Ce chapitre regroupe l’ensemble de mes articles consacrés à la phénoménale richesse de la langue française : des citations, expressions ou proverbes aux vocabulaires et jargons spécialisés, héritages langagiers, mots et locutions étrangères repris en français, en passant par les différents registres de langue, etc.
Nombre total d’articles prévus dans ce chapitre : 11 643
Cette locution adjectivale en forme d'idiotisme architectural et d'idiotisme numérique relève du registre familier.
Elle s'utilise à propos de la montée ou de la descente des escaliers.
Et elle signifie, par ellipse, ausens figuré : à grandes enjambées, très rapidement ; quatre marches par quatre marches, mais en pratique plutôt deux par deux.
On dit par exemple : "Je suis descendu quatre à quatre mais le facteur était déjà parti !".
Ou : "Je suis monté quatre à quatre mais j'ai raté la remise de la coupe !".
Cette locution nominale féminine relève du langage courant.
Et elle désigne :
au sens propre : une pâtisserie garnie de crème fouettée ou de crème pâtissière servant éventuellement à entarter de grands noms médiatiques avides de notoriété.
et au sens figuré :
un cliché, une idée reçue, une réponse toute faite, une banalité, un poncif, une platitude,
On dit par exemple : "J'en ai assez de cette tarte à la crème des américains qui ne seraient que de grands enfants illettrés".
ou : un thème rebattu, un sujet ramené sur le tapis de façon fatigante ; un marronnier, un thème martelé par les médias, inlassablement répété par les journalistes et leurs invités, sans jamais rien apporter de nouveau.
On dit par exemple : "Je ne comprends pas l'intérêt de cette émission : ce n'est qu'un ramassis de tartes à la crème".
On l'ignore souvent, mais cette utilisation nous vient tout droit du grand Molière.
En 1662, effet, Molière, dans L'École des femmes (acte I, vers 97), fait dire à Arnolphe qui se méfie des "tours rusés et les subtiles trames / Dont pour nous en planter savent user les femmes" : "j’aimerais mieux une laide bien sotte / Qu’une femme fort belle avec beaucoup d’esprit". Si "avec elle on joue au corbillon / Et qu’on vienne à lui dire à son tour : Qu’y met-on? / Je veux qu’elle réponde: Une tarte à la crème".
Le corbillon est un jeu de société consistant à inventer des rimes faciles. À la phrase "Je vous passe mon corbillon", suivie de la question "Qu'y met-on ?", les joueurs doivent répondre par des mots terminés en "on". Il convient donc de dire "Une tarte au citron" et non "Une tarte à la crême".
L'usage de l'expression triviale "tarte à la crème", provoque de violentes critiques, reprochant à Molière le prosaïsme de sa comédie. Comment" soutenir une pièce où l'on a mis tarte à la crème ? disait-on alors, en ville comme à la Cour.
Molière, très affecté, répond alors, dans La Critique de l'École des femmes, en 1663, par une avalanche de "tarte à la crème", qui met les rieurs de son côté et ridiculise ses critiques :
- Le marquis : Ah, ma foi, oui, tarte à la crème! Voilà ce que j'avois remarqué tantôt; tarte à la crème. Que je vous suis obligé, Madame, de m'avoir fait souvenir de tarte à la crème!
- Dorante : Hé bien, que veux tu dire? Tarte à la crème!
- Le marquis : Parbleu, tarte à la crème, Chevalier.
- Dorante : Mais encore?
- Le marquis : Tarte à la crème.
- Dorante : Dis-nous un peu tes raisons.
- Le marquis : Tarte à la crème.
Le duc de La Feuillade, visé, agresse physiquement à Molière ("tarte à la crème Molière, tarte à la crème" disait-il en lui écrasant le visage) dont le roi Louis XIV prend la défense.
Depuis, une tarte à la crème est devenue un cliché, une réponse toute faite : "comme les marquis de La Critique de l'École des femmes : tarte à la crème est leur réponse à tout".
Mais plutôt : "PROCÉDER à une refonte des listes électorales" !
Ainsi que je l'ai récemment entendu dire sur la chaîne de télévision publique française LCP-AN.
Cette opération, réalisée par les mairies tous les 5 ans est une opération matérielle permettant d’ordonner les listes électorales en attribuant un numéro d’ordre à chaque électeur et permettant de faciliter le travail des assesseurs le jour du scrutin.
Dans les faits, il s’agit d’une remise en forme des listes, avec reclassement des électeurs par ordre alphabétique et attribution d’un nouveau numéro suivant cet ordre. Cette refonte intègre par ailleurs les changements de périmètre des bureaux de vote intervenus depuis la refonte précédente.
Il s'agit du vocable médical désignant un trouble de la reconnaissance des visages, empêchant de se souvenir de ses interlocuteurs.
Il s'agit d'une maladie relativement rare, atteignant environ 2,5% de la population mondiale, dont reconnaissent être atteints des personnalités telles que l'acteur français Thierry Lhermitte, le journaliste français Philippe Vandel ou l'acteur américain Brad Pitt.
Ce substantif masculin relève du registre familier.
Et il signifie, en verlan : la tête.
On dit par exemple, si l'on est jeune ou que l'on veut se faire passer pour jeune : "C't abruti m'a pris la tetêpasque j'avais mis mes godasses sur la banquette !".
Cette locution verbale relève du registre familier.
Et elle signifie :
ne pas obtenir ce qu'on espérait, ne pas avoir profité, ne pas bénéficier de quelque chose ; être eu, trompé, dupé, mystifié ; avoir manqué son coup ; être déçu, frustré dans ses espérances ; en être pour ses frais,
On dit par exemple : "Je croyais pouvoir inviter des copains à la maisonlorsque mes parents partiraient à la campagne pour Pâques, mais ils restent : je suis de la revue !".
être coincé dans une corvée dont on se passerait volontiers,
On dit par exemple : "Je ne peux aller au cinéma samedi car mon patron m'a donné un dossier à traduire pour lundi matin : je suis de la revue !".
devoir repasser, revenir "se faire voir" à une prochaine occasion.
On dit par exemple : "La personne que je souhaitais rencontrer n'est pas venue à la réunion : je suis de la revue !".
"Sources : www.larousse.fr, www.languefrancaise.net, www.cnrtl.fr, www.expressio.fr et Claude Duneton, "La puce à l'oreille", 1978.
Cette locution adjectivale qui relève du langage courant signifie : prêt à surmonter tous les obstacles ; capable de supporter tous les malheurs ; que rien n’ébranle, ne rebute, n’affaiblit ; sur laquelle ou sur lequel on peut compter en toute occasion ; indestructible ; impérissable ; insubmersible ; invincible.
Et elle s'écrit de nos jours "À toute épreuve", sans "s", la forme pulrielle "À toutes épreuves" relevant désormais du registre désuet.
On parle par exemple d'un courage à toute épreuve, d'un dévouement à toute épreuve, d'en emballage à toute épreuve, d'une probité à toute épreuve ou d'un ami à toute épreuve.
Sources : www.dictionnaire-academie.fr et wiktionary.org
Cette expression en forme d'idiotisme numérique relève du registre familier.
Et elle signifie, au sens figuré :
à l'origine : aller contre le sens moral et les convenances ; mener une vie désordonnée, dissolue ; vivre sans respecter la morale, les us et coutumes et les convenances.
On disait par exemple : "Ces étudiants passent davantage de temps à faire les quatre cent coups qu'à étudier !".
et de nos jours, pour un enfant ou un adolescent : enchaîner les bêtises, voire les délits.
On dit par exemple : "À cette époque, mon ami Bruno et moi faisions les quatre cent coups dans le village".
Origine de l'expression
Elle trouve son origine dans un événement survenu en France, en 1621, lors des guerres de religion.
Cette année-là, en effet, le roi Louis XIII avait ordonné que les habitants de Montauban (82), alors place forte du protestantisme dans le pays, se convertissent au catholicisme.
Pour arriver à ses fins, il chargea ses troupes d’assiéger la ville et d’effrayer la population, afin qu’elle se rende. Quatre cents coups de canon avaient ainsi été tirés en direction des fortifications.
Mais cette stratégie n’avait pas eu l’effet escompté, puisque les Montalbanais n’avaient pas cédé. La légende raconte même qu’ils avaient festoyé au milieu des tirs.
Un non-respect des convenances et de l’ordre qui a, au fil du temps, donné son sens à l’expression utilisée aujourd’hui.
L'expression "Les quatre cent coups" a été largement popularisée par le célèbre film français de 1959 "Les quatre cent coups", première réalisation du jeune François Truffaut, qui révèla celui-ci au grand public et devint un film emblématique de l'essor de la Nouvelle Vague.
Quatre autres films viendront par la suite compléter la saga Antoine Doinel, toujours interprété par le génial Jean-Pierre Léaud, révélé à 14 ans : "Antoine et Colette" (segment du film à saynètes "L'amour à 20 ans") en 1962, "Baisers volés" en 1968, "Domicile conjugal" en 1970 et "L'amour en fuite" en 1979.
Rarement, je crois, un jeune acteur n'aura montré, lors d'un bout d'essai, un tel naturel :
Sources : wikipedia.org, wiktionary.org, www.linternaute.fr, www.cnews.fr et www.projet-voltaire.fr