"Une litote".

La litote est une figure de style consistant à atténuer l'expression de sa pensée.

On laisse à penser que la réalité est bien plus imposante que les propos tenus. On minimise faussement quelque chose pour en souligner l'importance.

On dit par exemple :

  • "La fille de mes voisins n'est pas une beauté et leur fils n'est pas un génie" pour signifier que la fillette est laide comme un pou et que le gamin est bête comme ses pieds.
  • "Je reconnais que ce n'est pas le plat que je préfère et de toute façon je n'avais pas très faim" pour dire que c'est absolument immangeable.

 

"Une périphrase".

"Une périphrase" est une figure de style de substitution, consistant à remplacer un mot par sa définition ou par une expression plus longue, mais équivalente.

Autrement dit, elle consiste à dire par plusieurs mots ce que l'on pourrait exprimer par un seul.

Par exemple : "La ville rose" pour Toulouse (31) ou "Le roi des animaux" pour le lion.

La gent journalistique (périphrase désignant les journalistes) est très férue de périphrases.

J'ai réuni l'ensemble de mes articles consacré à ce sujet dans une collection : Les périphrases.

"Le franglais".

Le mot "Franglais" est un mot-valise ("Français-anglais") désignant une langue française fortement anglicisée, dans l’expression écrite comme orale ; un français où l’influence anglaise est prédominante.

Concrètement, il s'agit d'un ensemble de mots empruntés à l'anglais et de tournures syntaxiques calquées sur l'anglais, introduits dans la langue française.

Mes lecteurs assidus le savent, le franglais fait partie de mes plus vives détestations ! Et je lutte quotidiennement contre l'invasion des anglicismes qui - pour moi - pervertissent notre langue dans des proportions sans cesse plus importantes et dangereuses.

Au point d'y consacrer chaque jour au moins un ou deux articles, ainsi qu'une partie conséquente de mon blogue (série de collections "Les anglicismes") !

Le terme "franglais" passe pour être la création du grammairien français Maurice Rat, qui l'aurait utilisé pour la première fois dans un de ses "Potins de la grammaire", paru dans le quotidien "France-Soir" le 26 septembre 1959, sous le titre "Français ou franglais ?".

Et son emploi s'est popularisé à la suite de la parution, en 1964, du livre de René Étiemble "Parlez-vous franglais ?".

Depuis cette date, d'innombrables nouveaux anglicismes sont apparus et j'en ai recensé pour ma part plus de 10 000 !

Par chance quelques uns - mais seulement une poignée, hélas ! - ont fini par disparaitre ("computer" (ou "computeur"), "data base", "doping", "drink", "software", etc.). Un sujet que je traite dans mon article "Tout espoir n'est pas perdu : même les anglicismes peuvent passer de mode !".

Source : wiktionary.org

"Une rime intérieure".

On parle de "rime intérieure" lorsque les mêmes sons se répètent dans un vers.

Ou lorsqu'il y a :

  • répétition du même son à la fin de chaque "hémistiche" (moitié) d'un vers :

Exemple : Victor Hugo, "A Villequier" :

"Maintenant qu'attendri par ces divins spectacles,
Plaines, forêts, rochers, vallons, fleuve argenté,
Voyant ma petitesse et voyant vos miracles,
Je reprends ma raison devant l'immensité".

  • ou de deux vers de suite :

Exemple : Louis Aragon, "Santa Espina" :

"Je me souviens d'un air qu'on ne pouvait entendre
Sans que le coeur battît et le sang fût en feu
Sans que le feu reprît comme un coeur sous la cendre
Et l'on savait enfin pourquoi le ciel est bleu".

Cette répétition de son peut se faire par assonances, consonances ou allitérations.

On trouve beaucoup de rimes intérieures dans les expressions populaires du type "Roule, Raoul !" ou "C'est part, mon kiki !", ainsi que dans les devises publicitaires ou politiques du type "St Yorre, ça va fort !"  ou "Giscard à la barre" !

Source : www.appstate.edu

"Un tic de langage".

Un tic de langage, c'est une habitude de langage machinale ou inconsciente, parfois voulue et plus ou moins ridicule, que l’on a généralement contracté sans s’en apercevoir.

Beaucoup de gens usent et abusent ainsi de certains mots, locutions ou tournures - du type "En fait", "Génial !", "Grave !", "Par le fait", "Trop bien !", T'sais", "Tu vois", "Voilà", etc.

Ce phénomène est d'autant plus exaspérant qu'il s'accompagne parfois d'un phénomène de mode, comme pour "À la base" et "Pour le coup" ces derniers temps. Et qu'il peut alors devenir très contagieux, au point que l'on se surprenne à utiliser soi-même ces tics qui nous horripilent !

Souvenir personnel

D'autres fois, au contraire, l'usage excessif de certains de ces tics du langage peut finir par s'avérer amusant voire comique.

Je me souviens ainsi, près d'un demi-siècle plus tard, d'une incroyable soirée de rires complices passée avec mon père et mon grand-père, dans notre maison du Lot (46), au tout début des années 1970, à nous esclaffer de rire comme des collégiens à chaque intervention de l'un des participants d'un "Dossier de l'écran" consacré à l'Égypte ancienne et illustrée par le film de 1954 de Michael Curtiz "L'égyptien" avec la sublime Gene Tierney ! Le malheureux ponctuait en effet chacune de ses phrases d'au moins deux ou trois "N'est-ce pas", provoquant à chaque fois, à mesure que la soirée s'avançait, nos rires de plus en plus bruyants ; au point d'avoir fait revenir de leurs chambres ma mère et ma grand-mère !

Affiche du film "L'égyptien""

Vous trouverez dans jaimelesmots.com une collection d'articles consacrée aux tics de langage dont je vous recommmande naturellement la lecture.

Source : wiktionary.org

"Une épigraphe"

Ce mot du registre soutenu a deux significations différentes :

Couverture du livre "Léviathan et la loi des marchands
Exemple d'épigraphe : "Commerce et civilité dans l'oeuvre de Thomas Hobbes
  • en littérature, c'est une citation, une sentence ou une brève pensée - en prose ou en vers - placée en tête d'un écrit, pour en annoncer ou résumer le sujet ou l'esprit, ou pour éclairer sur les intentions de l'auteur. Une épigraphe peut être placée en tête d'un livre ou de ses parties.

Épigraphe au fronton du Panthéon, à Paris (75) : "Aux grands hommes La patrie reconnaissante".

  • tandis qu'en architecture, il s'agit d'une inscription figurant sur un édifice et indiquant en particulier la date de sa construction et/ou sa destination.

Ainsi par exemple la célèbre formule "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante", figurant sur le fronton du Panthéon, à Paris (75), que l'on doit au marquis Claude Emmanuel Joseph Pierre de Pastoret, syndic du département de Paris.

Cet avocat d'origine marseillaise, injustement méconnu, né le 24 décembre 1755 et mort le 28 septembre 1840, fut député de la première assemblée législative dont il fut le président, puis président du Conseil des cinq-cents et président de la Chambre des pairs.

"Dussé-je".

J'adore cette formule qui relève du registre soutenu.

Elle correspond à la première personne du singulier de l’imparfait du subjonctif du verbe "devoir" et signifie : même si je devais, quand bien même je devrais, quitte à ce que je doive.

Le sujet ("Je"), placé après le verbe, fait l'objet de ce que l'on appelle en grammaire une "Postposition".

On dit par exemple : "Dussé-je le poursuivre jusqu'en enfer, je retrouverai l'assassin de ma fille !".

Ou : "Dussé-je y passer des heures, je trouverai d'où vient cette erreur !".

Source : wiktionary.org

 

On ne dit pas : "Un astérix" ni "Une astérisque" !

Mais : "UN astériSQUE" !

Un astérisque

  • Ce symbole typographique en forme d'étoile indique un renvoi vers une note explicative, généralement située en bas de page.

Astérix

  • tandis que "AstérIX" est un nom parodique, donné par René Goscinny et Albert Uderzo, à leur petit héros gaulois, créé le 29 octobre 1959, dans le journal français "Pilote".

Dans cette célèbre bande dessinée, tous les personnages gaulois masculins portent en effet des noms en "ix" en forme de calembours, en référence au nom du célèbre chef gaulois "Vercingétorix".

Et l'on trouve par exemple :

    • "Abraracourcix" pour "À bras raccourcis",
    • "Agecanonix" pour "Âge canonique",
    • "Assurancetourix" pour "Assurance tous risques",
    • ou "Ordralphabétix" pour "Ordre alphabétique".
    • ou