Mais plutôt : "ÉCRIRE un mot" ou "ÉCRIRE un petit mot" !
Richesse
Ce chapitre regroupe l’ensemble de mes articles consacrés à la phénoménale richesse de la langue française : des citations, expressions ou proverbes aux vocabulaires et jargons spécialisés, héritages langagiers, mots et locutions étrangères repris en français, en passant par les différents registres de langue, etc.
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"Un entartage".
Ce substantif masculin désigne le fait de lancer ou le plus souvent d'écraser une tarte à la crème (ou plus simplement, une assiette en carton remplie de crème fouettée ou de mousse à raser) sur le visage d'une personnalité lors d'un événement public, afin de souligner, selon les auteurs, l'absurdité des propos ou des actions de l'infortunée victime.
La tarte à la crème est détournée de son usage alimentaire à des fins burlesques, le but étant de l'écraser par surprise sur le visage de la « victime ».
Une origine cinématographique
Ce gag est très tôt utilisé dans le slapstick. Très populaire, son usage est similaire à celui de l'arrosage ou à l'aspersion de peinture.
Il est identifié pour avoir été utilisé une toute première fois en 1909 dans le film muet "Mr. Flip", de Gilbert M. "Broncho Billy" Anderson.
Le réalisateur Mack Sennett l'utilise dans plusieurs de ses courts métrages, comme "Mabel au fond de l'eau", en 1913. En 1927, le film "La bataille du siècle", avec Laurel et Hardy, réalisé par Clyde Bruckman, contient une bataille géante de tartes à la crème devenue célèbre. Le film "Parade du rire", de 1948, se termine aussi par une énorme bataille de tartes à la crème.
La scène finale du film "Docteur Folamour" (1964) devait être une bataille de tartes à la crème entre les différents protagonistes de la salle de guerre. La scène a été filmée mais écartée au dernier moment du montage final par le réalisateur, Stanley Kubrick.
Un acte remis au goût du jour par Noël Godin
Repris à la fin des années 1960 par l'"agitateur anarcho-humoristique" belge Noël Godin, alors chroniqueur de cinéma, l'entartage devient le moyen de ridiculiser une personne publique, au discours supposément fallacieux. C'est un acte contestataire que le Belge définit comme "une lettre d'insultes en acte, qui vous explose sur la tête et vous dégouline dans le cou".

Sa carrière d'entarteur commence en Belgique en 1968 avec l'entartage de l'écrivain Marguerite Duras. Mais ce n'est qu'à partir des années 1980 que les coups d'éclats s'enchaînent. D'abord dans le milieu du cinéma, dont il est familier, et souhaite dénoncer les platitudes au lendemain de mai 68. D'aucuns se souviendront de Marco Ferreri et Jean-Luc Godard le visage recouvert de crème pâtissière à Cannes, en 1980 et 1985.
Surnommé "Le Gloupier", en hommage à Jean-Pierre Bouyxou, son complice de la première heure, auteur sous ce pseudonyme, en 1984, d'une "Ode à l'attentat pâtissier", Godin s'attaque à tous les milieux de pouvoir.
- la politique, avec Nicolas Sarkozy, Jacques Delors ou Ségolène Royal,
- les hommes d'affaires avec Bill Gates ou Jacques Séguéla,
- les journalistes avec Jean-Pierre Elkabbach,
- "la littérature vide" avec Marguerite Duras donc,
- "la chanson stupide" avec Patrick Bruel et Doc Gynéco,
- ou encore "la philosophie creuse" avec Bernard Henri Lévy, l'une de ses victime préférées.
"Notre chéri BHL" comme le surnomme Godin, est devenu le bouc-émissaire des commandos pâtissiers. Entarté plus d'une dizaine de fois, BHL réagit généralement assez mal à ces attaques. En 1985, il avait menacé Le Gloupier, au sol, de lui "écrase(r) la tête à coups de talons". Interrogé par Sofilm sur cet acharnement, Godin explique qu'il voit à travers le philosophe "la tête à tarte" par excellence. On ne peut pas trouver quelqu'un de plus nombriliste, de plus ivre de pouvoir, de plus hautain"'.
Le Gloupier est rapidement devenu trop connu, et redouté, pour agir seul. Mais des commandos pâtissiers se sont organisé partout dans le monde, du Canada à la Suède. Et quand il est présent, Godin s'occupe de faire diversion.
Un acte poursuivi et condamné
Si la plupart des personnalités visées tiennent à oublier rapidement ces épisodes fâcheux pour leur image, les politiques sont plus tenaces et ont plusieurs fois fait condamner leurs "agresseurs"
Premier exemple avec l'entartage de Philippe Douste-Blazy, à Cannes (06), en 1995. Jan Bucquoy, complice de Godin, est arrêté et poursuivi avant d'être relaxé, faute de preuves. Pendant la campagne présidentielle de 2002, Godin est gardé à vue pendant quatre heures pour l'entartage de Jean-Pierre Chevènement. Condamné à 800 euros d'amende, Le Gloupier écope de 2 500 euros de dommages et intérêt en appel. Il devra verser plus de 8 000 euros au total. Cette décision ayant fait jurisprudence, elle sert de socle à la condamnation de Jonathan Joly, entarteur de Ségolène Royal en 2006.
Ailleurs, l'entartage coûte parfois bien plus cher. En Espagne trois hommes ont été condamnés en novembre 2013 à deux ans de prison pour avoir entarté une responsable locale. Et au Canada un député avait qualifié en 2010 l'entartage d'"acte terroriste".
De leur côté les entarteurs rappellent que l'entartage n'est pas une violence puisqu'il n'engendre aucune ITT et que les victimes ne subissent aucun coup ni blessure.
Si l'entartage n'engendre ni blessure physique ni atteinte dans son intégrité, cet acte a néanmoins un effet sur "la représentation de soi", sur l'image que l'on donne à voir de soi, expliquait en 2002 François Danet, psychiatre et médecin légiste.
Sources : www.lefigaro.fr et wiktionary.org
"Nul et non avenu" ou "Nulle et non avenue".
J'utilise beaucoup cette jolie locution adjectivale.
Relevant du vocabulaire juridique, on retrouve cette formule dans certains jugements et elle signifie, au sens propre :
- ineffectif(ve), invalide ; comme s’il/elle était inexistant(e) ou n'avait jamais existé,
Un acte annulé n'a ainsi pas plus d'effet que s'il avait jamais existé.
Ce qui autorise la Cour d'appel de Versailles (17e chambre 5 juillet 2017) à déclarer que "Mme Patricia X... épouse Y... ne peut plus demander l'annulation de son licenciement, puisque cette procédure est devenue nulle et non avenue".
- et par extension : inutile ; ne valant rien, au point d'être considéré(e) comme inexistant(e).
On dit par exemple : "Je considère personnellement la réforme de l'orthographe de 1990 comme nulle et non avenue".
Source : www.dictionnaire-juridique.com et wiktionary.org
On ne dit pas : "T'espères là-dessus" !
Comme a pu le déclarer, le 24 novembre 2021, le journaliste sportif français Sébastien Tarrago, dans l’émission vespérale d’Olivier Ménard "L’Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L’Équipe.
Mais : "TU COMPTES là-dessus" !
"Hors de ma vue" ou "Hors de ma vue !".
Le point d'exclamation change tout !
- La locution adjectivale "Hors de ma vue" signifie en effet : que je ne peux voir, parce que trop loin ou parce que dissimulé.
On dit ainsi : "Les voleurs sont sortis par une porte située hors de ma vue".
- tandis que la locution interjective "Hors de ma vue !" avec un point d'exclamation constitue une interjection signifiant : "Déguerpissez !" (registre soutenu) ou "Fichez-moi le camp !" (registre familier).
On ne dit pas : "Est-ce que vous roulez principalement en urbain" ni "Les aides de l'État réduisent chaque année" !
Ainsi qu'a pu le déclarer, le 14 juin 2022, Fabrice Godefroy, directeur général de la société IDLP, dans l'émission "Sens public", présentée par Thomas Hughes, sur la chaîne de télévision publique Public Sénat.
Mais : "Est-ce que vous roulez principalement en VILLE" et "Les aides de l'État DIMINUENT chaque année"!
"Se pousser du col" ou "Se hausser du col".
J'aime assez cette locution verbale en forme d'idiotisme textile et vestimentaire.
Elle relève du registre familier et signifie, au sens figuré : être content de soi et manifester extérieurement sa satisfaction ; chercher à se mettre en valeur ; se vanter ; être prétentieux ; se croire important ; se mettre en avant ; se montrer ou agir avec ostentation.
Cette expression remonterait au XIXe siècle et nous viendrait de l'argot des habitants des faubourgs de Paris (75), qui avaient remarqué que les gens fats remontaient volontiers le col de leur chemise
On dit par exemple : "Je déteste ce type : toujours à se pousser du col"
Sources : langue-francaise.tv5monde.com, www.expressio.fr et Dictionnaire de la langue verte, 1866, d'Alfred Delva
On ne dit pas : "I' sont forts, i' peuvent tout à fait faire le back to back" !
Comme a malheureusement pu le déclarer, le 24 novembre 2021, l'animateur français Grégory Ascher, dans son émission "L’Équipe de Greg", sur la chaîne de télévision française L’Équipe.
Mais : "ILS sont forts, iLS peuvent tout à fait RÉCIDIVER" !
Ou : "ILS sont forts, iLS peuvent tout à fait ENCHAÎNER UN DEUXIÈME TITRE CONSÉCUTIF" !
"Être dans le pétrin" et "Coller dans le pétrin", "Fourrer dans le pétrin", "Foutre dans le pétrin" ou "Mettre dans le pétrin".
Ces différentes locutions verbales relèvent du registre familier (et vulgaire pour "Foutre dans le pétrin").
Et elles font référence au "pétrin", un substantif masculin qui désignant un appareil utilisé par les boulangers.
Elles signifient respectivement, au sens figuré :
- "Être dans le pétrin" : être dans une situation difficile, inextricable, très embarrassante, pénible, d'où il semble impossible de sortir.On dit par exemple : "Je suis dans le pétrin pour payer mon loyer depuis que je me suis séparé de mon compagnon".
- et "Coller dans le pétrin", "Fourrer dans le pétrin", "Foutre dans le pétrin" ou "Mettre dans le pétrin" : mettre dans une situation difficile, inextricable, très embarrassante, pénible, d'où il semble impossible de sortir.
On dit par exemple : "En ne me remboursant pas ce que tu me dois depuis des mois, tu me mets dans le pétrin".
Source : www.cnrtl.fr, www.larousse.fr et Le Robert
"La goutte d'eau qui fait déborder le vase".
J'aime beaucoup cette locution verbale qui désigne, au sens figuré : l’incident final qui déclenche une réaction ; la parole de trop qui engendre une explosion de colère.
On dit par exemple : "Cette nouvelle mesure est la goutte d'eau qui fait déborder le vase : les Français vont descendre dans la rue".
Cette expression française est apparue sous cette forme au XIXe siècle chez Stendhal, mais était déjà présente au XVIIe siècle chez Madame de Sévigné, avec un verre au lieu d'un vase.
Il s'agit d'une métaphore fondée sur la tension superficielle de l'eau (voir la vidéo), dans laquelle un récipient presque plein continue de recevoir du liquide goutte à goutte. La surface se bombe peut à peut, dépassant légèrement la hauteur du rebord, sans encore toutefois déborder, jusqu'à ce que soudainement, à cause d'une unique dernière goutte d'eau de trop, le trop-plein s'écoule à l'extérieur.
L'expression fait parfaitement le parallèle entre la tension ou l'énervement qui monte (le vase qui se remplit jusqu'à être plein) et l'explosion qui suit (lorsque le vase qui finit par déborder dès que la petite goutte de trop y a été versée).
On peut rapprocher cette expression des formules "La coupe est pleine" et "En avoir ras le bol".
Sources : www.linternaute.fr, wiktionary.org et www.expressio.fr
"De prime abord".
J'aime bien cette locution adverbiale, qui relève du langage courant.
Elle signifie :
- au premier abord, à première vue. Et elle indique qu'il s'agit d'une première impression, perçue lors du premier contact avec une chose, un lieu ou une personne, démentie ou modifiée par la suite.
On dit par exemple : "De prime abord, ce voisin nous avait semblé très sympathique. Nous ignorions qu'il compostait ses victimes depuis des années".
- et par extension : dès le premier instant, sur le champ, sans analyse poussée ; ce qui peut évoquer un constat hâtif issu d'un jugement superficiel.
On dit par exemple : "De prime abord, nous avons cru qu'il s'agissait d'une maison saine, sans vérifier que les poutres étaient rongées par les termites".
Sources : www.larousse.fr, wiktionary.org et www.linternaute.fr
"Repartir pour un tour", "Être reparti pour un tour".
Cette locution verbale relève du registre familier.
Et elle signifie, au sens figuré : recommencer.
On dit par exemple : "Je suis certain qu'à l'automne c'est reparti pour un tour : le gouvernement va nous ressortir ses mesures liberticides".
