"Ronger son frein".

Cette locution verbale très ancienne, puisqu'elle semble remonter au XIVe voire au XIIe siècle, relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : contenir difficilement son impatience, supporter avec peine l'inactivité ; être contraint de retenir sa colère, de refouler en soi son dépit face à une situation désagréable.

Elle fait référence au "Frein", ce morceau de la bride, ujourd'hui appelé "Mors", qui entre dans la bouche du cheval et permet de l'arrêter, mais qu'il a tendance à ronger lorsqu'il est contraint de se reposer et perd patience.

Sources : Le Robert, www.expressio.fr, wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Le classement vertical".

J'aime beaucoup cette locution nominale du registre familier désignant, par plaisanterie : une méthode de classement radicale, consistant à tout jeter à la poubelle.

Elle est notamment utilisée dans le domaine professionnel, où elle consiste à laisser tomber verticalement, par gravité, les dossiers ou documents indésirables dans la corbeille à papier.

Mais on dit également : "Tu verrais l'état dans lequel mon fils a laissé sa chambre... Le rangement va être vite fait : ça va être classement vertical !".

Source : wiktionary.org

"Ça eut payé !".

L'humoriste français Fernand Raynaud ( 19 mai 1926 - 28 septembre 1973)

Les plus âgés d'entre nous continuent parfois d'utiliser de façon ironique cette formule en forme d'interjection relevant du registre familier, lorsqu'il s'agit de signaler qu'une activité n'est plus aussi lucrative que par le passé.

On dit par exemple :

- "Ça rapporte beaucoup ?",

- "Ça eut payé !".

Comme pour beaucoup d'autres, c'est au génial - et bien injustement oublié - humoriste français Fernand Raynaud que nous devons cette formule, extraite de s saynète "Le paysan".

"Laisser des plumes".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme animalier relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : ne pas sortir indemne de quelque chose, subir des pertes ou des dégâts ; prendre des coups ; être perdant.

À l'image d'un oiseau ayant dû se débattre.

On dit par exemple : "J'ai réussi à conserver le contrôle de ma société mais j'ai laissé des plumes dans cette aventure".

Sources : wiktionary.org, www.languefrancaise.net et www.linternaute.fr

"Un nom à rallonge".

Cette locution nominale masculine relève du registre familier.

Et elle désigne, de façon péjorative : un patronyme particulièrement long composé de plusieurs éléments, tel qu'un nom de famille composé ou un patronyme nobiliaire à particule.

Comme par exemple le généralissime mexicain "Antonio Lopez de Santa Anna y Perez de Lebron" ou le chanteur "Philippe Durand de La Villejegu du Fresnay", plus connu sous le nom de "Philippe Lavil".

Source : www.dictionnaire-academie.fr

"C'est étudié pour !".

Disque 45t de l'humoriste français Fernand Raynaud, sorti en 1955

Les plus âgés d'entre nous continuent parfois d'utiliser - de façon naturellement totalement ironique - cette formule en forme d'interjection.

Par exemple lorsqu'il s'agit de répondre à une question technique concernant une machine, un appareil ou une technologie dont on ignore tout ou presque du fonctionnement :

- "Mais comment ça fonctionne exactement cet appareil qui t'indique systématiquement l'itinéraire à suivre ?",

- "C'est étudié pour !".

Ou :

- "Je me demande bien comment ils font pour faire revenir leurs fusées et les réutiliser",

- "C'est étudié pour !"

Comme pour beaucoup d'autres, c'est au génial - et bien injustement oublié - humoriste français Fernand Raynaud que nous devons cette expression, puisqu'il s'agit, à l'origine, du titre de l'une de ses saynètes datant de 1955.

"Se remettre la tête à l'endroit".

Cette locution verbale en forme d' idiotisme corporel appartient au registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : retrouver ses esprits, reprendre confiance en soi, après un temps de surprise où l'on n'a pas été capable de réagir convenablement à une situation donnée.

On dit par exemple : "Les français sont enfin parvenus à se remettre la tête à l'endroit, après un début de rencontre catastrophique".

"Un client", "Un gros client", "Un sacré client" ou "Un sérieux client".

  • Le substantif masculin "Client" désigne, dans le langage courant, au sens propre : une personne qui achète contre paiement, des fournitures commerciales ou des services,
  • tandis que les locutions nominales  "Un gros client", "Un sacré client" et"Un sérieux client" désignent, dans le registre familier et au sens figuré, dans le domaine sportif : un adversaire expérimenté et redoutable, dont on connait le parcours et le palmarès, et dont on prévoit qu'il va réaliser une performance excellente  voire exceptionnelle.

On dit par exemple : "Le prochain tireur est un gros client : vice-champion d'Europe et médaillé de bronze aux précédents Jeux olympiques".

Ou : "Cet athlète est un sérieux client : détenteur du record d'Europe, vice-champion du monde et vice-champion olympique en titre".

Elles ne doivent surtout pas être confondues avec la locution nominale "Un bon client", à laquelle j'ai déjà consacré un article.

"La tête dans le guidon" ou "Le nez dans le guidon".

Ces deux locutions adverbiales en forme d'idiotismes corporels et d'idiotismes sportifs nous viennent naturellement du monde du cyclisme, puisqu'elles évoquent toutes deux l’image du cycliste en plein effort, courbé sur son vélo, qui n'a guère le loisir de penser à autre chose.

"Avoir le nez dans le guidon"

Et elles signifient, dans le registre familier et au sens figuré : très occupé, concentré sur un objectif ou une tâche, débordé par ses occupations, incapable de prendre du recul par rapport à la situation où l'on se trouve.

"Avoir le nez dans le guidon"

On dit par exemple : "Je ne t'ai pas appelé depuis un mois car j'avais la tête dans le guidon".

Ou : "Ce n'est peut-être pas le moment de t'inviter si tu as le nez dans le guidon actuellement ?".

Source : wiktionary.org

"Emberlificoter" ou "S'emberlificoter".

J'aime beaucoup ce joli verbe du registre familier qui signifie :

  • "Emberlificoter" :
    • au sens propre : gêner dans ses mouvements.

On dit par exemple : "Ma fille avait un costume tellement tellement compliqué qu'il l'emberlificotait et l'empêchait de danser correctement".

    • et au sens figuré :
      • embarrasser quelqu'un, l'entortiller (registre familier).

On dit par exemple : "Ma voisine m'a emberlificoté avec ses histoires familiales".

      • ou : amener quelqu'un à ses propres vues, en le séduisant par des paroles ou des promesses ; le circonvenir (registre soutenu), l'embobiner (registre familier).

On dit par exemple : "Mon associé a réussi a emberlificoter notre principal créancier, mais il va vraiment falloir que nous trouvions de l'argent rapidement".

  • "S'emberlificoter" :
    • au sens propre : s'emmêler, s'empêtrer, s'entraver.

On dit par exemple : "Mon chien s'est emberlificoté dans les ficelles du colis que je venais de déballer".

    • ou au sens figuré : s'embrouiller.

On dit par exemple : "Mon grand-père s'emberlicote parfois dans ses souvenirs".

Source : www.cnrtl.fr

 

"Un chien-chien à sa mémère".

Un chien-chien à sa mémère

Cette locution nominale en forme de gémination relève du registre familier.

Et elle désigne, de façon péjorative : un chien de petite taille, appartenant à une dame d'un certain âge, lui accordant une attention exagérée, s'en occupant de façon excessive, comme s'il s'agissait d'un jeune enfant, voire davantage encore.

Par exemple en lui mettant des habits et en le faisant toiletter outrancièrement, avec des noeuds dans les poils ou ce genre de choses.

Un chien-chien à sa mémère
Un chien-chien à sa mémère

"Écraser" et "S'écraser".

  • Le verbe "Écraser" change de signification en fonction du registre de langue dans lequel il est utilisé.

Et il peut ainsi signifier :

    • dans le langage courant :
      • aplatir, déformer (voire broyer) quelque chose en exerçant une forte compression, ou sous l'effet d'un choc violent.

On dit par exemple : "Mon voisin a écrasé ma brouette avec son tracteur".

      • renverser et blesser ou tuer une personne ou un animal par un véhicule automobile.

On dit par exemple : "Un piéton a été écrasé par un camion à la sortie du village".

    • dans le registre familier :
      • appuyer fortement sur quelque chose,

On dit par exemple : "Écraser l'accélérateur".

      • ou : détruire un fichier informatique et effacer les données existantes, en copiant un autre fichier à la place qu'il occupait, ou en inscrivant de nouvelles données sur des anciennes,

On dit par exemple : "J'ai écrasé par erreur ma liste de recettes".

    • et dans le registre argotique : dormir profondément.

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Dormir" en français.

  • quant au verbe "S'écraser", il signifie de la même façon :
    • dans le langage courant : venir heurter violemment la surface d’un objet plus rigide et plus large, au point de se déformer, voire de se détruire,

On dit par exemple : "L'avion s'est écrasé au sol".

Ou : "Le véhicule s'est écrasé contre un mur".

    • et dans le registre argotique : renoncer à une prétention ou revendication.

On dit par exemple : "J'ai préféré m'écraser quand j'ai vu que le type qui avait fait trébucher ma copine mesurait près de deux mètres".

Sources : www.cnrtl.fr et Le Robert