"Un jargon".

Ce substantif masculin relève du langage courant.

Et il désigne, selon le contexte :

  • un langage déformé, incorrect, constitué d'éléments disparates, employé par une personne n'ayant qu'une connaissance imparfaite, approximative d'une langue,

Et par extension : un langage incompréhensible, un galimatias, un sabir, du baragouin (registre familier), du charabia.

On dit par exemple : "La jeunesse de notre pays s'exprime aujourd'hui dans un jargon indigent".

  • ou : un vocabulaire, une façon de s'exprimer propre à un groupe, une profession, une discipline ou une activité, incompréhensible ou difficilement compréhensible pour le non-initié.

Ce type de langage particulier, sorte de code linguistique, que certaines catégories professionnelles adoptent pour se distinguer du vulgaire, se caractérise en effet par un lexique spécialisé, sa complexité, sa technicité ou son apparence nouvelle,

On dit par exemple : "Le jargon linguistique n'est pas toujours facile à comprendre".

Ou : "Je ne comprends rien au jargon informatique".

On peut également parler, dans certains cas (armée, cyclisme, football, police, etc.), d'un "argot de métier".

Sources : wikipedia.org, Le Robert, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

Pourquoi dire : "Les remote control killers" et "Y a une énorme blackout d'internet" ?

La journaliste française Margot Haddad

Et pas : "IL y a une énorme CENSURE d'internet" ?

Et : "Les TUEURS À DISTANCE" ou "Les tueurs PAR TÉLÉCOMMANDE" !

Le 31 octobre 2002, un collectif de journalistes européens a révélé l'existence d'un "groupe secret d'ingénieurs russes", ayant joué un rôle déterminant dans les attaques de missiles contre des infrastructures civiles en Ukraine.

Le journaliste britannique Eliot Higgins, fondateur de la plateforme d'investigation Bellingcat, a tweeté qu'il était temps de rencontrer l'équipe derrière l'utilisation ciblée de missiles russes sur des infrastructures civiles : "Vous êtes-vous déjà demandé comment les missiles de croisière russes trouvent leur chemin vers les terrains de jeu, les centrales électriques et les habitations ukrainiennes ?".

Ces militaires russes seraient responsables de l'exécution de nombreuses attaques menées avec des missiles de croisière, qui ont tué des centaines de civils en Ukraine et en ont laissé des millions sans chauffage, ni électricité.
"Contrairement à leurs collègues militaires, dont la plupart sont exposés au moins à un certain risque personnel à proximité du front, ces jeunes gens travaillent depuis des centres de commandement sécurisés à Moscou et Saint-Pétersbourg et semblent vivre leur vie sans être affectés par une guerre dans laquelle ils jouent un rôle crucial".

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Pourquoi dire : "Le black-out" (ou "Le blackout") ou "Un black-out" (ou "Un blackout") ?

Et pas, en français, selon le contexte :

  • au sens propre :
    • "Une panne électrique généralisée" ou "Une coupure de courant électrique à grande échelle", puisqu'il s'agit d'un effondrement de la totalité du réseau électrique pouvant être la conséquence d'une pénurie s'étant aggravée ou d'un problème technique imprévu.
La grande panne électrique de New-York, les 13 et 14 juillet 1977
La grande panne électrique de New-York, les 13 et 14 juillet 1977
La ville de Kiev (Ukraine), plongée dans le noir, à l'automne 2022
La ville de Kiev (Ukraine), plongée dans le noir, à l'automne 2022
    • "Un couvre-feu", c'est à dire une réduction de l'éclairage pouvant aller jusqu'à une obscurité totale, imposée par la défense passive en temps de guerre, afin de  protéger un lieu d’une attaque ennemie (aérienne, navale ou même terrestre).
La ville de Londres (Royaume-Uni),sous black-out à compter du 1er septembre 1939
La ville de Londres (Royaume-Uni), sous couvre-feu à compter du 1er septembre 1939
    • ou "Une extinction" en astronautique :
      • arrêt de la combustion d'un propulseur,
      • ou : interruption momentané de la réception des signaux émis par un engin spatial, pendant la traversée des couches denses d'une atmosphère ou lors du passage de l'engin derrière un astre.
  • et au sens figuré :
    • "Un silence médiatique" gardé et observé sur une information (une nouvelle, une décision officielle, etc.).
    • "Un trou de mémoire" ou perte momentanée de mémoire ou de conscience après avoir consommé un produit psychotrope, alcool ou drogue.
    • ou, en aéronautique : "Le voile noir" (idiotisme chromatique et idiotisme textile).

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

On ne dit pas : "Les unités d'éclairage" !

Le journaliste français Didier François

Ainsi qu’a pu le déclarer, le 10 novembre 2022, le journaliste français Didier François, dans l’émission "Brunet, Hammett et compagnie", sur la chaîne de télévision française d'information en continu LCI.

Mais, je pense : "Les unités d'ÉCLAIREURS", qui regroupent les soldats envoyés en reconnaissance !

"Faire aux pattes" ou "Prendre aux pattes".

Ces deux locutions verbales relèvent du registre familier.

Et elles signifient, au sens figuré : attrapper, capturer.

On dit par exemple : "I'z'ont fait aux pattes Marco le Calabrais chez Roger le balafré".

Ou : "L'armée ukrainienne va faire aux pattes des milliers de soldats russes sur la rive droite du Dniepr".

Pourquoi dire : "Le storytelling" ?

Et pas, en français : "La mise en récit" (*) !

Ou, ainsi que le disent nos amis Québecois : "L'accroche narrative" !

De quoi s'agit-t-il ?

Il s'agit en effet d'une méthode de communication fondée sur une structure narrative du discours qui s'apparente à celle des contes et des récits.

Elle est très utilisée en mercatique, car elle permet de capter plus facilement l'attention des cibles (clients ou électeurs), afin de promouvoir la vente d'un produit ou d'améliorer l'image de marque d'une personnalité. Avec les histoires en effet, faire passer un message devient plus simple, car cela suscite des émotions. Elles rendent la communication mémorable, efficace et divertissante.

Il s'agit d'une technique de mercatique émotionnel. Elle rend le produit ou la marque plus proche de ses clients et constitue un plus pour sa valeur ajoutée et sa notoriété. Cependant, afin de ne pas perdre la confiance des clients, les récits mensongers sont à éviter.

Utilisation

Dans les pays anglophones, la mise en récit est surtout utilisée en communication d'entreprise en temps de crise.

En France, il semble moins utilisé, sauf dans certains secteurs (automobile, luxe, alimentation) où les consommateurs semblent rassurés par les entreprises faisant preuve de longévité. Les clients achètent moins un produit ou une marque s'ils n'adhèrent pas à son histoire.

Et l'emploi de la mise en récit, notamment par les conseillers en communication politique dits "façonneurs d’image", est souvent controversé.

(*) : dénomination recommandée officiellement par la Commission d'enrichissement de la langue française.

Sources : wikipedia.org et fiches-pratiques.chefdentreprise.com

"Être bouilli".

Cette locution adjectivale en forme d'idiotisme alimentaire est utilisée, au sens figuré, dans le registre familier, dans le domaine du sport.

Et elle signifie : être très fatigué, épuisé, exténué ; être cuit !

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les autres façons de dire "être très fatigué" en français.

Pourquoi dire : "Le CEO" ou "Un CEO" pour - rappelons-le - "Chief Executive Officer" ?

Et pas, selon le contexte :

  • "Le PDG" ou "Le Président" d'une entreprise,
  • ou : "Le DG (Directeur-Général), s'il s'agit d'une filiale d'une multinationale.

Dans tous les cas, il s'agit de la personne qui occupe le poste le plus haut placé au sein de l’équipe de direction générale d’une organisation.

Sources : www.ipag.edu et languages.oup.com

"Bâcher" ou "Se bâcher".

Ce verbe français possède de nombreuses significations :

  • "Bâcher" signifie ainsi, au sens propre : couvrir d’une bâche.
    • et celà, qu'il s'agisse d'une remorque,

Un homme bâchant une remorque

    • du sol, des murs, des plafonds ou des meubles, lors de travaux de peinture,

Des meubles et un plancher bâchés

    • ou de la façade d'un bâtiment, durant des travaux.

  • et au sens figuré :
    • dans le registre populaire : se moquer plus ou moins méchamment de quelqu’un, avec souvent une intention vexante.

On dit ainsi "Se faire bâcher" ou "Se prendre une bâche".

    • dans le jargon cycliste (registre familier) : abandonner une course.

On dit par exemple : "C'est la première que ce coureur bâche en 15 ans de carrière"

On dit par exemple : "Si j'ai le choix, je préfère tout de même être bâché qu'agressé".

    • pour les français de La Réunion (97-4), en parlant des cours (registre familier) : ne pas y assister, les manquer volontairement.
    • et enfin, pour nos amis suisses (registre familier) : cesser son activité, s’arrêter.

On dit par exemple : "Impossible de résister à cette crise économique : je bâche".

  • et "Se bâcher", au sens figuré :
    • se couvrir (d’un vêtement ou de toute autre chose).

On dit par exemple : "Je vais me bâcher car il pleut à torrents".

Ou : "Après l'incendie, les toits de toutes les maisons étaient bâchés de cendres grises".

    • se couvrir, en parlant du temps, du ciel, notamment dans le contexte des sports d’altitude (aviation de loisir, alpinisme et autre sports de haute montagne),

On dit par exemple :"Dépêchons-nous de rentrer à la station, la vallée se bâche".

    • dans le registre argotique : aller se coucher, dormir ; se mettre sous la bâche (drap du lit),

On dit par exemple : "Vas-donc te bâcher : tu ne tiens plus debout !".

Sources : wiktionary.org, Le Robert, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

Pourquoi dire : "Voyager en business class" ou, par ellipse, "Voyager en business" !

Et pas simplement, en français : "Voyager en CLASSE AFFAIRES" !

Cette classe du transport aérien de passagers est située, en termes de confort, au-dessus de la classe économique et en-deçà de la première classe.

Elle peut être la seule classe au-dessus de la classe économique sur des vols (le plus souvent moyen-courrier) ne disposant pas de première classe.

La classes affaires

Elle se distingue de la classe économique par la qualité et la taille du siège (qui dispose le plus souvent d'un dossier très inclinable et d'un repose-pieds sur les vols long-courrier), la place disponible pour les jambes,permettant de s'allonger pour dormir,

Une passagère dormant allongée, en classes affaires

ainsi que d'un service plus attentionné.

Un chef cuisinier, en classe affaires des lignes aériennes turques (Turkish Airlines)
Un chef cuisinier, en classe affaires des lignes aériennes turques (Turkish Airlines)

Mini-frigo et plateau repas en classes affaires

Au sol, les passagers de cette classe disposent le plus souvent de comptoirs d'enregistrement dédiés, et ainsi plus rapides, et peuvent accéder très souvent à des salons d'attente, espaces très confortables qui permettent d'éviter la salle d'attente classique et qui sont équipés généralement d'un bar/buffet, d'éléments de confort et des outils de travail tels que des ordinateurs, fax, photocopieurs, etc.

Un salon classe affaires Air France

Certaines compagnies proposent, dans certains aéroports, des salons dits "d'arrivée", qui permettent aux passagers de première classe et de classe affaires des vols long-courrier de pouvoir, après leur vol, prendre une douche et un repas avant de quitter l'aéroport.

Cette classe n'est généralement pas disponible sur les vols des compagnies aériennes à bas prix ainsi que sur les vols affrétés ("charters"). Elle est souvent absente sur des vols de courte distance.

Source : www.techno-science.net

"Effacer une barre".

Cette locution verbale relève du langage courant.

Elle appartient au jargon de l'athlétisme et plus précisément du saut à la perche et du saut en hauteur.

"Effacer une barre" au saut à la perche"Effacer une barre" au saut en hauteur

Et elle signifie tout simplement, au sens figuré : "Franchir une barre".

On dit par exemple : "En 1996, à Atlanta (Géorgie) (États-Unis d'Amérique), le français Jean Galfione devient champion olympique du saut à la perche en effaçant une barre à 5,92 m, nouveau record olympique".

Source : wikipedia.org

"Une dichotomie" et "La dichotomie".

Ce substantif féminin relativement méconnu relève du registre soutenu.

Et il nous vient du grec "dikhotomia" signifiant "division en deux".

  • "Une dichotomie" désigne : une opposition entre deux idées ou deux réalités ; une division de quelque chose en deux éléments que l'on oppose nettement.

L'adjectif qualificatif "dichotomique" signifie ainsi que deux choses s'opposent ou se divisent en deux catégories opposées.

On dit par exemple : "Il existe une véritable dichotomie entre croissance économique et protection environnementale".

  •   et "La dichotomie" :
    • une méthode de division, de subdivision binaire.

On parle par exemple d'un "Tri par dichotomie".

    • une division d'un concept en deux autres concepts qui sont généralement contraires mais complémentaires.
    • en botanique, un mode de croissance des axes végétaux, consistant en une suite de partages en deux rameaux égaux, sans axe principal,

La dichotomie, en botanique (© alamy)

    • en astronomie : l'aspect d'un astre du système solaire dont la surface éclairée visible occupe la moitié du disque,
    • en droit pénal : un partage illicite d'honoraires entre praticiens ou entre médecins et pharmaciens ou laboratoire d'analyses,
    • une opération consistant à couper une chaîne de caractères pour former deux chaînes disjointes.

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr, www.lalanguefrancaise.com et www.larousse.fr