8 façons de dire "Une cigarette".

Une cigarette

Le registre argotique est, comme c'est souvent le cas, étonnamment riche , puisqu'il nous propose : "une cibiche", "un clope" (ou "une clope"), "une pipe", "une sèche" et "une tige".

Mais également "un clopot", pour une cigarette que l'on a fini de fumer, que l'on appelle "un mégot" dans le langage courant.

Un mégot de cigarette

Quant au mot "une cig" - apocope du mot "cigarette" - il appartient du registre familier.

Ne dites pas : "Putain de lourde de mes deux ! J'me suis fracassé l'ongle du gros doigt de pied et j'vais m'choper un rat" !

Personne pliée en deux de douleur après s'être violemment cogné un orteil

Mais, à tout le moins, dans le langage courant : "Fichue porte : je me suis violemment cogné l'ongle du gros orteil et je vais avoir un ongle noir !" !

Et idéalement, dans le registre soutenu : "Maudite porte : je l'ai violemment heurté avec la tablette unguéale de mon hallux et vais hériter d'un hématome sous-unguéal. !

Sans même un point d'exclamation, ainsi que les plus attentifs d'entre vous auront pu le remarquer... car - à la différence de la seconde phrase et surtout de la première - celle-ci se prononce naturellement le plus calmement et sereinement du monde, sans cris ni gestes intempestifs.

"Faire passer le goût du pain".

Cette expression du registre argotique signifie - au sens figuré - tuer quelqu'un.

On dit par exemple : "S'ils le chopent, i' vont lui faire passer le goût du pain !".

"Alpaguer quelqu'un" ou "Se faire alpaguer".

"Alpaguer" est un verbe du registre argotique signifiant : arrêter, appréhender un individu.

On dit par exemple : "Jean-Eudes et Henri-Benoît se sont fait alpaguer par les keufs !".

Il a été, je crois, assez largement popularisé par le titre du film français "L'alpagueur", réalisé en 1976 par Philippe Labro, avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle-titre, qui y interprétait un ancien chasseur de fauves devenu chasseur de primes, qui "alpaguait" force malfrats.

Affiche du film français "L'alpagueur" de Philippe Labro (1976)

Le verbe "Alpaguer" dérive du terme "Alpague", qui, au milieu du XIXe siècle, désignait des vêtements masculins de haute qualité confectionnés avec de la laine d’alpaga, un mammifère originaire d’Amérique du Sud.

Par association d’idées, un habit étant quelque chose que l’on enfile et que l’on porte sur soi, le mot "alpague" a ensuite qualifié le dos, puis un individu en lui-même.

On utilisait ainsi des expressions telles que :

  • "Tomber sur l’alpague", synonyme de "Tomber sur le dos" et signifiant "s’en prendre à quelqu’un",
  • ou bien "Avoir la police sur l’alpague", lorsqu’un criminel était traqué par des agents.

Enfin, dans le courant du XXe siècle, le mot est devenu un verbe.

Source : www.cnews.fr

"Du chnoque", "Du schnock" ou "Du schnoque".

Cette formule du registre argotique, à l'orthographe variable, s'utilise de façon méprisante pour désigner une personne dont on ignore le nom.

On dit par exemple : "Qu'est-ce qu'il me veut encore du chnoque ?".

Ou : "J'te parle pas à toi, du schnoque !".

Voir également mon article consacré à "Un chnoque", "Un schnock" ou "Un schnoque" et "Un vieux chnoque", "Un vieux schnock" ou "Un vieux schnoque".

Source : www.larousse.fr

"Le raisiné".

Ce substantif masculin peut avoir différentes significations en fonction du niveau de langue :

Élaboration de raisiné

  • dans le langage courant, il désigne ainsi : une confiture élaborée à partir de jus de raisin, de sucre, parfois de vin doux, auquel on ajoute souvent des fruits (poires, coings en particulier).

Le raisiné nécessite des raisins très mûrs et très sucrés provenant de coteaux ensoleillés.

Raisiné de Montpellier

Le raisiné se fait généralement avec du raisin noir, mais le "raisiné bourguignon" et le "raisiné de Montpellier" se font avec du raisin blanc.

  • et dans le registre argotique : le sang.

Un doigt avec une goutte de sang

J'ai évoqué dans un autre article "Du raisiné sur les bafouilles", un superbe récit complet en six planches réalisé en 1956 par Morris et Goscinny, que j'ai personnellement découvert en 1980 et qui m'a permis d'apprendre la signification de ce mot.

Source : www.cnrtl et wikipedia.org

"Une bafouille" et "Le raisiné".

J'adore ces deux mots du registre argotique qui désignent respectivement :

Courriers ouverts

  • "une bafouille" : une lettre, un courrier, une missive.

On dit par exemple : "Le dirlo de ma frangine lui a envoyé une bafouille pour la convoquer".

 

Taches de sang

On dit par exemple : "J'te jure que s'i' m'le rend pas, va y avoir du raisiné sur les murs !".

J'en ai pour ma part appris l'existence en 1980, lorsque j'ai pu découvrir dans le numéro 44 du fanzine de bande dessinée "Haga" "Du raisiné sur les bafouilles" ("Du sang sur les lettres" dans le langage courant), un superbe récit complet en six planches de Morris et René Goscinny, publié en 1956 dans le magazine humoristique français "Le hérisson".

Cette courte histoire de malfrats en argot est la seule histoire de Morris à ne pas se situer dans l'univers de "Lucky Luke", ni même dans le décor du Far West. Les auteurs envisagèrent de donner une suite à cette histoire en lançant une nouvelle série, mais l'idée fut vite abandonnée, Morris étant déjà trop pris à l'époque par "Lucky Luke".

Imaginez un peu en effet : 35 albums en 20 ans, entre "Lucky-Luke et Phil Defer" en 1956 et "La guérison des Dalton" en 1975 !

Source : wikipedia.org

"Un chnoque", "Un schnock" ou "Un schnoque" et "Un vieux chnoque", "Un vieux schnock" ou "Un vieux schnoque".

Ce mot du registre argotique à l'orthographe variable désigne, de façon méprisante :

  • "Un chnoque", "Un schnock" ou "Un schnoque" : un individu d'un certain âge que l'on juge archaïque, dépassé et considère comme un imbécile.

On dit par exemple : "Elle vit avec un chnoque de cinquante piges".

Ou : "Mon patron n'y comprend rien : c'est un schnoque".

  • et "Un vieux chnoque", "Un vieux schnock" ou "Un vieux schnoque" : une personne gâteuse, sénile.

On dit par exemple : "Qu'il crève ce vieux chnoque !".

Voir également mon article consacré à "Du chnoque", "Du schnock" ou "Du schnoque".

Source : www.larousse.fr

"Un bahut".

Ce petit mot polysémique change de sens selon le registre de langue et désigne respectivement :

  • dans le langage courant :
    • en architecture : un mur bas servant d'appui à une grille, une colonnade ou une arcade.

Un bahut : mur bas servant d'appui à une grille, une colonnade ou une arcade.

    • un meuble : à l'origine un gros coffre de bois destiné au transport.

Bahut coffre en bois

Puis un meuble de grandes dimensions, tel qu'un buffet.

Bahut en bois

On dit par exemple : "On a voulu se débarrasser du vieux bahut du salon, mais ça nous a pris deux jours, à trois, pour monter le buffet suédois Sküngred qu'on s'est acheté à la place !".

    • un récipient en inox utilisé comme ustensile de cuisine dans les cuisines professionnelles.

Bahut de cuisine en inox

  • dans le registre argotique :
    • un camion, un véhicule poids-lourd.

On dit par exemple :"Tu aurais vu les files de bahuts sur l'autoroute : c'était impressionnant !".

Un bahut : un semi-remorque en argot

    • ou un taxi.

Taxi français des années 1980

On dit par exemple : "J'ai eu du mal à trouver un bahut pour rentrer ; j'ai failli rentrer à pinces".

  • et dans le registre populaire : un collège ou un lycée.

On dit par exemple : "Ras le bol du bahut ! Vivement la fac...".

Le collège Jules-Ferry à Conflans Sainte-Honorine (78), où j'ai étudié de la 6e à la 3e, de septembre 1972 à juin 1976, devenu Lycée depuis
Le collège Jules-Ferry (devenu Lycée) à Conflans Sainte-Honorine (78), où j'ai étudié de la 6e à la 3e, de septembre 1972 à juin 1976
Le lycée Le Corbusier, à Poissy (78), où j'ai étudié de la seconde à la terminale, de septembre 1976 à juin 1979
Le lycée Le Corbusier, à Poissy (78), où j'ai étudié de la seconde à la terminale, de septembre 1976 à juin 1979
Le Lycée Jules-Ferry, à Paris (75), place Clichy, où j'ai fait un début d'hypokhâgne en septembre 1979
Le Lycée Jules-Ferry, à Paris (75), place Clichy, où Diane Kurys a tourné "Diabolo menthe" en 1977 et où j'ai fait un début d'hypokhâgne en septembre et octobre 1979, avant de débarquer à Nanterre (92), en histoire et en droit.

En 1980, Michel Nerval a réalisé un film intitulé "Le bahut va craquer !" :

Affiche du film français de Michel Nerval "Le bahut va craquer" (1980)

Source : wikipedia.org

Pourquoi un pétomane ne doit-il pas être déménageur, livreur ou manutentionnaire ?

Réponse
Parce qu’il ne faut pas lâcher une caisse dans ces différents métiers !
Explication du calembour
Il résulte de la signification de la locution verbale « Lâcher une caisse » au sens figuré et dans le registre argotique (« Faire un pet, lâcher un vent » ou « Péter » dans le langage familier) ; un « pétomane » étant une personne qui fait beaucoup de pets.

"Lâcher une caisse" ou "Lâcher des caisses".

Ces locutions verbales du registre argotique signifient - au sens figuré - : lâcher un vent (registre soutenu), faire un pet (langage courant), péter (registre familier).

On dit par exemple : "Mais enfin, Marco ! Tu pourrais faire gaffe, on est à table. Arrête de lâcher des caisses !".

"Donner un coup de téléphone", "Donner un coup de fil", "Donner un coup de bigophone" ou "Donner un coup de bigo".

Ces différentes locution verbale - qui ne laissent pas d'étonner nos enfants ou nos amis étrangers - signifient tout simplement "Téléphoner".

  • "Donner un coup de téléphone" appartient au langage courant.
  • Encore plus surprenante, la formule "Donner un coup de fil" relève du registre familier et du registre désuet.
  • Et les formules "Donner un coup de bigophone" ou - par apocope - "Donner un coup de bigo" appartiennent au registre argotique et au registre désuet.

Toutes ces formules existent également avec le verbe "Passer".

"Les remps" ou "Mes remps", "Une reum" ou "Ma reum", "Un reup" ou "mon reup".

Ces mots de verlan relevant du registre argotique désignent respectivement :

  • "Les parents" ou "Mes parents" (contraction de "ran-pa"),
  • "Une mère" ou "Ma mère" (contraction de "reu-mè"),
  • et "Un père" ou "Mon père" (contraction de "reu-pè").

Ils ne sont pas vraiment des plus récents, puisqu'ils étaient déjà couramment utilisés dans les cours de récréation à mon arrivée à Conflans Sainte-Honorine (78) en banlieue Ouest, en juillet 1969.

Mais pas encore à Courbevoie (92) où j'avais effectué mon CP (Cours Préparatoire) et mon CE1 (Cours Elémentaire 1).

"Un margis" ou "Un marchis" et "Un margis-chef" et "Un marchis-chef"

Ces différents mots du registre argotique appartiennent au vocabulaire et jargon militaire.

Et il s'agit de mots-valises désignant :

  • "Un margis" ou "Un marchis" : un MARéchal des loGIS (ou MARéCHal des logIS).

C'est à dire : un sous-officier dans les régiments de cavalerie, d’artillerie, du train, de l'ALAT et du matériel de l’armée de terre française et dans la gendarmerie nationale française, situé entre son supérieur hiérarchique, le maréchal des logis-chef, et son subordonné, le brigadier-chef ; ce grade correspondant à celui de sergent dans les autres régiments.

  • et "Un margis-chef" ou "Un marchis-chef" : un MARéchal des loGIS-chef (ou MARéCHal des logIS-chef).

C'est à dire : un sous-officier dans les régiments de cavalerie, d’artillerie, du train, de l'ALAT et du matériel de l’armée de terre française et dans la gendarmerie nationale française, situé entre son supérieur hiérarchique, l'adjudant, et son subordonné, le maréchal des logis ; ce grade correspondant à celui de sergent-chef dans les autres régiments.

Le maréchal des logis-chef Ludovic Truchot (Louis de Funès) dans le film français "Le gendarme de Saint-Tropez" de Jean Girault (1964)

Souvenez-vous du film de Jean Girault "Le gendarme de Saint-Tropez" (1964) : Ludovic Truchot, le gendarme incarné par Louis de Funès y est maréchal des logis-chef !

Affiche du film français "Le gendarme de Saint-Tropez" de Jean Girault (1964)

Source : wikipedia.org