"Avoir du nez" ou "Avoir du pif".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes corporels signifient, au sens figuré : bien deviner ; prévoir correctement ; avoir de la sagacité, de l'instinct.

"Avoir du nez" relève du langage courant. Et "Avoir du pif" appartient au registre argotique.

On dit par exemple : "Mon frère a du nez pour les bonnes affaires".

Ou : "On ne connaissait pas l'adresse exacte, mais ma frangine a du pif".

Sources : www.lalanguefrancaise.net et wiktionary.org

"Avoir l'air de revenir de Pontoise".

Cette amusante locution verbale relève du registre populaire ainsi que du registre désuet.

Elle signifie : avoir l'air ahuri, hébété ; ne pas comprendre ce qui se passe ; ne pas être au courant de ce que tout le monde sait ; s’ébahir de tout ce que l’on entend.

On dit par exemple : "Tu aurais vu la tête de l'employé de la Poste : il avait l'air de revenir de Pontoise !".

La ville de Pontoise (95)

Pontoise (95) est une localité française d'environ 31 000 habitants, située en région Île-de-France, sur la rive droite de l'Oise, à environ vingt-cinq kilomètres au Nord-Ouest de Paris (75).

À seulement 6 km de Conflans Sainte-Honorine (78) la ville où j'ai vécu de 1969 à 1986.

Localisation de la ville de Pontoise (95)

Sources : www.linternaute.fr et www.lalanguefrancaise.com

"Une gourgandine".

J'aime beaucoup ce joli substantif féminin, qui relève du registre familier ainsi que du registre désuet.

Et qui désigne : une femme légère, facile, dévergondée ; une coureuse, une sauteuse.

On dit par exemple : "Même si je sais bien que cette gourgandine a un emploi du temps bien rempli lorsque je ne suis pas là, je suis fou d'elle".

Source : www.cnrtl.fr

On de dit pas : "Il est 6 heures et demie tout pile" ni "Il est 7 heures tout pile" !

Le journaliste français Stéfan Etcheverry

Ainsi qu’a pu le déclarer, le 24 octobre 2022, le journaliste français Stéfan Etcheverry, dans l’émission "Les matins LCI", sur la chaîne de télévision française d'information en continu LCI.

Mais à tout le moins, dans le registre familier : "Il est pile 6 heures et demie" et "Il est pile 7 heures" !

Et idéalement, dans le langage courant : "Il est TOUT JUSTE 6 heures 30" ! et "Il est TOUT JUSTE 7 heures" !

Je suis proprement exaspéré par cette formulation récente "Tout pile", relevant du langage populaire et parfaitement incorrecte.

"Tous plus X les uns que les autres" ou "Toutes plus Y les unes que les autres".

Cette locution adjectivale figée relève du langage courant.

Et elle signifie que l'on peut s'interroger sur le point de savoir qui est le plus X ou la plus Y.

On dit par exemple : "Vos garçons sont tous plus bruyants les uns que les autres !".

Ou : "Vos filles sont toutes plus belles les unes que les autres".

"Avoir du chien".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme animalier signifie selon le contexte :

  • en parlant principalement des femmes, dans le registre familier : être séduisante, charmante, attirante, un peu provoquante ; retenir l'attention ; avoir du caractère,

On dit par exemple : "Tu as comme la femme de Maurice a du chien : je veux la même !".

  • et pour nos amis québecois, dans le registre populaire : avoir du caractère, de la ténacité.

Sources : wiktionary.org, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Se voir comme le nez au milieu de la figure" ou "Se voir comme le nez au milieu du visage".

Le député français Jean Lassalle

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes corporels relèvent du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : être évident, très visible, facile à voir et impossible à dissimuler.

On dit par exemple : "Comment as-tu pu ne pas trouver ma sacoche ! Elle est posée sur mon bureau et on la voit comme le nez au milieu du visage".

Ou : "Tu ne peux pas rater ma maison : c'est la seule située sur le côté gauche de la route en sortant du village. Elle se voit comme le nez au milieu du visage".

Sources : wiktionary.org, www.expressio.fr et www.larousse.fr

On ne dit pas : "C'est quand qu'tu viens ?" !

Mais, à tout le moins, dans le langage courant : "Quand est-ce que tu viens ?" !

Et idéalement, dans le registre soutenu : "Quand viens-tu ?" !

"L'anomie".

Ce substantif féminin peu connu nous vient du grec "anomía", du préfixe "a" ("absence de) et de "nomos" ("loi, ordre, structure").

Et il désigne : la désorganisation sociale résultant de l'absence de normes communes dans une société ; l'absence d'organisation ou de loi ; la disparition des valeurs communes à un groupe.

Il s'agit d'une notion élaborée par le sociologue français Émile Durkheim.

Le sociologue français Émile Durkheim

Mais le terme d'"anomie" est apparu pour la première fois en 1885 sous la plume du philosophe français Jean-Marie Guyau dans "Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction".

"Esquisse d'une morale sans obligation ni sanction" publié en 1885, par le philosophe et poète français Jean-Marie GuyauLe philosophe et poète libertaire français Jean-Marie Guyau

Sources : Le Robert, wikipedia.org et www.larousse.fr

"Une bombe sale".

Ce curieux substantif féminin appartenant au jargon militaire relève du registre familier .

L'adjectif "sale" s'applique aux matériaux radioactifs entourant une bombe conventionnelle, destinés à être répandus en poussière lors de l’explosion.

Celle-ci possède l'intensité thermique et mécanique d'une bombe conventionnelle, mais dissémine autour d'elle des éléments radioactifs qui auront des effets à long terme. Le but principal n'est donc pas de détruire, mais de contaminer une zone géographique et les personnes présentes en son sein par des radiations directes (premier effet) et l'ingestion et l'inhalation de matériaux radioactifs (deuxième effet).

On parle également de "Bombe radiologique" ou de "DDR (Dispositif de Dispersion Radiologique)".

Une équipe d'intervention, en tenue NRBC (Nucléaire, Radiologique, Biologique ou Chimique)

La formule "Bombe sale désigne par extension : tout engin détonant disséminant un ou plusieurs produits chimiquement ou biologiquement toxiques (NRBC pour Nucléaire, Radiologique, Biologique ou Chimique). Ces diverses armes, réalisables sans une importante infrastructure industrielle, sont génériquement dénommées EEI (Engin Explosif Improvisé).

Sources : wikipedia.org et www.techno-science.net

"Une tototte" (ou, dans le Nord-Pas-de-Calais, "Une tututte") et "Des totottes".

Ce substantif féminin désigne selon le contexte :

  • dans le domaine de la puériculture et dans le langage enfantin : un petit objet, également appelé "Tétine", "Sucette" ou "Suce" (registre familier), comportant une pièce en caoutchouc, servant de succédané de biberon, afin d’occuper un nourrisson ou un jeune enfant.

Une tototte, de face et de profilUn nourrisson en marinière, avec une tototte

  • et dans le Nord-Pas-de-Calais, dans le registre populaire : des seins, et particulièrement de gros seins.

Une femme avec de grosses totottes

Source : wikipedia.org