On ne dit pas : "Le principal protagoniste" ni "Les principaux protagonistes" !

Comme je l'entends malheureusement souvent dire dans les organes d'information.

Mais, bien plus simplement : "Le protagoniste" et "Les protagonistes" !

Et cela pour la bonne et simple raison que le mot "Protagoniste" signifie déjà : personne jouant le premier rôle dans une affaire.

Les locutions nominales "Principal protagoniste" et "Principaux protagonistes" constituent donc des pléonasmes.

"Analphabète", "Analphabètes", "Un analphabète", "Des analphabètes" et "L'analphabétisme".

Ces trois mots du langage courant s'écrivent avec un accent grave (pour les quatre premiers) et un accent aigu (pour le dernier) et non un accent circonflexe, car ils nont strictement rien à voir avec la "bÊtise".

Ils désignent en effet respectivement :

  • "Analphabète" et "Analphabètes" : n'ayant pas appris à lire ni à écrire (adjectifs),
  • "Un analphabète" et "Des analphabètes" : une ou des personnes n'ayant pas appris à lire ni à écrire (substantifs),
  • et "L'analphabétisme" : le fait de ne pas avoir appris à lire ni à écrire (substantif).

"À l'insu de mon plein gré".

Cette drolatique locution adverbiale du registre familier est entrée dans le langage courant depuis une quinzaine d'années.

Sens initial

Il s'agit d'une expression purement humoristique, construite de manière totalement artificielle par juxtaposition des formules parfaitement antagonistes "À mon insu" et "De mon plein gré" et signifiant tout simplement "À mon insu" ou "Contre mon gré".

On finit parfois par oublier que cette fomule a été popularisée à la toute fin des années 1990 par l'émission quotidienne de la chaîne de télévision payante française Canal Plus "Les Guignols de l’Info".

En effet, ces derniers l'ont fait répéter en boucle, des mois durant, à la marionnette du champion cycliste français Richard Virenque, afin de ridiculiser ses déclarations peu crédibles de 1998, en vertu desquelles il affirmait, contre toute évidence, parfaitement ignorer avoir été dopé.

Ce qui a naturellement fait rire la France entière.

La marionnette du champion cycliste français Richard Virenque dans "Les Guignols de l'info" en 1998
La marionnette du champion cycliste français Richard Virenque dans "Les Guignols de l'info" en 1998

Nouveau sens actuel

Avec le temps, cette amusante formule, initialement conçue de manière volontaire comme un pur solécisme, a fini par prendre, me semble-t'il, un sens nouveau.

Et elle s'utilise couramment de nos jours pour, en quelque sorte, signifier sa satisfaction que quelque chose ait eu lieu ou se soit produit (donc "De mon plein gré"), bien que l'on n'y ait pas soi-même activement participé et n'en ait même rien su jusqu'alors (donc "À mon insu").

On dit par exemple : "Alors, il paraît que tu as une nouvelle assistante ?" "Oui, ça c'est fait à l'insu de mon plein gré !".

Ou : "Il paraît que vous allez en Grèce cette été avec ta femme ?" "Oui, ça c'est décidé à l'insu de mon plein gré !".

Là où les "Guignols" ont trouvé leur source d'inspiration

Naturellement, même s'il n'a jamais brillé par sa syntaxe - mais ce n'est pas ce que l'on demande en priorité à un grimpeur d'exception, comme il l'était -, Richard Virenque n'a jamais déclaré "À l'insu de mon plein gré"...

Mais les Guignols de l'Info ont tout de même largement trouvé leur inspiration dans un entretien accordé à une journaliste :

- Richard Virenque : "Les ampoules je les connais parce que bon, on fait souvent des récupérations. Et pour ma part, ça peut pas être à son insu parce que je vois et... Une piqûre à son insu ça doit être difficile".

- La journaliste : "À VOTRE insu"...

- Richard Virenque : "Voilà, à mon insu".

Le champion cycliste français Richard Virenque interrogé par les organes d'information pendant le tour de France 1998
Le champion cycliste français Richard Virenque interrogé par les organes d'information pendant le tour de France 1998

Source : wikipedia.org

"Non, peut-être".

J'ai toujours été littéralement fasciné par cette incroyable expression typiquement belge, signifiant pour nos amis d'outre-Quiévrain... "Oui, bien sûr", "Oui, évidemment", "Oui, sûrement" !

Ainsi, à votre question : "Tu sauras te retrouver dans le métro parisien ?", votre interlocuteur belge vous répondra, avec ironie et sur un ton légèrement sarcastique : "Non, peut-être !"

"Avoir un pet de travers", "Avoir toujours un pet de travers".

J'aime beaucoup cette expression du registre familier en forme d'idiotisme corporel, qui signifie, selon le contexte ;

  • "Être légèrement indisposé, incommodé, se plaindre de malaises, de fatigue",

On dit par exemple : "Notre vie de couple est assez peu mouvementée car mon petit copain a toujours un pet de travers...".

  • ou : "Être fâché, contrarié, tracassé, de mauvaise humeur, mal disposé, grincheux mécontent".

On dit par exemple : "Mon chef de service m'exaspère : il a toujours un pet de travers".

Sources : wiktionary.org, www.languefrancaise.net, dictionnaire.reverso.net et www.expressions-francaises.fr

"Ne pas être un aigle".

Cette expression du langage courant en forme d'idiotisme animalier signifie, selon le contexte, :

On dit par exemple : "La plupart des hommes politiques actuels ne sont pas des aigles".

  • ou "Ne pas briller particulièrement par son intelligence", "Ne pas être très malin", voire "Être idiot".

On dit par exemple : "Le policier qui m'a arrêté n'était pas un aigle".

Dans ce second sens, on pourrait également dire par exemple, dans le registre familier, : "Ne pas être une lumière", "Ne pas être le couteau le plus affuté du tiroir" ou "Ne pas être le couteau le plus aiguisé du tiroir".

Sur ce même thème, je vous recommande la lecture de ma collection d'articles "Mille et une façons de dire Être idiot ou Un idiot" et, en particulier, mon article sur mes façons préférées de dire "Être idiot".