"Une oriflamme".

Une origlamme du Dauphiné

Ce substantif féminin nous vient du latin "aurea flamma" ("flamme d'or").

  • Il désigne à l'origine, dans la "Chanson de Roland" : l'étendard de Charlemagne, porté par Geoffroi d’Anjou.

Charlemagne, à cheval, tenant son oriflamme (vitrail)

  • puis, par confusion: l'étendard de Saint-Denis que les rois de France levaient avant de partir en guerre.

Saint-Denis tenant une oriflamme

  • et enfin, par extension : toute bannière d'apparat terminée en pointes.

Une origlamme du Dauphiné

Source : wikipedia.org

"Un sybarite".

Ce substantif masculin désigne :

  • au sens propre : un habitant de Sybaris, une colonie grecque du Sud de l'Italie (Calabre), fondée au VIIIe siècle av. J. -C. dans le cadre du mouvement d'établissement et d'essaimage des Grecs vers l'Occident, et particulièrement en Grande Grèce.

Le mot "Sybarite" est donc un gentilé.

Carte des colonies grecques de Grande Grèce et de Sicile

  • et dans le registre soutenu, par allusion à la réputation des habitants de Sybaris et à certains aspects de leur façon de vivre : un jouisseur, une personne aimant le luxe, le raffinement en matière de plaisir, recherchant le confort et la volupté, dans la vie comme dans la pensée, ou qui y est habitué.

"Sybarite" est ainsi l'antonyme du mot "Ascète".

On dit par exemple : "Mon oncle mène une vie de sybarite dans sa luxueuse villa de Cannes (06)".

Et l'on parle de "Sybaritisme" pour qualifier la recherche de la jouissance, ou le goût pour les plaisirs délicats, raffinés ou luxueux.

Sources : Le Robert, wikipedia.org et www.cnrtl.fr

"Un torchon".

Ce substantif masculin désigne :

  • au sens propre, dans le langage courant :
    • un carré de toile servant à essuyer la vaisselle, que nos voisins belges appellent d'ailleurs "essuie de vaisselle".

Un torchon

On dit par exemple : "Prends donc un torchon et essuie la vaisselle avant de retourner t'affaler dans ton fauteuil à ronfler devant ton match !".

    • et pour nos amis belges et canadiens : une serpillière.

Une serpillière

  • et au sens figuré, dans le registre familier :
    • un écrit, un texte, sans soin, sale, mal présenté ou sans valeur.

On dit par exemple, dans un monde idéal où les enseignants auraient toujours le droit de punir les élèves irrespectueux : "Comment osez-vous me rendre un tel torchon !".

Un torchon, c'est à dire une copie sale

    • un journal méprisable.

On dit par exemple : "Rassemblant des plumes souvent issues ou proches de l'Action française, l'hebdomadaire français Je suis partout, principal journal collaborationniste et antisémite français sous l'occupation allemande, devient, à partir de 1941, un torchon".

Page un du numéro spécial du 17 février 1939 du torchon antisémite "Je suis partout", un hebdomadaire français publié par Arthème Fayard, dont le premier numéro sort le 29 novembre 1930 et le dernier le 16 août 1944. Rassemblant des plumes souvent issues ou proches de l'Action française, il devient, à partir de 1941, le principal journal collaborationniste et antisémite français sous l'occupation allemande
Page un du numéro spécial du 17 février 1939 de "Je suis partout",  publié par Arthème Fayard, dont le premier numéro sort le 29 novembre 1930 et le dernier le 16 août 1944.

Sources : wikipedia.org et www.larousse.fr

"Un blanc-matignon".

Des blancs-matignon de Guadeloupe (97-1)

Cette locution nominale masculine relève du langage courant.

Et elle désigne : un membre d'une communauté, présente dans l’archipel guadeloupéen depuis le 18e siècle et qui, parce qu’elle ne s’est pas (ou très peu) mélangée aux autres composantes de la société locale, s’est singularisée.

Cette communauté existe toujours aujourd'hui et ses membres ont un fief, situé sur le territoire de la commune du Moule, à une quarantaine de kilomètres de Pointe-à-Pitre (97-1), dans la région des Grands Fonds.

Une histoire singulière

Fuyant la répression contre les propriétaires d’esclaves, après la première abolition de 1794, ces anciens colons d’origine européenne se sont repliés dans une région escarpée et difficile d’accès.

Le premier d’entre eux, Léonard Matignon dit "La Creuse", a donné son nom à tous ceux qui l’ont accompagné et suivi. Ils ont fait souche et leurs descendants ne passent pas inaperçus.

Aujourd’hui, à part leur origine et la couleur de leur peau, ces "Blancs-Matignon" n’ont pas grand-chose de commun avec les Békés de Martinique (97-2) ou les Blancs pays de Guadeloupe (97-1), souvent d’ascendance noble, grands propriétaires terriens, qui possèdent, jusqu’à ce jour, un rôle central dans l’économie des Antilles.

D’ailleurs, les "Blancs-Matignon" sont désignés comme des "petits Blancs". Depuis plus de deux siècles, ils vivent isolés et pauvres, en toute discrétion, ce qui a favorisé des fantasmes sur leur identité. Ils restent méconnus et secrets de réputation.

Source : la1ere.francetvinfo.fr

"Un cendar".

Ce substantif masculin désigne, dans le registre argotique : un cendrier.

C'est à dire un récipient, plateau ou assiette à bords marqués, en diverses matières plus ou moins luxueuses, et de taille plus ou moins grande, destiné à recevoir les déchets du tabac : cendres et mégots des cigarettes et des cigares.

Les modèles les plus connus, de petite taille, sont à usage domestique. Utilisés au domicile, ils sont généralement mobiles et décoratifs.

 

Mais il existe des modèles de grandes dimensions, appelés "cendriers extérieurs", posés au sol ou fixés au mur et utilisés dans les lieux publics, gares, aéroports, centres commerciaux, etc. Depuis la généralisation de l'interdiction de fumer, ce type de cendrier est généralement fixe et situé avant l'entrée.

Il existe une grande diversité de formes en fonction du lieu et des goûts :

 

 

Depuis quelques années certaines entreprises de l'industrie du tabac favorisent la distribution de cendriers de poche ou de cendriers de plage coniques à enfoncer dans le simple, afin de réduire l'abandon de mégots.

Cendriers publicitaires

Tout au long du XXe siècle, de nombreuses marques de cigarettes ont proposé des cendriers imprimés de leur logotype.

Et les cendriers ont également servi de supports publicitaires pour toutes sortes de marques et noms commerciaux, au premier rang desquels les hôtels et restaurants.

Au point que leur collection, la téphraphilie, se soit développée. Bien que non-fumeur, j'ai d'ailleurs moi-même été téphraphile dans les années 1970, ainsi que je l'explique dans mon Qui suis-je ?

Histoire du mot cendrier

Le mot "cendrier", dans son acception courante actuelle n'apparaît qu'à la Belle Époque, vers 1890.

Mais le sens technique de ce mot est à la fois plus varié et souvent beaucoup ancien.

  • En ancien français du XIe siècle, le cendrier désigne ainsi une toile qui sert à collecter les cendres et extraire au besoin par lixiviation les alcalis qu'elles contiennent.

 

  • Par extension, l'ouvrier qui collecte ou vend les cendres peut être nommé "cendrier".

Le terme attesté dans la Vita de Saint Evroul écrite vers 1150 désigne déjà le linge que les lavandières ou ménagères emploient régulièrement pour couler leur lessive2.

Le registre de taille de Paris désigne en 1292 par ce terme un marchand de cendre et de poussier.

Le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle des éditions Larousse possède ainsi une entrée masculine "cendrier" ou féminine "cendrière", désignant un marchand ou une marchande de cendres.

  • Avec le progrès médiéval des arts mécaniques, le mot "cendrier" est devenu une dénomination technique désignant, à partir du XIIe siècle le plateau recueillant les cendres, voire une ou des parties mobiles ou coulissantes, des fours et des poêles de chauffage, dans lesquels tombent par gravité ou par secouement les cendres d'un foyer désormais contrôlé.

Ce terme est devenu très commun avec la généralisation dès 1780, du moins en Europe occidentale et nordique, des poêles en fonte ; les cuisinières ou fourneaux près desquelles les ménagères s'affairaient étant alors équipés de tiroirs pour cette fonction.

De la même façon, les différents systèmes de chauffe des chaudières qui équipent les locomotives à vapeur sont pourvus de cendriers de foyer, c'est à dire d'un espace vide placé en dessous du foyer au bois ou charbon et d'une tôle, dans lesquels tombent escarbilles et cendres.

Source : wikipedia.org

"Faire les quatre cent coups".

Cette expression en forme d'idiotisme numérique relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré :

  • à l'origine : aller contre le sens moral et les convenances ; mener une vie désordonnée, dissolue ; vivre sans respecter la morale, les us et coutumes et les convenances.

On disait par exemple : "Ces étudiants passent davantage de temps à faire les quatre cent coups qu'à étudier !".

  • et de nos jours, pour un enfant ou un adolescent : enchaîner les bêtises, voire les délits.

On dit par exemple : "À cette époque, mon ami Bruno et moi faisions les quatre cent coups dans le village".

Origine de l'expression

Elle trouve son origine dans un événement survenu en France, en 1621, lors des guerres de religion.

Cette année-là, en effet, le roi Louis XIII avait ordonné que les habitants de Montauban (82), alors place forte du protestantisme dans le pays, se convertissent au catholicisme.

Pour arriver à ses fins, il chargea ses troupes d’assiéger la ville et d’effrayer la population, afin qu’elle se rende. Quatre cents coups de canon avaient ainsi été tirés en direction des fortifications.

Mais cette stratégie n’avait pas eu l’effet escompté, puisque les Montalbanais n’avaient pas cédé. La légende raconte même qu’ils avaient festoyé au milieu des tirs.

Un non-respect des convenances et de l’ordre qui a, au fil du temps, donné son sens à l’expression utilisée aujourd’hui.

  • L'expression "Les quatre cent coups" a été largement popularisée par le célèbre film français de 1959 "Les quatre cent coups", première réalisation du jeune François Truffaut, qui révèla celui-ci au grand public et devint un film emblématique de l'essor de la Nouvelle Vague.

Affiche du film français "Les quatre cent coups", de François Truffaut (1959)

Quatre autres films viendront par la suite compléter la saga Antoine Doinel, toujours interprété par le génial Jean-Pierre Léaud, révélé à 14 ans : "Antoine et Colette" (segment du film à saynètes "L'amour à 20 ans") en 1962, "Baisers volés" en 1968, "Domicile conjugal" en 1970 et "L'amour en fuite" en 1979. 

Rarement, je crois, un jeune acteur n'aura montré, lors d'un bout d'essai, un tel naturel :

Sources : wikipedia.org, wiktionary.org, www.linternaute.fr, www.cnews.fr et www.projet-voltaire.fr

"L'Art nouveau" et "L'Art déco".

Ces deux périodes artistiques majeures sont malheureusement souvent confondues.

Le style Art nouveau

  • "L'Art nouveau" est une formule utilisée, à partir de la fin du XIXe siècle, pour qualifier la création architecturale et décorative avant-gardiste.

Cette expression est liée au marchand d'art, collectionneur, critique d'art et mécène français d'origine allemande Samuel Bing (1838-1905).

Principal négociant en art japonais, Bing prend conscience, lors d'une visite à la villa d'Henry Van de Velde à Bruxelles (Belgique), de l'importance du renouveau artistique en cours.

Après d'importants travaux, Il choisit de transformer "l'hôtel Bing", au 22 de la rue de Provence, à Paris (75), en un grand espace d'exposition-vente qu'il inaugure le 28 décembre 1895. Et qu'il rebaptise "Maison de l'Art nouveau" après le succès de son exposition d'octobre 1895 intitulée "L'Art nouveau" ; un nom sans doute inspiré à Bing par des articles parus dans la revue belge L'Art moderne, fondée en 1881.

Ce lieu est à l'origine du nom du mouvement Art nouveau, qui va être international et se manifester sous différentes formes de styles. Cette période va marquer une rupture avec les créations antérieures, les artistes privilégiant les lignes sinueuses, les courbes et les formes organiques.

Le style Art nouveauLe style Art nouveau

Le style Art nouveau

 

 

Le style Art nouveau

Tout le monde connaît, ne serait-ce que grâce aux films, les extraordinaires accès de stations de métro parisiennes conçus au tout début du XXe siècle par l'architecte Art nouveau Hector Guimard :

Un accès de station de métro parisienne conçue au tout début du XXe siècle par l'architecte Art nouveau Hector GuimardUn accès de station de métro parisienne conçue au tout début du XXe siècle par l'architecte Art nouveau Hector Guimard

Un accès de station de métro parisienne conçue au tout début du XXe siècle par l'architecte Art nouveau Hector GuimardUn accès de station de métro parisienne conçue au tout début du XXe siècle par l'architecte Art nouveau Hector Guimard

Ce style créera de nombreuses polémiques, avant que l'on ne revienne à plus de simplicité avec la période Art déco.

  • et "L'Art déco" est un mouvement artistique né dans les années 1910, principalement au lendemain de la Première Guerre mondiale (1918) et qui prit son plein épanouissement au cours des années 1920 avant de décliner lentement à partir des années 1930, pour prendre fin avec la Seconde Guerre mondiale (1939).

Il s'agit du premier mouvement d'architecture-décoration de portée mondiale.

Le style Art déco tire son nom de l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes qui se tint à Paris en 1925. "Art déco" est donc l'apocope de "Arts décoratifs", et concerne l'architecture et plus spécialement l'architecture intérieure avec ses tapisseries, vitraux, peintures et sculptures ornementales, son ébénisterie, l'emploi de la céramique et de l'orfèvrerie.

Le style Art décoLe style Art déco

Le style Art décoLe style Art déco

Le style Art décoLe style Art déco

 

 

Le design peut y être associé, ainsi que la mode vestimentaire et la typographie des signalisations et des réclames, affiches et les enseignes.

Les styles typographique Art nouveau et Art Déco

Le style Art décoLe style Art déco

Le style Art déco prend son essor avant la Première Guerre mondiale contre les volutes et formes organiques de l'Art nouveau.

Il consiste en un retour à la rigueur classique : symétrie, ordres classiques (souvent très stylisés), pierre de taille (sans aucun effet pittoresque).

Le décor, en général encore très présent, n'a plus la liberté des années 1900 ; il est sévèrement encadré par ses créateurs et son dessin s'inspire de la géométrisation cubiste. Ordre, couleur et géométrie : l'essentiel du vocabulaire Art déco est posé. Vocabulaire prenant des formes différentes selon les régions, selon les architectes et leurs clients, son unité stylistique tient à l'emploi de la géométrie, dont les fins sont essentiellement décoratives, et non structurelles.

Créé en Belgique, l'Art déco est le premier style à avoir eu une diffusion mondiale, touchant ensuite la France, le Portugal, l'Espagne, l'Afrique du Nord, et tous les pays anglo-saxons (Royaume-Uni, États-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Inde, Philippines, etc.), ainsi que les villes principales du Viêt Nam pour le mouvement initial, plusieurs villes chinoises telles Shanghai et encore Hong Kong, ou bien le Japon.

Sources : wikipedia.org et mr-expert.com

"L'abbé de l'Épée".

L'abbé Charles-Michel de l'Épée (1712-1789), bienfaiteur des sourds-muets

Nombre de français n'ont dû découvrir ce nom qu'à l'occasion d'une lecture détaillée de la profession de foi pour le deuxième tour des élections présidentielles du 24 avril 2022 de Marine Le Pen.

Celle-ci propose en effet la panthéonisation de ce prêtre français, précurseur de l'enseignement spécialisé dispensé aux personnes sourdes.

Charles-Michel de L'Épée, appelé abbé de L'Épée, est né Charles-Michel Lespée, le 24 novembre 1712  et mort le 23 décembre 1789.

L'INJS (Institut National des Jeunes Sourds), fondé par l'abbé de l'Épée, à Paris (75 005)

Il est le fondateur de l'INJS (Institut National des Jeunes Sourds), à Paris (75).

L'INJS se situe à proximité immédiate de la rue qui porte aujourd'hui son nom.

Plaque de la rue de l'abbé de l'Épée, à Paris (75 005)

De nombreuses autres villes posssèdent des voies appelées "Abbé de l'Épée" : Amiens (80), Bordeaux (33), Clermont-Ferrand (63), Marseille (13), Montpellier (34), Nantes (44), Poitiers (86), Reils (51), Rouen (76), Saint-Jean-de-la-Ruelle (45), Strasbourg (67) ou Versailles (78), sa ville natale.

Mais aussi Bruxelles (Belgique) ou Montréal (Canada).

L'abbé de l'Épée est également l'inventeur de la LSF ou Langue des Signes Françaises.

L'abbé Charles-Michel de l'Épée (1712-1789), inventeur de la langue des signes

D'abord avocat, il est ordonné prêtre en 1736.

Possédant une fortune personnelle, l'abbé décide de consacrer son temps aux oeuvres de charité.

Entre 1760 et 1762, il découvre deux soeurs sourdes à la rue des Fossés-Saint-Victor, les soeurs en questions communiquant entre elles par des signes. Leur précepteur, le père Vanin, étant décédé en 1759, il accepte de le remplacer pour enseigner aux jumelles. L'abbé de L'Épée étudie les signes employés par ces filles. Et sa maison se transforme en école ouverte à tous les sourds où il accueille 60 élèves sourds. Il a alors l'idée de mettre au point un alphabet à deux mains avec lequel les sourds pourront communiquer.

Au fil du temps, l'abbé aura 19 disciples qui fonderont plus tard 17 écoles pour les sourds.

Le 23 décembre 1789, devenu pauvre et infirme en se privant durant des mois pour servir toujours au mieux ses chers élèves, Charles-Michel de l'Épée meurt à l'âge de 77 ans.

Enseignement de la LSF

L'abbé de l'Épée a mis en place la recherche sur une langue des signes méthodique utilisable par les sourds, afin de lier ces signes avec le français écrit, mais, comme l’a ultérieurement souligné Ferdinand Berthier, son erreur fut de vouloir assimiler la structure syntaxique du français à celle de la gestuelle des sourds.

Contrairement à ce que certains croient encore, ce n'est pas l'abbé de L'Épée qui a éduqué des sourds, même avec des gestes. Comme dit Pierre Desloges : "Ce n'est donc pas Monsieur l'abbé de L'Épée qui a créé et inventé ce langage ; tout au contraire, il l'a appris des sourds et muets". En revanche, c'est le regroupement des élèves sourds dans son institution et le besoin de communiquer entre eux qui favorisèrent et perfectionnèrent la LSF, la langue naturelle des sourds.  Car il est vain de vouloir enseigner aux sourds sans tenir compte de leur identité culturelle.

L'abbé Charles-Michel de l'Épée (1712-1789), inventeur de la langue des signes

Postérité

  • L'abbé de l'Épée a été immortalisé par l'acteur français Jacques Mathou, dans le superbe film "Ridicule" de Patrice Leconte, en 1996.

L'acteur français Jacques Mathou

Timbre-poste français de 1959 rendant hommage à l'abbé de l'Épée, bienfaiteur des sourds-muets, au profit de la Croix-Rouge française

Source : wikipedia.org

 

"Être riche comme Crésus".

Le roi Crésus

Cette locution verbale relève du langage courant.

Et elle signifie : être très riche.

Elle fait référence à Crésus, un richissime roi de Lydie, né vers 596 et mort vers 546 av. J.-C.

Dernier souverain de la dynastie des Mermnades, fondée par Gygès en 687 av. J.-C., Crésus régna d'environ 561 à 546 av. J.-C. et fut vaincu par Cyrus le Grand.

Celui-ci lui avait affecté les revenus d’une ville proche de la rivière Pactole dont les sables aurifères lui assurèrent une fortune colossale. Celle-ci lui permit de bâtir sa légende par des offrandes généreuses aux temples grecs.

Il fait ainsi reconstruire le temple d'Artémis à Éphèse, l'une des Sept Merveilles du monde antique.
Et fait porter au sanctuaire de Delphes une quantité inimaginable d'offrandes, parmi lesquelles, selon Hérodote, trois mille têtes de bétail, des lits recouverts de lames d'or, des coupes d'or, des vêtements teints de pourpre, cent briques en or pur, deux immenses cratères en argent et en or pour mélanger l'eau et le vin, quarante barils d'argent, deux grandes statues en or ainsi que les bijoux de son épouse.

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Être riche" ou "Être très riche" en français.

Source : wikipedia.org

"Une cagna", "Une cagnat" ou "Une cagnia".

Ce substantif féminin nous vient de l'annamite cai-nha.

Et il désigne :

  • dans le registre argotique, dans le domaine militaire :
    • un abri de tranchées généralement souterrain,

Une cagna

    • ou : un abri de fortune fait de matériaux de récupération.

Des cagnas

  • et dans le registre populaire : un abri, une cabane, une pauvre maisonnette.

Une cagnaUne cagna

Sources : wiktionary.org, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

On ne dit pas : "Des affrontements aéronavaux" ou "Des combats aéronavaux" !

Des combats aéronavals

Mais : "Des affrontements AÉRONAVALS" et "Des combats AÉRONAVALS" !

L'adjectif aéronaval(e) - au pluriel aéronaval(e)s - désigne ce qui appartient à la fois à l'aviation et à la marine.

C'est donc à tort que l'on parle d'"affrontements aéronavals", de "combats aéronavals" ou de "forces aéronavales".

Puisque les avions et aéronefs concernés, embarqués à bord de porte-avions ou porte-hélicoptères, relèvent de l''aéronautique navale, qui est la composante aérienne d'une marine militaire.

Et non de l'armée de l'air.