"Tirer sa révérence".

Cette locution verbale relève du langage courant.

Elle fait référence à la révérence, un salut cérémonieux et respectueux adressé en s'inclinant et en se découvrant, qui s'adressait, au XIIème siècle, aux personnages haut placés ou aux ecclésiastiques.

Tirer sa révérenceTirer sa révérence

Avant de devenir un geste de civilité principalement envers les femmes pour prendre congé.

Tirer sa révérence
President Barack Obama and First Lady Michelle Obama meet with the family of Staff Sergeant Robert J. Miller in the Oval Office, prior to awarding him the Medal of Honor posthumously in a ceremony in the East Room of the White House, Oct. 6, 2010. (Official White House Photo by Pete Souza)

Tirer sa révérence

C'est à partir du XVIIIe siècle que la formule "Tirer sa révérence" apparaît - par ellipse - pour signifier :

  • saluer en s'en allant, en s'inclinant,

On dit par exemple : "N'oublie pas de tirer ta révérence en partant".

On disait déjà en effet "Tirer le pied en arrière" ou "Tirer la jambe en arrière", pour évoquer le fait de porter le pied (ou la jambe) en arrière pour effectuer une révérence.

Et "Tirer sa révérence" constitue donc une ellipse de "Tirer le pied en arrière pour effectuer sa révérence".

  • et par extension :
    • partir, s'en aller ; prendre sa retraite, quitter un poste,

On dit par exemple : "Ce grand champion a annoncé q'après ce dernier tournoi il tirerait sa révérence".

    • s’éclipser sans demander son reste,

On dit par exemple : "Mon frère était épuisé : il a tiré sa révérence discrètement".

    • abandonner, renoncer à quelque chose.

On dit par exemple : "Nous sommes désormais seuls sur ce marché : notre dernier concurrent a tiré sa révérence".

    • ou : décéder, pour une personne célèbre.

On dit par exemple : "Le prince Philip a tiré sa révérence le 9 avril 2021.

Sources : www.larousse.fr, www.linternaute.fr, telavivcat.unblog.fr et wiktionary.org

"Qui m'aime me suive !".

Le roi Philippe VI de Valois

On ignore souvent - me semble-t-il - l'origine de cette jolie expression.

Il s'agit d'une citation du roi de France Philippe VI de Valois, datant du 23 août 1328.

Roi de France de 1328 à 1350 sous le nom de Philippe VI, Philippe de Valois est né en 1293 et mort le 22 août 1350. Il était issu de la branche cadette de la maison capétienne, dite "maison de Valois", car fondée par son père Charles de Valois, frère cadet de Philippe IV le Bel.

Philippe VI a restauré l'autorité royale en Flandre en y écrasant la rébellion lors de la bataille de Cassel (59), le 23 août 1328, au cours de laquelle furent tués et massacrés 16 000 artisans et paysans révoltés contre le comte de Flandre.

Localisation de la ville de Cassel (59)

Et c'est à ses troupes hésitantes qu'il menait au combat qu'il lança cette formule devenue célèbre : "Qui m'aime me suive !"

Sources : www.lefigaro.fr et wikipedia.org

Ne dites pas : "Faire allégeance" !

Mais : "PRÊTER allégeance" !

L'allégeance est l'obligation de fidélité et d'obéissance qui incombe à une personne envers la nation à laquelle elle appartient et le souverain dont elle est sujette.

Et, par extension : une manifestation de soutien, voire de soumission envers une personne ou un groupe.

"Mettre sous le joug" et "Passer sous le joug", "Subir le joug" ou "Vivre sous le joug".

Ces différentes locutions verbales relèvent du langage courant.

Utilisées essentiellement au sens figuré, elles font référence au "Joug", une pièce de bois (simple, double, frontale, de nuque) fixée soit en avant, soit en arrière des cornes du boeuf pour y attacher un dispositif d'attelage.

Un joug ancien, en bois massifDeux boeufs sous le joug

Et qui symbolise, par métaphore, dans le registre soutenu : la domination, la tyrannie, l'esclavage, la servitude, l'asservissement ; la sujétion, la contrainte matérielle ou morale.

Ou, plus généralement : tout ce qui entrave, freine ou gêne la liberté, l'épanouissement, le progrès.

  • "Mettre sous le joug", c'est donc : soumettre, asservir.

On dit par exemple : "Staline a mis sous le joug des centaines de millions de personnes".

  • et "Passer sous le joug", "Subir le joug" ou "Vivre sous le joug", c'est : subir la domination, la tyrannie, l'esclavage, la servitude, l'asservissement.

On dit par exemple : "Une grande partie de l'Europe a vécu sous le joug nazi durant plusieurs années".

Sources : www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"La drôle de guerre", "La guerre étonnante", "La fausse guerre" et "La guerre assise".

La "drôle de guerre" sur le front occidental, du 3 septembre 1939 au 10 mai 1940

Toutes ces locutions verbales féminines désignent : la période d'environ 8 mois se situant, au début de la Seconde Guerre mondiale, entre la déclaration de guerre par le Royaume-Uni et la France à l'Allemagne nazie, le 3 septembre 1939, à la suite de l'invasion de la Pologne, leur allié, et l'offensive allemande du 10 mai 1940 contre les pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la France.

  • l'origine de l'expression française "Drôle de guerre" est revendiquée par le journaliste Roland Dorgelès, mais elle pourrait provenir d'une mauvaise compréhension de l'expression anglaise "Phoney war" (fo-ni-wor ou "Fausse guerre"), utilisée dans un reportage sur les armées franco-britanniques, et interprétée comme "Funny war" (feu-ni-wor ou "Drôle de guerre")...

La "drôle de guerre" sur le front occidental, du 3 septembre 1939 au 10 mai 1940

  • la formule "Guerre étonnante" ("Dziwna wojna") est utilisée par nos alliés polonais,

La "drôle de guerre" sur le front occidental, du 3 septembre 1939 au 10 mai 1940

  • l'expression "Fausse guerre" ("Phoney war" ou fau-ni-wor) on l'a vu, est celle de nos alliés anglais,
La "drôle de guerre" sur le front occidental, du 3 septembre 1939 au 10 mai 1940
Des aviateurs britanniques, le 15 novembre 1939
  • et la formule "Guerre assise" ("Sitzkrieg" ou zits-krig) est utilisée par les allemands.
La "drôle de guerre" sur le front occidental, du 3 septembre 1939 au 10 mai 1940
Un mitrailleur français, à la frontière allemande, le 11 décembre 1939

Toutes s'appliquent au front occidental, où les hostilités se réduisaient à quelques escarmouches après la modeste offensive de la Sarre.

Cette période, marquée par une politique active d'armement de la part de tous les belligérants, se caractérise cependant par :

  • la campagne de Pologne, à compter du 1er septembre 1939,
  • la guerre russo-finlandaise (ou "guerre soviéto-finlandaise" ou "guerre d'Hiver"), du 30 novembre 1939 au 13 mars 1940, date du traité de Moscou,
  • la campagne de Norvège, du 9 avril au 10 juin 1940, avec la célèbre bataille de Narvik.

Source : wikipedia.org

207e pays ou territoire pour J'aime les mots, ce 15 septembre 2021, avec un premier lecteur sur l'île de Guam !

Localisation de l'île de Guam, dans le Pacifique

Les amateurs d'histoire contemporaine connaissent bien le nom de cette île de 549 km2 (Marseille en fait 240 et New york 783), occupée par les japonais durant la Seconde Guerre mondiale.

Située dans l'Est-Sud-Est de la mer des Philippines, à la lisière de celle-ci avec l'océan Pacifique, et au Sud-Sud-Ouest des Mariannes du Nord, elle est la plus grande île de Micronésie et de l'archipel des îles Mariannes, dont elle est l'île la plus méridionale.

Guam est un territoire non incorporé des États-Unis d'Amérique disposant d'un gouverneur élu et d'un parlement.

Carte de l'île de Guam, dans le Pacifique

Sa population est d'environ 180 000 habitants, dont environ 1 100 dans sa capitale, Hagatna (anciennement appelée Agana).

Et les Chamorros constituent la population indigène de l'île, colonisée par l'Espagne du XVIe siècle jusqu'à sa cession aux États-Unis en 1898, après la défaite espagnole dans la guerre hispano-américaine.

Une île stratégique

Durant la Seconde Guerre mondiale, Guam est attaquée par l'Empire du Japon et conquise trois jours après l'attaque de Pearl Harbor, après la première bataille de Guam en décembre 1941. Dans le cadre de la campagne des îles Mariannes et Palaos pendant l'été 1944, l'île est reconquise par les États-Unis lors de la seconde bataille de Guam.

La reconquête de l'île de Guam, en juillet-août 1944
La reconquête de l'île de Guam, en juillet-août 1944

Elle demeure une importante base pour les forces armées des États-Unis d'Amérique dans le Pacifique, avec la base aérienne Andersen Air Force Base, équipée pour les raids de bombardement stratégique, et l'une des trois bases navales de la région capables d'accueillir les porte-avions de l'US Navy.

Le 8 août 2017, durant l'escalade des tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord, cette dernière a menacé de frapper l'île de Guam. Mais l'île est équipée du dernier bouclier de protection antimissiles disponible à ce jour.

Localisation de l'île de Guam, dans le Pacifique

Le syndrome de Guam

Il s'agit d'une maladie neurologique chronique dégénérative endémique à laquelle j'ai consacré par ailleurs un article dont je me permets de vous recommander la lecture.

Une île infestée de serpents

Enfin, l'herpétophile que je suis connaît également Guam pour abriter plus de deux millions de serpents bruns arboricoles (Boiga irregularis), un animal introduit quelques années après la Seconde Guerre mondiale, probablement par un cargo militaire ou commercial en provenance de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

N'ayant aucun prédateur sur l'île, ce serpent a causé l'extinction de douze espèces d'oiseaux endémiques de l'île sur quatorze, et est responsable de la disparition de deux espèces de chauve-souris endémiques sur trois et de six espèces de lézards. Ce qui a provoqué une explosion du nombre des araignées.

Un boiga irregularis ou serpent brun arboricole

Source : wikipedia.org

"Saint-Michel Chef-Chef".

J'ai toujours été amusé par le curieux nom en forme de gémination de cette localité, qui a donné son nom à la Biscuiterie St-Michel, fondée en 1905 et produisant notamment la "galette St-Michel".

Logotype de la biscuiterie St-MichelUn paquet de Galettes Saint-Michel

Située dans l'Ouest de la France, dans le département de la Loire-Atlantique (44), en région Pays de la Loire, à 18 km au Sud de Saint-Nazaire (44), elle comptait, en 2018, 5 173 habitants, appelés les "Michelois" et les "Micheloises".

Localisation de la commune de Saint-Michel Chef-Chef (44)Localisation de la commune de Saint-Michel Chef-Chef (44)

 

Et l'origine et l'histoire de son nom est expliquée ainsi sur le site de la mairie :

Saint-Michel-Chef-Chef se nommait à l'origine Saint-Michel du Chevecier.  La consultation des archives municipales et des registres paroissiaux, révèle que différentes orthographes interviennent selon les époques. Des changements vraisemblablement dus à des prononciations différentes et aux transcriptions fantaisistes des scribes. Du XIe au XVIe siècle, on peut ainsi relever : Chevecier, Chevechier, Chevescier, Chevescher, Cheveché, etc.

Avec l’introduction de la lettre "f", ces appellations se transforment et apparaissent alors les formes Chevechef et Chef-cier.

De 1630 à 1673, Chevechef sera d’usage courant. Chefchef ou Chef-Chef apparaîtra ensuite.

Le 16 nivôse an II (1792), pour satisfaire à un décret de la convention qui ordonne aux communes de changer leurs noms respectifs s’ils rappellent les souvenirs de la royauté, de la féodalité et de la superstition, le Conseil décide de s’en tenir au seul nom de Chef-Chef.

Puis, le premier pluviôse an II (1793), il est décidé de nommer la commune Les Sablons.

Enfin, le 12 brumaire an IV (1794), le Conseil municipal décide, à la demande des concitoyens, de reprendre le nom de Saint-Michel-Chef-Chef.

Sources : wikipedia.org et www.stmichelchefchef.fr

Les mots "Boycott" et "Boycotter" ne sont pas des anglicismes !

Le britannique Charles Cunningham Boycott (1832-1897), à l'origine des mots "Boycott" ou "Boycottage" et du verbe "Boycotter"

Pas plus que le substantif masculin "Boycottage" (boï-ko-tage), synonyme de "Boycott" ou l'adjectif "Boycotté/ée/ées/és" (boï-ko-té").

"Boycotter" (boï-ko-té) un verbe désignant, selon le contexte, le fait de :

  • refuser collectivement :
    • d'acheter, de vendre ou d'utiliser un ou des produits,
    • de participer à une manifestation ou à une action publique (administrative, politique, sportive, etc), afin de l'empêcher de réussir,
  • ou cesser volontairent toute relation avec un individu, une collectivité (société, pays, etc.) ; refuser de l'accueillir ou de répondre à ses invitations ; lui interdire, par une mise en quarantaine collective, l'exercice de ses activités professionnelles, de ses échanges économiques.

Contrairement à ce que l'on croit souvent, me semble-t-il, il ne s'agit nullement de mots anglais, mais de mots dérivant du nom du britannique Charles Cunningham Boycott, né le 12 mars 1832 et mort le 19 juin 1897.

D'abord capitaine de l'armée britannique, il devient, après sa démission, propriétaire terrien dans le comté de Mayo, en Irlande.

C'est dans ce comté que se passe l'événement qui rend son nom célèbre, puisque c'est contre lui qu'est lancé le premier blocus répertorié de l'histoire contemporaine, même s'il n'est pas appelé "boycott" à l'époque.

John Crichton, troisième comte Erne possédait des terres qu'il faisait administrer par Charles Cunningham Boycott. Durant l'été 1879, à l'appel du dirigeant de la Ligue Agraire ("Land League") Charles Stewart Parnell et face à de mauvaises récoltes cette année-là, les fermiers se coordonnèrent afin d'obtenir du comte Erne une réduction de 25 % de leurs loyers sur la même période. Mais celui-ci refuse et envoie le capitaine Boycott expulser les mauvais payeurs. Boycott subit alors un blocus de leur part qui alla jusqu'à sacrifier leur récolte, les mercenaires moissonneurs, protégés par l'armée britannique, étant arrivés trop tard. Cette action très dure entraîna la ruine de Charles Cunningham Boycott, dont le patronyme est rapidement devenu un substantif et un verbe. Dès 1880 en France, année au cours de laquelle on le retouve dans les colonnes du journal Le Figaro.

Sources : wikipedia.org, www.cnrtl.fr et Le Robert

"Les salopards en casquette".

Des ouvriers français en grève en 1936 : la plupart portent une casquette

Cette épouvantable locution nominale relève du registre vulgaire et du registre désuet.

Ainsi appelait-on les ouvriers, en 1936, dans les milieux patronnaux français.

"De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace !".

On connaît souvent cette phrase, sans savoir, le plus souvent, me semble-t-il, qu'il s'agit d'une citation de l'homme politique français Georges Jacques Danton, l'une des figures majeures de la Révolution française, né le 26 octobre 1759 et mort guillotiné le 5 avril 1794.

Incarnant la "Patrie en danger" dans les heures tragiques de l’invasion d’août 1792 par les troupes autrichiennes, il s'efforce de fédérer contre l'ennemi toutes les énergies de la nation et d'user de tous les expédients, n'hésitant pas, par pragmatisme, à entamer des négociations secrètes avec les monarques coalisés pour obtenir une paix rapide.

C'est ainsi qu'il déclare, le 2 septembre 1792, à l'Assemblée : "Le tocsin qu'on va sonner n'est point un signal d'alarme, c'est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France sera sauvée !"/

Sources : wikipedia.org et www2.assemblee-nationale.fr

"À Rome, fais comme les Romains".

Cette expression proverbiale signifie : il faut se plier aux règles et s' accoutumer aux usages du lieu où l'on se trouve.

Elle est directement issue de la phrase en latin médiéval du IVe siècle "Si fueris Romae, Romano vivito more; si fueris alibi, vivito sicut ibi", attribuée à Ambroise de Milan et signifiant littéralement "Si tu es à Rome, vis comme les Romains ; si tu es ailleurs, vis comme on y vit".

Ambroise de Milan
Ambroise de Milan

Telle est en effet la réponse que celui-ci aurait fait à saint Augustin, lorque préparant son voyage à Rome, il aurait demandé à Ambroise si le jour de repos devait se prendre le samedi comme à Milan ou le dimanche comme à Rome.

Sources : wiktionary.org et miscellanees.me