Ne dites pas : "Faire tourner le chrono" ni "Faisons tourner le chrono" !

L'ancien champion de handball français Jérôme Fernandez, devenu entraîneur et consultant

Comme l'a fait, le 3 août 2021, l'ancien champion français de handball Jérôme Fernandez, devenu entraîneur et consultant, en commentant le quart de final olympique de handball masculin France-Quatar, sur la chaîne de télévision publique France 3.

Mais plutôt : "LAISSER tourner le chrono" et "LAISSONS tourner le chrono" !

Voire : "LAISSER tourner le chronographe" et "LAISSONS tourner le chronographe" !

"Un néophyte".

Ce joli substantif masculin polysémique, qui relève du registre soutenu, nous vient du grec "néo" ("nouveau") et "phyton" (plante") c'est à dire "nouvelle pousse", "nouveau-né".

Et il signifie en français, selon le contexte :

  • dans l'Église primitive, une personne nouvellement convertie au christianisme et récemment baptisée.
  • par analogie : un nouvel adepte d'une religion, d'une doctrine, d'un parti.

On dit par exemple : "Cette manifestation a été organisée grâce à l'enthousiasme des néophytes ; tous ces récents adhérents venus s'inscrire après les récentes élections".

  • par extension : un novice, une personne abordant un nouveau domaine d'expérience. Et n'ayant donc aucune connaissance particulière en la matière.

On dit par exemple : "Cet athlète est un néophyte sur cette distance".

Ou : "Mon père est un néophyte en informatique".

  • et en botanique : une plante récemment entrée dans un écosystème.

Sources : www.cnrtl.fr et wikipedia.org

On ne dit pas : "Et la mauvaise nouvelle ce sont pour les Espagnols" !

Le logotype de France Télévisions pour les Jeux olympiques de Tokyo 2020

Ainsi que l'a déclaré un journaliste sportif français, le 3 août 2021, en commentant la finale du 49er masculin aux Jeux olympiques de Tokyo (Japon), sur la chaîne de télévision publique française France 3.

Mais, à tout le moins  : "Et la mauvaise nouvelle C'EST pour les Espagnols" !

Et idéalement : "Et la mauvaise nouvelle EST pour les Espagnols" !

On ne dit pas : "Là-d'ssus, i'm'fait souci" !

Le journaliste sportif français Bruno Salomon

Comme a pu le déclarer, le 2 août 2021, le journaliste sportif français Bruno Salomon, dans l’émission vespérale "L’Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L’Équipe.

Mais à tout le moins : "Là-dEssus, iL mE fait souci" !

Et idéalement : "SUR CE POINT IL mE CAUSE DU souci" !

Que signifient donc les sigles "DNF" et "DNS" en sport ?

Une régate féminine de planches à voile

Souvent aperçus lors des différentes retransmissions d'épreuves de course, lors des Jeux olympiques de Tokyo 2020, du 23 juillet au 8 août 2021, ces deux sigles anglophones signifient :

  • "DNF" : Do Not Finish.

C'est à dire : n'ayant pas terminé l'épreuve.

  • et "DNS" : Did Not Start.

C'est à dire : n'ayant pas pris le départ.

"La symbiose" ou "Une symbiose".

Ce substantif féminin nous vient de l'association des mots grecs "syn" ("ensemble") et "bios" ("vie").

Et il désigne :

  • au sens propre : une association biologique intime et durable entre deux organismes qualifiés de "symbiotes" ; le plus gros pouvant être nommé "hôte".

La durabilité de l'association est relative et recouvre une part significative de la durée de vie d'au moins un des deux organismes. La symbiose sous-entend le plus souvent une relation mutualiste, dans laquelle les deux organismes bénéficient de l'association, mais l'indique l'étymologie du mot, les deux partenaires "vivent ensemble", en sorte que la symbiose peut être parasitaire, profitant à l'un des deux organismes mais étant nuisible ou neutre pour l'autre.

La "symbiologie" est la discipline scientifique cherchant à comprendre toute la gamme des interactions entre les organismes. Et le chercheur en symbiologie est un "symbiologiste".

  • et au sens figuré, dans le registre soutenu : une association étroite et harmonieuse entre des personnes ou des groupes de personnes, une étroite communauté d'idées ou d'intérêts ; une union, une fusion de plusieurs choses.

On dit par exemple : "Ma femme et moi avons vécu en symbiose durant plus de trente ans".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré au mot "Osmose".

Sources : wikipedia.org, dictionnaire.sensagent.leparisien.fr, www.lalanguefrancaise.com et Le Robert

"Porter au crédit" ou "Porter quelque chose (un acte) au crédit de quelqu'un".

  • "Porter (une somme) au crédit (d'un compte)" est une locution verbale relevant du jargon bancaire, économique et financier signifiant, au sens propre : créditer ce compte, c'est à dire constater que l'avoir du détententeur augmente ; garantir au  détenteur la somme correspondant à cette augmentation sur le crédit de l'établissement bancaire ou financier concerné,
  • et "Porter quelque chose (un acte) au crédit de quelqu'un" signifie donc, au sens figuré : reconnaître quelque chose de favorable à quelqu'un ; lui reconnaître le mérite de cet acte.

On dit par exemple : "On peut porter au crédit de notre président de ne pas chercher à éviter le débat".

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

On ne dit pas : "Une favorie" mais "Une favorite" !

La forme "Favorie" comme féminin du substantif et adjectif "Favori" - tous deux dérivés de l'ancien verbe "Favorir" ("favoriser") - a certes existé par le passé, mais elle n'est plus utilisée depuis au moins deux siècles.

Ce "t" étrange nous vient de l'italien "Favorita", utilisé au début du XVIe siècle par le roi François 1er pour désigner ses maîtresses,

Le substantif "FavoriTe" désigne ainsi depuis lors, selon le contexte :

  • celle qui est l’objet d’une préférence marquée,
  • ou : la maitresse préférée d’un souverain.

Source : www.lalanguefrancaise.com

"Un bibelot de faible valeur", "Un bibelot de peu de valeur", "Un bibelot sans grande valeur" ou "Un bibelot sans valeur" ne sont pas des pléonasmes !

Des bibelots

Contrairement à ce que l'on pense souvent, le substantif masculin "un bibelot" - qui relève du langage courant - désigne en effet :

  • un petit objet décoratif, généralement exposé dans une vitrine ou sur une étagère, qui peut avoir une grande valeur.
  • et seulement par extension et péjorativement : un article de peu de valeur ou de mauvais goût.

Sources : www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"La tête dans le guidon" ou "Le nez dans le guidon".

Ces deux locutions adverbiales en forme d'idiotismes corporels et d'idiotismes sportifs nous viennent naturellement du monde du cyclisme, puisqu'elles évoquent toutes deux l’image du cycliste en plein effort, courbé sur son vélo, qui n'a guère le loisir de penser à autre chose.

"Avoir le nez dans le guidon"

Et elles signifient, dans le registre familier et au sens figuré : très occupé, concentré sur un objectif ou une tâche, débordé par ses occupations, incapable de prendre du recul par rapport à la situation où l'on se trouve.

"Avoir le nez dans le guidon"

On dit par exemple : "Je ne t'ai pas appelé depuis un mois car j'avais la tête dans le guidon".

Ou : "Ce n'est peut-être pas le moment de t'inviter si tu as le nez dans le guidon actuellement ?".

Source : wiktionary.org

On ne dit pas : "La lithuanaise" ni "Un Lithuanais" !

Ainsi qu'a pu le déclarer, le 30 juillet 2021, le journaliste sportif français Rodolphe Gaudin, commentant la finale de judo féminin en plus de 78 kg, sur la chaîne de télévision publique française France 2.

Mais : "La lithuanIENNE" et "Un lithuaNIEN" !

Ces deux mots sont en effet des gentilés désignant une habitant ou un habitant de la Lituanie.

Localisation de la Lituanie, en Europe et dans le Monde

La Lituanie, dont la capitale est Vilnius, se situe au Nord-Est de la Pologne, au Nord-Ouest de la Biélorussie, au Sud de la Lettonie et à l'Est de l'oblast russe de Kaliningrad.

C'est donc le plus méridional des Pays baltes, ainsi que le plus peuplé (2,73 millions d'habitants) et le plus grand en superficie (65 303 km2).

Carte de Lituanie

Source : wikipedia.org

"Emberlificoter" ou "S'emberlificoter".

J'aime beaucoup ce joli verbe du registre familier qui signifie :

  • "Emberlificoter" :
    • au sens propre : gêner dans ses mouvements.

On dit par exemple : "Ma fille avait un costume tellement tellement compliqué qu'il l'emberlificotait et l'empêchait de danser correctement".

    • et au sens figuré :
      • embarrasser quelqu'un, l'entortiller (registre familier).

On dit par exemple : "Ma voisine m'a emberlificoté avec ses histoires familiales".

      • ou : amener quelqu'un à ses propres vues, en le séduisant par des paroles ou des promesses ; le circonvenir (registre soutenu), l'embobiner (registre familier).

On dit par exemple : "Mon associé a réussi a emberlificoter notre principal créancier, mais il va vraiment falloir que nous trouvions de l'argent rapidement".

  • "S'emberlificoter" :
    • au sens propre : s'emmêler, s'empêtrer, s'entraver.

On dit par exemple : "Mon chien s'est emberlificoté dans les ficelles du colis que je venais de déballer".

    • ou au sens figuré : s'embrouiller.

On dit par exemple : "Mon grand-père s'emberlicote parfois dans ses souvenirs".

Source : www.cnrtl.fr