"Une addition salée", "Une facture salée" ou "Une note salée".

Ces différentes locutions nominales en forme d'idiotismes alimentaires relèvent du registre populaire.

Et elles désignent, au sens figuré : une addition, une facture ou une note dont le montant est élevé, important.

Et plutôt supérieur à ce que l'on avait imaginé.

On dit par exemple : "Eh bien, elle est salée cette addition : je ne risque pas de revenir dormir dans cet hôtel".

"Envoyer sur les roses".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme botanique relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : éconduire, renvoyer ou repousser (un solliciteur), ne pas accéder à la demande d'une personne ; l'envoyer promener (registre familier).

On dit par exemple : "Je l'ai envoyé sur les roses lorsqu'il m'a à nouveau demandé de l'argent".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander mon article consacré à toutes les façons de dire "Envoyer balader" quelqu'un en français.

"S'en mettre plein la lampe", "S'en mettre plein le cornet" ou "S'en mettre plein la panse".

"S'en mettre plein la lampe" et "S'en mettre plein le cornet" sont des locutions verbales relevant du registre populaire.

Et "S'en mettre plein la panse" est une locution verbale en forme d'idiotisme alimentaire appartenant au registre familier..

  • Les trois formules signifient principalement : manger en quantité, plus qu'à satiété, très copieusement,

"S'en mettre plein la lampe", "S'en mettre plein le cornet" (registre populaire) ou "S'en mettre plein la panse" (registre familier)

  • et "S'en mettre plein la lampe" signifie accessoirement : boire en quantité, plus qu'à satiété, très copieusement.

Picoler ou boire avec excès

Sur le même thème, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Manger" et en particulier "Manger abondamment".

Sources : www.dictionnaire.notretemps.com

"Un point de côté" ou "Une pointe de côté".

Le "point de côté" ou (plus rarement) "pointe de côté".

Ces deux locutions verbales désignent : une douleur abdominale aiguë apparaissant sur le côté du corps (généralement en dessous des côtes, à droite et légèrement à l'arrière) et survenant généralement pendant un effort physique.

De façon surprenante, ce phénomène n’est pas encore bien compris, les causes exactes du point de côté n'étant pas encore connues à ce jour.

Les deux principales hypothèses sont les suivantes :

  • une crampe musculaire du diaphragme, due à un défaut d'oxygénation lors de l'exercice physique,
  • ou une douleur liée à la traction exercée, pendant l'exercice physique, par les organes abdominaux (foie, estomac, rate) sur les ligaments qui les lient au diaphragme.

Mais les spécialistes sont au moins d’accord sur un point : avoir un point de côté de temps en temps n’est absolument pas le signe d’une maladie sous-jacente.

La douleur ressentie s’accompagne souvent d’une gêne respiratoire, et disparaît généralement dans les minutes suivant l’arrêt de l’effort, n'entraînant aucune complication. Seul risque possible : la confondre avec un vrai problème (appendicite, péritonite, infarctus du myocarde…).

Comment l'éviter ?

Un point de côté peut se faire ressentir lorsque l'on respire mal, souvent lors d'une course.

Afin de l'éviter, il suffit de contrôler sa respiration lors d'un exercice physique, en inspirant et expirant régulièrement.

Par exemple, lors d'une course : inspirer durant deux pas et expirer durant deux pas. Cela évitera non seulement les points de côté, mais aussi les crampes, essoufflements, etc.

Comment le faire passer ?

  • Pour le faire passer, il suffit de respirer plus lentement en gonflant le thorax, et en relâchant le bas-ventre le plus possible. De cette façon, le point de côté passe au bout de deux ou trois minutes.
  • Autre technique, beaucoup plus rapide : se pencher en avant en soufflant tout l'air de ses poumons.
  • Enfin, les enseignants de sport utilisent, avec les enfants, en course de fond, une technique psychosomatique consistant à tenir un caillou dans le creux de sa main, dès le début de la course. La pensée que le caillou évite le point de côté semble effectivement l'éviter. Il s'agit donc de ce que l'on appelle un placebo.

Sources : sante.lefigaro.fr et wikipedia.org

"Un concierge" et "Une concierge".

Ce substantif possède différentes significations selon le contexte :

  • "Un concierge" (ou "Une concierge") désigne, au sens propre et dans le langage courant :

    • Dans un hôtel de luxe (palaces, hôtels 4 ou 5 étoiles), l'employé dont les principales fonctions sont d’accueillir, de renseigner et de conseiller les clients (touristes, hommes d’affaires…), qu'il prend en charge avant, pendant et après son séjour.

En amont, le concierge d'hôtel fait en sorte que tout soit prêt et conforme à leurs attentes avant leur arrivée (fleurs, produits et boissons favorites dans la suite...).

Durant leur séjour, il organise tous les détails matériels avec les services de l'hôtel. Il effectue des réservations (restaurant, spectacle, location de voiture, billet d'avion...) et des prises de rendez-vous (coiffeur, esthéticienne, ...), informe et conseille la clientèle sur les activités touristiques.

La maîtrise d'une et même plusieurs langues étrangères est indispensable pour ce métier exigeant qui nécessite d'importantes qualités relationnelles, de la discrétion, de la diplomatie, du tact et un zeste de débrouillardise.

Toujours à l'écoute et au service du client, le concierge d'hôtel doit en effet s'adapter aux goûts, attentes et comportements d'un clientèle, souvent internationale, très diversifiée (touriste, personnalités, homme d'affaires...).

    • Dans un bâtiment administratif ou un immeuble résidentiel : l'employé autrefois chargé de l'ouverture des portes, de la réception et de la distribution du courrier, ainsi que du ménage et de la garde de l'immeuble.

Le bureau du concierge d'immeuble, situé au rez-de-chaussée, à proximité immédiate de la porte, était appelé "Loge" et lui servait souvent de logement.

Une concierge d'imeuble traditionnelle, devant sa loge
Une concierge d'imeuble traditionnelle, devant sa loge
Une concierge d'immeuble traditionnelle, devant sa loge, en tablier
Une concierge d'immeuble traditionnelle, devant sa loge, en tablier

Ce métier a aujourd'hui pratiquement disparu et l'on parle davantage de "gardien", par ellipse de "gardien d'immeuble".

Assigné à un immeuble ou à une résidence constituée de plusieurs bâtiments, le concierge, ou gardien d'immeuble, a pour fonction de garder des bâtiments à vocation professionnelle ou des bâtiments d'habitation. Il accueille et renseigne les visiteurs, mais il lui arrive aussi de prendre en charge la répartition des lettres dans les boîtes dédiées à chaque résident, l'entretien des parties communes (escalier, hall d’entrée, couloir, voire espaces verts), la gestion des poubelles, de petites tâches de maintenance comme le changement des ampoules, voire assurer la protection des bâtiments et des locaux (ouverture et fermeture des portes), éventuellement en effectuant des rondes de surveillance.

Un concierge ou gardien d'immeuble actuel, nettoyant l'entrée

  • tandis que "Une concierge", désigne, dans le registre familier et au sens figuré, de façon péjorative : une personne très bavarde, adorant colporter des commérages, potins et ragots, à l'instar des concierges d'immeuble d'autrefois, souvent réputées d'une curiosité sans égale, surveillant - pour ne pas dire espionnant - depuis leurs loges, les allées et venues de leurs locataires et de leurs visiteurs.

Une concierge curieuse, épiant ses locataires tout autant que leurs visiteurs

Sources : www.cidj.com, www.m-habitat.fr et wikipedia.org

"Aux petits oignons".

Des petits oignons glacés à blanc et à brun (© chefsimon.com)

Cette locution adjectivale en forme d'idiotisme alimentaire signifie, dans le registre familier, au sens figuré :

  • exécuté ou préparé avec beaucoup de soin et d'attention, avec des égards particuliers, en y mettant tout son coeur.

Et donc : agréable, joli, beau, confortable, parfaitement, très bien.

On dit par exemple : "Mes amis parisiens m'avaient préparé un séjour aux petits oignons".

Ou : bien soigné dorlotté, choyé.

On dit par exemple : "J'étais aux petits oignons".

  • ou, tout au contraire, de façon ironique : bâclé, mal fait, fait en dépit du bon sens, ni fait ni à faire ; mal accueilli.

On dit par exemple : "Tu aurais vu le travail : ils m'ont laissé un chantier aux petits oignons !".

Cette formule fait référence aux petits oignons primeur, finement coupés et dorés à la poêle (on parle de "glaçage à blanc et à brun"), que l'on utilise par exemple pour une blanquette de veau traditionnelle ou pour accompagner du foie de veau.

Une assiette de foie de veau aux petits oignons (© lesfoodies.com)
Une assiette de foie de veau aux petits oignons (© lesfoodies.com)

Sources : www.edilivre.com, www.laculturegenerale.com, savour.eu et www.lalanguefrancaise.net

"Un crève-coeur".

Ce substantif masculin en forme d'idiotisme corporel appartient au langage courant.

Et il désigne, au sens figuré : un déchirement, une peine profonde mêlée de compassion et de dépit ; une grande douleur, une souffrance.

On dit par exemple : "Me séparer de cette maison familiale est un crève-coeur".

Sources : Le Robert, wiktionary.org, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Sous toutes les coutures".

Cette locution adverbiale en forme d'idiotisme textile relève du langage courant.

Et elle signifie, au sens figuré : complètement, entièrement, intégralement, totalement ; entièrement ; attentivement, méticuleusement, minutieusement; sous toutes ses faces, dans tous les sens, de toutes les manières, de tous les côtés, partout.

On dit par exemple : "J'ai examiné ce tableau sous toutes les coutures : il ne s'agit absolument pas d'un faux mais d'une oeuvre authentique".

Sources : www.expressio.fr, wiktionary.org et www.languefrancaise.net

"Nu-tête", "Tête nue" ou "En cheveux" et "Sortir nu-tête", "Sortir tête nue" ou "Sortir en cheveux".

Une femme des années 1950 "en cheveux", c'est à dire : ne portant pas de chapeau

Ces curieuses formules en forme d'idiotismes corporels relèvent toutes du registre désuet.

Elles remontent en effet au temps où hommes et femmes portaient systématiquement un couvre-chef :

  • chapeau pour les aristocrates, les bourgeoises et bourgeois ou les employés,

Une foule, d'avant la Deuxième Guerre mondiale : tout le monde porte un chapeau

  • et casquette ou béret pour les ouvriers ou les agriculteurs.
Des ouvriers français en grève en 1936 : la plupart portent une casquette
Des ouvriers français en grève en 1936 : la plupart portent encore une casquette

En sorte que "Nu-tête", "Tête nue" - ou "En cheveux" pour les femmes - étaient des locutions adjectives signifiant : sans couvre-chef, sans chapeau.

Élément indispensable de la toilette féminine, le chapeau a été porté par les deux sexes jusqu’à la Première Guerre mondiale, voire la Seconde Guerre mondiale.

Des femmes des années 1930 portant un chapeau
Des femmes des années 1930 portant un chapeau
Des femmes des années 1940 portant un chapeau
Des femmes des années 1940 portant un chapeau
Des femmes de la fin des années 1950 portant un chapeau
Des femmes de la fin des années 1950 portant un chapeau

Et "Sortir en cheveux" constituait alors un manque de savoir-vivre élémentaire, que seule se permettait l'ouvrière.

Des ouvrières en grève, en 1936
Des ouvrières en grève, en 1936

Naturellement, la formule a disparu à mesure que le port du chapeau tombait en désuétude, à partir des années 1950 et 1960.

Sortie de l'usine Berliet de Vénissieux (69) en 1960 : le port de las casquette se raréfie (© Jacques Thévoz)
Sortie de l'usine Berliet de Vénissieux (69) en 1960 : le port de la casquette se raréfie (© Jacques Thévoz)
Des ouvriers de Citroën, en grève générale, en 1968 : le port de la casquette ou du chapeau a pratiquement disparu (© Jacques Marie Agence France Presse)
Des ouvriers de Citroën, en grève générale, en 1968 : le port de la casquette ou du chapeau a pratiquement disparu (© Jacques Marie Agence France Presse)
Des femmes de la fin des années 1950 portant un chapeau
Déjà, à la fin des années 1950, le chapeau féminin n'est plus guère porté que par les élégantes

Progressivement et jusqu'à de nos jours, le chapeau n'est plus devenu qu'un simple accessoire de mode, porté lors d'occasions spéciales (mariage, enterrement) ou pour se protéger des éléments (pluie, soleil).

Ainsi que par certains jeunes, très soucieux de leur apparence, et désireux de se réapproprier cet accesoire de mode.

Quelques jeunes gens désireux de se réapproprier le port du chapeau, en guise d'accessoire de mode

Source : wikipedia.org

4 façons de dire "Une balle" en argot.

Des "bastos", "dragées" ou "pruneaux" ("balles" en argot)

Indépendamment de "Une bastos", il existe en français trois autres mots désignant un projectile d'arme à feu, qui sont tous trois des idiotismes alimentaires : "Une dragée", "Un caramel" et "Un pruneau".

Les quatre relèvent bien sûr du registre argotique.

"Un gros-cul".

Un semi-remorque

Ce substantif masculin en forme d'idiotisme corporel relève du registre argotique.

Et il désigne : un véhicule automobile poids-lourd, communément appelé "camion".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Un camion" en français.

"Ronger son frein".

Cette locution verbale très ancienne, puisqu'elle semble remonter au XIVe voire au XIIe siècle, relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : contenir difficilement son impatience, supporter avec peine l'inactivité ; être contraint de retenir sa colère, de refouler en soi son dépit face à une situation désagréable.

Elle fait référence au "Frein", ce morceau de la bride, ujourd'hui appelé "Mors", qui entre dans la bouche du cheval et permet de l'arrêter, mais qu'il a tendance à ronger lorsqu'il est contraint de se reposer et perd patience.

Sources : Le Robert, www.expressio.fr, wiktionary.org et www.linternaute.fr