"Ne pas se cacher derrière son petit doigt".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : rester sérieux, cohérent, réaliste, ne pas dire ou faire n'importe quoi.

On dit par exemple : "On ne va pas se cacher derrière son petit doigt : la déroute de ce soir est historique".

"Comater".

Comater sur un canapé

J'aime bien ce verbe forgé à partir du mot "coma".

Relevant du registre familier, il signifie : être affalé, amorphe, immobile, sans énergie, somnolent, ne faisant absolument rien, généralement suite à la consommation d'une drogue ou à un gros manque de sommeil.

On dit par exemple : "Tu aurais vu Stéphane l'autre jour en boîte : il y a avait plein de filles superbes et lui il comatait dans un fauteuil".

Ou : "J'ai passé mon dimanche à comater sur mon canapé : lamentable !".

Sources : Le Robert, www.linternaute.fr et wiktionary.org

"Ne pas arriver à la cheville".

J'aime beaucoup cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel.

Datant du XVIIIe siècle, elle relève du registre familier.

Et elle signifie, de façon péjorative : être très inférieur à ; ne pas être au niveau de.

On dit par exemple : "Le personnel politique actuel est d'une médiocrité sans nom : il n'arrive pas à la cheville de ses prédécesseurs".

Les liliputiens vidant les poches de Gulliver ne lui arrivent pas à la cheville, au sens propre, dans "Les Voyages de Gulliver" ou "Les Voyages extraordinaires de Gulliver", un roman satirique anglais écrit par Jonathan Swift, en 1721
Les liliputiens vidant les poches de Gulliver ne lui arrivent pas à la cheville, au sens propre, dans "Les Voyages de Gulliver" ou "Les Voyages extraordinaires de Gulliver", un roman satirique anglais écrit par Jonathan Swift, en 1721

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr et www.expressio.fr

"À tous crins" ou "À tout crin".

Cette curieuse locution adverbiale, qui peut s'écrire de deux façons différentes,  signifie :

  • au sens propre, dans le registre désuet : à qui l'on a laissé tous ses crins, pour un cheval,

Un cheval "à tous crins"

  • et au sens figuré, dans le registre familier : excessif, énergique, actif, ardent, intransigeant.

On dit par exemple : "Je rejette totalement le libéralisme à tout crin qui caractérise le monde actuel".

Ou : "Mon cousin est un défenseur à tous crins de la cause écologique".

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr, www.expressio.fr et www.larousse.fr

"Se refaire la cerise".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme avec des fruits et légumes relève du registre familier.

Et elle signifie : recouvrer la santé, guérir, se rétablir, retrouver la forme.

Et par extension : améliorer sa situation.

On dit par exemple: "Après le score castatrophique de sa candidate à l'élection présidentielle d'avril 2022 (1,7%), le parti socialiste a réussi à se refaire la cerise grâce à la NUPES, qui lui a permis de conserver son groupe à l'Assemblée nationale en obtenant 26 députés".

On dit également : se requinquer, se refaire une santé.

Cette expression ne doit surtout pas être confondue avec la locution verbale "Se faire la cerise", à laquelle j'ai déjà consacré un article.

"Hors de ma vue" ou "Hors de ma vue !".

Le point d'exclamation change tout !

  • La locution adjectivale "Hors de ma vue" signifie en effet : que je ne peux voir, parce que trop loin ou parce que dissimulé.

On dit ainsi : "Les voleurs sont sortis par une porte située hors de ma vue".

  • tandis que la locution interjective "Hors de ma vue !" avec un point d'exclamation constitue une interjection signifiant : "Déguerpissez !" (registre soutenu) ou "Fichez-moi le camp !" (registre familier).

"Se pousser du col" ou "Se hausser du col".

J'aime assez cette locution verbale en forme d'idiotisme textile et vestimentaire.

Elle relève du registre familier et signifie, au sens figuré : être content de soi et manifester extérieurement sa satisfaction ; chercher à se mettre en valeur ; se vanter ; être prétentieux ; se croire important ; se mettre en avant ; se montrer ou agir avec ostentation.

Cette expression remonterait au XIXe siècle et nous viendrait de l'argot des habitants des faubourgs de Paris (75), qui avaient remarqué que les gens fats remontaient volontiers le col de leur chemise

On dit par exemple : "Je déteste ce type : toujours à se pousser du col"

Sources : langue-francaise.tv5monde.com, www.expressio.fr et Dictionnaire de la langue verte, 1866, d'Alfred Delva

"Être dans le pétrin" et "Coller dans le pétrin", "Fourrer dans le pétrin", "Foutre dans le pétrin" ou "Mettre dans le pétrin".

Ces différentes locutions verbales relèvent du registre familier (et vulgaire pour "Foutre dans le pétrin").

Et elles font référence au "pétrin", un substantif masculin qui désignant un appareil utilisé par les boulangers.

Elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Être dans le pétrin" : être dans une situation difficile, inextricable, très embarrassante, pénible, d'où il semble impossible de sortir.On dit par exemple : "Je suis dans le pétrin pour payer mon loyer depuis que je me suis séparé de mon compagnon".
  • et "Coller dans le pétrin", "Fourrer dans le pétrin", "Foutre dans le pétrin" ou "Mettre dans le pétrin" : mettre dans une situation difficile, inextricable, très embarrassante, pénible, d'où il semble impossible de sortir.

On dit par exemple : "En ne me remboursant pas ce que tu me dois depuis des mois, tu me mets dans le pétrin".

Source : www.cnrtl.fr, www.larousse.fr et Le Robert

"Repartir pour un tour", "Être reparti pour un tour".

Cette locution verbale relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : recommencer.

On dit par exemple : "Je suis certain qu'à l'automne c'est reparti pour un tour : le gouvernement va nous ressortir ses mesures liberticides".

"Un appel du pied" ou "Des appels du pied".

Cette locution nominale masculine en forme d'idiotisme corporel relève du registre familier.

Et elle désigne : une ou des avances ou invitations discrètes, allusives ; une ou des propositions de rapprochement adressées de manière indirecte à une personne ou à un groupe de personnes.

On dit par exemple : "Sitôt connu les résultats du second tour des élections législatives, le soir du 19 juin 2022, on a vu en direct sur les plateaux de télévision, les députés et journalistes d'nsemble (ex LREM) faire des appels du pied éhontés aux représentants du Rassemblement National".

Ces deux locutions ne doivent surtout pas être confondues avec l'expression "Un pied d'appel".

Sources : www.linternaute.fr et www.larousse.fr

"S'enjailler".

S'enjailler

Les adolescents et jeunes adultes actuels utilisent couramment ce verbe qui relève du registre familier.

Il signifie : s'amuser, faire la fête, passer du bon temps, prendre du plaisir, s'éclater (registre argotique).

On dit par exemple : "Pendant que je révise mon bac, mon frangin s'enjaille avec ses potes".

Et il nous vient de l'argot ivoirien, le nouchi, qui l'a lui-même emprunté à l'anglais "enjoy" dans les années 1980.

Mais les Anglais eux-mêmes l'avaient emprunté à l'ancien français "enjoir", signifiant "mettre en joie".

Sources : wiktionary.org et Le Robert

"Foutraque" et "Un foutraque".

J'adore cet adjectif et ce substantif qui relèvent du registre familier et qui qualifient ou désignent une personne un peu folle, fofolle, extravagante, excentrique, excessif.

On dit par exemple : "Lire le Qui suis-je ? de l'auteur de ces lignes vous révèlera que le créateur et animateur de ce blogue est un peu foutraque".

Ou : "Moi un foutraque ? tout cela parce que je me réveille à 19H, regarde 6 films par semaine et passe 80 heures par semaine devant mon ordinateur !".

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org