"Franc du collier".

Cette locution adjectivale signifie, selon le contexte :

  • au sens propre, dans le registre désuet : qui tire de lui-même, sans qu’il soit besoin de lui donner des coups de fouet, en parlant d'un cheval,
  • et au sens figuré : qui est franc, sincère, en parlant d’une personne,

On dit par exemple : "Je le sens bien ce garçon, il m'a l'air franc du collier : tu peux lui faire confiance".

Ou : "Ce type ne m'a pas très franc du collier : tu devrais te méfier".

Source : wikipedia.org

"Se faire avoir dans les grandes largeurs" ou "Se faire avoir jusqu'au trognon".

Ces deux locutuons verbales relèvent du registre argotique.

Et elles signifient, au sens figuré : être trompé, abusé, escroqué.

On dit par exemple : "Je me suis fait avoir dans les grandes largeurs en achetant cette bagnole !".

Ou : "Si tu ne veux te faire avoir jusqu'au trognon, crois-moi : quitte cette fille au plus vite !" (idiotisme botanique).

Source : argot.canalblog.com

"Avoir la tête dans le pâté" ou "Ne pas avoir les yeux en face des trous".

Du pâté dans une assiette

J'aime beaucoup ces deux amusantes locutions verbales en forme d'idiotismes.

Relevant du registre familier, elles signifient, au sens figuré : ne pas être très réveillé.

Un petit garçon "la tête dans le pâté"

  • "Avoir la tête dans le pâté" est un idiotisme corporel ainsi qu'un idiotisme alimentaire.

On dit par exemple : "Ma mère vient tout juste de se lever, elle a la tête dans le pâté".

  • tandis que "Ne pas avoir les yeux en face des trous" est uniquement un idiotisme corporel.

On dit par exemple : "Le samedi soir, mon ado joue en ligne jusqu'à l'aube. Résultat : le dimanche, il n'a pas les yeux en face des trous avant 16 ou 17 heures".

 

"Paris vaut bien une messe".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme religieux relève du langage courant.

Et elle signifie : il faut parfois faire des compromis ou des sacrifices afin d'obtenir ce que l’on désire.

Cette formule aussi laconique que cynique est traditionnellement attribuée au roi Henri IV, qui l'aurait prononcé le 25 juillet 1593.

Le roi de France Henri IV

Mais on s'accorde à convenir qu'elle est très probablement apocryphe.

Le contexte

Nous sommes en pleines guerres de religion. Le roi Henri III, dernier des Valois, est sans descendance mâle et il désigne pour lui succéder Henri de Navarre, prince de sang protestant et chef de file des huguenots, au détriment du Duc de Guise, catholique et chef de la Sainte Ligue. À la mort d’Henri III, le 1er août 1589, c’est donc Henri de Navarre qui doit hériter de la couronne. Mais il en est empêché par la Sainte Ligue qui refuse de voir un huguenot sur le trône de France malgré sa promesse solennelle de se faire instruire dans la religion catholique.

Ce n’est qu’en 1593, à la suite notamment des victoires d’Henri de Navarre à Arques (62), le 21 septembre 1589, puis à Ivry (94), le 14 mars 1590, que la noblesse de France se déclare prête à le reconnaître pour roi sous certaines conditions, parmi lesquelles qu’il se convertisse au catholicisme.

Finalement, prêt à tout pour diriger le royaume et après de longues tergiversations, le 25 juillet 1593, en l’église abbatiale de Saint-Denis (93), il abjure solennellement le protestantisme et fait profession de la foi catholique.

Henri IV : "Paris vaut bien une messe" (©University Library Geneva Dagli Orti ArtArchive)

C’est à ce moment qu’il aurait prononcé cette phrase fameuse et qui aura vocation à traverser les siècles : "Paris vaut bien une messe !", justifiant ainsi le compromis qu’il venait d'effectuer afin d’obtenir la couronne.

Devenu catholique, Henri IV est ensuite sacré roi de France à la cathédrale de Chartres (28) le 25 février 1594.

L'abjuration d'Henri IV

Des doutes quant à la sincérité de la conversion d’Henri IV au catholicisme sont en effet permis. Il s’était en effet déjà converti une première fois au catholicisme, en 1572, pour échapper au massacre de la Saint-Barthélémy, avant de retourner à la religion réformée, en 1576. Selon les versions, il se serait même converti au total six fois à la religion catholique.

Dès lors, la formule "Paris vaut bien une messe", qui a perduré jusqu'à nos jours, met en évidence toute la place que les considérations et calculs politiques ont prise dans cette conversion.

Pour l'anecdote, on peut rapprocher cette expression de l'idiotisme animalier néerlandais "Een spiering uitgooien om een kabeljauw te vangen", signifiant "Jeter un petit poisson dans l’eau pour en attraper un plus gros".

Sources : vivreparis.fr, www.caminteresse.fr et anecdoteshistoriques;com

"Le chiendent".

Du chiendent

Le chiendent est une plante vivace herbacée comptant plusieurs espèces appartenant toutes à la famille des Poacées.

Le chiendent le plus courant, le plus invasif et le plus honni des jardiniers est le chiendent commun ou chiendent officinal :

Du chiendent officinal (© Richard Mineault, 2008)
Du chiendent officinal (© Richard Mineault, 2008)

Étymologie

Le nom vernaculaire de chiendent fait référence aux feuilles pointues de la plante, évoquant plus ou moins bien des canines de chiens.

Par une formation insolite, ce mot a apparemment conservé l'ordre des mots du latin médiéval "cani dente" (latin classique "canis dens").

Sources : jardinage.lemonde.fr et wikipedia.org

"Bon comme du bon pain" ou "Bon comme le bon pain".

Cette locution adjectivale relève du registre familier.

Et elle qualifie, au sens figuréune personne humainement bonne, gentille, généreuse, d'une grande bonté ; incapable de malveillance.

On dit par exemple : "Mon voisin est un brave homme, bon comme le bon pain".

Sources : wiktionary.org, www.francaisfacile.com et www.languefrancaise.net

"Pousser comme du chiendent".

Du chiendent

Cette locution verbale en forme d'idiotisme botanique relève du registre familier.

Elle fait référence au chiendent, une mauvaise herbe qui croît avec vigueur, et dont on il est très difficile de se débarrasser.

Et elle signifie, au sens figuré : croître et se développer avec vigueur, sans que rien ne puisse l'empêcher.

On dit par exemple : "Malheureusement, les émissions de téléréalité poussent comme duchiendent".

Sources : www.lalanguefrancaise.com et wiktionary.org

"Tous les quatre matins".

Cette locution adverbiale en forme d'idiotisme numérique relève du registre populaire.

Et elle signifie, au sens figuré : très souvent.

On dit par exemple : "On ne va revenir sur ce problème tous les quatre matins !".

Ou : "Des publicités 100% en anglais à la télévision française, j'en vois désormais tous les quatre matins".

"La ligne rouge" ou "Une ligne rouge".

Cette locution nominale en forme d'idiotisme chromatisme relève du langage courant.

Et elle désigne, au sens figuré : la limite à ne pas franchir, à ne pas dépasser.

On dit pas exemple : "L'utilisation de gaz toxiques ne constitue malheureusement plus une ligne rouge".

Ou : "On se demande où se situe désormais la ligne rouge pour Poutine".

"Bas du front".

J'adore cette locution adjectivale, en forme d'idiotisme corporel.

Relevant du registre familier, elle qualifie, au sens figuré une personne : peu intelligente, bête, stupide, sotte.

On dit par exemple : "Mon voisin est très gentil mais un peu bas du front".

On utilise également la formule "Bas de plafond" ou "Bas-de-plafond".

Et je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à mes façons préférées de dire "Être idiot".

Sources : wiktionary.org

"Aller droit dans le mur" ou "Foncer droit dans le mur".

Ces deux locations verbales relèvent du langage courant.

Et elles signifient, au sens figuré : se diriger inévitablement vers un échec, une catastrophe ; aller au devant de problèmes.

On dit par exemple : "Je ne comprends que tu t'obstines avec cette fille : tu fonces droit dans le mur !".

Sources : www.expressions-francaises.fr, mimetix.fr et www.languefrancaise.net

"Sauver la mise" ou "Sauver les fesses".

Ces deux locutions verbales signifient, au sens figuré : aider quelqu'un qui est dans une mauvaise situation ; difficile, délicate, dangereuse.

  • "Sauver la mise" relève du langage courant.

Cette expression tire son origine du milieu des jeux de hasard, où elle signifie qu'une personne jouant à la roulette a retiré sa mise avant le lancer de la bille, et que celle-ci ne s'est pas arrêtée là où la personne avait joué ; ce qui apparaît a posteriori comme une bonne décision.

Une roulette de casino

On dit par exemple : "Mon cousin m'a appelé pour me demander de lui sauver la mise, en rachetant l'une de ses sociétés en difficulté".

  • et "Sauver les fesses" (idiotisme corporel) relève du registre argotique.

On dit par exemple : "Le club est mal parti cette saison : les deux nouveaux attaquants vont avoir du mal à lui sauver les fesses".

Sources : www.linternaute.fr et wiktionary.org