"Le fil vert sur le bouton vert le fil rouge sur le bouton rouge...".

Le colonel Blanchet (Pierre Lamoureux) dans "On a retrouvé la 7e compagnie", le film français réalisé par ses soins en 1975
Qui parmi nous n'a pas, un jour, cité cette fantastique réplique du film français de 1975 de Robert Lamoureux "On a retrouvé la 7e compagnie" ?
 
Ne serait-ce que par dérision, face à une mission pouvant éventuellement s'avérer plus délicate que ce que l'on avait initialement envisagée. Ou confronté à un problème technique nous laissant perplexe !

Dans cette suite du film de 1973  du même réalisateur "Mais où est donc passée la septième compagnie ?", le colonel Blanchet (Robert Lamoureux) doit faire sauter un pont à l'aide d'explosifs et d'un déclencheur à distance. Les instructions sont des plus simples : "Brancher le fil vert sur le bouton vert et le fil rouge sur le bouton rouge. Puis s'éloigner de cent pas".

En dépit de cette extrême simplicité, cependant, on voit ledit colonel cheminer longuement à travers les bois, répétant sans cesse la formule "Le fil vert sur le bouton vert le fil rouge sur le bouton rouge"... alors que l'on peine à imaginer qu'il puisse être confronté à la moindre difficulté !

Hélas, lorsqu'il ouvre le déclencheur, le colonel aperçoit - effaré - un bouton... bleu et un bouton ... blanc !

Le dispositif de mise à feu devant lequel se retrouve le colonel Blanchet (Pierre Lamoureux) dans "On a retrouvé la 7e compagnie", le film français réalisé par ses soins en 1975
Le dispositif de mise à feu devant lequel se retrouve le colonel Blanchet (Pierre Lamoureux) dans "On a retrouvé la 7e compagnie", le film français réalisé par ses soins en 1975

Branchant d'abord sans succès le fil vert sur le bouton blanc et le fil rouge sur le bouton bleu, il se dépêche alors d'inverser les connections, faisant finalement exploser le pont exactement au moment où passe une dépanneuse de chars transportant les héros du film, dont les noms sont également rentrés, je crois, dans la mémoire collective des français : le soldat Tassin (Henri Guybet et Aldo maccione, dans le premier film), le soldat Pithivier (Jean Lefebvre) et le sergent-chef Chaudard (Pierre Mondy) dans "On a retrouvé la 7e compagnie"...

Le soldat Tassin (Henri Guybet), le soldat Pithivier (Jean Lefebvre) et le sergent-chef Chaudard (Pierre Mondy) dans "On a retrouvé la 7e compagnie"
Le soldat Tassin (Henri Guybet), le soldat Pithivier (Jean Lefebvre) et le sergent-chef Chaudard (Pierre Mondy) dans "On a retrouvé la 7e compagnie".

Voir également : "J'ai glissé chef !" et et "Groupir ! Rester groupir !"..

"Nom de Zeus !".

L'interjection "Nom de Zeus !" est une des nombreuses formules permettant d'éviter le juron blasphématoire exprimant la colère "Nom de Dieu !".

Parmi les autres équivalents non sacrilèges de cet idiotisme religieux, on peut citer : "Nom d’un chien !", "Nom d’une pipe !", "Nom d'une pipe en bois !", "Nom d’un petit bonhomme !" ou "Nom de nom !".

"Le mont de Vénus" ou "Le mont du pubis".

"Mont de Vénus" ou "Mont du pubis"

Même si, comme on le sait, certains prennent beaucoup de plaisir à y grimper régulièrement, ces deux locutions nominales masculines du langage soutenu ne désignent pas des sites propices à l'escalade sportive, mais... le bas ventre féminin, recouvert de poils à partir de la puberté.

Sur un thème contigu, je vous recommande la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "La pilosité sexuelle féminine".

Ainsi que de mon article consacré au "Pubis".

"Ne pas être la mer à boire".

Cette expression du registre familier permet de relativiser l'importance d'une tâche en apparence très décourageante. Et elle signifie "Ne pas constituer une difficulté insurmontable, ne pas être impossible, ni même aussi difficile ou contraignant que cela peut sembler".

On dit ainsi par exemple : "Allons, mon garçon : ne me dis pas que cela va être la mer à boire que de parvenir à atteindre la moyenne ce mois-ci !".

Cette expression trouve semble-t-il sa source dans "Les deux chiens et l'âne mort", une fable peu connue de 1678 de Jean de la Fontaine :

Lire la suite

"Un harpagon" et "L'harpagonnerie".

Louis de Funès, dans le rôle d'Harpagon

Personnage principal de la comédie en prose de 1668 de Molière "L'avare ou l'école du mensonge", Harpagon fait preuve dans cette pièce d'une avarice tellement caricaturale que trois siècles et demi plus tard son nom désigne un homme d'une grande avarice.

Et que le substantif féminin "harpagonnerie" est synonyme d'avarice.

Sur le même thème, je vous recommande mon article consacré à toutes les façons de dire "Être avare".

 

Pourquoi dire : "La sérendipité" ?

Et pas : "La fortuité" !

Le mot "Sérendipité", de plus en plus utilisé ces dernières années, est en effet un simple décalque de l'anglais "Serendipity" signifiant "Don de faire par hasard des découvertes fructueuses".

Ce mot a été créé en 1754 par Horace Walpole, qui l'avait tiré d’un conte oriental, "Les Trois Princes de Serendip" ; "Serendip" (ou "Serendib") étant une ancienne transcription anglaise du mot arabe désignant le "Sri Lanka" ("Ceylan" jusqu'en 1972) !

Concrètement, la fortuité est la conjonction :

  • du hasard heureux qui permet au chercheur de faire une découverte inattendue d'importance ou d'un intérêt supérieur à l'objet de sa recherche initiale,
  • et de l'aptitude de ce même chercheur à saisir et à exploiter cette "chance".

On emploie fréquemment ce terme dans le monde scientifique pour désigner une forme de disponibilité intellectuelle, permettant de tirer de riches enseignements d’une trouvaille inopinée ou d’une erreur.

Ainsi d’un brillant mais négligent chercheur anglais, Alexander Fleming, qui avait la réputation d’oublier régulièrement ses boîtes à culture, et qui, rentrant de vacances, eut la surprise de découvrir dans l’une d’elles qu’une forme de moisissure avait empêché le développement des bactéries : la pénicilline.

Ou de ce berger inconnu qui, ayant oublié un fromage dans une grotte, découvrit... le Roquefort.

Sources : www.academie-francaise.fr et wikipedia.org

On ne dit pas : "En bonnet difforme", pas plus que "En bon uniforme" !

Mais : "En bonne et due forme" !

C'est à dire :

  • au sens propre : Conformément aux lois et aux règlements en vigueur.
  • et, au sens figuré, dans le registre familier, : selon les manières en usage.

"En bonnet difforme" est un savoureux calembour créé par l'humoriste français Coluche, en 1977, dans son sketch "Le clochard analphabète". Grâce lui en soit rendue ici.

Ne pas confondre : "Croquignolet" ou "Croquignolette" et "Croquignolesque".

Ces trois adjectifs paronymes ont des significations différentes :

  • "Croquignolet" ou "Croquignolette" signifient en effet "Amusant, charmant, mignon mais un peu bizarre, étrange".
  • Tandis que "Croquignolesque", dérivé du nom d'un célèbre personnage de bande dessinée français ("Croquignol", la tête pensante des "Pieds Nickelés", une série créée en 1908, par le dessinateur Louis Forton), se dit de ce qui est "absurde, ridicule, risible".

"Mais dites moi... jusqu'où s'arrêteront-ils ?".

L'humoriste français Coluche

J'adore cette expression de l'idole de mon adolescence, Coluche, que j'utilise assez régulièrement.

Elle est issue de son sketch de 1980 intitulé "La revue de presse".

Cette formule incorrecte - à dessein, bien sûr - contracte les locutions verbales "JUSQU'où iront-ils" et "OÙ S'ARRÊTERONT-ILS ?", pour donner cette phrase extraordinaire, encore régulièrement utilisée, je crois, quarante ans plus tard, par d'assez nombreux français.

"L'agalmatophilie" ou "Le pygmalionisme".

Il s'agit de l'attirance et de l'excitation sexuelle provoquées par les mannequins (de cire, pas de chair !), les poupées, les statues et l'immobilité !

Le terme de "Pygmalionisme" est directement hérité de la mythologie grecque, puisqu'elle renvoie à la l'histoire de Pygmalion et Galatée.

Selon la légende, en effet, le sculpteur Pygmalion tombe amoureux de sa création, Galatée, une statue rendue vivante grâce à Aphrodite, la déesse de l'amour, qui comprend son voeu.

Source : wikipedia.org

"Quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende !", "Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende", "Quand la légende est plus belle que la réalité, imprimez la légende !" ou "Quand la légende dépasse la réalité, publiez la légende".

Affiche de "L'homme qui tua Liberty Valance" de John Ford (1962)

Pour mémoire, le texte anglais d'origine est : "When the legend becomes facts, print the legend !".

Le journaliste Dutton Peabody et le futur sénateur Ransom Stoddard : "Quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende !"
Le journaliste Dutton Peabody et le futur sénateur Ransom Stoddard : "Quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende."

Cette phrase, elle-même entrée dans la légende du cinéma, est une réplique du superbe film états-unien de 1962 "L'homme qui tua Liberty Valance", l'avant-dernier western de John Ford, qui réunit à l'écran les deux légendes hollywoodiennes John Wayne et James Stewart.

James Stewart, John Ford et John Wayne que le tournage de "L'homme qui tua Liberty Valance" (1962)
James Stewart, John Ford et John Wayne sur le tournage de "L'homme qui tua Liberty Valance" (1962)

C’est le dernier grand film de ce réalisateur états-unien qui a déjà 68 ans. John Ford est un vétéran qui tourne des films depuis 1917. Ce fils d’immigrants irlandais a en effet débuté sa carrière à 22 ans avec un western muet sous le nom de Jack Ford. Et va s’imposer comme le maître du genre.

"L’homme qui tua Liberty Valance" est à la fois son chant du cygne et son dernier succès commercial. Mais aussi son film le plus important des années 1960. En cinquante ans de carrière et plus de 140 longs métrages (dont "La chevauchée fantastique", "La poursuite infernale" ou "La prisonnière du désert"), le cinéaste le plus oscarisé d’Hollywood, avec quatre trophées du meilleur réalisateur (pour "Le Mouchard" (1935), "Les Raisins de la colère" (1940), "Qu'elle était verte ma vallée" (1941) et "L'Homme tranquille" (1952)), décide de tourner pour la Paramount une œuvre intimiste.

Si les plaines désertiques et les rochers de la Monument Valley, à la frontière de l’Arizona et de l’Utah, forment le décor habituel de ses films, John Ford délaisse cette fois les grands espaces avec ce western tourné presque entièrement en studio.

D’ailleurs, les scènes de ce film essentiellement nocturne se déroulent principalement en intérieur (dans une cuisine, une salle de restaurant ou une chambre ; loin des paysages grandioses qui ont fait sa renommée).

Ford revient aussi au noir et blanc pour la dernière fois après avoir filmé en couleurs de nombreux westerns. Car "L'homme qui tua Liberty Valance" est une oeuvre teintée d’amertume.

Affiche à l'italienne de "L'homme qui tua Liberty Valance" de John Ford (1962)

C’est l’un des meilleurs scénarios tournés par John Ford. Construit autour d’un long retour en arrière, le film est l’adaptation -peu fidèle - d’une nouvelle de seize pages de la romancière Dorothy M. Johnson.

Après des années d’absence, le sénateur Ransom Stoddard (James Stewart) et son épouse Hallie (Vera Miles) arrivent en train à Shinbone pour assister aux funérailles d’un certain Tom Doniphon (John Wayne). Intrigué, un journaliste du "Shinbone Star" interroge le politicien à propos de sa présence aux obsèques d’un cow-boy oublié de tous, mort dans l’anonymat et l’indifférence. Stoddard lui raconte son passé dans cette petite ville où, jeune avocat, il a combattu avec le défunt un abject hors-la-loi, Liberty Valance (Lee Marvin), qui terrorisait les habitants.

Ransom Stoddard face à Liberty Valance
L'avocat Ransom Stoddard face au hors-la-loi Liberty Valance

On va découvrir au fur et à mesure du film que Stoddard est un imposteur qui a construit sa vie et sa carrière politique sur un mensonge. En effet, le jeune juriste devenu gouverneur puis sénateur a prétendu pendant des années avoir tué Valance alors qu’en réalité, c’est son ami Tom qui a abattu le dangereux bandit (car Stoddard était un tireur inexpérimenté).

Tom Doniphon, le véritable "homme qui tua Liberty Valance" (à droite, face à Ransom Stoddard)
Tom Doniphon, le véritable "homme qui tua Liberty Valance" (à droite, face à l'avocat Ransom Stoddard)

Tom Doniphon a en effet abandonné à son rival non seulement la gloire de son geste, mais aussi la main de Hallie (Vera Miles), la femme qu’ils aimaient l’un et l’autre… Avec cette réflexion sur la fondation des mythes américains, John Ford exprime un certain désenchantement à l’égard de la mythologie du western qu’il a lui-même forgé à travers ses films.

Il y a ainsi dans "Liberty Valance", un thème spécifiquement fordien, celui de l’ancienne Amérique qui fait place à la nouvelle. Vers la fin de cette oeuvre mélancolique, Dutton Peabody, le journaliste du journal local - qui incarne l'arrivée du "quatrième pouvoir", celui de la presse, achevant la transition vers la modernité américaine - lance à Stoddard : "Quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende !".

John Ford raconte ici la transformation d’un pays sans foi ni loi en un état de droit et une démocratie. C’est une métaphore de la civilisation où la loi du talion est remplacée progressivement par l’ordre et la justice. Même si l’on sent que la sympathie de Ford va au personnage interprété par John Wayne. Hallie (Vera Miles) dépose d’ailleurs sur son cercueil une fleur de cactus, fleur sauvage symbolisant le vieil Ouest du disparu.

Ce grand classique du septième art a inspiré et influencé par la suite toute une nouvelle génération de réalisateurs :

  • ce film que Steven Spielberg a découvert enfant dans un ciné de plein air de Phoenix (Arizona), a eu par exemple un énorme impact sur lui,
  • en 1996, Michael Cimino, le réalisateur de "La porte du paradis" (1980) - un autre chef d'oeuvre -, a aussi avoué qu’il admirait le film de Ford,
  • mais l’héritier le plus évident du réalisateur est naturellement Clint Eastwood. En particulier dans "Impitoyable" (1992), qui semble à la fois répondre et faire écho à "Liberty Valance", à travers le personnage de W. W. Beauchamp (Saul Rubinek), le biographe d’English Bob (Richard Harris), qui a tendance à déformer et embellir la réalité historique pour raconter, de façon romancée, les exploits de son "héros". Avant que le shérif Little Bill Daggett (Gene Hackman) ne rétablisse la vérité des faits. En interrogeant le rapport entre la légende et la réalité, Eastwood signe avec "Impitoyable" un hommage direct à "L'homme qui tua iberty Valance".

Une oeuvre immense, sans laquelle l’Amérique ne pourrait être comprise et aimée.

Source : www.programme-tv.net

"Les héros sont fatigués".

Affiche du film français "Les héros sont fatigués"

Cette locution verbale est, à l'origine, le titre d'un roman français de Christine Garnier, paru en 1953.

"Les héros sont fatigués" édition originale du roman français de Christine Garnier (1953)

Le livre a été adapté au cinéma en 1954 par Yves Ciampi.

Et l'on retrouve au générique de ce film français sorti en 1955 : Yves Montand, Maria Félix, les allemands Curd Jürgens et Gert Fröbe, ainsi que le futur réalisateur à succès Gérard Oury .

Source : wikipedia.org