"À géométrie variable"

Cette locution adverbiale, qui relève du jargon aéronautique signifie :

  • au sens propre : pouvant adapter son angle, pour une aile d'avion,
  • et au sens figuré : variable en fonction des circonstances.

On dit par exemple, lorsque l'on trouve qu'un arbitre sportif a tendance privilégier une équipe plutôt que l'autre : "Les décisions de cet arbitre sont à géométrie variable !".

"Un démarrage en fanfare" ou "Démarrer en fanfare".

Une fanfare, en train de défiler

La locution adverbiale "En fanfare" fait référence au substantif féminin "Fanfare", qui désigne un ensemble de musiciens, jouant souvent en extérieur, de manière très sonore.

Et elle signifie, au sens figuré : spectaculairement ; rapidement ; remarquablement.

On dit par exemple : "Démarrage en fanfare pour ce nouveau film, avec déjà 3 millions d'entrées en 2 semaines".

Une fanfare, à l'arrêt

"Gâcher".

Ce verbe du langage courant signifie, selon le contexte :

  • au sens propre : délayer avec de l'eau et malaxer (du ciment, du mortier ou du plâtre),

Gâcher du plâtre

  • et au sens figuré :
    • accomplir négligemment et grossièrement une tâche,

On dit par exemple : "Ce type a gâché la taille de mes haies".

    • perdre ou compromettre quelque chose par un mauvais usage,

On dit par exemple : "J'ai malheureusement gâché mon temps et mon argent dans cette histoire".

    • compromettre, faire échouer une action, un projet ; compromettre le résultat, l'issue, la qualité de quelque chose dont on voulait tirer parti.

On dit par exemple : "Les pluies de cet automne ont gâché mes récoltes".

Sources : Le Robert, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"En boucher un coin" à quelqu'un.

Cette locution verbale, qui relève du registre populaire, ne manque pas d'étonner nos jeunes enfants ainsi que nos amis étrangers.

Elle signifie, au sens figuré : étonner, stupéfaire, par ses propos ou par ses actes ; réduire au silence.

On dit par exemple : "Ça t'en bouche en coin, pas vrai, de me voir arriver avec cette bagnole !".

Sources : wiktionary.org et www.expressio.fr

"Faire un caca nerveux".

Cette curieuse expression verbale relève du registre populaire.

Et elle signifie, au sens figuré : s'énerver exagérément sans raison réelle ; avoir un accès de mauvaise humeur pour une simple contrariété ou pour des broutilles.

On dit par exemple : "Je n'ai pas compris la réaction de ton père : il m'a fait un caca nerveux parce que j'avais mal replié son journal !".

Sources : www.linternaute.fr, wiktionary.org www.expressio.fr

"Couper l'herbe sous le pied"

Cette locution verbale en forme d'idiotisme botanique et d'idiotisme corporel s'utilise fréquemment dans le registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré :

  • supplanter quelqu'un dans une affaire ; l'empêcher de réussir dans une entreprise ; le priver d'un avantage attendu,

On dit par exemple : "En nommant l'un des leurs à ce poste, nous allons couper l'herbe sous le pied de l'opposition".

  • ou : devancer ; prendre de vitesse.

On dit par exemple : "Mon concurrent m'a coupé l'herbe sous le pied en proposant son produit quelques semaines avant le mien".

Sources : www.linternaute.fr et www.expressio.fr

"Rendre la monnaie de sa pièce" à quelqu'un.

Rendre la monnaie de sa pièce

Cette locution verbale relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : faire subir à quelqu’un la même chose qu’il nous a fait subir ; régler ses comptes, se venger, user de représailles.

On dit par exemple : "Je vais lui rendre la monnaie de sa pièce à cet escroc : je dirais à tout le monde qu'il revend des produits volés".

On dit également : "Rendre la pareille".

Sources : www.expressio.fr et wiktionary.org

"Une usine à gaz".

Cette locution nominale féminine est fréquemment utilisée, au sens figuré, dans le domaine de la politique.

Relevant du registre familier, elle désigne, de façon péjorative : un système lourd et complexe, peu maniable et/ou peu compréhensible.

Ou un projet jugé trop cher, trop complexe, et dont le mode de fonctionnement paraît inaccessible aux non-initiés.

Et cela, bien sûr, en référence à la complexité des installations d'usines productrices de gaz, comportant d'innombrables enchevêtrements de tuyaux, de cheminées et de cuves, au fonctionnement compliqué.

Une usine à gaz

On dit par exemple : "Le gouvernement nous propose une nouvelle usine à gaz !".

Cette expression est ancienne puisqu'elle date de l'aube de la révolution industrielle, au début du XIXe siècle, lorsque les grandes capitales d'Europe occidentale se dotèrent progressivement de l'éclairage au gaz pour améliorer la salubrité et la sécurité urbaine. À Paris et Londres, notamment, s'étaient ainsi développé de vastes complexes industriels, auxquels leur fonctionnement compliqué et souvent dangereux avait rapidement valu une très mauvaise réputation. Au point que l'image forte de ces complexes industriels tentaculaires reste gravée dans la mémoire collective, au-delà de leur disparition, dès les années 1880, lorsque l'éclairage au gaz tomba en désuétude au profit de l'électricité.

Sources : wikipedia.org, www.lefigaro.fr et www.linternaute.fr

"Faire un numéro de claquettes".

Cette locution verbale s'utilise dans le registre familier, au sens figuré.

Et elle signifie, selon les cas :

  • attester d'un talent exceptionnel, réaliser une performance peu commune,

On dit par exemple : "Ta présentation du dossier était incroyable : tu nous a fait un numéro de claquettes !".

  • faire la preuve de son aptitude ou de son dévouement,

On dit par exemple : "Je ne vais pas leur faire un numéro de claquettes tous les trois mois pour leur faire plaisir".

  • ou, de façon péjorative : montrer son savoir-faire d'une façon brillante et ostentatoire ; épater l'auditoire.

On dit par exemple : "Je n'ai pas besoin que tu nous fasses un numéro de claquettes, comme la dernière fois, tu sais".

Elle fait naturellement référence à l'incroyable technique dont savent faire preuve les plus grands spécialistes des claquettes, tel que le célèbre danseur états-unien Fred Astaire.

Si vous ne l'avez jamais vu, découvrez donc son fantastique numéro de claquettes, extrait du film musical états-unien de 1949 "Entrons dans la danse", réalisé par Charles Walters :

"Un bain de sang".

Un bain de sang

Cette locution nominale masculine en forme d'idiotisme corporel relève du langage courant.

Et elle désigne, au sens figuré : un carnage, un massacre, une tuerie, occasionnant de nombreux morts. Ou des morts en quantité relativement limitée - voire un seul - mais "baignant" dans leur/son sang.

"À réveiller un mort".

Cette locution adverbiale relève du registre populaire.

Et elle signifie, au sens figuré : très fort, très puissant.

On dit par exemple : "Vers trois heures, il y a eu une explosion à réveiller un mort".

Ou : "Ils ont voulu me faire boire une eau-de-vie locale à réveiller un mort".

"Cesser faute de combattants" et "Et le combat cessa, faute de combattants".

Cette locution verbale et cette phrase proverbiale en forme d'idiotismes militaires s'utilisent, au sens figuré, afin de qualifier une action, souvent une confrontation, qui cesse du fait de la disparition de l'ensemble des personnes ou entités de l'un au moins des deux camps en présence.

On dit par exemple : "La guerre qui faisait rage entre les petits commerçants de centre-ville et les grandes surfaces a pratiquement cessé faute de combattants".

Ou, ironiquement : "La soirée s'est terminée vers 5 heures : tout le monde était complètement saoul ou endormi. Et le combat a donc cessé, faute de combattants".

Mais on ignore souvent, je crois, que "Et le combat cessa, faute de combattants" est un propos tenu par Rodrigue, dans la scène 3 de l'acte IV de la pièce de Pierre Corneille "Le Cid", publiée en 1636 :

"Ils demandent le chef ; je me nomme, ils se rendent.
Je vous les envoyai tous deux en même temps.
Et le combat cessa faute de combattants".

L'acteur français Gérard Philipe, dans le rôle de Rodrigue, dans la pièce de Pierre Corneille "Le Cid" (1636)
L'acteur français Gérard Philipe, dans le rôle de Rodrigue

Sources : cocorico.com et