"Morfler" et "Avoir morflé".

J'aime bien ces deux locutions verbales qui relèvent du registre populaire et qui signifient :

  • "Morfler" : encaisser un coup dur, recevoir des coups, écoper d’une punition, d'une peine, d'une condamnation,

On dit par exemple : "Fais gaffe avec ces mecs, tu risques de morfler".

  • "Avoir morflé" : être sérieusement endommagé, usagé, avoir beaucoup vieilli.

On dit par exemple :"Une affaire peut-être... mais elle a morflé ta bécane !".

Une épave de motocyclette

Ou : "Tu as vu BB hier soir à la télé : à 85 ans elle a morflé la pauvre !".

L'actrice française Brigitte Bardot (© Best Image)
L'actrice française Brigitte Bardot (© Best Image)

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Faire les gros yeux" à quelqu'un.

Cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel relève du registre familier.

Et elle signifie :

  • adresser un regard noir de mécontentement et de réprobation,

On dit par exemple : "Fais attention avec ton ballon dans le salon. Tu sais que t'aimes pas voir papa te faire les gros yeux !".

  • et par extension : menacer ou faire des reproches.

On dit par exemple : "Ne pouvant plus faire grand chose, je me suis contenté de partir en faisant les gros yeux".

Sources : www.linternaute.fr et wiktionary.org

"Un sabot" de carte bancaire ou "Un fer à repasser".

Ces deux locutions nominales désignent un appareil utilisé par les commerçants pour l'encaissement des cartes bancaires, aujourd'hui disparu en France, qui constituait l'ancêtre du TPE (Terminal de paiement électronique).

L'apparition du fer à repasser

En 1967, en France, les cinq banques françaises créent la carte bleue, une carte en plastique pour lutter contre les Américains American Express et Diners qui essaient de s’implanter en France. Dans un premier temps pour retirer de l’espèce aux distributeurs de billets et ensuite pour régler ses achats chez les commerçants.

Les premières cartes bancaires sont en relief. Les informations en relief sont le nom, le prénom, l'adresse et le numéro de compte. Elles permettent l’identification du compte et la lecture des coordonnées bancaires pour le règlement chez les commerçants. Le terminal de paiement qui permet de "lire" ces informations est nommé le "fer à repasser" ou "sabot".

En déplaçant de gauche à droite puis de droite à gauche ledit "fer à repasser", le relief permet d’imprimer les coordonnées bancaires du client sur une facturette grâce à un papier carbone. La facturette est signée par le client et ensuite transmise à la banque pour une transaction à distance.

Un sabot de carte bancaire

Le tout premier TPE (Terminal de paiement électronique)

C’est en 1971, avec l’apparition de la carte de paiement dotée d'une piste magnétique, que les porteurs peuvent accéder au retrait en espèces 7jours/7 et 24h/24 grâce aux premiers DAB (Distributeurs Automatiques de Billets).

Elle donne également naissance au premier terminal de paiement "électronique" aux États-Unis d'Amérique. Il permet la lecture des données du porteur et sécurise la transaction en accédant au solde du compte afin d’accepter ou de refuser le paiement. Il est encore demandé une signature sur la facturette. Ce moyen de paiement se généralise en 1980.

Les débuts de la carte à puce

Roland Moreno dépose en 1974 le brevet de la carte à puce mémoire. Elle est utilisée au départ sur les cartes électroniques avant d’être utilisée sur les cartes bancaires en 1985. Elle sécurise le paiement, car elle communique directement avec la banque pour valider ou non la transaction.

En 1983 apparaissent les premiers TPE mixtes, permettant de lire la carte à bande magnétique et la carte à puce grâce à des fabricants comme Electronic CKD, Ingenico, Sagem et Dassault.

En 1992, la puce mémoire devient obligatoire sur toutes les cartes bancaires.

En France, l’évolution de la carte à puce permet une transition technologique entre le sabot et le terminal de paiement électronique, laissant peu de temps aux entreprises de s’équiper en terminal de paiement pour les cartes à pistes magnétiques.

Un TPE (Terminal de Paiement Electronique)

L'apparition du code confidentiel

C’est en 1990 que le TPE français avec clavier fait son apparition, permettant la saisie de votre code confidentiel. Depuis, les terminaux d’encaissement électronique ne cessent d’évoluer.

Tout d’abord avec le premier TPE Portable en 1997, suivi des paiements en ligne, TPE 3G, Bluetooth, du lecteur de carte mobile, du sans contact…

Un TPE (Terminal de Paiement Electronique) sans contact

Source : www.sextant-monetique.fr

"Claquer du bec".

J'aime beaucoup cette locution verbale en forme d'idiotisme animalier qui relève du registre argotique.

Le bec désignant la bouche dans ce même registre, la formule "Claquer du bec" nous assimile à un oiseau et signifie, au sens figuré : avoir très faim.

On dit par exemple : "J'ai pas graillé depuis des plombes : je claque du bec".

On ne dit pas : "Nancy Pelosi a créé l'ire de Pékin" !

Le journaliste français Cyril Payen

Ainsi qu'a pu le déclarer, le 6 septembre 2022, le journaliste français Cyril Payen, dans l'émision "L'entretien" sur la chaîne de télévision publique française "France 24" diffusée sur France Info.

Mais : "Nancy Pelosi a SUSCITÉ l'ire de Pékin" !

Vouloir faire le malin en employant des mots compliqués dont on ne maîtrise pas l'usage vous ridiculise.

"Avoir la vie dure" et "Mener la vie dure".

Ces deux locutions verbales relèvent du registre familier.

Et elles signifient respectivement :

  • "Avoir la vie dure" :
    • au sens propre : être difficile à tuer ou être très résistant.

On dit par exemple : "Ce soldat avait la vie dure : transpercé de toutes parts, le pauvre respirait encore".

    • et au sens figuré : perdurer, avoir du mal à disparaître, durer plus longtemps que prévu.

On dit par exemple : "Les habitudes ont la vie dure : il va s'écouler du temps avant que les gens ne changent leur façon de faire".

  • et "Mener la vie dure" : tourmenter au quotidien, harceler avec constance ; traiter avec brutalité, durement, malmener, se montrer dur avec, maltraiter.

On dit par exemple : "Mon arrivée n'a pas été bien acceptée : mes collègues m'ont mené la vie dure".

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr et langue-francaise.tv5monde.com

"Être bien luné", "Être mal luné" et "Être dans la lune" ou "Être dans les nuages".

Ces trois locutions verbales relèvent du registre familier.

Et elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Être bien luné" : être de bonne humeur, bien,disposé.

On dit par exemple : "Tu as de la chance : ton père est bien luné aujourd'hui, tu ne risques pas d'être trop sévèrement puni".

Un bébé bien luné

  • "Être mal luné" : être de mauvaise humeur, mal disposé.

On dit par exemple : "Mon patron a reçu une mauvaise nouvelle ce matin : il est mal luné".

Un bébé mal luné

  • et "Être dans la lune" ou "Être dans les nuages" : être perdu dans ses pensées, coupé du monde environnant, déconnecté de la réalité ou ne pensant à rien ; immobile, le regard fixe.

Un enfant perdu dans ses pensées, "dans la lune"

On dit par exemple : "Regarde ton frère : encore dans la lune ; il pourrait pleuvoir qu'il ne s'en rendrait pas compte !".

Ou : "Mon fils est souvent dans les nuages à l'école et il oublie de noter les devoirs à faire".

Sources : Le Robert, wiktionary.org, www.larousse.fr et www.linternaute.fr

"Faire une fleur" à quelqu'un.

Une main, tenant une fleur en papier

Cette jolie locution verbale en forme d'idiotisme végétal relève du registre familier.

Et elle signifie au sens figuré : accorder de bonne grâce, avec amabilité, une faveur ou quelque chose de spécial à quelqu'un.

On dit par exemple : "Mon nouveau propriétaire m'a fait une fleur : il m'autorise à partir sans préavis".

Sources : wiktionary.org et www.10doigts.fr (pour la photographie)

11 façons de dire "Avoir faim" ou "Avoir très faim".

"La sauter", "Avoir la dalle" ou "Avoir les crocs"

"Avoir la dalle", "Avoir les crocs", "Claquer du bec" et "La sauter" ("Je la saute") relèvent du registre argotique.

Tandis que "Avoir les dents longues" et "Avoir l'estomac dans les talons" appartiennent au registre familier.

Et "Avoir l'estomac qui crie famine", "Avoir la fringale", "Avoir le ventre vide", "Avoir une faim de loup" ou "Être affamé" au langage courant.

"Faire son miel" de quelque chose.

Cette jolie locution verbale en forme d'idiotisme animal et d'idiotisme alimentaire relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : profiter, exploiter quelque chose ; en tirer parti, en tirer profit.

À l'instar de abeilles, qui fabrique leur miel à partir du pollen des fleurs.

Une abeille en train de butiner

On dit par exemple : "La presse à scandale britannique fait son miel des frasques de la famille royale".

Un apiculteur en train de faire son miel (au sens propre)
Un apiculteur en train de faire son miel (au sens propre)

Sources : wiktionary.org et

On ne dit pas : "Je vais mettre une précaution oratoire" !

Le journaliste sportif français Olivier Ménard

Comme a pu le déclarer, le 1er septembre 2022, le journaliste sportif français Olivier Ménard, dans son émission vespérale "L’Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L’Équipe.

Mais : "Je vais PRENDRE une précaution oratoire" !