"Pas très catholique".

Je trouve plaisante cette amusante locution adjectivale en forme d'idiotisme religieux.

  • elle signifie, au sens figuré, dans le registre familier : sujet à contestation, pas tout à fait normal, en-dehors de la légalité ; dont il faut se méfier ; douteux, suspect.

On dit par exemple : "Ce n'est pas très catholique, mon chéri, cette histoire de crème miraculeuse qui te permettrait de combler toutes mes attentes".

  • et au sens propre, dans le langage courant : pas très honnête, pas très moral.

On dit par exemple : "Les profits exagérés que vous réalisez sur la vente des couronnes mortuaires  ne sont pas très catholiques, mon fils".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à la locution adjectivale "Pas très orthodoxe".

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Ohé ! du bateau !".

J'aime bien cette locution interjective en forme d'idiotisme des transports.

Relevant du registre familier, elle s'utilise, au sens figuré, pour interpeller une ou plusieurs personnes inattentives, n'ayant pas remarqué quelque chose.

On dit par exemple : "Ohé ! Du bateau ! Je vous signale que vous n'avez plus que 24 heures pour vous inscrire au repas de fin d'année de notre association !".

Tandis qu'au sens propre, elle relève du langage courant et est utilisée pour interpeller les marins ou passagers d'un navire situé à proximité. En particulier si l'on est naufragé sur une île déserte !

On dit par exemple : "Ohé ! Du bateau ! Vous auriez une petite place pour moi ?".

Couverture du recueil de dessins humoristiques de Jacques faizant "Ohé ! Du bateau !" (1984)
Couverture du recueil de dessins humoristiques de Jacques faizant "Ohé ! Du bateau !" (1984)

"Pas très orthodoxe".

Cette locution adjectivale en forme d'idiotisme religieux signifie :

  • au sens propre, dans le langage courant : non conforme, n'obéissant pas à la doctrine considérée comme vraie et enseignée officiellement par chacune des religions,
  • par analogie : non conforme à une doctrine, à un système considérés comme les seuls véritables,
  • et au sens figuré, dans le registre familier : bizarre, plus ou moins contestable ; pas en harmonie, en accord avec les opinions, les traditions généralement admises dans une société.

On dit par exemple : "Votre méthode n'est pas orthodoxe mais elle a le mérite d'être efficace".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à la locution adjectivale "Pas très catholique".

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Dormir à poings fermés" et "Dormir sur ses deux oreilles".

Ces deux curieuses locutions verbales en forme d'idiotismes corporels ne manquent naturellement pas d'interloquer nos jeunes enfants ainsi que nos amis étrangers.

Relevant toutes deux du registre familier, elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Dormir à poings fermés": dormir très profondément,

On dit par exemple : "Désolé je devais dormir à poings fermés et je n'ai pas entendu le bébé pleurer, mais la nuit prochaine je me lèverai, c'est promis ma chérie !".

  • "Dormir sur ses deux oreilles" : dormir sereinement, d'un sommeil paisible et empli de quiétude,

On dit par exemple : "Mon mari m'avait dit que je pouvais dormir sur mes deux oreilles et qu'il se chargerait de tout ! Je me lève et je le retrouve endormi devant la télé, le linge toujours dans la machine à laver et la vaisselle dans l'évier".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Dormir" en français.

Source : www.pourquois.com

"Le ventre mou".

Cette curieuse locution nominale en forme d'idiotisme corporel relève du langage courant.

Elle constitue un calque de la formule anglais "Soft underbelly" ("Bas-ventre mou").

Il s’agit à l’origine d’une célèbre expression imputée à Winston Churchill, qui aurait qualifié l’Afrique du Nord de "soft underbelly of the Axis" ("ventre mou de l’Axe"), en août 1942, lors d’une rencontre avec Staline, alors qu’il défendait le projet d’un débarquement sur ses côtes (l'opération Torch). L’expression a surtout été répandue par la presse, reprise par Churchill lui-même et ensuite par les historiens, généralement sous la forme "ventre mou de l’Europe".
Son appropriation en français, sans citation explicite de Churchill, semble dater des années 1970, avec un glissement de sens assez rapide (marginalisation de la notion de point faible, au profit de celle de mollesse et de "centre mou", le ventre étant situé au centre du corps).

Et elle désigne donc, au sens figuré :

  • un point faible d’une entité comme un État ou une coalition, dans une perspective d’agression potentielle.

Ainsi lorsque Winston Churchill déclarait à Staline, en août 1942, que l’Afrique du Nord était le "ventre mou de l’Axe".

  • par glissement de sens, de façon péjorative : la partie d’un ensemble qui se caractérise par sa mollesse, son apathie, son suivisme (telle que le centre d’un parti politique, par exemple).

On parlait ainsi du "ventre mou du Parti socialiste".

  • et spécifiquement : le groupe des équipes qui occupent le milieu du classement dans un championnat de football.

On dit par exemple : "Le Toulouse FC, le Montpellier HSC, le FC Nantes ou le RC Strasbourg sont actuellement des équipes du ventre mou du championnat".

Source : wiktionary.org

"Un prix plafond" et "Un prix plancher".

Ces deux locutions nominales masculines en forme d'idiotismes architecturaux relèvent du langage courant.

Et elles désignent respectivement :

  • "Un prix plafond" : le niveau de prix maximum pouvant être pratiqué sur un marché.
  • et "Un prix plancher" : le niveau de prix minimal en dessous duquel un vendeur ne peut baisser du fait de ses coûts, et en dessous duquel il préfère renoncer à la vente.

Sources : www.alternatives-economiques.fr et wiktionary.org

"Le cul de bus".

Cette locution nominale masculine en forme d'idiotisme corporel relève du langage familier.

Et elle désigne dans le jargon de la publicité :

  • un emplacement publicitaire situé, comme son nom l'indique, à l'arrière d'un bus.

Une affiche "cul de bus"

  • ainsi que le format publicitaire d'affichage extérieur correspondant.

Le format standard d'une affiche cul de bus est normalement de 99 X 83 cm, mais certains bus pour touristes proposent des formats plus importants.

Le terme de cul de bus est cependant également utilisé pour désigner des formats plus importants qui, en utilisant la vitrauphanie, permettent de recouvrir intégralement l'arrière d'un bus ou parfois d'un autocar.

Une vitrauphanie "cul de bus" intégral

Les cul de bus sont en moyenne 4,7 x plus regardés que leur part d'espace équivalente dans l'environnement. Et même 6,5 x plus pour les automobilistes.

Source : www.definitions-marketing.com

"Prêter le flanc".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel et d'idiotisme militaire relève du langage courant.

Et elle signifie :

  • au sens propre, dans le domaine militaire : s'exposer à des attaques sur les flancs en marchant sans précaution latérales ; s'offrir à l'attaque de son adversaire en se découvrant,

On dit par exemple : "Nous ne pouvons pas avancer dans cette vallée avant l'arrivée de la colonne de renfort sans prêter le flanc à l'ennemi".

  • et au sens figuré, par analogie : s’exposer à quelque chose ; donner prise à quelque chose.

On dit par exemple : "En ne me relisant pas assez, je sais que je prête le flanc à la critique, car on admet difficilement que l'auteur d'un blogue consacré à la défense de la langue française commette des fautes d'orthographe ou des fautes de frappe".

Sources : www.expressio.fr, Le Robert, www.larousse.fr et wiktionary.org

"Piquer une tête".

Cette locution verbale relève du langage courant.

Et elle signifie :

  • au sens propre : plonger dans l'eau, se jeter à l'eau la tête la première.

On dit par exemple : "Tu as vu la façon dont Ivan a piqué une tête !".

Piquer une tête dans une piscine

  • et par extension : aller nager, se baigner.

On dit par exemple : "J'irai bien piquer une tête après manger".

Nager dans une piscine

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Â brûle-pourpoint".

Cette locution adverbiale en forme d'idiotisme vestimentaire fait référence au substantif mascuin "Un pourpoint", désignant un ancien vêtement d'homme couvrant le torse.

Un pourpoint de velours noir

Et elle signifie :

  • au sens propre, autrefois (registre désuet) : tout près, au point de pouvoir brûler le pourpoint, en parlant d'une arme à feu dont on pointait le canon vers son adversaire. On dit aujourd'hui "À bout portant".
  • et de nos jours, au sens figuré : sans préparation, sans ménagement, sans détours, brusquement, sans que l'on s'y attende, à l'improviste.

On dit par exemple : "Il a répondu d'une façon maladroite, mais on lui a posé la question à brûle-pourpoint, au sortir du débat".

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

Donner ou recevoir "Une volée de bois vert".

Cette locution nominale en forme d'idiotisme botanique et d'idiotisme chromatique relève du langage courant.

Et elle désigne :

  • au sens propre :
    • une bastonnade,

On dit par exemple : "J'ai reçu une volée de bois vert en pensionnat lorsque j'ai été surpris en train de m'enfuir en pleine nuit".

    • ou, par extension : une correction, une avoinée (registre argotique), une raclée (registre familier),

On dit par exemple : "Mon fils m'a pris ma voiture sans mon autorisation : je vais lui donner une volée de bois vert à son retour !".

  • et au sens figuré : une vive remontrance, de forts reproches.

On dit par exemple :"Ma prof de maths m'a mis une volée de bois vert en voyant que je l'avais dessinée à poil dans mon cahier".

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr et www.expressions-francaises.fr