"Avoir les bonbons qui collent au papier" et "Avoir le rideau qui colle aux fenêtres" .

Ces deux curieuses locutions verbales relèvent du registre vulgaire.

Et elles s'utilisent toutes deux, au sens figuré pour dire : avoir les sous-vêtements collant à la peau à cause de la transpiration.

  • "Avoir les bonbons qui collent au papier" est ainsi un idiotisme alimentaire signifiant : avoir les bourses collées au slip, pour un homme, en cas de forte chaleur,

On dit par exemple : "Vivement ce soir que je puisse me laver : j'ai les bonbons qui collent au papier".

  • et "Avoir le rideau qui colle aux fenêtres" est un idiotisme architectural et un idiotisme textile signifiant : avoir les fesses collées à la culotte, pour une femme, lorsqu'il fait très chaud.

On dit par exemple : "Je n'en peux plus de cette chaleur : j'ai le rideau qui colle aux fenêtres".

Et je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire : "Transpirer" ou "Transpirer énormément" en français.

Sources : www.topito.com, wiktionary.org et www.laparlure.com

"La déliquescence" et "Déliquescent".

J'aime beaucoup ces jolis mots du registre soutenu, qui désignent respectivement :

  • "La déliquescence" :
    • au sens propre :
      • propriété que possèdent certains corps de se désagréger et de passer à l'état liquide ou semi-liquide en absorbant l'humidité de l'air,

On dit par exemple : "Ce produit de séchage est constitué de cristaux ou granulés que la déliquescence désagrège et rend liquides".

      • ou : état d’un corps ainsi pénétré par l’humidité.

On dit par exemple : "Ce sel est tombé en déliquescence".

    • et au sens figuré :
      • décadence complète, décomposition, ruine, résultant de la violation des règles morales,

On dit par exemple : "La déliquescence de notre société prend désormais des proportions inquiétantes".

      • ou : déchéance, décrépitude, dégénérescence, grand affaiblissement physique et intellectuel d'une personne.

On dit par exemple : "La déliquescence de ce très vieil ami m'attriste profondément".

  • et "Déliquescent" ou "Déliquescente" :
    • au sens propre : pouvant fondre complètement par déliquescence,

On dit par exemple : "Il s'agit de cristaux déliquescents, utilisés comme produit de séchage".

    • et au sens figuré :
      • en complète décadence,

On dit par exemple :"L'Empire romain est alors déliquescent".

      • ou : décrépi, dégénérescent, très affaibli physiquement ou intellectuellement.

On dit par exemple : "Sois réaliste, voyons : ton arrière-grand-père est plus que déliquescent désormais".

Sources : Le Robert, www.larousse.fr, www.cnrtl.fr, wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Prendre pour argent comptant".

Cette locution verbale relève du langage courant.

Et elle signifie, au sens figuré : croire naïvement ce qui est dit sans se poser de questions ; accepter, prendre pour acquis des dires ou des informations sans esprit critique ; croire sur parole, être crédule.

On dit par exemple : "Ma mère a pris pour argent comptant mon histoire de vol de vélo : elle m'a donné de quoi en acheter un autre".

Cette expression est une évolution d'une autre expression datant du XVIe siècle, qui était "Prendre pour argent conté" ; l'adjectif "conté" étant ici à prendre dans le sens de "compté".

L’argent "comptant" était ainsi l’argent versé et compté sur le champ, donc vérifié. Et donc, par métaphore : une chose pouvant être crue sur parole, sans se poser de questions.

Sources : www.linternaute.fr, wiktionary.org, www.expressions-francaises.fr et www.expressio.fr

"Être à X longueurs" de quelque chose ou "Ne plus être qu'à X longueurs" de quelque chose.

Ces différentes locutions verbales du langage courant appartiennent au jargon journalistique et au jargon sportif.

Elles font référence au vocabulaire du monde des courses hippiques, et elles signifient, au sens figuré : être à - ou ne plus être qu'à - X unités de quelque chose : buts, points, etc.

On dit par exemple : "Avec ce nouveau but, Cristiano Ronado n'est plus qu'à une longueur du record de Michel Platini".

Ou : "Avec les trois points de cette victoire, l'Ohème n'est plus qu'à deux longueurs du PSG".

 

"Frapper un noeud" ou "Pogner un noeud".

Ces curieuses locutions verbales québecoises appartiennent au registre familier.

Et - à l'instar de notre formule "Tomber sur un os" - elles signifient, au sens figuré : rencontrer une difficulté imprévue, un obstacle insurmontable.

Elles évoquent en effet une personne qui, sciant du bois, tombe sur un noeud, ce qui lui complique inévitablement la tâche.

 

Un noeud dans un tronc d'arbre
Un noeud dans un tronc d'arbre

Source : wiktionary.org

"Comme deux comme deux ronds de flan".

Enfant, j'avais trouvé très amusante cette étrange locution adverbiale, en forme d'idiotisme numérique et d'idiotisme alimentaire.

Appartenant au registre populaire, son origine n'est pas vraiment établie, mais elle signifie, au sens figuré : ébahi, stupéfait, surpris, étonné, estomaqué, atterré, coi, frappé d'étonnement.

On dit par exemple: "Mon darron est resté comme deux ronds de flan quand je lui ai dit que j'avais eu un 6 en maths : je n'ai jamais eu une aussi bonne note en six années de collège !".

Ou : "Ma femme va en rester comme deux ronds de flan si je lui dis que j'ai pensé à acheter du pain et à sortir la poubelle".

Sources : www.expressio.fr, www.languefrancaise.net et wiktionary.org

"Tomber sur un os".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel et d'idiotisme alimentaire appartient au registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : rencontrer une difficulté, un obstacle imprévu.

Étonnamment, cette expression apparue en 1914, trouve son origine dans le monde militaire et plus précisément dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, où la formule "Tomber sur un os" s'utilisait au sens propre.

"Tomber sur un os", au sens propre

A l’époque, en effet, les rations étaient loin d’être copieuses, et seuls certains soldats chanceux avaient le droit à un morceau de viande, de nombreux autres ne recevant que des os, sur lesquels ne figuraient que quelques maigres bouts de chair.

Sources : www.defense.gouv.fr et www.expressio.fr

"Une tempête dans un verre d'eau".

Cette amusante locution nominale très imagée était déjà utilisée au 1er siècle av. J.-C. par l'écrivain romain Cicéron, sous la forme "Fluctus in simpulo" ("Tempête dans une petite coupe").

Et elle signifie : beaucoup de bruit ou d'agitation pour pas grand-chose ; on se préoccupe exagérément d'un sujet, somme toute, peu important, voire insignifiant.

On dit par exemple : "Enfin voyons, il ne s'agit que d'une tempête dans un verre d'eau : tout cela sera oublié dans une semaine !".

Sources : wiktionary.org et www.expressio.fr

"Un limier".

Ce substantif masculin, qui relève du langage courant, désigne :

  • au sens propre : un grand et gros chien de chasse, employé dans la chasse à courre pour la recherche du gibier, qu'il est dressé à débusquer afin qu'il puisse être poursuivi,

Un limier : un chien de Saint-Hubert

  • et au sens figuré : un individu - tel qu'un détective ou un policier - suivant une piste afin de retrouver et d'arrêter les personnes recherchées.

On dit par exemple : "La préfecture a mis sur l'enquête l'un de ses plus fins limiers".

Source : Le Robert

"Alambiqué".

J'aime beaucoup ce joli adjectif qui fait référence au subtantif masculin "un alambic", lequel désigne : un appareil destiné à la distillation, c'est à dire la séparation de produits par chauffage puis refroidissement.

 

Un alambic

L'adjectif "Alambiqué" signifie ainsi, selon le contexte :

  • dans le registre familier : trop subtil, trop raffiné, maniéré, précieux, affecté, sophistiqué,

On dit par exemple : "Si tu me permets, je trouve ton raisonnement bien alambiqué".

  • et par extension, au sens figuré : exagérément compliqué, confus, tortueux.excessivement subtil, recherché,

On dit par exemple : "Je pense que l'orthographe et la grammaire françaises sont suffisamment alambiquées pour ne pas les compliquer davantage encore avec des réformes orthographiques jamais appliquées concrètement, qui ne font qu'ajouter de la complexité à la complexité".

Sources : Le Robert, www.larousse.fr, wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Rabattre le caquet à quelqu'un", "Rabattre le caquet de quelqu'un" ou "Rabattre son caquet de quelqu'un" et "Rabaisser le caquet à quelqu'un", "Rabaisser le caquet de quelqu'un" ou "Rabaisser son caquet à quelqu'un"..

Ces différentes locutions verbales font référence au substantif masculin "un caquet", qui désigne le gloussement de la poule lorsqu'elle pond.

Appartenant au registre familier, elles signifient, au sens figuré : faire taire une personne, la réduire au silence, l'obliger à se taire, lui clouer le bec ; la remettre à sa place, la forcer à être moins insolente, dégonfler son orgueil. En lui infligeant par exemple un démenti.

On dit par exemple : "Je n'en pouvais plus d'écouter pérorer cet insolent bouffi d'orgueil ; il fallait absolument que je trouve le moyen de lui rabattre le caquet".

Sources : dictionnaire.reverso.net, wiktionary.org, www.expressio.fr, www.expressions-francaises.fr et www.larousse.fr

"Ne pas se trouver sous le sabot d'un cheval" ou "Ne pas se trouver sous les sabots d'un cheval".

"Ne pas se trouver sous le sabot d'un cheval"

Cette locution verbale en forme d'idiotisme animalier remonterait au XVIIe siècle, où elle était connue sous la forme : "Ne pas se trouver dans le pas d'un cheval'', le mot "pas" signifiant ici, à l'époque, "trace".

Et elle signifie, au sens figuré, dans le registre familier : être très rare, difficile à trouver, ne pas se trouver facilement, comme par miracle ; surtout en parlant d’argent ou de choses de valeur.

On dit par exemple : "Tu me fais rire : où veux-tu donc que je trouve cette somme ? Ça ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval !".

Ou : "Je vous conseille de ne pas laisser passer cette occasion : un tel objet ne se trouve pas sous les sabots d'un cheval".

Sources : wiktionary.org et www.pourquois.com