"An" et "Année".

Savoir quand utiliser chacun de ces deux mots relève souvent du véritable casse-tête pour nos amis étrangers. La plupart des langues (anglais, allemand, italien, etc.) ne disposent en effet que d'un seul mot, là où le français a jugé bon d'en avoir deux !

  • Le mot mot masculin "An" est un repère chronologique.

On dit, par exemple : "Le jour de l'an" , "En l'an 1 000"  ou "En l’an 2000".

Il est donc utilisé pour donner un repère dans le temps ou pour préciser une date.

On l'utilise ainsi après les nombres cardinaux (1, 2, 3, 4, etc.) pour dire, par exemple : "Depuis trois ans", "Il y a quatre ans" ou "Dans six ans".

Mais surtout pour donner l'âge de quelqu'un : "J'ai 59 ans" ou "Mes parents ont 87 ans".

Ou pour parler d'une date anniversaire : "Nous avons célébré les 25 ans de ma fille aînée le 18 mai" ou "Ma fille cadette fêtera ses 15 ans le 28 décembre".

Et il existe un certain nombre d'expression figées pour lesquelles on utilise systématiquement le mot "An", comme par exemple :

  • tandis que le mot féminin "Année" est utilisé pour évoquer un écoulement de temps, une durée.

On parle ainsi d’une "année civile", à propos de la période de temps allant du 1er janvier au 31 décembre. Et de l'"année scolaire" ou de l'"année universitaire", pour la période de temps allant de septembre à juin.

De manière générale, on utilise le mot "Année" :

    • après les nombres ordinaux (premier, deuxième, troisième, etc.) :

On dit ainsi : "Ma fille aînée est en sixième année de médecine". "La Cinquième République est née en 1958". Ou : "Le président de la République va entamer, cet été 2020, la troisième année de son mandat".

    • après les adjectifs :

On dit ainsi : "Je vis à Aix-en-Provence (13) depuis de nombreuses années". "Je ne suis plus retourné à Paris (75) depuis de longues années". Ou : "Cela faisait une petite année que je n'avais plus revu mon père".

MAIS ATTENTION : après les adjectifs "dernier"/ "dernière", "passé" / "passée" ou "prochain"/ "prochaine", on peut utiliser indifférement le mot "An" OU le mot "Année" :

On dit ainsi : "L’an prochain" OU "L’année prochaine", "L'an passé" OU "L'année passée", et "L'an dernier" OU "L’année dernière" !

Enfin, comme c'est le cas avec le mot "An", il existe un certain nombre d'expression figées pour lesquelles on utilise systématiquement le mot "Année", comme par exemple :

    • "Bonne année",
    • "Cette année là",
    • "Chaque année",
    • "D'une année à l'autre",
    • "Notre magasin est ouvert toute l'année",
    • ou : "Les années soixante" ou "Les années quatre-vingt".

Certes, "il suffit de le savoir" diront certains... Mais imaginez un peu le désarroi de nos enfants ou des apprenants de FLE !

Source : www.francaisauthentique.com

"La mouise".

Ce mot du registre populaire et du registre argotique désigne, selon le contexte :

  • une soupe de mauvaise qualité.
  • ou : la misère, la pauvreté.

On dit par exemple : "Être dans la mouise". À l'instar de "Être dans la panade".

"Endémique".

Cet adjectif qui nous vient du vocabulaire médical qualifie, selon le contexte, :

  • au sens propre : une maladie infectieuse persistant au sein d'une population ou d'une région,

On dit par exemple : "Le paludisme est une maladie endémique dans de nombreux pays de l'afrique subsaharienne".

  • et au sens figuré, dans le registre soutenu :
    • un phénomène économique ou social néfaste sévissant de manière constante, régulière ; régnant en permanence.

On parle par exemple de "chômage endémique".

    • ou une espèce vivante propre à un territoire bien délimité ; dont l'aire de répartition est limitée à une région donnée.
      • Il peut s'agir d'une espèce animale : le kangourou est une espèce endémique de l'Australie.
      • Ou d'une espèce végétale : le baobab est une espèce endémique du continent africain.

Source : www.larousse.fr et wiktionary.org

Souvenir d'enfance : "Et si la plupart faisaient défection ?".

Été 1971 : j'ai 10 ans et, comme tous les ans au mois d'août, je suis en vacances à Payrac, un village du Lot (46), chez mes grands-parents paternels.

Mon grand-père, ancien comptable, travaille bénévolement plusieurs après-midi par semaine comme secrétaire de mairie, et je l'accompagne parfois, lorsque mon meilleur ami Bruno n'est pas là.

Ce jour là, pour changer un peu,  je suis plongé dans la lecture de l'un des six volumes de mon livre de chevet, l'édition de 1936 du "Larousse du XXe siècle", dictionnaire encyclopédique publié sous la direction de Paul Augé, que je me plais à recopier (...), lorsque - en l'absence du maire - apparait quelque peu affolé un agriculteur du nom de Gaston :

- "M'sieur Hubert, c'est très grave vous savez ! J'ai été hier soir chez le père Lacombe, vous savez ; avec tous ceux qui z'ont gueulé pour la déviation de la nationale... Et y en a tout plein qui z'ont annoncé qu'i' z'allaient tout casser à la sous-préfecture demain, si qu'on leur dit pas qu'on fait ben l'projet ! J'crois ben qu'i' vont z'y aller ! Et qu'ça va faire du monde !".

- "Allons mon brave, ne vous inquiétez donc pas tant !" lui répond paisiblement mon grand-père en récurant sa pipe.

- "Vous savez, père Lacombe, les gens parlent, parlent... mais ils n'agissent pas souvent autant qu'ils veulent bien le prétendre. Je ne pense pas qu'il se passera grand chose. Et si tant est que certains aillent effectivement jusqu'à la sous-préfecture, ils risquent de ne pas être bien nombreux, car je pense que la plupart d'entre eux feront défection".

- "Allons bon, M. Hubert ! Comme vous y allez !! C'est sûr qu'y en a c'est rien qu'des sauvages ; mais tout de même... I' vont pas aller chier devant les grilles !".

À l'évidence, le pauvre homme avait, dans son affolement, confondu les mots français paronymes "défection" et "déjection".

Et vraisemblablement pensé, à cette occasion, que le substantif "Défection" correspondait au verbe "Déféquer".

Ou que l'ellipse "Faire" ("ses besoins") masquait en réalité le mot "défection"...

Personnellement, ne connaissant pas encore l'expression "Faire défection", c'était l'utilisation du "gros mot" "chier" qui m'avait fait pouffer... Ce qui avait permis à mon grand-père de se tirer honorablement de la situation en invoquer mes rires pour justifier les siens, sans vexer le brave agriculteur !

"Un hurluberlu".

J'aime beaucoup ce joli mot du registre familier qui désigne : une personne extravagante, écervelée, étourdie ; parlant et agissant de manière bizarre, inconsidérée.

On dit par exemple : "Moi un hurluberlu ? Tout cela parce que je continue de porter un bonnet et une doudoune en juillet !".

Source : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"La pause méridienne".

Cette locution nominale du registre soutenu appartient au vocabulaire et jargon administratif et éducatif ou scolaire.

Elle désigne tout simplement la pause de midi ou "pause-déjeuner".

L'adjectif "Méridien" est en effet un synonyme de l'adjectif "Méridional" et désigne ce qui se rapporte au midi, à l'heure de midi, ou est tourné du côté du midi.

On n'écrit pas : "Jusqu'à nouvelle ordre" ni "Un nouvelle arrivant", "Un nouvelle escalier", "Un nouvelle immeuble" ou "Un nouvelle usage" !

Mais : "Jusqu'à NOUVEL ordre", "Un NOUVEL arrivant", "Un NOUVEL escalier", "Un NOUVEL immeuble" et "Un NOUVEL usage" !

Les mots "Ordre", "Arrivant", "Escalier", "Immeuble" et "Usage" sont tous masculins et non féminins.

C'est simplement parce qu'ils commencent par des voyelles que l'on n'utilise pas l'adjectif masculin singulier "nouveau" mais sa variante "nouvel".

Cela aurait été la même chose avec des mots commençant par des "h aspirés", comme "Hommage", "Habitant", "Herbier", "Hippocampe", "Hurluberlu" ou "Hypocrite".

On n'écrit pas : "Un nouvelle habitant", "Un nouvelle herbier", "Un nouvelle hippocampe", "Un nouvel hommage" ni "Un nouvelle hurluberlu" !

Mais : "Un NOUVEL habitant", "Un NOUVEL herbier", "Un NOUVEL hippocampe", "Un NOUVEL hommage" et "Un NOUVEL hurluberlu" !

Les mots "Habitant", "Herbier", "Hippocampe", "Hommage" et "HUrluberlu" sont tous masculins et non féminins.

C'est simplement parce qu'ils commencent par des "h aspirés" que l'on n'utilise pas l'adjectif masculin singulier "nouveau" mais sa variante "nouvel".

Cela aurait été la même chose avec des mots commençant par des voyelles, comme "Arrivant", "Escalier", "Immeuble", "Ordre" ou "Usage".

"D'une main de fer" ou "D'une poigne de fer".

Ces deux expressions du langage courant en forme d'idiotismes corporels signifient, au sens figuré, :"Avec une autorité inflexible".

Et lorsqu'elles sont utilisées en matière politique, elles sous-tendent le plus souvent l'idée d'un régime autoritaire et répressif.

On dit par exemple :

  • "Ce directeur dirige son établissemnt d'une main de fer",
  • ou "Le maréchal Mobutu a dirigé son pays d'une poigne de fer durant 31 ans".

La formule "Main de fer" évoquée ici ne doit pas être confondue avec l'outil appelé "Main-de-fer" avec des tirets "-".

Source : wiktionary.org et www.cnrtl.fr

"Une main de fer" et "Une main-de-fer".

Des calibres de gantier métalliques ou "Mains-de-fer"

Ces deux locutions verbales du langage courant désigne deux choses tout à fait différentes :

  • et "Une main-de-fer" avec des tirets "-" est un outil de gantier.

Des calibres de gantier métalliques ou "mains-de-fer"

Ce calibre de métal a été inventé en 1838 par le français Xavier Joulin et il est utilisé en dernier dans l’étape de la coupe.

Le rectangle en cuir est posé sur cet emporte-pièce métallique. Et sous l’effet de la presse hydraulique, les doigts sont très précisément séparés et l’emplacement du pouce, évidé.

Des calibres de gantier métalliques ou "Mains-de-fer"

Source : www.larousse.fr et m.gantdefrance.fr