"Grimper au rideau" et "Faire grimper au rideau".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes textiles ne manquent pas d'étonner nos enfants ou nos amis étrangers.

Et pour cause, relèvant du registre familier, elles signifient au sens figuré :

  • "Grimper au rideau" : jouir, prendre son pied (registre argotique).

On dit par exemple : "Mon nouveau mec ne m'a encore jamais fait grimper au rideau...".

  • et "Faire grimper au rideau" : faire jouir.

On dit par exemple : "Ma nouvelle gonzesse je la fait grimper au rideau à chaque fois !".

Sources : wiktionary.org et www.lefigaro.fr

"Faire les gros yeux" à quelqu'un.

Cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel relève du registre familier.

Et elle signifie :

  • adresser un regard noir de mécontentement et de réprobation,

On dit par exemple : "Fais attention avec ton ballon dans le salon. Tu sais que t'aimes pas voir papa te faire les gros yeux !".

  • et par extension : menacer ou faire des reproches.

On dit par exemple : "Ne pouvant plus faire grand chose, je me suis contenté de partir en faisant les gros yeux".

Sources : www.linternaute.fr et wiktionary.org

"Avoir la vie dure" et "Mener la vie dure".

Ces deux locutions verbales relèvent du registre familier.

Et elles signifient respectivement :

  • "Avoir la vie dure" :
    • au sens propre : être difficile à tuer ou être très résistant.

On dit par exemple : "Ce soldat avait la vie dure : transpercé de toutes parts, le pauvre respirait encore".

    • et au sens figuré : perdurer, avoir du mal à disparaître, durer plus longtemps que prévu.

On dit par exemple : "Les habitudes ont la vie dure : il va s'écouler du temps avant que les gens ne changent leur façon de faire".

  • et "Mener la vie dure" : tourmenter au quotidien, harceler avec constance ; traiter avec brutalité, durement, malmener, se montrer dur avec, maltraiter.

On dit par exemple : "Mon arrivée n'a pas été bien acceptée : mes collègues m'ont mené la vie dure".

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr et langue-francaise.tv5monde.com

"Être bien luné", "Être mal luné" et "Être dans la lune" ou "Être dans les nuages".

Ces trois locutions verbales relèvent du registre familier.

Et elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Être bien luné" : être de bonne humeur, bien,disposé.

On dit par exemple : "Tu as de la chance : ton père est bien luné aujourd'hui, tu ne risques pas d'être trop sévèrement puni".

Un bébé bien luné

  • "Être mal luné" : être de mauvaise humeur, mal disposé.

On dit par exemple : "Mon patron a reçu une mauvaise nouvelle ce matin : il est mal luné".

Un bébé mal luné

  • et "Être dans la lune" ou "Être dans les nuages" : être perdu dans ses pensées, coupé du monde environnant, déconnecté de la réalité ou ne pensant à rien ; immobile, le regard fixe.

Un enfant perdu dans ses pensées, "dans la lune"

On dit par exemple : "Regarde ton frère : encore dans la lune ; il pourrait pleuvoir qu'il ne s'en rendrait pas compte !".

Ou : "Mon fils est souvent dans les nuages à l'école et il oublie de noter les devoirs à faire".

Sources : Le Robert, wiktionary.org, www.larousse.fr et www.linternaute.fr

"Faire une fleur" à quelqu'un.

Une main, tenant une fleur en papier

Cette jolie locution verbale en forme d'idiotisme végétal relève du registre familier.

Et elle signifie au sens figuré : accorder de bonne grâce, avec amabilité, une faveur ou quelque chose de spécial à quelqu'un.

On dit par exemple : "Mon nouveau propriétaire m'a fait une fleur : il m'autorise à partir sans préavis".

Sources : wiktionary.org et www.10doigts.fr (pour la photographie)

11 façons de dire "Avoir faim" ou "Avoir très faim".

"La sauter", "Avoir la dalle" ou "Avoir les crocs"

"Avoir la dalle", "Avoir les crocs", "Claquer du bec" et "La sauter" ("Je la saute") relèvent du registre argotique.

Tandis que "Avoir les dents longues" et "Avoir l'estomac dans les talons" appartiennent au registre familier.

Et "Avoir l'estomac qui crie famine", "Avoir la fringale", "Avoir le ventre vide", "Avoir une faim de loup" ou "Être affamé" au langage courant.

"Faire son miel" de quelque chose.

Cette jolie locution verbale en forme d'idiotisme animal et d'idiotisme alimentaire relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : profiter, exploiter quelque chose ; en tirer parti, en tirer profit.

À l'instar de abeilles, qui fabrique leur miel à partir du pollen des fleurs.

Une abeille en train de butiner

On dit par exemple : "La presse à scandale britannique fait son miel des frasques de la famille royale".

Un apiculteur en train de faire son miel (au sens propre)
Un apiculteur en train de faire son miel (au sens propre)

Sources : wiktionary.org et

"Du coeur à l'ouvrage", "Mettre du coeur à l'ouvrage", "Donner du coeur à l'ouvrage", "Redonner du coeur à l'ouvrage", "Avoir le coeur à l'ouvrage" ou "Manquer de coeur à l'ouvrage".

J'aime beaucoup ces différentes locutions verbales à connotation positive, qui relèvent toutes du registre familier.

Dans chacune d'elle, l'idiotisme corporel "Du coeur à l'ouvrage" désigne :

  • le plaisir pris à l'exercice d'une tâche effectuée avec zèle, ardeur, entrain, volontarisme et conviction,
  •  ou : la détermination dans ce que l'on fait ou dans ce que l'on doit faire.

On dit par exemple :

  • "J'ai rarement mis autant de coeur à l'ouvrage dans la rédaction de ce blogue que lors du premier confinement : je travaillais 14 heures par jour",
  • Votre gentil message m'a donné du coeur à l'ouvrage : je me suis remis au travail",
  • "Je n'avais plus le coeur à l'ouvrage depuis le départ de ma fille",
  • ou : "Je manque souvent de coeur à l'ouvrage lorsque le temps est maussade".

Sources : wiktionary.org, www.languefrancaise.net et www.linternaute.fr

"Coquin de sort !".

Thierry, viticulteur dans le Vaucluse (84), candidat des saisons 10 et 17 de "L'amour est dans le pré", sur M6 (© buzzfied.com)

Cette locution interjective du registre familier, utilisée dans tout le Sud de la France, est une expression utilisée pour exprimer tout aussi bien :

  • le désarroi, la colère, l'exaspération.

On dit par exemple : "Coquin de sort ! On a encore perdu !".

  • la malchance, la désolation.

On dit par exemple : "Coquin de sort ! J'ai perdu mon portefeuille !".

  • l'étonnement, la surprise.

On dit par exemple : "Coquin de sort ! Tu es déjà là !".

  • ou encore l'admiration.

On dit par exemple : "Coquin de sort ! Ton gâteau est magnifique !".

Cette formule bénéficie depuis quelques années d'une relative popularité grâce à l'émission de la chaîne de télévision française M6 "L'amour est dans le pré".

"Coquin de sort" est en effet le tic de langage de Thierry, un viticulteur du Vaucluse (84), candidat des saisons 10 et 17, en 2015 et 2022, et dont l'émission présentée par Karine Lemarchand a entretemps régulièrement donné des nouvelles.

Thierry, viticulteur dans le Vaucluse (84), candidat des saisons 10 et 17 de "L'amour est dans le pré", sur M6

En sorte que cet article, généralement placé en tête par Google, apporte régulièrement plusieurs centaines de nouveaux lecteurs à J'aime les mots lors de chaque nouvelle émission (315 lundi 22 août 2022 par exemple).

Thierry, viticulteur dans le Vaucluse (84), candidat des saisons 10 et 17 de "L'amour est dans le pré", sur M6 (© buzzfied.com)

 

Sources : wiktionary.org, tvmag.lefigaro.fr et © buzzfied.com pour les photos

"Peu me chaut" ou "Peu m'en chaut" et "Peu lui chaut" ou "Peut lui en chaut".

J'adore cette jolie locution interjective qui relève du registre soutenu.

Ne trouvez-vous pas, en effet, qu'il s'agit là d'une délicieuse façon de dire "Peu m'importe" ?

À l'apostrophe rageuse "Tu vas la dégager ta caisse pourrie espèce de gros con, où tu veux qu'j'appelle les keufs !", on peut ainsi répondre "Peu me chaut mon brave, il se trouve que je j'appartiens moi-même à la maréchaussée et qu'il ne me déplairait nullement de converser avec quelques collègues".

La forme conjuguée "chaut" correspond à la troisième personne du singulier du verbe "chaloir".

Relevant aujourd'hui du registre désuet, ce verbe nous vient du latin "calere" ("être chaud", "désirer").

En sorte que la formule "Peu me chaut" signifie littéralement "Cela ne me fait ni chaud ni froid".

Sur un sujet contigu, je me permet de vous recommander la lecture de mon article consacré à "Toutes les façons de dire : "Ne pas s'inquiéter de quelque chose ou de quelqu'un" en français.

Sources : wikipedia.org et ww.orthodidacte.com

"Sapristoche !" ou "Pristi !".

J'aime bien ces deux interjections qui relèvent tout à la fois du registre désuet et du registre familier.

Exprimant la surprise, la contrariété, l'agacement ou l'impatience, elles signifient toutes deux : "Sapristi !".

On dit par exemple : "Sapristoche ! Je ne savais pas que tu étais là ma chérie. Je te présente ma masseuse norvégienne".

Ou : "Pristi ! J'ai déjà terminé ce pot de glace !".

"Hacher menu" et "Se faire hacher menu".

Ces deux locutions verbales signifient :

  • au sens propre, dans le langage courant, dans le domaine culinaire :
    • mettre en pièces, hacher par petits morceaux,

Hacher menu, au sens propre

    • et : se faire mettre en pièces, hacher par petits morceaux,
  • et au sens figuré, dans le registre familier (idiotisme alimentaire) :
    • mettre en pièces, anéantir, massacrer, exterminer,

On dit par exemple :"Avec ces nouvelles mitrailleuses lourdes, nous allons pouvoir hacher menu les assaillants".

Hacher menu, au sens figuré

    • ou : se faire mettre en pièces, anéantir, massacrer, exterminer.

On dit par exemple : "L'infanterie va se faire hacher menu par l'artillerie ennemie".