"Mauvaise limonade !".

J'aime beaucoup cette expression du registre familier, utilisée en Languedoc-Roussillon et en Provence, découverte en 1997, auprès de la mère de ma fille cadette, qui signifie, selon le contexte, :

  • "Ça se présente mal !", "Ça va mal tourner !".
  • ou "Un gros orage se prépare !".

Source : wiktionary.org

Les jeunes marseillaises sont elles malpolies ?

Plage de Salin-de-Giraud (13), en Camargue

Nous sommes le 31 octobre 1999, sur une plage de Camargue. Et nous profitons en famille de l'extraordinaire été indien pour aller prendre une dernière fois le soleil.

Cartes des plages de Camargue (13)
Cartes des plages de Camargue (13)

La plage est déserte malgré le soleil éclatant et la température plus que clémente.

Ma fille aînée de 4 ans et ma belle-fille de 6 ans jouent au sable près de nous, tandis qu'au loin s'amusent deux autres petites filles. Nous leur suggérons d'aller les voir pour faire connaissance et - peut-être - s'amuser davantage à quatre qu'à deux.

Elles se rapprochent donc des deux fillettes et commencent aussitôt à jouer toutes les quatre. Mais cela ne dure pas et elles ont tôt fait de revenir.

Curieux de savoir ce qui se passe, nous avons alors la surprise de les entendre nous répondre, très offusquées : "On peut pas rester avec elles parce qu'elles sont vraiment pas polies ! Elles arrêtent pas de dire "Putain, con !"...

Et oui : les petites chéries parisienne et aixoise venaient de découvrir l'une des principales spécificités de la ponctuation marseillaise !

Celle-ci est parfaitement décrite par l'humoriste phocéen Patrick Bosso dans son sketch de 1997 "La grammaire", que je vous recommande chaleureusement.

En résumé, sachez simplement que le mot "Putain" remplace la virgule et le mot "Con" (ou "Enculé") le point final.

Et que par conséquent, l'utilisation de ces termes, considérés partout ailleurs sur le territoire national, comme extrêmement grossiers (registre vulgaire), ne relèvent absolument pas du même niveau de langage dans le Sud de la France (registre familier).

Sur le même thème, voir également mon article : "Quand il est temps, il est temps !".

 

 

"Aller à Thubaneau" et "Faire la rue Thubaneau".

Localisation de la rue Thubaneau, à Marseille (13)

Ces deux locutions verbales typiquement marseillaises appartiennent au registre familier et font référence à une rue du 1er arrondissement de la ville, parallèle à la célèbre Canebière, allant du boulevard Dugommier au cours Belsunce, qui fut longtemps un haut-lieu de la prostitution.

Et elles signifient respectivement : aller aux putes (registre vulgaire) et faire le trottoir (registre argotique), se prostituer (langage courant).

Sources : wikipedia.org

"Le Ferry Boat" ou "Le Féri Boate".

Le Ferry Boat, aujourd'hui

La ville de Marseille (13) est encore sans doute l'un des rares endroits au monde ou l'on continue de parler de "Ferry Boat" (sans tiret) et pas simplement de "Ferry", refusant ainsi de céder à la pratique de l'ellipse.

On ne prononce cependant pas ce mot anglais comme les anglo-saxons, mais bien évidemment "avé l'assent", soit : "Féri Boate".

La ligne existe depuis 1880 et permet la traversée du Vieux-Port, de la Mairie à la Place aux Huiles. Elle est bien connue et appréciée pour son côté pratique par les Marseillais désireux de passer d'un côté à l'autre dudit Vieux-Port, bien que la distance qu’elle parcourt soit l’une des plus faibles au monde (283 mètres seulement !).

Le ferry boat du Vieux-Port

Et c'est au célèbre écrivain, auteur dramatique et réalisateur français Marcel Pagnol, né le 28 février 1895 et mort le 18 avril 1974, qu'elle doit sa célébrité et d'avoir pu ainsi perdurer jusqu'à nos jours.

Le ferry boat a en effet été immortalisé dans le film "Marius", réalisé en 1931 par Alexandre Korda d'après la pièce de théâtre homonyme de Pagnol de 1929.

Affiche du film français "Marius" d'Alexandre Korda (1931) d'après la pièce de théâtre homonyme de Marcel Pagnol (1927)

Près d'un siècle plus tard, il reste cher au coeur des Marseillais, et fait même partie du patrimoine de la ville, au même titre que la "Bonne mère" ou le "Vél" !

À titre tout à fait exceptionnel, je conçois donc de bonne grâce que l'on continue de l'appeler ainsi d'un mot anglais et non "Un transbordeur" ou "Un traversier", comme le font nos amis québecois.

Source : wikipedia.org

"L'Ohème".

Il s'agit du nom donné par les Marseillais, dans le registre populaire, à leur bien-aimé club de football , l'"OM" ou "Olympique de Marseille", fondé en août 1899 à Marseille (13) par René Dufaure de Montmirail.

Le club phocéen demeure, à ce jour, le seul club français vainqueur d'une "Ligue des champions", après avoir remporté en 1993, la première édition de cette épreuve sous cette appellation, la compétition étant précédemment appelée "Coupe des clubs champions".

Son stade, "Le Vél'", est réputé pour son ambiance et, à ce titre, prticulièrement redouté de ses adversaires.

Source : wikipedia.org

Quand il est temps, il est temps !

La scène se déroule au début des années 2000, à Feytiat, une petite ville de la banlieue Sud-Est de Limoges (87).

Ma petite nièce par alliance, alors âgée de 3 ans et demi, rentre en petite section de maternelle à la rentrée de septembre et doit donc être propre et ne plus porter de couches.

Comme elle passe l'été en vacances chez ses grands-parents maternels, puis paternels, résidant tous quatre aux alentours de Marseille (13), ses parents ont demandé à ce que l'on profite de cette période pour lui apprendre à aller toute seule au pot ou aux toilettes, considérant que, vivant le plus souvent en maillot de bain ou en jupette, ses éventuels petits oublis ne porteront guère à conséquence.

La consigne ayant été scrupuleusement suivie, la petite limougeaude s'avère être propre à la fin du mois d'août, à la grande satisfaction de ses parents - rassurés - et de ses grands-parents, fiers d'avoir mener à bien la mission qui leur avait été assignée.

De retour chez eux, mon beau-frère et son épouse, invitent à l'apéritif leurs différents voisins et leurs enfants pour célébrer le retour de la "grande" fille, qui ne porte plus de couches et va rentrer à l'école.

Les voisines et la maman se félicitent de la situation, lorsque soudain, la petite - qui jouait accroupie dans le jardin à quelques mètres d'elles - se relève soudainement et se précipite à l'intérieur de la maison en courant.

Pot pour bébé

"Ah ! Il y a peut-être tout de même eu un problème cette fois-ci..." se dit alors l'assemblée, dans l'expectative.

Mais la petite réapparaît quelques instants plus tard, arborant un grand sourire.

  • "Tout va bien ma chérie ?" s'enquiert le papa, rassuré et fier.
  • "Oui, mais il était temps, putain !".

Je vous laisse imaginer la tête des voisins, pour qui le mot "putain" revêtait évidemment un incroyable caractère de grossièreté - a fortiori dans la bouche d'une petite fille ! -, bien éloigné de son aspect "élément de ponctuation", en vigueur dans les Bouches-du-Rhône (13),où le mot est vraiment largement banalisé. Au point qu'une enfant de trois ans et demi l'entende suffisamment - hors de chez ses grands-parents, je le précise ! - en deux mois seulement, pour l'intégrer à son vocabulaire actif !

Sur le même sujet, je vous recommande la lecture de mon article "Les jeunes marseillaises sont-elles impolies ?".

"Le vél", "Le Vélodrome" ou "L'enrhumeur".

Il s'agit des différents surnoms locaux du célèbre stade vélodrome, inauguré en juin 1937 et antre de l'"Ohème", le club de football de la ville de Marseille (13) :

  • principal équipement sportif de la ville et second stade de France en terme de capacité, avec 67 000 places, depuis la rénovation de 2014, qui l'a notamment doté d'un toit, le stade Vélodrome disposant auparavant d’une architecture évasée, ouverte aux quatre vents, sans toiture.

Ce qui lui valut, entre 1997 et 1999, l'amusant surnom d'"Enrhumeur", de la part du truculent entraîneur Rolland Courbis.

  • "le vél" est naturellement l'apocope de vélodrome,
  • et "le vélodrome", l'ellipse de "le stade vélodrome".

Pour conclure, il m'est particulièrement agréable de préciser ici que le véritable nom actuel du stade, depuis 2014 tout du moins, demeure parfaitement inconnu de tous.

Le "stade vélodrome" est en effet censé s'appeler - en vertu d'un contrat de "naming" : le "Orange vélodrome". Mais je ne pense pas qu'un français sur 100 le sache, sinon parmi les amateurs de football ou les habitants de Marseille !

Nul doute que les responsables communication de ce groupe de téléphonie ont fait là une bien belle affaire.

Cela fait en tous cas partie des petits plaisirs de la vie qui ne coûtent rien et me mettent en joie !

"Un minot".

Ce mot peut désigner différentes choses :

  • c'est d'abord, pour les provençaux et les marseillais, dans le registre familier, un enfant, un adolescent, un jeune (*),
  • mais c'est également, dans la marine, une pièce de charpente spécifique,
  • et c'était enfin, autrefois, une mesure de capacité pour les matières sèches telles que le grain, équivalant à 18,5 litres.

(*) Concernant les enfants, je vous recommande la lecture de mon article sur toutes les façons de dire "Un jeune enfant ou "Un enfant".

"La RTM".

Naturellement, la plupart des marseillais et des habitants des Bouches-du-Rhône (13) en général, connaissent ce sigle de longue date, puisqu'il est apparu en 1986.

La "Régie des Transports de Marseille" avait alors remplacé la RATVM (Régie Autonome des Transports de la Ville de Marseille) qui - à l'instar de la RATP pour Paris (13) - gérait depuis 1950, l'ensemble des transports en commun de la cité phocéenne : autobus, tramway, métropolitain et même - particularité locale - : navette maritime.

Mais nombre d'entre eux en ignorent très vraisemblablement la signification actuelle !

Si en effet le sigle "RTM" a perduré, sa signification n'en a pas moins récemment évolué, sans que l'information ne perturbe outre-mesure les foules.

La tutelle de la RTM étant en effet passée de la ville de Marseille (13) à la communauté urbaine "Marseille Provence Métropole" en 2001, puis à la métropole d'"Aix-Marseille-Provence" en 2016, la régie été, fort logiquement, rebaptisée : "Régie des Transports Métropolitains".

 

 

25 façons de dire "Une fille laide ».

Évidemment, faire dans la dentelle n'est guère d'usage lorsqu'il s'agit de qualifier la laideur d'une femme d'une manière péjorative et la misogynie le dispute souvent à la grossièreté.

Les termes de "Maritorne" ou de "Haridelle" sont aujourd'hui tombés en désuétude et relèvent donc désormais du registre désuet.

Ceux, pourtant corrects de "Laideron" ou "Laideronne" (langage courant), ne sont que rarement employés.

Et, pour élégantes qu'elles soient, on n'entend malheureusement que très rarement les formules "Avoir un physique ingrat" (registre soutenu), "Être peu gâtée par la nature" ou "Ne pas être gâtée pas la nature" (langage courant).

On leur préfère en effet souvent des qualificatifs aussi agréables que "Une fille mal foutue", "Une fille moche", "Une moche", "Une mocheté", "Une grosse dondon", (registre familier), "Un stremon" (registre argotique), "Un tas" (registre argotique) ou "Une grognasse" (registre vulgaire).

Quand on ne fait pas dans l'idiotisme animalier en parlant de "Fille laide comme un pou", de "Guenon", de "Guenuche" (langage courant), de "Grosse vache" ou de "Thon" (registre argotique).

Ainsi que de "Cageot" et de "Gravat" (registre argotique) ou - pour rester dans le domaine de la nourriture - de "Boudin" (registre argotique) et de "Mannequin chez Olida" (registre familier et registre désuet), selon la célèbre formule que les plus anciens se remémoreront certainement.

Enfin, les marseillais utilisent le mot "Un tromblon" pour désigner une femme aux formes peu harmonieuses.

Le surpoids étant malheureusement de nos jours majoritairement associé à la laideur, on peut également consulter l'ensemble des façons non grossières de dire "Une personne en surpoids".