Ne pas confondre : "Mettre à bas" et "Mettre bas".

Ces  deux locutions verbales du langage courant possèdent en effet  des significations très différentes.

  • "Mettre à bas" signifie : démanteler, abattre, démolir, détruire.

On dit par exemple : "Nous devons mettre à bas cette bicoque à moitié en ruine".

Ou : "Mettre à bas ce régime corrompu est une priorité".

  • tandis que "Mettre bas" signifie : donner naissance à un ou plusieurs petits, "accoucher" pour un animal, plus particulièrement pour les mammifères.

On dit par exemple : "Ma chienne va mettre bas d'ici peu".

Source : crisco2.unicaen.fr

"Un pianiste".

Un "pianiste", c'est à dire : un opérateur radio de la Résistance

Ce substantif masculin désignait, au sens figuré et dans le registre familier, dans le jargon de la Résistance à l'occupant nazi, durant la Seconde Guerre mondiale : un opérateur radio clandestin.

Pourquoi les romains prenaient-ils du poids après leurs orgies ?

Réponse
Parce qu’ils mangeaient copieux !« .
Explication du calembour
Il résulte de l’homophonie entre l’adjectif « Copieux » et la locution adverbiale du registre argotique « qu’au pieu » (uniquement au lit).

Naturellement, l’adverbe « copieusement » conviendrait davantage. Mais il m’aurait privé de ce savoureux calembour.

Une orgie romaine

"C'est Belfast !" ou "Être Belfast", "C'est Beyrouth !" ou "Être Beyrouth", "C'est Sarajevo !" ou "Être Sarajevo" et "C'est Bagdad !" ou "Être Bagdad".

"C'est Bagdad !"

À chaque génération sa ville martyre : Belfast, Beyrouth, Sarajevo, Bagdad... l'horreur se déplace géographiquement au fil des années, faisant ainsi évoluer nos expressions.

Ces locutions interjectives parfaitement synonymes relèvent toutes du registre familier.

Et elles ont eu malheureusement eu tendance à se succéder au cours des 40 dernières années pour signifier, au sens figuré :

  • à tout le moins : c'est la pagaille totale !, c'est le bazar !, c'est le cirque !

On dit par exemple : "Après deux jours de fête, tu verrais mon appart' : c'est Belfast !".

Ou : "Tu aurais vu l'état de la place après le carnaval : c'était Beyrouth !".

  • voire : c'est l'horreur !, c'est un cauchemar !

On dit par exemple : "J'ai vu un reportage sur les attentats parisiens du 13 novembre 2015 : c'était vraiment Sarajevo !".

Ou : "Le train de passagers a déraillé en gare : c'était Bagdad !".

Elles font naturellement référence aux capitales de l'irlande du Nord (Belfast), du Liban (Beyrouth), de la Bosnie-Herzégovine (Sarajevo) et de l'Irak (Bagdag), quatre villes ravagées par des années de troubles et de guerres civiles :

  • De 1968 à 1998 pour Belfast,
1969 : Belfast ravagée
1969 : Belfast ravagée
  • de 1975 à 1990 pour Beyrouth,
"C'est Berouth !"
Beyrouth ravagée
  • du 6 avril 1992 au 29 février 1996 pour Sarajevo, dont le siège de 1 425 jours par les forces serbes a fait plus de 11 000 morts et pulvérisé le record du durée du siège de Léningrad redevenue Saint-Pétersbourg depuis le 6 septembre 1991 (872 jours, du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944).
Sarajevo ravagée durant la guerre civile
Sarajevo ravagée
  • et depuis 2003 pour Bagdad.
"C'est Bagdad !"
Bagdad ravagée

Source : wikipedia.org

"Il est interdit d'interdire".

"Il est interdit d'interdire", le slogan de Mai 68 inventé par l'humoriste français Jean Yanne

Contrairement à ce que l'on pense souvent, ce célèbre aphorisme de Mai 68 n'a pas été inventé par les étudiants !

Il s'agit en effet d'une boutade de l'humoriste français Jean Yanne, sur la radio RTL, dans le cadre de son émission du dimanche matin.

La date exacte demeure cependant méconnue. De même qu'il n'existe aucune photographie ou affiche d'époque attestant de son utilisation par les étudiants.

Source : wikipedia.org

"La polysynodie".

Ce substantif féminin très peu connu désigne : un système de gouvernement par conseil instauré en France de 1715 à 1718 par Philippe d'Orléans au début de sa Régence.

Le contrôle général des Finances et les secrétaireries d'État sont remplacés par six, puis huit conseils.

Le système vise à associer la noblesse au gouvernement de la France alors qu'elle s'en était trouvée écartée sous le règne de Louis XIV au profit, généralement, de la bourgeoisie.

Par exemple, une guerre potentielle est discutée par le Conseil de la guerre, qui rassemble des membres de la haute noblesse ainsi que des notables. Ensemble, ils doivent discuter des faits, des solutions possibles, pour finalement apporter au régent et à son Conseil de Régence un bilan et la marche à suivre.

Le système des secrétaires d'État est ainsi cassé dès la mort de Louis XIV.

La polysynodie, en remplaçant chaque secrétaire d'État par un conseil où siègent haute noblesse, magistrats et notables, redistribue les pouvoirs confisqués par Louis XIV et ses proches conseillers.

Mais la lenteur de ce système polysynodique, les oppositions fréquentes entre les membres d'un même conseil, encouragent finalement un retour aux secrétaires d'État, spécialistes et responsables d'un domaine, chargés de conseiller le régent.

La polysynodie fut supprimée le 24 septembre 1718. En revanche, le Conseil de Régence continua de siéger jusqu'à la majorité du roi, le 22 février 1723.

Source : wikipedia.org

On ne dit pas : "L'âge spatial" !

Un astronaute états-unien marchant sur la lune

Mais : "L'ÈRE spatialE" !

  • Ce chrononyme désigne la période couvrant les activités liées à la course à l'espace, la conquête de l'espace, la technologie spatiale et l'évolution culturelle influencée par ces événements.

Un missile V2 allemand

Elle a commencé en 1942, avec le missile ballistique V2 ("Vergeltungswaffe 2" ou "Arme de représailles 2"), développé par l'Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale et lancé à plusieurs milliers d'exemplaires en 1944 et 1945 contre les populations civiles, principalement au Royaume-Uni et en Belgique.

Le décollage d'un missile V2 allemand

  • Mais on utilise principalement la formule "Ère spatiale" pour parler des années 1960, durant lesquelles soviétiques et états-uniens s'affrontaient dans la course à l'espace.

La course à l'espace, opposant États-Unis d'Amérique et Union Soviétique

Une période durant laquelle on retrouva l'imagerie spatiale tout à la fois :

    • dans la mode,

La mode "Ère spatiale" ("Space age")

    • dans le mobilier,

Le mobilier "Ère spatiale" ("Space age")

    • dans la décoration,

Une décoration "Ère spatiale" ("Space age")Une suspension "Ère spatiale" ("Space age")

    • ou dans l'architecture.

Un exemple de bâtiment "Ère spatiale" ("Space age")

Le CNIT (Centre des Nouvelles Industries et Technologies), construit en 1958 à Puteaux-La Défense (92) et restructuré en 1988 et en 2009, dont la forme caractéristique est due à la parcelle triangulaire qu'il occupe, à l'emplacement des anciennes usines Zodiac
Le CNIT (Centre des Nouvelles Industries et Technologies), construit en 1958 à Puteaux-La Défense (92) et restructuré en 1988 et en 2009, dont la forme caractéristique est due à la parcelle triangulaire qu'il occupe, à l'emplacement des anciennes usines Zodiac
La célèbre "Aiguille de l'espace" ("Space needle"), à Seattle (Washington), une tour futuriste construite pour l'exposition universelle de 1962.
La célèbre "Aiguille de l'espace" ("Space needle"), à Seattle (Washington), une tour futuriste construite pour l'exposition universelle de 1962.

Source : wikipedia.org

"C'est reparti comme en 14" ou "Repartir comme en 14" et "C'est reparti comme en 40" ou "Repartir comme en 40".

  • l'expression "C'est reparti comme en 14" ou "Repartir comme en 14" - par ellipse de "C'est reparti comme en 1914" ou "Repartir comme en 1914" - appartient au registre populaire et a commencé à être utilisée dès la fin de la Première Guerre mondiale, en 1918.

Elle fait référence au début de ce conflit, né de l'assassinat, le 28 juin 1914, à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) de l’archiduc héritier d’Autriche-Hongrie François-Ferdinand, qui embrase rapidement l’Europe toute entière.

Lorsque, le 1er août 1914, la France se mobilise, nombreux sont les Français qui pensent alors que la guerre sera de courte durée et que les soldats seront rentrés avant la fin de l’été. Aussi les hommes mobilisés partent-ils avec entrain et insouciance, persuadés qu'ils vont rapidement gagner la guerre contre l'Allemagne.

La ferveur patriotique nationale est d'abord confortée par la réussite du rapide et efficace acheminement des troupes vers le front, en grande partie du à l'utilisation des chemins de fer qui sont entièrement militarisés.

Mais, comme nous le  savons, la suite se révéla malheureusement infiniment plus dramatique que prévue, le conflit ayant duré quatre ans, fait des dizaines de millions de morts et de blessés, et laissé des régions entières ravagées.

L'expression est employée de façon ironique :

    • pour désigner une situation dans laquelle des personnes s'engagent avec un enthousiasme et un entrain injustifiés, que les circonstances ne justifient guère.

On dit par exemple : "C'est reparti comme en 14 : les gens veulent tous être confinés, à présent !".

    • pour signifier que "Cela recommence".

On dit par exemple : "C'est reparti comme en 14 : le ministre va encore nous dire qu'il faut faire des efforts !".

    • ou pour dénoncer un conflit récurrent.

Elle a ainsi commencé à être utilisée, après la Première Guerre mondiale, dès lors qu’une tension renaissait avec l’Allemagne, ce qui fut le cas dans les années 20 avec l’occupation de la Ruhr (Allemagne) puis, évidemment, en 1939, avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

  • et l'expression "C'est reparti comme en 40" ou "Repartir comme en 40" - par ellipse de "C'est reparti comme en 1940" ou "Repartir comme en 1940" - constitue un simple détournement moderne de l'expression "C'est reparti comme en 14" ou "Repartir comme en 14", qui demeure l'expression de référence.

Utilisée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, elle comporte cette fois une connotation de défaite et d’éternel recommencement des guerres, après celles de 1870, 1914-1918, 1939-1945 ou d'indochine.

Sources : wikipedia.org et www.defense.gouv.fr

Pourquoi dire : "Never complain, never explain" ?

Et pas : "Ne jamais se plaindre, ne jamais expliquer (ou se justifier)".

Ou : "Jamais de plaintes, jamais d'explications (ou de justifications)".

Ou encore : "Ne vous plaignez jamais, ne vous expliquez jamais (ou ne vous justifiez jamais)".

Tel était - dit-on - le conseil donné en 1851 par la Reine Victoria (1819-1901) au futur Edouard VII (1841-1910), son fils, alors âgé de 10 ans.

En 1899, la reine Victoria pose en compagnie de son fils le futur roi Edward VII (derrière à droite), son petit-fils le futur roi George V (derrière à gauche) et son arrière-petit-fils le futur roi Edward VIII (au premier plan à sa gauche), qui abdiquera , le 11 décembre 1936,, avant son sacre, au profit de son père George VI, le père de l'actuelle reine Elizabeth II
En 1899, la reine Victoria pose en compagnie de son fils le futur roi Edward VII (derrière à droite), son petit-fils le futur roi George V (derrière à gauche) et son arrière-petit-fils le futur roi Edward VIII (au premier plan à sa gauche), qui abdiquera , le 11 décembre 1936,, avant son sacre, au profit de son frère cadet George VI, le père de l'actuelle reine Elizabeth II

Ou, selon d'autres sources, la devise du Premier ministre britannique Benjamin Disraeli (1804-1881).

L'écrivain et homme poliitique britannique Benjamin Disraeli (21 décembre 1804 - 19 avril 1881)
L'écrivain et homme poliitique britannique Benjamin Disraeli (21 décembre 1804 - 19 avril 1881)

Elle a en tous cas été adoptée depuis par différentes personnalités britanniques, dont Winston Churchill ou la reine actuelle Elizabeth II.

  • Il ne faut jamais se plaindre de quoi que ce soit, afin de ne pas avoir à s'expliquer sur ses propres raisons de se plaindre. Et surtout parce que, celui à qui l'on fait part de ses tracas trouve souvent le moyen de vous expliquer que ses ennuis sont bien pires que les nôtres.
  • Et ne jamais expliquer (ou se justifier), car il s'agit d'une marque de faiblesse. Vos amis n'en ont pas besoin, et vos ennemis ne vous croirons pas de toute façon.

Sources : s-obeit-et-r-agit.blogspot.com et wikipedia.org

"Moldo-valaque".

Transylvanie, Moldavie et Valachie : les trois grandes régions de la Roumanie

J'aime beaucoup cet étrange adjectif désignant :

  • au sens propre, dans le langage courage et dans un registre désuet : ce qui était autrefois relatif aux principautés de Moldavie et de Valachie.

"Principautés unies de Moldavie et de Valachie" ou "Principautés roumaines" était en effet le nom officiel de la Roumanie après l’union de la Valachie et de la Moldavie sous le sceptre du prince Alexandre Jean Cuza en 1859. Les deux principautés ont fusionné leurs institutions, le 5 février 1862, sous le nom de "Principautés unies de Roumanie". À partir de 1866, elles sont reconnues par l’Empire ottoman et les autres puissances comme un seul État : la "Principauté de Roumanie", communément appelée parfois "Petite Roumanie" (puisqu'il manque la Transylvanie). Comme la Valachie et de Moldavie auparavant, la principauté de Roumanie est vassale de l’Empire ottoman, sans être pour autant une province turque. Elle est reconnue par l’Empire ottoman et les autres puissances comme un État souverain à l’issue de la guerre russo-turque de 1878, pour finir érigée en "Royaume de Roumanie" en 1881.

  • et au sens figuré, dans le registre familier : ce qui est relatif à un pays éloigné et bizarre, peut-être inexistant.

On dit par exemple : "Tu vas encore vouloir me faire découvrir un de tes films moldo-valaques !".

.Sources : wikipedia;org et www.larousse.org