"Je relies tout Proust en ce moment" et "Je relis tout Proust en ce moment".

Ces deux phrases homophones ont naturellement des signification fort différentes, puisqu'elles utilisent des verbes différents - "Relier" et "Relire" - ayant la particularité d'avoir certaines formes conjuguées homophones ; dont, en l'occurrence, la première personne du singulier, au présent.

Jeune femme reliant un livre (France 2, émission "Télématin")
Jeune femme reliant un livre (France 2, émission "Télématin")
  • "Je relies tout Proust en ce moment" signifie en effet, par ellipse de son prénom, que je procède à la reliure de tous les ouvrages écrits par l'écrivain français Marcel Proust,
Jeune femme relisant un livre
Jeune femme relisant un livre
  • et "Je relis tout Proust en ce moment" signifie, par ellipse toujours, que je lis à nouveau tout ce qu'à écrit ledit écrivain...

Ce qui est à la fois bien courageux et digne d'éloge, car les 7 tomes et les 4 215 pages de son oeuvre maîtresse - "À la recherche du temps perdu" - comptent 9,6 millions de caractères et 1,5 million de mots !

Au passé composé, la confusion ne serait plus possible puisque l'on aurait alors :

  • "J'ai relié tout Proust",
  • et "J'ai relu tout Proust".

Au surplus, la période serait normalement relativement différente :

  • "J'ai relié tout Proust" le mois dernier,
  • et "J'ai relu tout Proust" le semestre dernier...

 

 

 

"Faire cours" ou "Faire court".

Ces deux locutions verbales homophones n'ont naturellement absolument pas la même signification :

  • "Faire cours" c'est "Faire classe, assurer un enseignement".

Dans le cadre de ma croisade en vue de limiter l'emploi du verbe "Faire" (collection "Faire sans" ou : Pour une limitation de l'emploi abusif ou inutile du verbe "Faire") je préconise d'ailleurs l'emploi du verbe "Enseigner" ou de la locution verbale "Donner un cours", plutôt que cette formule "Faire cours".

  • Tandis que "Faire court", c'est "Abréger" ou "Veiller à ne pas faire (trop) long".

"Les femmes sans mails", "Les femmes sans méls", "Les femmes s'emmêlent" ou "Les femmes s'en mêlent" ?

  • Les femmes sans mails n'ont pas de courriels,
  • Les femmes sans méls non plus,
  • les femmes qui s'emmêlent :
    •  se mêlent, s'enchevêtrent,
    • deviennent confuses, complexes, embrouillées,
    • se prennent dans quelque chose de telle sorte qu'elles ont du mal à s'en dégager,
    • s'embrouillent dans leurs actions ou leurs discours,
  • et les femmes qui s'en mêlent se préoccupent de quelque chose, s'y intéressent.

"Un cellier" et "Un sellier".

Ces deux substantifs masculins homophones ont des significations fort éloignées :

  • Un Cellier est en effet :
    • une pièce en forme de hangar attenante à une maison ou au rez-de-chaussée d'une maison, où l'on presse le raisin et conserve le vin,
    • et, par extension, une pièce fraîche, généralement non voûtée, située au rez-de-chaussée d'une habitation, en contrebas, ou attenante à celle-ci, servant à conserver du vin et des denrées alimentaires. Elle est plus communément appelée "Cave" (nom féminin).
  • Tandis qu'un Sellier désigne :
    • autrefois : un ouvrier ou un artisan fabriquant, réparant, vendant des carrosses, des voitures attelées,
    • de nos jours : un ouvrier ou un artisan fabriquant, réparant, vendant des selles (de cheval) et tout ce qui concerne le harnachement.

Ne pas confondre : "T'étonner" et "Tétonner".

Ces deux verbes homonymes n'ont naturellement pas la même signification :

  • "T'étonner" signifie "Te surprendre" ; surprendre quelqu'un que l'on tutoie, l'ébranler, le secouer dans ses fondements, dans son assurance.

On dit par exemple : "Je vais t'étonner chérie, mais pour nos 25 ans de mariage j'ai décidé de faire la vaisselle après le repas !".

  • Tandis que "Tétonner", signifie, selon le contexte, :
    • prendre de la poitrine, pour une jeune femme, dans le registre familier,
    • laisser apparaître après cuisson une protubérance en forme de téton, pour des madeleines correctement concoctées, dans le jargon culinaire.
    • ou, autrefois, d'arranger ses cheveux ou ceux de quelqu'un, en les coiffant et en les peignant (registre désuet).

"Être en âge" et "Être en nage"

Ces deux locutions verbales homophones du langage courant signifient respectivement :

  • "Être en âge" : avoir l'âge (de faire quelque chose).

On dit par exemple : "Être en âge de voter en France, de nos jours, signifie que l'on a plus de dix-huit ans".

  • "Être en nage" : être couvert de sueur, avoir abondamment transpiré.

On dit également "Être en eau" ou - par ellipse - "Être trempé" (de sueur).

On dit par exemple : "Il est naturel d'être en nage après avoir couru aussi longtemps par cette chaleur".

"Davantage" ou "D'avantage" ?

  • "Davantage", sans apostrophe, signifie "plus" et est invariable.

Il peut être :

    • un adjectif indéfini : "Mange davantage de légumes",
    • un adverbe : "Refuser d'en faire davantage",
    • ou un pronom indéfini : "Davantage de personnes préfèrent les frites".
  • "D'avantage", avec une apostrophe, est une locution nominale masculine.

Et elle peut être remplacée par "de profit" : "Il n'a pas d'avantage à faire cela" (il n'a pas "de profit" à faire cela ; cela ne lui est pas profitable).

"Pizzly" et "Grolar".

Un grolar ou pizzly

Il s'agit de deux mots-valises anglo-saxons.

Et dans les deux cas, il s'agit d'ours hybrides, nés de l'union d'un ours blanc et d'un grizzly :

  • mais tandis que le PIZZLY (Polar bear-grIZZLY) est issu d'un papa ours blanc et d'une maman grizzly,
  • le GROLAR (GRizzly-pOLAR bear) est issu d'un papa grizzly et d'une maman ours blanc.

Petit moyen mnémotechnique pour vous souvenir de la différence : la première partie de ce type de mots-valises correspond toujours au nom du mâle :

  • "PIZZLY" commence par "P", donc le papa est un ours blanc (Polar bear). Et la maman, par voie de conséquence, une grizzly.
  • "GROLAR" commence par "GR", donc le papa est un Grizzly. Et la maman, par voie de conséquence, une ourse blanche.

Est-il utile de préciser la raison pour laquelle la première appellation ("Pizzly") est davantage utilisée en France ?

Oui, sans doute, pour nos amis apprenants de FLE : c'est tout simplement en raison de l'homophonie entre le mot-valise anglo-saxon "Grolar" et la locution française "Gros lard" qui désigne familièrement et péjorativement un obèse, une personne de forte corpulence ou en surpoids !

"Un sac pour deux mains et après demain".

J'aime assez cette formule à double sens, qui figure sur les sacs réutilisables vendus dans les supermarchés de la chaîne Monoprix.

Double sens de la formule
Il résulte de la polysémie entre la locution nominale « deux mains » et le mot « demain ».

J'ai également aimé les sacs "Avec ce sac vous allez remporter toutes les courses", "Ce sac se porte bien, et vous ?", "J'adore les courses en sac", "Pour faire le beau devant la glace", "Votre vie n'a jamais été aussi bien remplie" et "Le meilleur site pour shopper".

"La foudre" et "Le foudre".

  • La foudre est un phénomène naturel de décharge électrostatique disruptive qui peut se produire lorsqu'une grande quantité d'électricité statique s'est accumulée dans des zones de nuages d'orage, dans ces nuages, entre eux ou entre de tels nuages et le sol (qu'il s'agisse de la terre ou de la mer).

La foudre dans la nuit

  • Tandis que le foudre est :
    • Dans la mythologie grecque et romaine, un faisceau de dards enflammés en forme de zigzag représentant la foudre. Le foudre est notamment l'arme et l'attribut de Zeus ou de Jupiter.

Statue de Zeus tenant un foudre

    • un tonneau de très grande capacité, équivalent à plusieurs barriques et servant au stockage des alcools tels que le vin, le cognac, ou la bière rouge.

Un foudre

Un foudre peut contenir de 30 à 300 hectolitres. Mais parfois davantage encore. Ainsi, du "Grand tonneau" d'une capacité de 221 726 litres, installé en 1751 dans la cave du Château d'Heidelberg (Bade-Wurtemberg) (Allemagne). Ou du foudre de 160 000 litres, construit en 1871 par Eugène Mercier afin de faire connaître son champagne, qu'il déplacera jusqu'à Paris (75) pour l'Exposition universelle de 1889.

Le foudre Mercier à l'Exposition universelle de Paris (75) de 1889.

Source : wikipedia.org

"Pâque" et "Pâques".

Ces deux mots homophones correspondent à deux réalités quelque peu différentes :

  • "Pâque" est, dans la liturgie juive, la fête commémorant annuellement la sortie d'Égypte du peuple juif.

Il s'agit d'un mot féminin singulier.

On dit par exemple "Immoler la Pâque" ou "Manger la Pâque", pour immoler et manger un agneau, selon le rite prescrit pour la célébration de la Pâque.

  • tandis que "Pâques" avec un "s" est, dans la liturgie chrétienne, la fête célébrée à date variable chaque année au printemps, en mémoire de la résurrection du Christ.

Il s'agit d'un mot masculin pluriel s'employant sans article.

On dit par exemple : "Pour Pâques je serai en province" ou "Aux vacances de Pâques ma famille viendra me voir".

Source : www.larousse.fr