"C'est pas le Pérou !" ou "Ne pas être le Pérou".

Cette expression du registre familier fait référence à l'époque de la conquête espagnole du Pérou par les conquistadors, qui l'appelaient alors "Eldorado", "le pays de l'or".

Et elle signifie par conséquent : ce n'est pas une fortune ; c'est une somme modeste ; ce n'est pas un gain énorme ; cela ne rapporte pas beaucoup ; ce n'est pas grand chose.

L'acteur et humoriste français Bourvil en a fait le titre d'une chanson, interprétée en duo avec Pierrette Bruno - "C'est pas le Pérou" - que ces deux artistes chantent dans le film français "La bonne planque, réalisé en 1965 par Louis Verland d'après la pièce de théâtre française homonyme, créée le 10 février 1962 à Rennes (35) et reprise à Paris (75) le 28 septembre 1962.

Enregistrée pour la télévision belge au théâtre du Vaudeville de Bruxelles en 1964, cette pièce fut diffusée pour la première fois à la télévision Suisse romande le 31 décembre 1964 et à la télévision française le 27 février 1965, lors de grèves qui obligèrent l'ORTF à acheter des programmes à la télévision belge RTBF.

Et c'est le succès de cette diffusion donna l'idée à Pierre Sabbagh de lancer la collection "Au théâtre ce soir" l'année suivante, en 1966 !

Sources : www.expressio.fr, www.linternaute.fr et wikipedia.org

"Être dans les choux".

L'expression française "Être dans les choux"

Cette locution verbale en forme d'idiotisme alimentaire appartient au registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : avoir échoué, figurer parmi les derniers d'une compétition ou d'un classement.

On dit par exemple : "Ce coureur avait pris un bon départ, mais il est dans les choux à l'arrivée".

Ou : "J'espérais que mon fils réussirait son concours mais il est dans les choux".

L'expression française "Être dans les choux"

On confond trop souvent : "Hollande" et "Pays-Bas" ainsi que "Hollandais" et "Néerlandais" !

Pourtant ces différents mots ne sont absolument pas synonymes, puisque dire à un Néerlandais qu'il est Hollandais et qu'il habite en Hollande reviendrait à dire à un Français qu'il est Normand et habite la Normandie. Ou Breton et habite la Bretagne.

Localisation en Europe des Pays-BasCarte des Pays-Bas

La Hollande n'est en effet qu'une région et une ancienne province des Pays-Bas, dont le nom provient du moyen néerlandais "Holtland " désignant une "terre boisée" (de "holt" : "bois", et de "land" : "terre").

En 1840, elle est divisée en deux entités distinctes : la Hollande-Septentrionale et la Hollande-Méridionale.

Carte des différentes régions des Pays-Bas

Du fait de l'importance historique de celles-ci, le terme "Hollande" est également utilisé, par synecdoque, pour désigner l'ensemble des Pays-Bas, mais cette appellation n'est pas officielle.

Il n'y a qu'en 1806, lorsque la République batave est transformée en un "royaume de Hollande" confié à Louis Bonaparte, que le terme "Hollande" est utilisé officiellement pour désigner l'ensemble des Pays-Bas.

Et les Hollandais et les Hollandaises sont bien sûr les habitants de la Hollande.

Source : wikipedia.org

"Sarcelles".

La ville de Sarcelles (95)

Sarcelles (95) est une ville de 59 000 habitants située dans le département du Val-d'Oise en région Île-de-France.

Localisation de la ville de Sarcelles (95)
Localisation de la ville de Sarcelles (95)

Ville emblématique de la banlieue parisienne, elle a vu s'édifier, de 1955 à 1975, l'un des premiers et à ce jour le plus vaste grand ensemble de France (12 368 logements), conçu par les architectes Jacques-Henri Labourdette et Roger Boileau : un océan de béton, planté de longues barres horizontales, sans recherche architecturale, construit ex nihilo au milieu des champs.

"La sarcellite", deviendra d'ailleurs le nom du malaise ressenti par les habitants de ces grands ensembles.

Membre de la communauté d'agglomération Roissy Pays de France, Sarcelles est devenue en l'an 2000 sous-préfecture du département du Val-d'Oise, en remplacement de Montmorency.

Et elle porte le nom d'une espèce animale, la "Sarcelle", qui est un type de canard de surface de petite taille.

Des sarcelles d'hiver
Des sarcelles d'hiver

Source : wikipedia.org

"Avoir la main", "Avoir la main baladeuse", "Avoir la main croche", "Avoir la main heureuse", "Avoir la main malheureuse", "Avoir la main légère", "Avoir la main leste", "Avoir la main lourde", "Avoir la main sûre" ou "Avoir la main verte".

Ces différentes locutions verbales en forme d'idiotismes corporels possèdent naturellement des significations très différentes :

  • "Avoir la main" (langage courant) :
    • au sens propre, lorsque l'on joue aux cartes :
      • être le premier à jouer.
      • ou : être celui qui distribue les cartes.
    • et au sens figuré : avoir la balle dans son camp, être celui qui a l’initiative.

On dit par exemple : "Tu as la main, c'est toi qui contrôle la situation".

  • "Avoir la main baladeuse" (registre familier) (sens figuré) : être enclin aux caresses intempestives.

On dit par exemple : "Le chef de service de ma copine avait la main balladeuse. Mais elle l'a dénoncé auprès sa direction".

Une main baladeuse

  • "Avoir la main croche" (registre familier) (sens figuré) : être d'un naturel rapace.

On dit par exemple : "Mon patron a la main croche : impossible de lui faire acheter le moindre équipement !".

  • "Avoir la main heureuse" (langage courant) (sens figuré) : avoir de la chance au jeu, être chanceux, avoir bien choisi ; faire un choix avisé ; réussir dans ce que l’on entreprend.

On dit par exemple : "Tu as eu la main heureuse avec cet achat : moi je ne fais que de mauvaises affaires".

  • "Avoir la main malheureuse" (langage courant) (sens figuré) : ne pas avoir de chance au jeu, être malchanceux, avoir mal choisi ; échouer dans ce que l’on entreprend.

On dit par exemple : "J'ai eu la main malheureuse : je gagnerai une autre fois".

  • "Avoir la main légère" (langage courant) (sens figuré) : ne pas mettre trop de quelque chose ; opérer adroitement, agir sans brutalité.

On dit par exemple : "Ma tante utilise de l'engrais, mais elle a la main légère".

Ou : "Tu peux lui confier tes vases : il a la main légère".

  • Avoir la main leste" (langage courant) (sens figuré) : être prompt à infliger des gifles ou des coups en guise de réprimandes.

On dit par exemple : "Mon grand-père avoir la main leste avec ses enfants : mon père a reçu des centaines de gifles quand il était jeune".

Avoir la main leste

  • "Avoir la main lourde" (registre familier) (sens figuré) :
    • verser en trop grande quantité ou utiliser un produit plus que nécessaire.

On dit par exemple : "Le serveur a eu la main lourde : je n'ai jamais bu autant de pastis de ma vie !".

Ou : "Tu as eu la main lourde : il y en a deux fois trop !".

Avoir la main lourde : verser en trop grande quantité ou utiliser un produit plus que nécessaire

    • frapper fort, punir sévèrement.

On dit par exemple : "Mon oncle a eu la main lourde avec mon cousin : il a failli l'assommer !".

Le professeur Jean Douélan (Lino Ventura) "a la main lourde" avec sa fille Isabelle (Isabelle Adjani) dans le film franco-italien "La gifle", réalisé en 1974 par Claude Pinoteau
Le professeur Jean Douélan (Lino Ventura) "a la main lourde" avec sa fille Isabelle (Isabelle Adjani) dans le film franco-italien "La gifle", réalisé en 1974 par Claude Pinoteau
  • "Avoir la main sûre" (langage courant) : avoir la main ferme, qui ne tremble pas.

On dit par exemple : "Tu peux lui faire confiance s'il te dit qu'il tient la corde : il a la main sûre".

  • et "Avoir la main verte" (langage courant) (sens figuré) : savoir cultiver, entretenir, faire pousser et soigner les plantes ; être doué pour cela.

On dit par exemple : "Mon épouse a la main verte mais pas moi : il suffit que je touche à une plante pour qu'elle meurt dans la semaine !".

Et nos amis québecois utilisent un autre idiotisme chromatique : "Avoir le pouce vert".

"Avoir la main verte" ou "Avoir le pouce vert"

Sources : wiktionary.org, www.littre.org, www.linternaute.fr, www.languefrancaise.net, dictionnaire.reverso.net, Le Robert et www.larousse.fr

"À la papa".

Cette locution adverbiale en forme de gémination relève du registre familier.

Et elle signifie : d'une manière tranquille et calme, sans se hâter, de façon débonnaire.

On dit par exemple : "Mon oncle n'a que 36 berges mais il conduit vraiment à la papa".

Ou : "Cet été avec ma femme on a visité les vignobles alsaciens à la papa".

Sources : wiktioary.org et www.expressions-francaises.fr

"Un dada".

Ce substantif masculin en forme de gémination appartient au registre familier.

Et il désigne, selon le contexte :

On dit par exemple : "Le dada de mon père ce sont les maquettes d'avion".

Et nos amis anglophones parlent de "Hobby".

Un dada, cest à dire : un cheval

  • et dans le langage enfantin : un cheval.

On dit par exemple :"Papa regarde : le dada il est tout blanc !".

 

"Cracra", "Cradingue", "Crado" et "Craspec".

Ces quatre adjectifs synonymes signifient : crasseux, couvert de crasse, très sale.

"Cracra" (gémination) et "Crado"appartiennent au registre familier.

Tandis que "Craspec" appartient au registre populaire.

Et "Cradingue" au registre argotique.

"C'est Belfast !" ou "Être Belfast", "C'est Beyrouth !" ou "Être Beyrouth", "C'est Sarajevo !" ou "Être Sarajevo" et "C'est Bagdad !" ou "Être Bagdad".

"C'est Bagdad !"

À chaque génération sa ville martyre : Belfast, Beyrouth, Sarajevo, Bagdad... l'horreur se déplace géographiquement au fil des années, faisant ainsi évoluer nos expressions.

Ces locutions interjectives parfaitement synonymes relèvent toutes du registre familier.

Et elles ont eu malheureusement eu tendance à se succéder au cours des 40 dernières années pour signifier, au sens figuré :

  • à tout le moins : c'est la pagaille totale !, c'est le bazar !, c'est le cirque !

On dit par exemple : "Après deux jours de fête, tu verrais mon appart' : c'est Belfast !".

Ou : "Tu aurais vu l'état de la place après le carnaval : c'était Beyrouth !".

  • voire : c'est l'horreur !, c'est un cauchemar !

On dit par exemple : "J'ai vu un reportage sur les attentats parisiens du 13 novembre 2015 : c'était vraiment Sarajevo !".

Ou : "Le train de passagers a déraillé en gare : c'était Bagdad !".

Elles font naturellement référence aux capitales de l'irlande du Nord (Belfast), du Liban (Beyrouth), de la Bosnie-Herzégovine (Sarajevo) et de l'Irak (Bagdag), quatre villes ravagées par des années de troubles et de guerres civiles :

  • De 1968 à 1998 pour Belfast,
1969 : Belfast ravagée
1969 : Belfast ravagée
  • de 1975 à 1990 pour Beyrouth,
"C'est Berouth !"
Beyrouth ravagée
  • du 6 avril 1992 au 29 février 1996 pour Sarajevo, dont le siège de 1 425 jours par les forces serbes a fait plus de 11 000 morts et pulvérisé le record du durée du siège de Léningrad redevenue Saint-Pétersbourg depuis le 6 septembre 1991 (872 jours, du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944).
Sarajevo ravagée durant la guerre civile
Sarajevo ravagée
  • et depuis 2003 pour Bagdad.
"C'est Bagdad !"
Bagdad ravagée

Source : wikipedia.org

"Prendre ses quartiers", "Prendre ses quartiers d'été" ou "Prendre ses quartiers d'hiver".

Ces différentes locutions verbales relèvent du registre militaire.

Et elles signifient :

  • "Prendre ses quartiers" : s'installer à demeure quelque part (registre désuet).

On dit par exemple : "Sitôt arrivé à la caserne, le nouveau lieutenant a pris ses quartiers".

  • "Prendre ses quartiers d'été" ou "Prendre ses quartiers d'hiver" :
    • au sens propre : s'établir dans un casernement (ou cantonnement) propre à passer l'été ou à hiverner, pour un militaire.
    • et par extension : s'installer là où l'on va passer la saison estivale ou la saison hivernale.

On dit par exemple : "Ma grand-mère a pris ses quartiers d'été à Biarritz (64)".

Sources : www.linternaute.fr et wiktionary.org

"Le délire des grandeurs" ou "Avoir le délire des grandeurs" et "La folie des grandeurs" ou "Avoir la folie des grandeurs".

"Le délire des grandeurs" et "La folie des grandeurs" désignent, depuis le XIXe siècle, au sens figuré : une sorte de mégalomanie consistant à vouloir "épater la galerie" en faisant de grandes choses, en affichant un train de vie démesuré, dépassant les moyens dont on dispose.

On dit par exemple : "Une piscine dans le jardin de ton pavillon de banlieue : ma fille tu as vraiment la folie des grandeurs !".

"La folie des grandeurs" est un film franco-hispano-italo-allemand réalisé en 1971 par Gérard Oury, adapté de la pièce de Victor Hugo "Ruy Blas" (1838).

Affiche du film français "La folie des grandeurs" de Gérard Oury (1971)

Sources : www.expressio.fr, www.larousse.fr et wiktionary.org

"La première pierre" ou "Poser la première pierre" de quelque chose

Ces deux formules du langage courant en forme d'idiotismes numériques appartiennent au domaine de la construction et des travaux publics.

  • Ce que l'on appelle "la première pierre" est en réalité une première pierre symbolique posée lors du début (ou lancement) des travaux d'un bâtiment ou d'un projet immobilier.

Et cela alors même que les fondations ont souvent déjà été coulées et que le rez-de-chaussée est en cours de construction.

  • et "Poser la première la première pierre" signifie par conséquent, en théorie mais pas en pratique : débuter (ou lancer) les travaux.

La pose de la première pierre est avant toute chose une cérémonie traditionnelle généralement effectuée par une personnalité telle qu'un ministre ou un élu pour tout ce qui relève du domaine public (une piscine, un stade, un lycée, un collège, etc.), et un haut dirigeant d'entreprise pour tout ce qui relève du domaine privé (un siège social, une plate-forme logistique, etc.).

Sources : www.limmobilierdunmondequichange.fr et