"Emberlificoter" ou "S'emberlificoter".

J'aime beaucoup ce joli verbe du registre familier qui signifie :

  • "Emberlificoter" :
    • au sens propre : gêner dans ses mouvements.

On dit par exemple : "Ma fille avait un costume tellement tellement compliqué qu'il l'emberlificotait et l'empêchait de danser correctement".

    • et au sens figuré :
      • embarrasser quelqu'un, l'entortiller (registre familier).

On dit par exemple : "Ma voisine m'a emberlificoté avec ses histoires familiales".

      • ou : amener quelqu'un à ses propres vues, en le séduisant par des paroles ou des promesses ; le circonvenir (registre soutenu), l'embobiner (registre familier).

On dit par exemple : "Mon associé a réussi a emberlificoter notre principal créancier, mais il va vraiment falloir que nous trouvions de l'argent rapidement".

  • "S'emberlificoter" :
    • au sens propre : s'emmêler, s'empêtrer, s'entraver.

On dit par exemple : "Mon chien s'est emberlificoté dans les ficelles du colis que je venais de déballer".

    • ou au sens figuré : s'embrouiller.

On dit par exemple : "Mon grand-père s'emberlicote parfois dans ses souvenirs".

Source : www.cnrtl.fr

 

"Un bric-à-brac".

Ce joli substantif masculin désigne selon le contexte :

  • au sens propre :
    • un ensemble de vieux objets hétéroclites, de vieilleries disparates, de peu de valeur et de provenances diverses, collectés de-ci, de là et présenté dans le plus grand désordre : vieilles ferrailles, vieux cuivres, vieux tableaux, etc,

On dit par exemple : "Je suis allé chez un petit brocanteur de province et je suis parvenu à repérer un petit vase de valeur dans tout le bric-à-brac qu'il exposait".

Un bric-à-brac dans une boutique de brocanteur

    • par extension : un ensemble d'objets divers entassés en vrac,

On dit par exemple : "Le grenier de mon père ne contient qu'un bric-à-brac sans valeur".

Un bric-à-brac dans un grenier

    • et au sens figuré : un ensemble hétéroclite de connaissances ou d'idées réunies sans lien entre elles.

On dit par exemple : "Le programme de ce parti n'est qu'un bric-à-brac sans intérêt".

Étonnamment, le mot est utilisé en anglais depuis l'époque victorienne, pour désigner :

  • à l'origine : des objets d'art de faible valeur, formant des collections de bibelots, tels que des tasses à thé et des petits vases richement décorés, des compositions de plumes ou de fleurs de cire sous des dômes de verre, des coquilles d'œufs décorées, des figurines en porcelaine, des miniatures peintes ou des photographies dans des cadres, etc.

Dans les maisons bourgeoises, le bric-à-brac était utilisé comme ornement sur les cheminées, les tables et les étagères, ou était exposé dans les cabinets de curiosités, parfois dans des armoires dotées de portes vitrées, afin d'y exposer les objets tout en les protégeant de la poussière.

Un bric-à-brac dans une vitrine

On retrouve par exemple cette acception dans "Les six Napoléons" ("The Adventure of the six Napoleons"), l'une des cinquante-six nouvelles de l'écrivain britannique Arthur Conan Doyle mettant en scène le célèbre détective Sherlock Holmes, parue pour la première fois le 30 avril 1904 dans l'hebdomadaire américain Collier's Weekly, avant d'être regroupée, en 1905, avec d'autres nouvelles, dans le recueil "Le retour de Sherlock Holmes" ("The return of Sherlock Holmes").

  • et de nos jours, par extension : un ensemble de bibelots ou d'articles de faible valeur, vendus dans les brocantes ou vide-greniers.

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article "On se console comme on peut..." ou "Les francismes ; ces mots français ou locutions françaises utilisés par les anglophones".

Sources : www.cnrtl.fr, www.larousse.fr, wikipedia.org et wiktionary.org

"Avoir peur de son ombre".

Cette amusante locution verbale relève du langage courant.

Et elle signifie, au sens figuré : être très craintif, peureux, poltron, froussard (registre familier).

On dit par exemple : "Ne demande pas à Thomas de se promener seul dans le parc ou de descendre à la cave : il a peur de son ombre".

Sources : www.lerobert.com et www.languefrancaise.net

""Ne pas savoir où donner de la tête", "Ne plus savoir où donner de la tête" ou "Ne savoir où donner de la tête".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel signifie, au sens figuré, selon le contexte :

  • être très occupé, très affairé, débordé, surmené, avoir trop de travail ; ne pas suffire à la tâche ; n'avoir aucun temps libre, avoir toujours quelque chose à faire,

On dit par exemple : "Je ne sais pas où donner de la tête : je n'ai jamais eu autant de commandes et mon assistant est en congé paternité",

Ou : "Ma femme ne sait où donner de la tête avec nos jumeaux :je devrais peut-être songer à lui donner un coup de main".

"Avoir la tête dans le guidon" ou "Avoir le nez dans le guidon"

  • ou : être désemparé, ne plus savoir que faire (pour se sortir d'une situation, et notamment d'une mauvaise situation financière), ne voir aucun remède à ses problèmes.

On dit par exemple : "Ma soeur ne sait plus où donner de la tête depuis que son principal client a fait faillite".

Une femme inquiète, ne sachant "plus où donner de la tête"

Sources : www.languefrancaise.net et wiktionary.org

"Un fer à repasser".

Cette locution nominale masculine désigne :

  • dans le langage courant : un appareil ménager comprenant une poignée et une base métallique plane ressemblant à une semelle épaisse, chauffée et utilisée pour lisser le tissu et défroisser le linge.

Il est notamment utilisé pour le repassage des vêtements, c'est-à-dire pour lisser les plis accumulés en les portant, en les lavant et en les séchant. Ou créer de nouveaux plis.

La forme du fer, pointu à son extrémité, permet de repasser tous les coins des vêtements, tandis que son poids lisse le tissu. Et la partie du fer directement en contact avec le linge est appelée la "semelle".

Le fer à repasser doit être chaud pour être efficace : selon les modèles, il doit être chauffé de l'extérieur ou bien possède un mécanisme de chauffage interne.

Il a existé de nombreux types de fer à repasser depuis le XVIIe siècle :

    • d'abord en fonte, que l'on mettait à chauffer, ou que l'on remplissait de braise,
Un vieux fer à repasser en fonte
Un vieux fer à repasser en fonte
Un vieux fer à repasser à braise
Un vieux fer à repasser à braise
    • puis électriques,
Un vieux fer à repasser électrique
Un vieux fer à repasser électrique
Un fer à repasser électrique
Un fer à repasser électrique
    • et les plus récents utilisant la vapeur et sans fil.
Un fer à repasser actuel
Un fer à repasser actuel, utilisant la vapeur
Un fer à repasser actuel, utilisant la vapeur et sans fil
Un fer à repasser actuel, utilisant la vapeur et sans fil
  • dans le registre familier, au sens figuré :
    • dans le jargon aéronautique et militaire : un avion difficile à piloter, planant mal ou connu pour s'écraser fréquemment.
    • ou : le symbole même de l'objet lourd et dense, auquel on a coutume de comparer une personne nageant très mal ne parvenant pas à se maintenir à la surface de l'eau.

On dit par exemple : "Mon oncle nage comme un fer à repasser".

Sources : fr-academic.com, acversailles.free.fr, www.linternaute.fr, wikipedia.org et langue-francaise.tv5monde.com

 

"Rater un éléphant dans un corridor", "Rater un éléphant dans un couloir" ou "Rater une vache dans un couloir".

Ces différentes locutions verbales en forme d'idiotismes animaliers et d'idiotismes architecturaux appartiennent au registre familier.

Et elles signifient, au sens figuré : viser très mal, être un très mauvais tireur.

On dit par exemple : "Je ne compterais pas sur mon frère pour me défendre avec une arme : il raterait un éléphant dans un couloir !".

Source : plus.wikimonde.com

 

"Un vieux bouc".

Cette locution nominale masculine désigne :

  • au sens propre, dans le langage courant : un bouc (mâle de la chèvre) âgé,

Un vieux bouc

  • et au sens figuré, dans le registre familier :
    • un homme repoussant par son odeur ou sa lubricité rappelant celle de l'animal,
    • ou, pour les québecois, semble-t-il : un homme d'un certain âge connu pour son expérience, sa ténacité.

Source : usito.usherbrooke.ca

"Monter sur ses grands chevaux".

Cette étrange locution verbale en forme d'idiotisme animalier signifie, au sens figuré : s'énerver, se mettre en colère, hausser le ton, menacer ; être hautain, prendre son interlocuteur de haut.

Il s'agit d'une expression d'origine à la fois militaire et moyenâgeuse.

Au Moyen Âge, en effet, les chevaux les plus grands et les plus robustes étaient utilisés comme "chevaux de bataille" ou "destriers" (appelés ainsi parce qu'ils étaient tenus de la main droite par l'écuyer lorsque les chevaliers ne les montaient pas).

Deux chevaliers en armure sur leurs destriers (reconstitution)

Et cela pour de nombreuses raisons :

  • pouvoir porter un chevalier combattant avec une lourde armure lors des batailles,
  • donner fière allure aux chevaliers et constituer un symbole de puissance,
  • et leur permettre d’observer le champ de bataille et de dominer leurs adversaires.

L'expression "Partir sur ses grands chevaux" était donc, à l'époque, utilisée au sens propre et signifiait simplement "Partir à la bataille sur de grandes montures".

Des chevaliers du Moyen Âge, "montés sur leurs grands chevaux" au sens propre

Sources : www.projet-voltaire.fr, www.linternaute.fr et wiktionary.org

"L'arroseur arrosé"

"L'arroseur arrosé" ou plus exactement "Arroseur et arrosé", un film de Louis Lumière réalisé en 1895

Cette locution nominale désigne, au sens figuré : une personne ayant commis une farce qui se retourne contre elle. Et, plus généralement, une personne qui subit le contre-coup de ses actes, de ses comportements, par un effet boomerang.

On dit par exemple : "C'est bien fait pour toi : tu leur as fait croire que tu étais malade et ils t'ont cru, donc ils sont partis à la plage sans toi. Tu es l'arroseur arrosé !".

Cette expression entrée dans le langage courant est un héritage direct des premières heures du cinématographe, puisqu'elle est née d'un court-métrage muet noir et blanc, réalisé par Louis Lumière, dont il existe trois versions, la première s'intitulant "Le jardinier et le petit espiègle" et les deux suivantes "Arroseur et arrosé" (et non, comme on le pense souvent, "L'arroseur arrosé" !).

Ce film (on parle alors de "Vues photographiques animées") est montré pour la première fois le 21 septembre 1895, à La Ciotat (13), au cours d'une projection privée, puis mis à l'affiche des projections payantes organisées par les frères Lumière à Paris (75), dans le Salon indien du Grand Café, boulevard des Capucines, à partir du 28 décembre 1895, première projection historique de films photographiques animés.

Il est particulièrement célèbre dans le monde entier, car il s'agit des premières vues photographiques animées à suivre un scénario préétabli.

Scénario

L'histoire est des plus simples : un jardinier arrose son jardin. Un enfant, arrivé par derrière, met le pied sur le tuyau d'arrosage. L'homme regarde alors l'embout du tuyau, pensant qu'il est bouché. mais le petit espiègle retire son pied et le jardinier est aspergé. Il court ensuite après le jeune garçon, l'attrape et lui donne une fessée.

Et (dans la seconde version du film, datant de 1896) l'arrose à son tour.

Et elle est adaptée d'une célèbre page humoristique du dessinateur français Hermann Vogel, datant de 1887 et intitulée "L'arroseur".

"L'arroseur", une planche humoristique dessinée en 1887 par le dessinateur français Hermann Vogel

Tournage et acteurs

Le film est tourné dans le jardin de la propriété de la famille Lumière à La Ciotat (13), "Les Terres Rousses". L'arroseur arrosé est le jardinier des Lumière (François Clerc), et le chenapan est, dans la première version, un jeune électricien de La Ciotat travaillant sur la propriété des Lumière (Léon Trotobas), puis, dans la seconde, le fils d'un ouvrier de leur usine (Benoît Duval).

Source : wikipedia.org

"Subodorer".

J'aime bien ce verbe qui signifie :

  • au sens propre : reconnaître une odeur ; sentir de loin, flairer.

On dit par exemple : "Méfiez-vous sur le chemin du retour, car dès qu'ils subodorent l'écurie, les chevaux ont tendance à accélérer".

  • et au sens figuré : pressentir, sentir intuitivement quelque chose de caché, latent ; deviner, se douter de, soupçonner.

On dit par exemple : "Je subodore que ma fille va me ramener un bulletin trimestriel désastreux".

Ou : "À force de lui raconter que je suis toutes les semaines en séminaires, mon épouse subodore que je la trompe".

Sources : wwww.cnrtl.fr, wiktionary.org et le Robert

"Un cheval de retour".

Cette locution nominale masculine désigne :

  • dans le langage courant et au sens propre : un cheval que l’on ramène là où il a été loué,

On dit par exemple : "Occupe-toi de cet étalon blanc, c'est un cheval de retour".

  • et au sens figuré (idiotisme animalier) : un récidiviste.
    • qu'il s'agisse d'un détenu déjà condamné et de retour au bagne ou à la prison (registre argotique),

On dit par exemple : "Mimile le Stéphanois est un habitué, c'est un cheval de retour !".

    • ou d'un homme politique revenant sur la scène politique après avoir essuyé plusieurs échecs (registre familier).

On dit par exemple : "On l'a oublié, mais, en 1981, François Mitterrand était un cheval de retour".

Sources : wiktionary.org et dictionnaire.reverso.net

"Délètère".

Cet adjectif signifie :

  • dans le langage courant, au sens propre : dangereux pour la santé, mettant la la vie en danger, pouvant causer la mort ; en particulier en parlant d'un gaz nocif.

On parle par exemple de "gaz délétère" ou de "produit délétère".

  • et dans le registre soutenu, au sens figuré : nuisible, néfaste, pernicieux ; qui corrompt l'esprit.

On parle par exemple d'"ambiance délétère", de "doctrine délétère" ,de "propos délétère" ou de "raisonnement délétère".

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr, wiktionary.org et www.larousse.fr