"Marcher au pas" ou "Marcher au pas cadencé".

Cette locution verbale désigne :

  • au sens propre : le pas adopté, en général par une troupe, lors d'une marche ou d'un défilé,

On dit par exemple : "J'ai appris à marcher au pas durant mon service militaire. Et je dois reconnaître que cela renforce la cohésion de groupe".

De jeunes militaires français marchant au pas

  • et au sens figuré (idiotisme militaire) : obéir servilement, suivre scrupuleusement les instructions et les ordres d'un dirigeant, économique ou politique.

On dit par exemple : "Le président Macron ne supporte pas que sa majorité ne marche pas au pas".

 

"Avoir les mains libres" et "Avoir les mains liées".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes corporels relèvent du langage courant.

Et elles signifient respectivement :

  •  au sens propre :
    • "Avoir les mains libres" : ne rien avoir dans les mains.

On dit par exemple : "Si tu as les mains libres, tu peux me passer un deuxième torchon s'il te plaît".

    • et "Avoir les mains liées" : avoir les mains entravées, attachées.

On dit par exemple : "Impossible de me gratter : j'avais les mains liées".

  • et au sens figuré :
    • "Avoir les mains libres" : être libre d’agir dans une affaire sans être lié par aucune obligation ; avoir une totale liberté d'action, n’avoir rien dans les mains

On dit par exemple : "J'ai les mains libres désormais : je peux agir comme il me plaît".

    • et "Avoir les mains liées" : être empêché dans ses actions, entravé par des obligations antérieures, de quelque nature qu’elles soient ; ne pas être libre d'agir à sa guise ; ne plus être libre moralement, être engagé ailleurs (par une promesse, un écrit antérieur).

On dit par exemple : "Emmanuel Macron a les mains liées désormais : ni la NUPES, ni Les Républicains ne lui pardonneront la façon dont il les a traité. En refusant de faire appeler à voter pour la NUPES lorsque ses candidats étaient opposés à des candidats du rassemblement National. Et en refusant de ne pas présenter de candidats Renaissance (ex-LREM) face aux candidats Les Républicains qui le lui demandaient, en échange d'une certaine bienveillance extérieure."

Sources : wiktionary.org, www.expressio.fr et www.languefrancaise.net

"Aller à la soupe", "Cracher dans la soupe" et "Servir la soupe".

Ces trois locutions verbales en forme d'idiotisme alimentaire relèvent du registre familier.

Présentant toutes trois un caractère péjoratif, elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Aller à la soupe" : renoncer à ses principes et délaisser ses convictions par intérêt personnel, pour se placer auprès de personnes influentes et profiter d'avantages matériels ou de faveurs.

Cette expression est principalement utilisée dans le milieu de la politique.

On dit par exemple : "Jean-François Copé va à la soupe et propose, dès le soir du second tour des législatives 2022 un pacte de gouvernement entre Les Républicains et Renaissance (ex LREM)".

  • "Cracher dans la soupe" : afficher du mépris pour ce dont on tire avantage, critiquer ce dont on profite, ce qui permet d'exister, d'assurer sa subsistance.

On dit par exemple : "Il ne faut pas avoir honte pour cracher ainsi dans la soupe, après avoir profité des années durant d'un système".

  • et "Servir la soupe" : se montrer complaisant, aimable ; flatter ; donner à l'autre ce qu’il attend, ne surtout pas l'embarrasser.

On dit par exemple : "Cet entretien avec le président n'avait aucun intérêt : le journaliste ne lui posé aucune question embarrassante, il lui a servi la soupe".

"Servir la soupe" au sens propre

Sources : www.linternaute.fr, wiktionary.org et lescoursjulien.com

"Attention les yeux !".

J'aime bien cette locution interjective en forme d'idiotisme corporel, qui relève du registre populaire.

Elle s'utilise, au sens figurépour avertir, de manière humoritique, que l'on s'apprête à parler de quelque chose d'important, d'impressionnant, qui mérite l'attention.

Elle est à rapprocher de la formule "En mettre plein la vue".

On dit par exemple : "Et maintenant, attention les yeux : voici ma collection de 3 500 disques numériques polyvalents !".

Un film français de Gérard Pirès, sorti en 1976 portait ce titre. On pouvait y remarquer, dans de tout petits rôles les acteurs débutants Anémone, Daniel Auteuil, Michel Blanc, Christian Clavier et Thierry Lhermitte.

Affiche du film français "Attention les yeux", de Gérard Pirès (1976

Sources : wiktionary.org et wikipedia.org

"Ne pas se cacher derrière son petit doigt".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : rester sérieux, cohérent, réaliste, ne pas dire ou faire n'importe quoi.

On dit par exemple : "On ne va pas se cacher derrière son petit doigt : la déroute de ce soir est historique".

"Ne pas arriver à la cheville".

J'aime beaucoup cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel.

Datant du XVIIIe siècle, elle relève du registre familier.

Et elle signifie, de façon péjorative : être très inférieur à ; ne pas être au niveau de.

On dit par exemple : "Le personnel politique actuel est d'une médiocrité sans nom : il n'arrive pas à la cheville de ses prédécesseurs".

Les liliputiens vidant les poches de Gulliver ne lui arrivent pas à la cheville, au sens propre, dans "Les Voyages de Gulliver" ou "Les Voyages extraordinaires de Gulliver", un roman satirique anglais écrit par Jonathan Swift, en 1721
Les liliputiens vidant les poches de Gulliver ne lui arrivent pas à la cheville, au sens propre, dans "Les Voyages de Gulliver" ou "Les Voyages extraordinaires de Gulliver", un roman satirique anglais écrit par Jonathan Swift, en 1721

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr et www.expressio.fr

Y avoir "Panique à bord".

Cette locution adverbiale relève du jargon maritime.

Et elle désigne, au sens figuré, dans le langage courant : une complète désorganisation, une situation on l'on ne contrôle plus rien.

On dit par exemple : "J'ai voulu essayer ce nouveau restaurant dimanche, mais je ne te le conseille pas. Ce n'était pas mauvais mais il y avait panique à bord et nous avons attendu nos plats près d'une heure".

Une scène du film étast-unien "Panique à bord", réalisé en 1960 par Andrew L. Stone
Une scène du film étast-unien "Panique à bord", réalisé en 1960 par Andrew L. Stone

"Se refaire la cerise".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme avec des fruits et légumes relève du registre familier.

Et elle signifie : recouvrer la santé, guérir, se rétablir, retrouver la forme.

Et par extension : améliorer sa situation.

On dit par exemple: "Après le score castatrophique de sa candidate à l'élection présidentielle d'avril 2022 (1,7%), le parti socialiste a réussi à se refaire la cerise grâce à la NUPES, qui lui a permis de conserver son groupe à l'Assemblée nationale en obtenant 26 députés".

On dit également : se requinquer, se refaire une santé.

Cette expression ne doit surtout pas être confondue avec la locution verbale "Se faire la cerise", à laquelle j'ai déjà consacré un article.

"L'irénisme", "Irénique" et "Un iréniste".

Ces mots peu usités par le Français moyen relèvent du vocabulaire religieux.

Le terme "irénisme" est récent puisque n'est attesté qu'en 1962. Il nous vient du grec εἰρήνη (eirếnê), où il signifie "la paix". Et le mot est dérivé d'"irénique", emprunté au latin ecclésiastique moderne "irenicus", apparu en 1867.

Ils signifient en effet respectivement :

  • au sens propre :
    • "L'irénisme" : une attitude d'esprit condamnée par l'encyclique "Humani Generis", selon laquelle on tolère de façon tranquille des erreurs graves, inacceptables, par désir exagéré de paix et de conciliation,
    • "Irénique" : ce qui relève de l'irénisme,
    • et "Un iréniste" : une personne qui pratique l'irénisme,
  • et par analogie, dans le domaine politique :
    • "L'irénisme" : une attitude visant à la compréhension mutuelle en se focalisant sur ce qui unit ou rapproche et en minimisant ce qui éloigne ou amène au conflit ; la recherche de la paix et de la concorde.

On dit par exemple : "L'irénisme du président Macron mène notre pays à la catastrophe".

Sources : www.cnrtl.fr, wikipedia.org et wiktionary.org

"Se pousser du col" ou "Se hausser du col".

J'aime assez cette locution verbale en forme d'idiotisme textile et vestimentaire.

Elle relève du registre familier et signifie, au sens figuré : être content de soi et manifester extérieurement sa satisfaction ; chercher à se mettre en valeur ; se vanter ; être prétentieux ; se croire important ; se mettre en avant ; se montrer ou agir avec ostentation.

Cette expression remonterait au XIXe siècle et nous viendrait de l'argot des habitants des faubourgs de Paris (75), qui avaient remarqué que les gens fats remontaient volontiers le col de leur chemise

On dit par exemple : "Je déteste ce type : toujours à se pousser du col"

Sources : langue-francaise.tv5monde.com, www.expressio.fr et Dictionnaire de la langue verte, 1866, d'Alfred Delva

"Balayer d'un revers de la main" ou "Balayer d'un revers de main".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel relève du langage courant.

Elle s'utilise à propos d'un fait ou d'une affirmation.

Et elle signifie :

  •  au sens propre : repousser ou rejeter catégoriquement, en faisant un geste de dédain,

On dit par exemple : "Mon patron a balayé d'un revers de la main ma proposition".

  • et au sens figuré : ignorer, mettre de côté, omettre volontairement, jeter aux oubliettes, considérer comme quantité négligeable.

On dit par exemple : "On ne peut pas balayer 130 ans de présence d'un revers de main !

Sources : wiktionary.org, www.btb.termiumplus.gc.ca et www.linternaute.fr

"Un appel du pied" ou "Des appels du pied".

Cette locution nominale masculine en forme d'idiotisme corporel relève du registre familier.

Et elle désigne : une ou des avances ou invitations discrètes, allusives ; une ou des propositions de rapprochement adressées de manière indirecte à une personne ou à un groupe de personnes.

On dit par exemple : "Sitôt connu les résultats du second tour des élections législatives, le soir du 19 juin 2022, on a vu en direct sur les plateaux de télévision, les députés et journalistes d'nsemble (ex LREM) faire des appels du pied éhontés aux représentants du Rassemblement National".

Ces deux locutions ne doivent surtout pas être confondues avec l'expression "Un pied d'appel".

Sources : www.linternaute.fr et www.larousse.fr