Sans que nous en soyons réellement conscient la plupart du temps, nombre de nos mots, locutions ou expressions découlent directement de la Bible, des mythologies grecque et romaine, de la littérature, du cinéma, de la chanson ou de la publicité.
J’ai donc réuni dans ce sous-chapitre l’ensemble des collections d’articles consacrées à ce sujet.
Nombre total d’articles prévus dans ce sous-chapitre : 1 627
Cette devise publicitaire de la société Esso datant de 1965 a durablement marqué mon enfance de petit garçon, arrivé en France à l'âge de 3 ans et demi, au début de cette année-là.
Et celle de très nombreuses personnes, j'en suis certain, si j'en juge par la perdurance de la formule "Mettre un tigre dans son moteur" dans le langage courant actuel.
On se souvient en particulier, bien évidemment, du sympathique tigre qui y était associé, à travers d'énormes campagnes de presse et opérations promotionnelles comprenant des partenariats avec Walt Disney, Tintin, etc.
Distribuée par la Société Franco-Américaine de Raffinage, la marque de super-carburant "Esso" était présente dans notre pays depuis 1929.
Mais c'est durant la deuxième moitié des années 1960, je pense, que la marque a véritablement explosé dans notre pays, grâce à la formidablement exploitation du succès de ce slogan et de cet énorme félin.
En multipliant notamment les objets promotionnels et produits dérivés de toutes sortes - le plus souvent ornés, bien évidemment du célèbre tigre ! - ; lesquels envahissaient littéralement la vie quotidienne de ses consommateurs habituels ou potentiels, et notamment des petits garçons.
Mes petits camarades et moi avions ainsi :
des porte-clés Esso,
des figurines Esso,
des peluches Esso,
des garages Esso,
des camions Esso,
des wagons Esso,
des stylos Esso,
des panoplies Esso (!),
et même, souvent, de grandes affiches publicitaires "Esso".
L'une de ces affiches, en forme de longue fresque, figurait du reste encore sur une poutre du garage de mon père, dans sa maison de Dordogne (24), dans les années 2000, suscitant régulièrement la nostalgie attendrie des visiteurs !
Sauf que, et c'est là que l'on touche - pour moi - au génie, : alors que vous passeriez pour une pauvre victime de la publicité dans ces deux hypothèses, absolument personne n'a conscience de quoi que ce soit en ce qui concerne la "Pause-café". Ce qui est la preuve absolue que les auteurs de ce coup de maître ont magnifiquement réussi leur affaire !
Historiquement, la pause-café date du XIXe siècle et a pour origine la ville de Stoughton (Wisconsin) (États-Unis d'Amérique) et il s'agissait d'une pratique apportée par des immigrants norvégiens.
Mais au début des années 1950 le café n'est absolument plus une boisson à la mode. Il est même considéré comme plutôt ringard et sans grand intérêt ; voire mal vu, car jugé populaire, bas de gamme. À l'inverse du thé, historiquement associé à l'aristocratie.
La mercatique allait toutefois, sans tarder, radicalement et durablement inverser la tendance !
Face à la très inquiétante baisse de la consommation, le Pan-American Coffee Bureau parvient à populariser de nouveau le café au moyen d'une fantastique campagne publicitaire, qui mobilise quelques unes des plus grandes vedettes du moment (le grand John Wayne en personne !) et inonde le pays tous supports confondus : radio, télévision, affichage et presse.
Son slogan - "Give yourself a Coffee-Break" ("Offrez vous une pause-café") - marque tellement les esprits qu'il perdure 70 ans plus tard !
John B. Watson, un psycho-sociologue ayant travaillé avec la firme Maxwell House, rendit les "Pauses-café" à la mode dans les entreprises et la courte pause que faisaient les ouvriers d'usine au cours de leur service fut rebaptisée "Coffe-Break". Au point qu'à peine une année plus tard, 80% des entreprises accordant cette pause l'appelaient également "Coffee-Break".
En instaurant le café dans cette institution qu'est la "Pause", la boisson se répandit et redevint à la mode, pour ne plus jamais perdre de son attrait.
La France ne fut naturellement pas en reste et imposa elle aussi la "Pause-café", avec le slogan "Chaque jour faites la pause-café" ; "La minute heureuse de la journée".
Même si la campagne publicitaire n'eut évidemment pas la même ampleur dans notre pays, les résultats n'en furent pas moins impressionnants.
Ainsi, la "Pause-café" représente-t-elle encore aujourd'hui un poids économique conséquent et un marché très lucratif pour les professionnels du secteur.
Différentes études menées à son sujet révèlent ainsi que le café est la première boisson consommée sur le lieu de travail.
Et que les trois quarts des travailleurs boivent au moins un café durant leur journée de travail. Près d’un sur deux (47%) commence sa journée de travail avec un café . Et les salariés français consomment en moyenne trois cafés par jour sur leur lieu de travail.
La "Pause-café" demeure un rituel important pour les Français : 9 salariés sur 10 (89 %) déclarent en faire une. Et le phénomène semble s’inscrire dans le temps, car la jeune génération est particulièrement attachée à ce rituel !
Pour finir, je vous propose, pour le régal des yeux, quelques uns des innombrables visuels états-uniens de presse écrite de 1952, au charme délicieusement désuet :
Cette phrase extrêmement célèbre n'est autre que le titre français donné, en 1918, par l'écrivain français André Maurois au poème "If" ("Si"), écrit en 1910 par l'écrivain britannique Rudyard Kipling, davantage connu dans notre pays pour son roman d'aventures "Le livre de la jungle" (1894).
Il s'agit d'un mot formé par la fusion d'au moins deux mots, l'un d'entre eux au moins y apparaissant tronqué par apocope ("Dircab" : "Directeur" et "cabinet"), aphérèse ("Avionique" : "Avion" et "électronique") ou les deux ("Alicament" : "Aliment" et "médicament").
On parle également d'"Amalgame lexical", de "Mot-gigogne", de "Mot porte-manteau", de "Mot-tiroir" ou de "Mot-valise".
Kiss Cool est une marque de pastilles rafraîchissantes ayant appartenu à General foods, puis Kraft Jacobs Suchard, filiale de Kraft Foods, à la suite de la fusion de ce dernier avec General Foods au sein de Philip Morris, et aujourd'hui de Cadbury France.
Ce bonbon à la menthe donnant une impression de fraîcheur a été créé en 1988 par Kréma Pocket et c'est donc l'une des toutes premières CDP (Confiseries De Poche).
La devise publicitaire des nombreuses publicités au ton décalé - très nouveau pour l'époque - de "Kiss Cool, le bonbon à la menthe qui rafraîchit", n'était absolument pas, on l'a aujourd'hui oublié, "Le double effet Kiss Cool", mais : "Kiss Cool, le seul bonbon double effet !".
De nos jours, la formule "Le double effet Kiss Cool" - désormais entrée dans le registre familier français -, désigne, en référence à toutes ces publicités, un effet secondaire, supplémentaire d'une action entreprise, qui peut s'avérer, selon les circonstances, positif ou négatif.
On dit ainsi par exemple :
"Grâce à mon passage dans cette émission, j'ai fait la connaissance de mon fiancé parmi les autres participants, avant de recevoir un appel d'un éditeur, intéressé par mon histoire : C'est vraiment le double effet Kiss Cool !".
ou "À cause de mon retard, non seulement je n'ai pas pu aller faire mes courses, mais en plus j'ai raté la sortie des classes : C'est vraiment le double effet Kiss Cool !".
Ce célèbre cabaret de travestis, sis au 75 bis de la rue des martyrs, au coeur de Pigalle, à Paris (75), tire son nom de la chanson du même nom, écrite en 1850 par Paul de Kock et interprétée par Yvette Guilbert.
Premier cabaret travesti de Paris (75), il est ouvert en 1946 et voit passer sur ses planches des artistes transgenres de renom comme Coccinelle ou la célèbre Bambi.
Fermé pendant de nombreuses années, il est entièrement restauré et rouvert en novembre 2015 par l'équipe du "Divan du monde", une salle de spectacle située au numéro 75 de la même rue, et une nouvelle troupe de comédiens-chanteurs-musiciens travestis propose toutes les fins de semaine un spectacle en direct, sans présonorisation ni sosie.
Qui ne connaît cette extraordinaire réplique de la fabuleuse actrice française Arletty, s'adressant sur le pont du canal Saint-Martin, à Paris (75), au génial Louis Jouvet, dans le film français de 1938, de Marcel Carné, "Hôtel du Nord", adapté par Henri Jeanson et Jean Aurenche du roman "L'Hôtel du Nord", publié en 1929 par Eugène Dabit ?
Cette incroyable tirade demeure durablement implantée dans la culture populaire, notamment grâce à l'intonation particulière d'Arletty, emblématique de la gouaille parisienne.
Et elle résonne encore aux oreilles des téléspectateurs et cinéphiles de plus de cinquante ans, pour l'avoir entendu, des années durant, dans le générique en noir et blanc annonçant le grand film du dimanche soir. Nostalgie, quand tu nous tiens !
C'est au grand Henri Jeanson que nous devons les merveilleux dialogues de ce chef d'oeuvre du cinéma français.
Ce merveilleux dialoguiste avait expliqué au réalisateur français Bertrand Tavernier que cette réplique constituait une sorte de petite pique amicale mais néanmoins ironique à l'égard de Marcel Carné, qui, sur le tournage, expliquait souvent à ces différents collaborateurs : "Cela donnera de l'atmosphère" ou "Ça va enrichir l'atmosphère"...