"Bon sang de bois !" ou "Bon sang de bonsoir !".

J'adore ces expressions du registre familier et du registre désuet en forme d'interjection, qui marquent l'étonnement ou l'indignation.

Et que j'utilise régulièrement dans J'aime les mots.

On dit par exemple : "Je ne supporte plus les anglicismes bon sang de bois !".

Ou : "Bon sang de bonsoir : je n'en peux d'entendre ces tics de langage, ces mots, locutions ou expressions à la mode et ces pléonasmes à longueur de journée !".

L'origine de ces deux formules est très ancienne. Elle trouve même son origine au Moyen Âge, lorsqu'il existait de nombreux jurons comportant le nom de Dieu. Ce qui était par exemple le cas de "Par le sang de Dieu", "Nom de Dieu" ou "Bon sang de Dieu".

La mention de Dieu étant considérée comme blasphématoire par le clergé devenu extrêmement puissant au XVe siècle, le nom de Dieu a disparu, cédant la place à des formules du type "Palsambleu", "Bon sang de bois" ou "Bon sang de bonsoir", qui évitaient d'avoir à le prononcer.

"Bon sang de bois !" est un idiotisme botanique et un idiotisme corporel.

Et "Bon sang de bonsoir !" est un idiotisme corporel.

"La montagne a accouché d'une souris", "La montagne accouche d'une souris", "C'est la montagne qui accouche d'une souris", ou "Être la montagne qui accouche d'une souris".

"La montagne qui accouche" : illustration de la fable de Jean de La Fontaine (livre V, fable X) publiée en 1668 par Gustave Doré

J'aime beaucoup cette expression du langage courant en forme d'idiotisme animalier, qui date du XVIIe siècle et nous vient directement d'une fable de Jean de La Fontaine, publiée en 1668 (livre V, fable X) : "La montagne qui accouche" .

Elle s'utilise lorsque l'on souhaite évoquer la disproportion entre un projet ambitieux dont on attend beaucoup, car il a été annoncé comme très important (métaphoriquement : la montagne) et l’inconsistance, la médiocrité ou le ridicule du résultat final (métaphoriquement : la souris).

On dit par exemple : "C'était bien la peine de prendre six mois et de déployer autant de moyens pour nous proposer un texte aussi incomplet et mal conçu : c'est la montagne qui accouche d'une souris !".

Texte original

La montagne qui accouche (livre V, fable X)

"Une montagne en mal d'enfant
Jetait une clameur si haute
Que chacun, au bruit accourant,
Crut qu’elle accoucherait sans faute
D’une cité plus grosse que Paris.
Elle accoucha d'une souris.
Quand je songe à cette fable,
Dont le récit est menteur
Et le sens est véritable,
Je me figure un auteur
Qui dit : Je chanterai la guerre
Que firent les Titans au Maître du tonnerre.
C'est promettre beaucoup : mais qu'en sort-il souvent ?
Du vent".

Jean de la Fontaine (1668)

Sources : wikipedia.org et www.linternaute.fr

"Prendre la mouche".

Cette très ancienne locution verbale du registre familier en forme d'idiotisme animalier signifie, au sens figuré : se vexer mal à propos, s'irriter tout à coup, se froisser, s'offusquer, s'énerver brusquement, s'emporter sans raison apparente, se fâcher pour une raison futile, s'irriter pour une chose anondine.

On dit par exemple : "Mon cousin est assez susceptible : il prend la mouche très facilement".

Ou : "Il ne faut pas prendre la mouche pour si peu, ma chérie. Je t'assure que je ne connais pas cette masseuse nue qui a dû s'introduire ici durant mon sommeil !".

La formule du registre soutenu "Prendre ombrage" a une signification assez proche de "Prendre la mouche".

En revanche, seuls les esprits mal placés iront imaginer que l'expression "Prendre la mouche" puisse être utilisé au sens propre dans son acception de "posséder sexuellement" et constitue ainsi un synonyme de l'expression "Sodomiser les dyptères"...

Sources : www.linternaute.fr et www.expressio.fr

"Une lucarne", "Un tir dans la lucarne" ou "Une frappe dans la lucarne".

Une lucarne

"Une lucarne" est un substantif féminin désignant :

  • en architecture : un ouvrage établi en saillie sur une toiture et permettant d'éclairer et de ventiler le comble, d'accéder à la couverture, etc.

Des lucarnesDes lucarnes

Il existe de nombreuses sortes de lucarnes :

Les différentes sortes de lucarnes

Les différentes sortes de lucarnes
Les différentes sortes de lucarnes

Attention : la lucarne ne doit pas être confondue - comme c'est, je crois, assez souvent le cas - avec la petite fenêtre, souvent située en partie haute et permettant d'éclairer et de ventiler des toilettes, une salle d'eau ou une salle de bain.

Petite fenêtre de toilettesPetite fenêtre de toilettes

  • et au football :
    • chacun des angles supérieurs d'un but de football,
Une superbe lucarne (tir dans la lucarne)
Une superbe lucarne (tir dans la lucarne)
    • ou, par ellipse lexicale : un tir ou une frappe effectué dans l'une de ces deux zones.

Il s'agit dans les deux cas d'un parfait exemple d'idiotisme architectural.

Source : www.larousse.fr

"Faire ombrage à quelqu'un" ou "Porter ombrage à quelqu'un".

Ces deux locutions verbales du registre soutenu en forme d'idiotisme botanique signifient, au sens figuré : inspirer, susciter un sentiment de jalousie, de dépit, naissant de l'inquiétude d'être éclipsé par une autre personne.

On dit par exemple : "La beauté de sa fille fait malheureusement ombrage à ses cousines".

Ou : "Je crains que la réussite de ton frère ne te porte ombrage".

Sur un sujet contigu, je vous recommande la lecture de mon article consacré à l'expression "Prendre ombrage".

Source : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Prendre ombrage".

J'aime assez cette jolie locution verbale du registre soutenu en forme d'idiotisme botanique qui signifie :

  • s'offenser, s'offusquer.

On dit par exemple : "L'épouse de mon patron a pris ombrage de ce que mon fils avait eu de meilleurs résultats scolaires que le sien".

La formule "Prendre la mouche" a une signification assez proche.

  • ou : ressentir de l'inquiétude, de la jalousie à propos de quelque chose, de quelqu'un.

On dit par exemple : "Ma compagne s'offusque des mensurations de rêve de ma nouvelle assistante".

Sur un sujet contigu, je vous recommandre la lecture de mon article consacré aux expressions "Faire ombrage à quelqu'un" ou "Porter ombrage à quelqu'un".

Sources : www.expressio.fr et www.larousse.fr

"Lèche-cul" ou "Un lèche-cul" et "Lèche-botte" (ou "Lèche-bottes") ou "Un lèche-botte" (ou "Un lèche-bottes").

  • "Un lèche-cul"  est un substantif masculin du registre vulgaire en forme d'idiotisme corporel. Et "Un lèche-botte" (ou "Un lèche-bottes") est un substantif masculin du registre familier en forme d'idiotisme vestimentaire.

Les deux désignent, de façon très imagée, au sens figuré : une personne servile envers sa hiérarchie ou envers les puissants ; un flagorneur ; quelqu'un qui flatte servilement celui qui détient un pouvoir ou représente une autorité.

On dit par exemple : "L'assistant de mon directeur est un vrai lèche-cul".

Ou : "Je n'ai jamais pu jouer les lèche-botte(s) avec mes supérieurs hiérarchiques".

  • "Lèche-cul" est un adjectif du registre vulgaire en forme d'idiotisme corporel. Et "Lèche-botte" (ou "Lèche-bottes") est un adjectif du registre familier.

Les deux qualifient ce type de personnes, de façon très imagée, au sens figuré.

On dit par exemple : "Je recherche un collaborateur dévoué et efficace, pas un secrétaire lèche-cul".

Ou : "Les employés lèche-botte(s) sont bien vus dans cette société".

Sources : www.cnrtl.org, wiktionary.org et www.larousse.org

"Un fait d'armes".

Cette locution nominale du langage courant en forme d'idiotisme militaire signifie :

  • au sens propre : une prouesse guerrière, un exploit militaire, un acte de bravoure, une action héroïque.

Les états-uniens utilisent la formule "une John Wayne".

  • et par extension, au sens figuré : une prouesse, un exploit, un haut fait.

On dit par exemple : "Le principal fait d'armes du nouveau ministre est d'avoir su, il y a quelques années, gérer la situation délicate provoquée par deux prises d'otages intervenues de façon simultanée".

Sources : wktionary.org, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Avoir du pain sur la planche".

"Avoir du pain sur la planche" : enfournement d'un pain dans un fournil sur une "pelle à fournil"

Cette locution verbale en forme d'idiotisme alimentaire signifie, au sens figuré : avoir beaucoup de choses à faire ; avoir du travail devant soi, en réserve ; de quoi s’occuper plus ou moins longtemps. 

Étrangement, son sens a totalement été inversé avec le temps, puisque cette expression signifiait à l'origine : avoir du pain (cuit) sur la planche et donc (pour un boulanger) avoir fait son travail et pouvoir se reposer !

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr

"La cerise du diable" ou "L'herbe au diable" et "La cerise de juif".

Ces étranges locutions verbales en forme d'idiotismes religieux désignent familièrement deux plantes très particulières :

La belladone, une plante herbacée vénéneuse parfois appelée "Belle cerise", "Belle-dame", "Bouton noir", "Berise de juif", "Cerise du diable", "Cerise empoisonnée", "Guigne de côte", "Herbe empoisonnée", "Mandragore baccifère", "Morelle furieuse », "Morelle marine", "Morelle perverse" ou "Permenton"
La belladone
  • "La cerise du diable" et "L'herbe au diable" désignent en effet : la belladone, une plante herbacée vénéneuse également appelée "Belle cerise", "Belle-dame", "Bouton noir", "Cerise empoisonnée", "Empoisonneuse", "Guigne de côte", "Herbe empoisonnée", "Mandragore baccifère", "Morelle furieuse », "Morelle marine", "Morelle perverse" ou "Permenton".

Cette plante peut se révéler très toxique, ses baies noires contenant de l'atropine, une substance active sur le système nerveux, que les ophtalmologues utilisent afin de dilater la pupille lors d'un fond d’oeil.

C'est du reste à cette propriété que la belladone doit son nom, qui nous vient de l'italien "bella donna" ("belle dame" ou "jolie femme") ; ses propriétés mydriatiques amenant les femmes de Venise (Vénétie) (Italie) à s’en servir pour dilater leurs pupilles et rendre l’oeil brillant !

L’alkékenge, également appelée "Amour-en-cage", "Cerise d'hiver", "Coqueret alkékenge" ou "Lanterne"
L’alkékenge, également appelée "Amour-en-cage", "Cerise d'hiver", "Coqueret alkékenge" ou "Lanterne"
  • et "La cerise de juif" désigne l’alkékenge, également appelé "Cerise d'hiver", "Coqueret alkékenge" ou "Lanterne".
L'alkékenge, également appelée "Cerise d'hiver", "Coqueret alkékenge", "Lanterne" ou... "Amour-en-cage", mais on se demande vraiment pourquoi !.
L'alkékenge, également appelée "Cerise d'hiver", "Coqueret alkékenge", "Lanterne" ou... "Amour-en-cage", mais on se demande vraiment pourquoi !

Ou encore "Amour-en-cage" !

L'alkékenge, également appelé "Cerise d'hiver", "Coqueret alkékenge", "Lanterne" ou... "Amour-en-cage", mais on se demande vraiment pourquoi !
L'alkékenge, également appelé "Cerise d'hiver", "Coqueret alkékenge", "Lanterne" ou... "Amour-en-cage", mais on se demande vraiment pourquoi !

Cette plante est essentiellement connue pour son fruit complexe, une baie comestible de couleur orange enfermée dans un calice rouge orangé accrescent semblable à une lanterne.

Source : wikipedia.org

"Marcher sur la tête".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel signifie : agir de façon irraisonnée, à l'encontre du bon sens, fonctionner de manière absurde, contre-productive ; déraisonner, délirer, être fou.

Elle est généralement utilisée pour dénoncer une action ou une situation exceptionnelle, allant à l'encontre du bon sens.

On dit par exemple : "Une lionne qui protège une antilope attaquée par des hyènes : on marche sur la tête !".

Sources : www.expressions-francaises.fr, www.languefrancaise.net et www.linternaute.fr

"Mettre la clé sous la porte" ou "Mettre la clef sous la porte".

Cette très ancienne locution verbale du registre familier date du XVIe siècle.

  • elle a d'abord signifié : déménager, partir discrètement sans payer le loyer ; quitter furtivement son logis, disparaître pour se soustraire à une obligation, à une poursuite, etc,
  • puis, comme c'est encore le cas de nos jours : cesser son activité, faire faillite ; abandonner une entreprise, la fermer définitivement et complètement.

On dit par exemple : "Avec la pandémie de COVID 19, de nombreux entrepreneurs et chefs d'entreprise ont dû mettre la clé sous la porte".

Sources : wiktionary.org, www.expressions-francaises.fr, www.expressio.fr et www.larousse.fr

 

"Tourner de l'oeil", "Tomber dans les pommes" ou "Se trouver mal".

Ces trois locutions verbales signifient : s'évanouir, avoir (ou faire) un malaise (langage courant) ; défaillir (registre soutenu).

  • "Tourner de l'oeil" est un idiotisme corporel et appartient au registre familier,
  •  "Tomber dans les pommes" est un idiotisme alimentaire et relève du registre argotique,
  • et "Se trouver mal" appartient au registre familer.

"Chier une pendule" ou "En chier une pendule" et "Faire une pendule" ou "En faire une pendule".

Ces différentes expressions - qui ne doivent pas manquer d'interloquer nos enfants et nos amis étrangers - relèvent du registre vulgaire.

Mais également du registre scatologique, car les deux verbes "Faire" (par ellipse de "Faire ses besoins") et "Chier" signifient tous les deux : "Déféquer".

Utilisées au sens figuré, ces différentes formules signifient : considérer avec exagération un fait anodin, donner de l'importance à quelque chose d'insignifiant, en le ressassant longuement ; se mettre en colère pour peu de chose. Au point d'exaspérer son entourage.

On dit par exemple : "Ma frangine a pas supporté qu'on aille au cinoche sans elle : elle m'en a chié une pendule !".

Ou : "Le patron risque de nous en faire une pendule, si on lui dit que la commande ne peut pas partir avant demain".

Sources : wiktionary.org et www.expressions-francaises.fr