"Faire chou blanc".

L'expression française "Faire chou blanc"

Cette locution verbale en forme d'idiotisme alimentaire et d'idiotisme chromatique appartient au registre familier.

Et elle signifie : ne pas réussir, subir un échec, échouer ; rater son coup.

On dit par exemple : "Nous avons fait chou blanc : ce sera pour la prochaine fois !".

Ou : "Nous espérions trouver cet individu chez lui mais nous avons fait chou blanc".

Sources : www.linternaute.fr et www.expressio.fr

"Faire l'autruche" ou "Pratiquer la politique de l'autruche"

"Faire l'autruche" ou "Pratiquer la politique de l'autruche"

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes animaliers signifient : se voiler la face, refuser d'affronter un problème, de faire face à la réalité ou de prendre en compte une réalité.

Cette expression populaire est née de l'idée - totalement fausse, mais rapportée par les premiers explorateurs des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles - que l'autruche enfouirait sa tête dans le sable lorsqu'elle a peur.

Alors qu'en réalité cet animal se contente de se coucher sur le sol en cas de danger.

Sources : www.linternaute.fr, wiktionary.org et www.futura-sciences.com

"Faire ceinture".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme textile ou vestimentaire appartient au registre familier.

Constituant une ellipse de "Faire USAGE DE SA ceinture", elle signifie :

  • au sens propre : se priver de nourriture,
  • et au sens figuré : se priver de quelque chose, de gré ou de force.

On dit par exemple : "Mon mari étant au chômage partiel et moi en arrêt-maladie pour deux mois, il va falloir faire ceinture encore un bont moment".

Ou : "Sans télévision ni ordinateur à la maison pendant quelques jours jours, je vais devoir faire ceinture en matière de films ou de feuilletons !".

Sources : www.expressio.ft et Le Robert

"Faire une fixette sur quelque chose".

Cette locution verbale du registre familier signifie : faire une fixation sur quelque chose, avoir une idée fixe, une obsession.

On dit par exemple : "Ma copine fait une fixette sur ses orteils : elle les trouve trop longs !".

Sources : www.larousse.fr, wiktionary.org et dictionnaire.reverso.net

"Faire ombrage à quelqu'un" ou "Porter ombrage à quelqu'un".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes botaniques relèvent du registre soutenu.

Elles font toutes les deux référence au substantif masculin "Ombrage", qui relève lui aussi du même registre et désigne tout à la fois : l'ensemble de branches et de feuilles qui donnent de l’ombre, et l’ombre que donnent les feuillages.

"Faire ombrage" ou "Porter ombrage".

"Faire ombrage à quelqu'un" ouet "Porter ombrage à quelqu'un" signifient ainsi, au sens figuré : inspirer, susciter un sentiment de jalousie, de dépit, naissant de l'inquiétude d'être éclipsé par une autre personne.

On dit par exemple : "La beauté de sa fille fait malheureusement ombrage à ses cousines".

Ou : "Je crains que la réussite de ton frère ne te porte ombrage".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à l'expression "Prendre ombrage".

Source : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Le pathos" et "Faire du pathos".

"Le pathos" est un substantif masculin qui nous vient du mot grec" Pathos" signifiant "Souffrance, passion, affect, douleurs".

Il désigne en français :

  • autrefois, dans le registre soutenu et dans le registre désuet : la partie de la rhétorique traitant des moyens propres à émouvoir l'auditeur, par opposition à l'"ithos" (qui traite de l'impression morale que doit produire l'orateur sur l'auditeur).
  • et, de nos jours, de façon péjorative et dans le registre familier : une enflure verbale, un style oratoire ou littéraire pathétique, déplacé, affecté ou outré, consistant à emprunter un ton solennel afin d'apporter de l'émotion, mais qui se révèle maladroit, vain et souvent incompréhensible.

On dit par exemple : "Après l'attentat, le président nous a encore fait du pathos lors des obsèques des victimes".

Source : www.linternaute.fr, www.cnrtl.fr et wiktionary.org

"Faire son beurre".

Faire son beurre

Cette locution verbale en forme d'idiotisme alimentaire appartient au registre argotique.

Et elle signifie, au sens figuré : s'enrichir ; faire des bénéfices ; prospérer ; gagner de l'argent ; profiter de quelque chose ; faire son profit de quelque chose, y trouver un intérêt.

On dit par exemple : "Il ne gagne pas d'argent avec ses chambres : c'est avec le restaurant de l'hôtel qu'il fait son beurre".

Ou : "Avec la pandémie de maladie à coronavirus 2019, le commerce en ligne fait son beurre".

Sources : www.languefrancaise.net, www.expressio.fr

"Un laïus" ou "Faire un laïus".

J'aime beaucoup le petit substantif masculin latin "Laïus", qui désigne :

  • dans le langage courant : un petit discours,

On dit par exemple : "Pour la cérémonie des voeux, le président va encore nous faire son laïus habituel".

  • mais surtout, dans le registre familier, où on l'utilise de façon péjorative, afin de discréditer l'orateur (ou l'auteur) : une allocution, un discours (ou un texte) souvent long, creux, vague ou emphatique, dont le ton ampoulé et la banalité des propos tenus sont ennuyeux pour l'auditoire ou le lectorat.

On dit par exemple : "Avec J'aime les mots, je m'efforce de founir des définitions et des explications simples et claires, plutôt que des laïus du type de ceux que fournissent parfois certains blogues ou sites".

On l'ignore souvent, mais ce mot "laïus" nous vient du nom latin de "Laïos", un personnage de la mythologie grecque, fils de Labdacos, roi de Thèbes, et père... d'Oedipe !

Et le sens actuel du mot "laïus" ainsi que de la locution verbale "Faire un laïus" remonte au concours d'entrée à l’École polytechnique organisé en 1804 (année de sa militarisation par Napoléon 1er).

Cette année-là, en effet, on proposa aux candidats comme sujet de composition "Le Discours de Laïus. Imaginez la réponse de Laïus à Oedipe" (*), lorsque ceux-ci se croisèrent sans se connaître sur une route étroite et se querellèrent au sujet de la priorité.

Ce sujet eut un vif succès, et les candidats, particulièrement inspirés, écrivirent de nombreuses pages d'une qualité très variable, justifiant ainsi, par la suite, le sens du mot "laïus", qui signifia d'abord pour les élèves toute composition ou dissertation, pour ensuite passer dans le langage courant, avec la définition que nous lui donnons actuellement.

Rappel du mythe :

Laïos n'a qu'un an à la mort de son père, Labdacos, roi de Thèbes, et la régence est donc confiée à son grand-oncle Lycos. Lorsqu'il atteint sa majorité, Laïos, au lieu de monter sur le trône, est chassé de Thèbes et trouve asile auprès du roi Pélops.

Celui-ci lui confie son fils Chrysippe, en lui demandant de lui apprendre l'art de conduire un char. Laïos s'éprend de son jeune élève, l'enlève pendant une course de chars et le viole. Accablé de honte, Chrysippe se serait alors pendu. Selon une autre version, il aurait été assassiné par ses demi-frères à la demande de leur mère Hippodamie. Pélops appelle alors sur Laïos la malédiction d'Apollon.

Après que Zéthos- qui régnait sur Thèbes avec son jumeau Amphion- s'est donné la mort, Laïos devient roi de Thèbes et épouse Jocaste. Mais un oracle de Delphes avertit Laïos que si un héritier mâle lui naît, celui-ci tuera son père et épousera sa mère. Laïos, prudent, se garde alors de toute relation avec son épouse. Une nuit pourtant, sous l'emprise de la boisson, il fait l'amour avec Jocaste. Et de leur union naît un fils : Oedipe. Pour conjurer l'oracle, il fait exposer l'enfant sur le mont Cithéron. Mais Oedipe est recueilli par un berger qui le confie au roi de Corinthe, Polybe. Et Oedipe est donc élevé loin de Thèbes, dans l'ignorance de sa véritable origine et de son adoption.

Des années plus tard, Oedipe apprend par l'oracle de Delphes que sa destinée est de tuer son père et d'épouser sa mère. Croyant être le fils naturel de Polybe, il décide de s'enfuir loin de Corinthe afin d'empêcher l'accomplissement de la prophétie.

Mais lors de sa fuite, il croise son père biologique, Laïos, sur une route étroite. Oedipe laisse passer le convoi du roi de Thèbes, mais les deux personnages se querellent au moment de décider qui devra garer son char sur le côté pour laisser passer celui de l'autre (dans une autre version, un écuyer tue l'un de ses chevaux). Une bagarre éclate alors, au cours de laquelle Laïos est tué par son propre fils. Ainsi, la première partie de la malédiction se réalise-t-elle.

(*) : L'enseignement des mythologies grecque et romaine étant devenu ce qu'il est, je frémis à l'idée des copies que nous rendraient les candidats actuels... mais on va encore me traiter de dinosaure et de vieux ronchon !

Sources : Google, www.linternaute.fr, wikipedia.fr et www.larousse.fr

On ne dit pas : "Ils veulent faire entendre de la voix" !

Comme l'a fait une journaliste française, envoyée spéciale à St. Petersburg (Floride) (États-Unis d'Amérique) de la chaîne de télévision publique française France 2, lors des élections présidentielles états-unienne d'avril 2020.

Mais : "Ils veulent faire entendre LEUR voix" ou "Ils veulent DONNER de la voix" !

"Tourner de l'oeil", "Tomber dans les pommes" ou "Se trouver mal".

Ces trois locutions verbales signifient : s'évanouir, avoir (ou faire) un malaise (langage courant) ; défaillir (registre soutenu).

  • "Tourner de l'oeil" est un idiotisme corporel et appartient au registre familier,
  •  "Tomber dans les pommes" est un idiotisme alimentaire et relève du registre argotique,
  • et "Se trouver mal" appartient au registre familer.

"Chier une pendule" ou "En chier une pendule" et "Faire une pendule" ou "En faire une pendule".

Ces différentes expressions - qui ne doivent pas manquer d'interloquer nos enfants et nos amis étrangers - relèvent du registre vulgaire.

Mais également du registre scatologique, car les deux verbes "Faire" (par ellipse de "Faire ses besoins") et "Chier" signifient tous les deux : "Déféquer".

Utilisées au sens figuré, ces différentes formules signifient : considérer avec exagération un fait anodin, donner de l'importance à quelque chose d'insignifiant, en le ressassant longuement ; se mettre en colère pour peu de chose. Au point d'exaspérer son entourage.

On dit par exemple : "Ma frangine a pas supporté qu'on aille au cinoche sans elle : elle m'en a chié une pendule !".

Ou : "Le patron risque de nous en faire une pendule, si on lui dit que la commande ne peut pas partir avant demain".

Sources : wiktionary.org et www.expressions-francaises.fr

"En faire voir de toutes les couleurs" ou "En voir de toutes les couleurs".

Ces expressions du registre familier en forme d'idiotismes chromatiques signifient respectivement :

  • "En faire voir de toutes les couleurs" : infliger à une personne des désagréments ou des épreuves de toutes sortes, lui occasionner des ennuis, lui faire endurer ou subir des choses pénibles, désagréables.

On dit par exemple : "Ma fille m'en a fait voir de toutes les couleurs jusqu'à l'âge de 5 ou 6 ans".

Ou : "Mon voisin m'a menacé de m'en faire voir de toutes les couleurs si je ne coupais pas certains de mes arbres qui l'empêche d'avoir sa piscine au soleil l'après-midi".

  • "En voir de toutes les couleurs" : subir des désagréments ou des épreuves de toutes sortes, avoir des ennuis, endurer ou subir des choses pénibles, désagréables.

On dit par exemple : "Mon cousin en a vu de toutes les couleurs avec son premier patron, qui était un type épouvantable".

Ou : "J'ai passé des vacances lamentables : on en a vu de toutes les couleurs avec les habitants du village où nous campions".

Source : wiktionary.org