"Un torchon".

Ce substantif masculin désigne :

  • au sens propre, dans le langage courant :
    • un carré de toile servant à essuyer la vaisselle, que nos voisins belges appellent d'ailleurs "essuie de vaisselle".

Un torchon

On dit par exemple : "Prends donc un torchon et essuie la vaisselle avant de retourner t'affaler dans ton fauteuil à ronfler devant ton match !".

    • et pour nos amis belges et canadiens : une serpillière.

Une serpillière

  • et au sens figuré, dans le registre familier :
    • un écrit, un texte, sans soin, sale, mal présenté ou sans valeur.

On dit par exemple, dans un monde idéal où les enseignants auraient toujours le droit de punir les élèves irrespectueux : "Comment osez-vous me rendre un tel torchon !".

Un torchon, c'est à dire une copie sale

    • un journal méprisable.

On dit par exemple : "Rassemblant des plumes souvent issues ou proches de l'Action française, l'hebdomadaire français Je suis partout, principal journal collaborationniste et antisémite français sous l'occupation allemande, devient, à partir de 1941, un torchon".

Page un du numéro spécial du 17 février 1939 du torchon antisémite "Je suis partout", un hebdomadaire français publié par Arthème Fayard, dont le premier numéro sort le 29 novembre 1930 et le dernier le 16 août 1944. Rassemblant des plumes souvent issues ou proches de l'Action française, il devient, à partir de 1941, le principal journal collaborationniste et antisémite français sous l'occupation allemande
Page un du numéro spécial du 17 février 1939 de "Je suis partout",  publié par Arthème Fayard, dont le premier numéro sort le 29 novembre 1930 et le dernier le 16 août 1944.

Sources : wikipedia.org et www.larousse.fr

"Un blanc-matignon".

Des blancs-matignon de Guadeloupe (97-1)

Cette locution nominale masculine relève du langage courant.

Et elle désigne : un membre d'une communauté, présente dans l’archipel guadeloupéen depuis le 18e siècle et qui, parce qu’elle ne s’est pas (ou très peu) mélangée aux autres composantes de la société locale, s’est singularisée.

Cette communauté existe toujours aujourd'hui et ses membres ont un fief, situé sur le territoire de la commune du Moule, à une quarantaine de kilomètres de Pointe-à-Pitre (97-1), dans la région des Grands Fonds.

Une histoire singulière

Fuyant la répression contre les propriétaires d’esclaves, après la première abolition de 1794, ces anciens colons d’origine européenne se sont repliés dans une région escarpée et difficile d’accès.

Le premier d’entre eux, Léonard Matignon dit "La Creuse", a donné son nom à tous ceux qui l’ont accompagné et suivi. Ils ont fait souche et leurs descendants ne passent pas inaperçus.

Aujourd’hui, à part leur origine et la couleur de leur peau, ces "Blancs-Matignon" n’ont pas grand-chose de commun avec les Békés de Martinique (97-2) ou les Blancs pays de Guadeloupe (97-1), souvent d’ascendance noble, grands propriétaires terriens, qui possèdent, jusqu’à ce jour, un rôle central dans l’économie des Antilles.

D’ailleurs, les "Blancs-Matignon" sont désignés comme des "petits Blancs". Depuis plus de deux siècles, ils vivent isolés et pauvres, en toute discrétion, ce qui a favorisé des fantasmes sur leur identité. Ils restent méconnus et secrets de réputation.

Source : la1ere.francetvinfo.fr

"À tous crins" ou "À tout crin".

Cette curieuse locution adverbiale, qui peut s'écrire de deux façons différentes,  signifie :

  • au sens propre, dans le registre désuet : à qui l'on a laissé tous ses crins, pour un cheval,

Un cheval "à tous crins"

  • et au sens figuré, dans le registre familier : excessif, énergique, actif, ardent, intransigeant.

On dit par exemple : "Je rejette totalement le libéralisme à tout crin qui caractérise le monde actuel".

Ou : "Mon cousin est un défenseur à tous crins de la cause écologique".

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr, www.expressio.fr et www.larousse.fr

Y avoir "Panique à bord".

Cette locution adverbiale relève du jargon maritime.

Et elle désigne, au sens figuré, dans le langage courant : une complète désorganisation, une situation on l'on ne contrôle plus rien.

On dit par exemple : "J'ai voulu essayer ce nouveau restaurant dimanche, mais je ne te le conseille pas. Ce n'était pas mauvais mais il y avait panique à bord et nous avons attendu nos plats près d'une heure".

Une scène du film étast-unien "Panique à bord", réalisé en 1960 par Andrew L. Stone
Une scène du film étast-unien "Panique à bord", réalisé en 1960 par Andrew L. Stone

"Se refaire la cerise".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme avec des fruits et légumes relève du registre familier.

Et elle signifie : recouvrer la santé, guérir, se rétablir, retrouver la forme.

Et par extension : améliorer sa situation.

On dit par exemple: "Après le score castatrophique de sa candidate à l'élection présidentielle d'avril 2022 (1,7%), le parti socialiste a réussi à se refaire la cerise grâce à la NUPES, qui lui a permis de conserver son groupe à l'Assemblée nationale en obtenant 26 députés".

On dit également : se requinquer, se refaire une santé.

Cette expression ne doit surtout pas être confondue avec la locution verbale "Se faire la cerise", à laquelle j'ai déjà consacré un article.

"Retourne dans ta cage !", "Retourne dans ton arbre !" ou "Retourne dans ton cocotier !".

Un indigène grimpant sur un cocotier

Ces trois locutions verbales relèvent du langage courant.

Relevant de la forme impérative, elles assimilent l'interlocuteur à un animal sauvage et plus particulièrement à un singe.

Bien davantage que simplement péjoratives elles sont parfaitement injureuses et même le plus souvent racistes, puisque majoritairement adressées à des personnes de couleur.

"Vénale".

Cet adjectif qui relève du registre soutenu peut avoir, selon le contexte, deux significations fort différentes :

  • corruptible, cupide ; prête à se vendre ou à se laisser acheter au mépris de la morale ou par intérêt, en parlant d'une personne.

On parle par exemple d'une "politicienne vénale".

  • ou : estimée en argent, en parlant d'une chose.

On parle par exemple de la "valeur vénale d'un bien".

Au masculin, on dit "Vénal" et "Vénaux".

On ne dit pas : "Il a fait un coup de maître" !

Le journaliste et conseiller en communication français Jean-Luc Mano

Ainsi qu'a pu le déclarer, le 20 juin 2022, le journaliste et conseiller en communication français Jean-Luc Mano, dans l'émission "Le club Le Chatelier", sur la chaîne de télévision française d'information en continu LCI.

Mais : "Il a RÉALISÉ un coup de maître" !

"L'irénisme", "Irénique" et "Un iréniste".

Ces mots peu usités par le Français moyen relèvent du vocabulaire religieux.

Le terme "irénisme" est récent puisque n'est attesté qu'en 1962. Il nous vient du grec εἰρήνη (eirếnê), où il signifie "la paix". Et le mot est dérivé d'"irénique", emprunté au latin ecclésiastique moderne "irenicus", apparu en 1867.

Ils signifient en effet respectivement :

  • au sens propre :
    • "L'irénisme" : une attitude d'esprit condamnée par l'encyclique "Humani Generis", selon laquelle on tolère de façon tranquille des erreurs graves, inacceptables, par désir exagéré de paix et de conciliation,
    • "Irénique" : ce qui relève de l'irénisme,
    • et "Un iréniste" : une personne qui pratique l'irénisme,
  • et par analogie, dans le domaine politique :
    • "L'irénisme" : une attitude visant à la compréhension mutuelle en se focalisant sur ce qui unit ou rapproche et en minimisant ce qui éloigne ou amène au conflit ; la recherche de la paix et de la concorde.

On dit par exemple : "L'irénisme du président Macron mène notre pays à la catastrophe".

Sources : www.cnrtl.fr, wikipedia.org et wiktionary.org

"La NUPES".

La NUPES (Nouvelle Union Populaire, Ecologique et Sociale)

Cet acronyme se prononce nu-pe et désigne : la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale.

Cette coalition de partis politiques de la gauche française a été créée avant l'élection présidentielle française d'avril 2022, sous le nom d'UP (Union Populaire), pour soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon portée par LFI (La France Insoumise).

Logotype de la NUPES (Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale)

Au lendemain de cette élection, la formation est étendue sous la forme d'une coalition à laquelle participent, en vue de présenter des candidatures communes aux élections législatives de juin 2022 :

  • Révolution écologique pour le vivant, la Gauche démocratique et sociale et le Parti ouvrier indépendant,
  • le Pôle écologiste, comprenant notamment EELV (Europe Ecologie Les Verts), Génération écologie, Génération.s et Les Nouveaux Démocrates,
  • le PCF (Parti Communiste Français),
  • ainsi que le PS (Parti Socialiste).

Toutes ces formations s'accordent sur un Programme partagé de gouvernement, constitué de six cent cinquante propositions réparties en huit chapitres, et publié le jeudi 19 mai 2022.

Symbole

Pourquoi ce "V" comme symbole de la NUPES (Nouvelle Union Populaire, Ecologique et Sociale)

Le samedi 7 mai 2022, lors de sa première convention, la NUPES adopte officiellement la lettre grecque "ν" ("nu", qui se prononce nu) comme symbole après l'avoir utilisé massivement la veille sur les médias sociaux.

Ce choix est motivé par une ressemblance visuelle avec le "V" de la victoire et une proximité sonore avec les deux premières initiales de la NUPES (nu).

Résultats des élections législatives

La NUPES devient la principale force d'opposition avec 131 sièges, privant notamment Emmanuel Macron de disposer d'une majorité absolue, mais ne réussit pas le pari de lui imposer la cohabitation.

Son avenir à moyen terme est incertain1. Mais l'opération permet néanmoins à chacun des quatre partis de la coalition de constituer leur propre groupe, avec l'appui de députés d'outre-mer pour le Parti communiste.

À l'issue des élections, Jean-Luc Mélenchon propose le lundi 20 juin, que tous les députés élus sous l’étiquette NUPES constituent un seul et même groupe parlementaire. Le Parti socialiste, Europe Ecologie-Les Verts et le Parti communiste français refusent et s'en tiennent à l'accord initial de constituer des groupes indépendants.

Source : wikipedia.org

 

"Un cendar".

Ce substantif masculin désigne, dans le registre argotique : un cendrier.

C'est à dire un récipient, plateau ou assiette à bords marqués, en diverses matières plus ou moins luxueuses, et de taille plus ou moins grande, destiné à recevoir les déchets du tabac : cendres et mégots des cigarettes et des cigares.

Les modèles les plus connus, de petite taille, sont à usage domestique. Utilisés au domicile, ils sont généralement mobiles et décoratifs.

 

Mais il existe des modèles de grandes dimensions, appelés "cendriers extérieurs", posés au sol ou fixés au mur et utilisés dans les lieux publics, gares, aéroports, centres commerciaux, etc. Depuis la généralisation de l'interdiction de fumer, ce type de cendrier est généralement fixe et situé avant l'entrée.

Il existe une grande diversité de formes en fonction du lieu et des goûts :

 

 

Depuis quelques années certaines entreprises de l'industrie du tabac favorisent la distribution de cendriers de poche ou de cendriers de plage coniques à enfoncer dans le simple, afin de réduire l'abandon de mégots.

Cendriers publicitaires

Tout au long du XXe siècle, de nombreuses marques de cigarettes ont proposé des cendriers imprimés de leur logotype.

Et les cendriers ont également servi de supports publicitaires pour toutes sortes de marques et noms commerciaux, au premier rang desquels les hôtels et restaurants.

Au point que leur collection, la téphraphilie, se soit développée. Bien que non-fumeur, j'ai d'ailleurs moi-même été téphraphile dans les années 1970, ainsi que je l'explique dans mon Qui suis-je ?

Histoire du mot cendrier

Le mot "cendrier", dans son acception courante actuelle n'apparaît qu'à la Belle Époque, vers 1890.

Mais le sens technique de ce mot est à la fois plus varié et souvent beaucoup ancien.

  • En ancien français du XIe siècle, le cendrier désigne ainsi une toile qui sert à collecter les cendres et extraire au besoin par lixiviation les alcalis qu'elles contiennent.

 

  • Par extension, l'ouvrier qui collecte ou vend les cendres peut être nommé "cendrier".

Le terme attesté dans la Vita de Saint Evroul écrite vers 1150 désigne déjà le linge que les lavandières ou ménagères emploient régulièrement pour couler leur lessive2.

Le registre de taille de Paris désigne en 1292 par ce terme un marchand de cendre et de poussier.

Le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle des éditions Larousse possède ainsi une entrée masculine "cendrier" ou féminine "cendrière", désignant un marchand ou une marchande de cendres.

  • Avec le progrès médiéval des arts mécaniques, le mot "cendrier" est devenu une dénomination technique désignant, à partir du XIIe siècle le plateau recueillant les cendres, voire une ou des parties mobiles ou coulissantes, des fours et des poêles de chauffage, dans lesquels tombent par gravité ou par secouement les cendres d'un foyer désormais contrôlé.

Ce terme est devenu très commun avec la généralisation dès 1780, du moins en Europe occidentale et nordique, des poêles en fonte ; les cuisinières ou fourneaux près desquelles les ménagères s'affairaient étant alors équipés de tiroirs pour cette fonction.

De la même façon, les différents systèmes de chauffe des chaudières qui équipent les locomotives à vapeur sont pourvus de cendriers de foyer, c'est à dire d'un espace vide placé en dessous du foyer au bois ou charbon et d'une tôle, dans lesquels tombent escarbilles et cendres.

Source : wikipedia.org