin 3-5-2 face à la Suisse, lors du huitième de finale !".

Ou : "Mon nouveau patron m'a clairement demandé mes desiderata en matière de rémunération et d'avantages, et s'est engagé à me donner satisfaction !".

Sources : www.larousse.fr, www.linternaute.fr et www.cnrtl.fr