"Les remps" ou "Mes remps", "Une reum" ou "Ma reum", "Un reup" ou "mon reup".

Ces mots de verlan relevant du registre argotique désignent respectivement :

  • "Les parents" ou "Mes parents" (contraction de "ran-pa"),
  • "Une mère" ou "Ma mère" (contraction de "reu-mè"),
  • et "Un père" ou "Mon père" (contraction de "reu-pè").

Ils ne sont pas vraiment des plus récents, puisqu'ils étaient déjà couramment utilisés dans les cours de récréation à mon arrivée à Conflans Sainte-Honorine (78) en banlieue Ouest, en juillet 1969.

Mais pas encore à Courbevoie (92) où j'avais effectué mon CP (Cours Préparatoire) et mon CE1 (Cours Elémentaire 1).

"Un margis" ou "Un marchis" et "Un margis-chef" et "Un marchis-chef"

Ces différents mots du registre argotique appartiennent au vocabulaire et jargon militaire.

Et il s'agit de mots-valises désignant :

  • "Un margis" ou "Un marchis" : un MARéchal des loGIS (ou MARéCHal des logIS).

C'est à dire : un sous-officier dans les régiments de cavalerie, d’artillerie, du train, de l'ALAT et du matériel de l’armée de terre française et dans la gendarmerie nationale française, situé entre son supérieur hiérarchique, le maréchal des logis-chef, et son subordonné, le brigadier-chef ; ce grade correspondant à celui de sergent dans les autres régiments.

  • et "Un margis-chef" ou "Un marchis-chef" : un MARéchal des loGIS-chef (ou MARéCHal des logIS-chef).

C'est à dire : un sous-officier dans les régiments de cavalerie, d’artillerie, du train, de l'ALAT et du matériel de l’armée de terre française et dans la gendarmerie nationale française, situé entre son supérieur hiérarchique, l'adjudant, et son subordonné, le maréchal des logis ; ce grade correspondant à celui de sergent-chef dans les autres régiments.

Le maréchal des logis-chef Ludovic Truchot (Louis de Funès) dans le film français "Le gendarme de Saint-Tropez" de Jean Girault (1964)

Souvenez-vous du film de Jean Girault "Le gendarme de Saint-Tropez" (1964) : Ludovic Truchot, le gendarme incarné par Louis de Funès y est maréchal des logis-chef !

Affiche du film français "Le gendarme de Saint-Tropez" de Jean Girault (1964)

Source : wikipedia.org

"Être dans le potage" ou "Tomber dans le potage".

Ces deux expressions du registre argotique en forme d'idiotisme alimentaire signifient respectivement :

  • être évanoui,

On dit par exemple : "Quand je suis rentré dans la pièce, la dame était dans le potage, allongée sur le tapis".

  • s'évanouir.

On dit par exemple : "Ma copine est tombé dans le potage dès qu'elle a vu le type sortir son arme".

 

26 façons de dire "Se masturber" pour un homme.

On pouvait naturellement s'en douter : le registre vulgaire et le registre argotique sont d'une incroyable richesse dans ce domaine, puisqu'ils nous proposent à eux seuls pas moins de 18 formules, souvent d'une étonnante fantaisie et déliceusement savoureuses : "Aller voir la veuve poignet", Aller voir madame cinq doigts", "Cirer le pingouin", "Emmener Popaul au cirque", "Étrangler le borgne", "S'astiquer", "S'astiquer le poireau", "Se branler", "Se cirer le manche", "Se faire reluire", "Se palucher", "Se pignoler", "Se pogner", "Se polir le chinois", "Se polir le jonc", "Se taper une queue" ou "Se tirer sur l'élastique", "Se tirer sur la nouille".

Et les marseillais disent "Se séguer" ou "Se taper la sègue".

Sinon, le langage courant ne nous offre guère que "Se caresser" ou "Se toucher".

Et le registre soutenu : "Pratiquer l'onanisme" !

Enfin nos amis québecois disent "Se crosser" et "Se pogner le bat" (registre vulgaire) ou "Se passer un poignet" (registre familier).

Je vous recommande par ailleurs l'audition et la lecture des paroles de la chanson "Les nuits d'un damoiseau", qui comporte XX des expressions recensées dans le présent article.

Ainsi que la lecture de mon article sur toutes les façons de dire "Éjaculer".

Source : wiktionary.org

"Serrer la cuillère", "Serrer la cuiller", "Serrer la louche" ou "Serrer la pogne".

Ces différentes formules du registre argotique signifient toutes "Serrer la main".

Le mot "Cuiller/cuillère" pouvant s'écrire de deux façons différentes, il peut arriver que l'on rencontre la graphie "Serrer la cuiller", mais cela demeure - à ma connaissance - relativement rare.

 

"Les nuits d'un damoiseau" deuxième version ou : 27 expressions imagées évoquant la fellation et la masturbation

Cette très amusante chanson constitue une parodie méconnue de la célèbre chanson grivoise de 1963 "Les nuits d'une demoiselle", écrite par Guy Breton, composée par Raymond Legrand et interprétée par Colette Renard.

Comme dans celle-ci, l'interprète - dont j'ignore le nom - y énumère pas moins de 27 expressions imagées du registre argotique évoquant la fellation et la masturbation, envisagée cette fois du côté masculin.

Les nuits d'un damoiseau

Que c'est bon d'être damoiseau, car le soir, dans mon petit lit,
Quand l'étoile Vénus brille haut, quand sur la ville tombe la nuit,

J'me fais soupeser les valseuses,
Je m'fais user le calisson,
Je m'fais gonfler les caverneuses,
Je m'fais mesurer l'espadon,
J'me fais polisher la calandre,
J'me fais déboucher le gicleur,
J'me fais ramoner l'échappement,
J'me fais tarauder l'injecteur,
J'me fais fouetter la Chantilly,
Je me fais lécher le chinois,
J'me fais réchauffer la bouillie,
J'me fais dérouler l'ver à soie,
Je m'fais défroisser l'col roulé,
Je m'fais amidonner l'baveux,
Je m'fais égrener l'taboulé
Je me fais moucher le morveux
Je m'fais souffler dans la trompette,
Je me fais suer le colosse,
Je m'fais rissoler l'andouillette,
Je m'fais museler le molosse,
Je m'fais stimuler la prostate,
Je m'fais curer la vespasienne,
Je me fais nouer la cravate,
Je m'fais monter la canadienne,
Je m'fais une séance de ciné,
J'me fais l'ami des amygdales,
J'me fais irriguer le veiné,
J'me fais gâter par Philippe Val,

Mais vous me demanderez peut-être ce que je fais le jour durant,
Oh, cela tient en très peu de lettres, le jour, je m'branle, tout simplement.

Pour les amateurs : il existe une autre version de cette chanson, interprétée par un certain "Robeurt Féneck" énumérant 17 autres façons imagées d'évoquer la fellation et la masturbation masculine, en partie fondées sur les calembours.

On ne dit pas : "Pas d'bol : on est tombé en rade cinq bornes avant Paname" !

Mais : "Jouant de déveine, nous avons été victime d'une défaillance mécanique cinq kilomètres en deçà de Paris (75) !"(registre soutenu)

Ou, à tout le moins, : "Pas de chance, nous sommes tombés en panne cinq kilomètres avant Paris !" (langage courant)

Vous passerez ainsi du registre argotique au registre soutenu ou au langage courant.

49 façons de dire "Énerver".

Comme souvent, le registre argotique est ici extrêmement riche, avec les verbes ou locutions verbales "Casser les bonbons", "Casser les couilles", "Emmerder", "Faire caguer", "Faire chier", "Faire iéch" (verlan), "Faire péter un câble", "Faire péter une durite", "Faire péter un plomb", "Foutre la rage", "Foutre les boules", "Foutre les glandes", "Gaver",  "Gonfler", "Mettre la rage", "Mettre les boules", "Mettre les glandes", "Péter les couilles" ou "Péter les pruneaux", "Plomber", "Saouler" (ou "Soûler") ou les formules de djeun's "Foutre le seum" et "Véner" (verlan).

Mais ma préférée est incontestablement la désormais légendaire formule "Les briser menu", immortalisée par l'extraordinaire Lino Ventura, dans le film de 1963 de Georges Lautner "Les tontons flingeurs", dialogué par le génial Michel Audiard.

Je vous rappelle la phrase complète  : "Patricia, mon petit, je voudrais pas te paraître vieux jeu ni encore moins grossier. L'homme de la pampa, parfois rude, reste toujours courtois... Mais la vérité m'oblige à te le dire: ton Antoine commence à me les briser menu !".

Désormais le plus souvent oublié, le verbe "Canuler" appartient au registre populaire et au registre désuet.

"Assommer", "Barber, "Bassiner", "Crisper", "Embêter", "Empoisonner", "Faire suer", "Horripiler", "Raser" ou "Taper sur les nerfs relèvent du registre familier, lui aussi très fourni.

De même que "Escagasser", utilisé par les provençaux et les marseillais.

Nous disposons également de "Agacer", "Crisper", Embêter", "Ennuyer", "Faire perdre son sang-froid" ou "Fatiguer", dans le langage courant.

Tandis que, pour finir, le registre soutenu nous offre "Exaspérer", "Excéder", "Importuner", Incommoder", "Insupporter" ou "Irriter" ("au plus haut point" ou "passablement").

"Un emplâtre".

Ce mot polysémique peut avoir pas moins de six significations différentes et désigner, selon le contexte, :

  • au sens propre : une préparation thérapeutique adhésive se ramollissant à la chaleur et destinée à être appliquée sur la peau ou à être étendue sur des bandes de tissu.

Le terme était parfois féminin au XVIIIe siècle.

  • au sens figuré, dans le registre familier : un empoté, un individu sans énergie, sans initiative, bon à rien ; une personne n’ayant incapable d’agir comme il convient, ne faisant qu’apporter de l’embarras dans les affaires dont elle se mêle.

On dit par exemple : "Mais quel emplâtre que cet apprenti là !".

  • dans le registre argotique : un coup, une gifle.

On dit par exemple : "Tu les aurais vu se foutre des emplâtres !"

  • en horticulture : un enduit gluant destiné à recouvrir les plaies des arbres, pour accélérer leur cicatrisation, également appelé "Englumen".
  • dans le registre désuet : une pièce que l'on colle sur une chambre à air pour boucher un trou, également appelée "Rustine".
  • et dans le registre familier, un aliment bourratif.

On dit par exemple : "Je ne saurais critiquer la cuisine de ma belle-mère : elle concocte d'extraordinaires emplâtres !".

Sources : www larousse.fr et wiktionary.org

"Douiller"

Ce verbe du registre argotique signifie :

  • au sens propre : "Payer".

On dit par exemple : "C'est encore ma mère qui va douiller avec ce radin".

  • et, par extension, :
    • "Subir un désagrément.

On dit par exemple : "Avce cette fichue crise, ce sont encore les plus défavorisés qui vont douiller".

    • ou "Souffrir".

On dit par exemple : "Tu vas douiller chez ce dentiste : c'est un vrai boucher !".