Ce chapitre regroupe l’ensemble de mes articles consacrés à la phénoménale richesse de la langue française : des citations, expressions ou proverbes aux vocabulaires et jargons spécialisés, héritages langagiers, mots et locutions étrangères repris en français, en passant par les différents registres de langue, etc.
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Ce mot d'origine latine désigne une méprise, une erreur, consistant à prendre une personne ou une chose pour une autre. Et le malentendu qui en résulte.
On dit par exemple : "Je suis désolé du quiproquo M. le commissaire : avec le désordre qui y règne j'ai pris votre bureau pour le local poubelle !".
Le terme appartenait à l'origine au vocabulaire pharmaceutique et désignait un médicament pris ou donné à la place d'un autre.
De nos jours, même s'il peut s'agir d'une erreur aux conséquences potentiellement graves dans la réalité, le quiproquo est un type de péripétie fréquemment utilisé dans la fiction.
C'est à l'attaquant anglais Gary Lineker que nous devons cette célèbre définition, qui date de l'été 1990.
L'ancien joueur de football international anglais Gary Lineker (né le 30 novembre 1960), devenu consultant
Notons que la phrase exacte devrait plutôt être : "Le football est un jeu simple ; 22 hommes courent après un ballon durant 90 minutes, et à la fin, c'est l'Allemagne qui gagne", compte tenu de sa déclaration d'origine en anglais ("Football is a simple game ; 22 men chase a ball for 90 minutes and at the end, the Germans always win").
Sa phrase devenue historique, date du 4 juillet 1990, à Turin (Piémont) (Italie), à l'issue du match de demi-finale de Coupe du monde, opposant l'Angleterre à l'Allemagne de l'Ouest.
L'Angleterre a pour une fois dépassé toutes ses espérances et s'est hissée dans le dernier carré du Mondial en Italie.
En face se dresse l'Allemagne de l'Ouest (le pays n'est pas encore réunifié). Les Allemands ont perdu en finale en 1986 contre l'Argentine, et veulent absolument leur revanche. Même chose pour les Anglais, sortis en quarts de l'édition précédente, mais ils sont épuisés.
Le joueur de football international anglais Gary Lineker (né le 30 novembre 1960)
Logiquement, l'Allemagne ouvre le score. Les Anglais, jetant leurs dernières forces dans la bataille, égalisent en toute fin de rencontre par leur avant-centre Gary Lineker.
La joie du joueur de football international anglais Gary Lineker, après avoir marqué le but de l'égalisation 1-1 face à l'Allemagne, en demi-finale de la Coupe du monde de football, le 4 juillet 1990, à Turin (Piémont) (Italie)
La prolongation est épique. Les deux équipes frappent les montants, sans trouver la faille. Arrive l'épreuve des tirs au but. "On était forts dans cet exercice, je pensais qu'on allait gagner", se souvient Gary Lineker. Mais deux joueurs anglais manquent leur tir, tandis que les Allemands, eux, ne tremblent pas.
"Mon monde s'est écroulé, raconte Stuart Pearce. Son tir au but manqué est resté dans la légende, outre-Manche. "J'ai manqué le tir au but le plus important de ma vie. C'est ma faute si l'Angleterre ne s'est pas qualifiée pour la finale."
Ce match, splendide, a été qualifié de "vraie finale du tournoi" par le capitaine anglais Terry Butcher, et de "classique du football" par l'entraîneur allemand Franz Beckenbauer.
C'est à l'issue de la rencontre que Gary Lineker prononce sa phrase légendaire, qui est à resituer dans un contexte très spécifique :
la RFA vient alors de se qualifier pour sa troisième finale de Coupe du monde d'affilée (1982, 1986 et 1990). Et, tant en 1982 (à Séville (Andalousie) (Espagne)) qu'en 1986 (à Guadalajara (Jalisco) (Mexique)), l'équipe d'outre-Rhin était déjà parvenue en finale, face à la France de Michel Platini, à l'issue de matches âpres et laborieux,
et elle a remporté deux Coupes du monde (1974 et 1990) et trois Euros (1972, 1980 et 1996) entre 1972 et 1996.
Revenu de sa déception, Gary Lineker a cependantmis lui-même de l'eau dans son vin sur l'irrésistible force du football allemand : "Les gens parlent du mental de gagneurs des Allemands. Je ne pense pas que ce soit l'explication de notre défaite. Ils étaient très très forts, mais nous aussi. Ils ont juste eu de la chance."
Ce mot désigne un enfant maltraité, exploité par des adultes, notamment pour les tâches domestiques.
Et, par extension, une personne connaissant un sort peu enviable et subissant de terribles injustices.
Il fait référence à Cosette, surnom d'Euphrasie, la fille de Fantine, le personnage du célébrissime roman français "Les Misérables", publié en 1862 par Victor Hugo.
Il s'agit d'un roman historique, social et philosophique dans lequel on retrouve les idéaux du romantisme et ceux de Victor Hugo concernant la nature humaine.
Et le succès de cette oeuvre emblématique de la littérature française, qui décrit la vie de pauvres gens dans Paris (75) et la France provinciale du XIXe siècle a été tel, de même que celui de ses très nombreuses adaptations sous toutes les formes (films, comédies musicales, téléfilms, séries télévisées, pièces de théâtres, dessins animés), que les noms de plusieurs de ses personnages continuent d'être - un siècle et demi plus tard - des archétypes : "Cosette", donc, mais également "Gavroche" ou "les Thénardier".
Ce mot désigne un gamin parisien gouailleur, débrouillard, à la vulgarité attachante, en référence au personnage de Gavroche, le fils des Thénardier, dans le célébrissime roman français "Les Misérables", publié en 1862 par Victor Hugo.
Il s'agit d'un roman historique, social et philosophique dans lequel on retrouve les idéaux du romantisme et ceux de Victor Hugo concernant la nature humaine.
Et le succès de cette oeuvre emblématique de la littérature française, qui décrit la vie de pauvres gens dans Paris (75) et la France provinciale du XIXe siècle a été tel, de même que celui de ses très nombreuses adaptations sous toutes les formes (films, comédies musicales, téléfilms, séries télévisées, pièces de théâtres, dessins animés), que les noms de plusieurs de ses personnages continuent d'être - un siècle et demi plus tard - des archétypes : "Gavroche", donc, mais également "Cosette" ou "les Thénardier".
Ce mot désigne des personnes cupides et maltraitantes, exploitant la misère des autres et notamment des enfants, en référence aux Thénardier, ce couple d'aubergistes à Montfermeil (93) à qui Fantine confie sa fille Cosette, dans le célèbrissime roman français "Les Misérables", publié en 1862 par Victor Hugo.
Il s'agit d'un roman historique, social et philosophique dans lequel on retrouve les idéaux du romantisme et ceux de Victor Hugo concernant la nature humaine.
Et le succès de cette oeuvre emblématique de la littérature française, qui décrit la vie de pauvres gens dans Paris (75) et la France provinciale du XIXe siècle a été tel, de même que celui de ses très nombreuses adaptations sous toutes les formes (films, comédies musicales, téléfilms, séries télévisées, pièces de théâtres, dessins animés), que les noms de plusieurs de ses personnages continuent d'être - un siècle et demi plus tard - des archétypes : "les Thénardier", donc, mais également"Gavroche" ou "Cosette".
Ces deux expressions imagées, souvent utilisées par les parents pour inciter leur progéniture à aller se coucher, signifient que l'on ne doit pas manquer le moment idéal pour s’endormir.
Vous en avez naturellement déjà vous-mêmes fait la triste expérience : repousser le moment de se coucher ou d'éteindre la lumière n'est pas une bonne solution : lorsque les bâillements sont de plus en plus fréquents et que la concentration devient difficile, il faut impérativement en profiter pour s'endormir, faute de quoi, lorsque vous fermerez les yeux, après avoir effectué les quelques petites choses que vous vouliez encore faire, lire ou regarder, vous n’aurez plus du tout envie de dormir.
Et vous aurez beau vous tourner et vous retourner dans votre lit ("Faire la crêpe" dit l'un de mes amis, de manière très imagée), rien n’y fera, car le sommeil sera parti ; vous aurez raté le train du sommeil !
Et il vous faudra par conséquent obligatoirement attendre tout un cycle de sommeil, soit près de 90 minutes, pour ressentir à nouveau l’envie de dormir.
Dans cette représentation imagée de notre sommeil, schématisé sous la forme de différents "trains", une nuit se compose en effet de 4 à 6 "trains" ou cycles de sommeil et chaque "train" représente un cycle de sommeil, d'environ 90 minutes, se décomposant ainsi :
endormissement : les idées et la vue se brouillent et l'on bâille,
sommeil lent léger : on entend, on comprend, sans pouvoir agir,
sommeil lent profond : on n'entend plus rien,
sommeil paradoxal : on rêve.
À l'issue d'un cycle, soit on se réveille naturellement, soit on "prend" un nouveau "train", c’est-à-dire que l’on repart pour un nouveau cycle de sommeil d'environ 90 minutes.
Cette locution verbale relève du registre familier.
Elle constitue une corruption de "C'est un prêté rendu", qui signifie "C'est une juste compensation, une juste revanche".
Et elle s'utilise lorsque l'on veut évoquer un tour que l'on vient de jouer à quelqu'un et qui vaut bien celui dont on été au préalable victime de son fait.
On dit par exemple : "Comme sa copine l'a trompé avec un de ses voisins, il a couché avec une autre fille : c'est un prêté pour un rendu".
Ce mot en forme de gémination du registre familier désigne une transaction dans laquelle on accepte de donner une chose en en recevant une autre, sans que la notion de générosité entre en ligne de compte, comme ce peut être le cas avec l'échange de bons procédés.
C'est donc uniquement parce que l'un a fait ceci que l'autre fera cela.
On dit par exemple : "Si tu veux que je t'aide pour ton devoir de français, tu m'aides à ranger ma chambre : c'est donnant-donnant !".
Cette locution désigne des services que l'on se rend mutuellement, sans qu'il soit aucunement question d'argent et en intégrant une dimension de spontanéité.
"Rendre la monnaie de sa pièce" à quelqu'un, c'est lui faire subir la même chose que ce qu'il nous a fait subir, prendre sa revanche. On dit également "C'est un prêté pour un rendu" (registre familier dans les deux cas).
Mais cela n'a, de toute façon, strictement rien à voir avec ce que le joueur international de football français Paul Pogba souhaitait dire aux journalistes à qui il s'adressait, en conférence de presse à Istra (Russie), le dimanche 24 juin 2018, en leur déclarant : "Comme on m'aime beaucoup, il faut que je vous donne, que je vous redonne la monnaie de la pièce"...
À l'évidence, ce qu'il voulait en effet leur dire, c'était qu'il souhaitait "leur rendre la pareille" ; les remercier de la faveur qu'ils lui faisaient en l'aimant bien, en leur offrant en retour des moments ou des images privilégiés.