Pourquoi dire : "Un joueur de money time" ou "Entrer dans le money time" ?

Et pas par exemple :

  • "Un joueur capable d'arracher la victoire", "Un joueur capable d'apporter les points importants de la rencontre", "Un joueur clé dans les moments décisifs" ou "Un joueur clé en toute fin de rencontre" ?
  • et : "Aborder les instants décisifs de la rencontre", "Approcher de la fin de la rencontre", "Assister aux points les plus importants de la rencontre", "Entrer dans la période qui rapporte gros" ou "Parvenir au moment où tout se joue " ?

L'expression "Moneytime", "Money-time" ou "Money time" est en effet une formule qui n'a jamais existé en anglais !

Source : www.academie.francaise.fr

Pourquoi dire : "Le moneytime", "Le money-time" ou "Le money time" ?

Et pas par exemple : "La période qui rapporte gros", "Le moment où tout se joue ", "La toute fin de la rencontre", "Les points importants de la rencontre" ou "Les instants décisifs de la rencontre"

ll s'agit en effet, en basket-ball ou en handball, de  la période durant laquelle la possession du ballon devient cruciale et où les joueurs vedettes sont censés faire des prouesses. C'est à dire essentiellement des dernières minutes de jeu ou parfois du dernier quart-temps, où chaque passe réussie, chaque panier ou but marqué peut être décisif pour passer définitivement devant l'équipe adverse.

Mais surtout : cette expression n'existe même pas en anglais !

Elle a été introduite en France par le commentateur sportif franco-états-unien George Eddy, au cours des années 1980, lorsqu'il commentait les rencontres de basket-ball de la NBA, pour les chaînes de télévision françaises Canal plus et Eurosport, à partir du 05 mars 1985.

Et cela, sans doute en référence au célèbre adage "Time is money" ("Le temps c'est de l'argent").

Elle s’est ensuite, hélas, étendue au tennis et au football, où l'on a notamment commencé à l'employer à propos du "but en or", qui arrêtait net les prolongations.

Sources : wikipedia.org et www.academie.francaise.fr

"Être carbonisé" ou - par apocope - "Être carbo".

Cette locution verbale polysémique signifie, selon le contexte :

  • au sens propre :
    • transformé en charbon, pour une matière organique,

On dit par exemple : "Tout cet énorme tas de bois va être carbonnisé par le charbonnier, afin de fabriquer du charbon de bois".

Fabrication de charbon de bois par un charbonnier
Fabrication de charbon de bois par un charbonnier
    • détruit après un incendie.

On dit par exemple : "Après avoir été la proie des flammes deuxx heures durant, l'entrepôt était complètement carbonisé".

Un entrepôt carbonisé
Un entrepôt carbonisé
    • rôti à l'excès, pour un plat.

On dit par exemple : "J'ai oubli mon gigot au four dimanche midi : il était carbonisé".

Des poivrons farcis carbonisés
Des poivrons farcis carbonisés
    • ou : brûlé superficiellement, afin de l'empêcher de pourrir, pour un pieu destiné à être enfoncé en terre,
Carbonisation de pointes de pieux
Carbonisation de pointes de pieux
Des pieux aux pointes carbonisées
Des pieux aux pointes carbonisées
  • et au sens figuré, dans le registre familier :
    • être démasqué, percé à jour, découvert, repéré.

On dit également : "Être cramé" ou "Être grillé".

    • ou dans le domaine sportif : être épuisé, à bout de forces.

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Être épuisé".

Un athlète carbonisé, à Doha (Qatar), lors des 17e championnats du monde d'athlétisme, à l'automne 2019 (© Mustafa Abumunes)
Un athlète carbonisé, à Doha (Qatar), lors des 17e championnats du monde d'athlétisme, à l'automne 2019 (© Mustafa Abumunes)

Sources : www.cnrtl.fr et www.languefrancaise.net

 

"Corder".

Ce verbe peut avoir différentes significations :

  • tordre des fibres textiles ; les rouler en corde ; leur donner une forme de corde.

On dit par exemple : "Corder du chanvre".

  • entourer de corde, lier, serrer avec une corde.

On dit par exemple : "Corder une malle".

Corder une malle

  • garnir de cordes.

On dit par exemple : "Corder une raquette de tennis".

Corder une raquette de tennis

Mais "Changer les cordes d'une guitare" et pas "Corder une guitare".

Changer les cordes d'une guitare

  • en cuisine : prendre une consistance dure, pour une pâte insuffisamment mouillée, qui n'a pas absorbé assez de liquide.

Ou prendre une consistance élastique et collante pour une purée de pommes de terre trop travaillée.

On dit par exemple : "Ne remue pas trop : elle va corder !".

Corder une purée

  • et autrefois (registre désuet) : s'accorder ; être ou se mettre dans une même disposition de coeur avec quelqu'un.

On disait par exemple, à la fin du XIXe siècle : "Les deux époux cordent parfaitement ensemble".

Sources : Le Robert, www.larousse.fr, www.cnrtl.fr, chefsimon.com, www.aftouch-cuisine.com et www.linternaute.fr

"Faire faux-bond".

Cette expression du langage courant nous vient - comme bien d'autres - du jeu de paume, où il est difficile voire impossible de renvoyer une balle qui rebondit mal ou rebondit en déviant de sa trajectoire normale et ne va pas là où on l'attend.

La formule "Faire faux-bond" s'utilise donc pour signifier :

  • au sens propre : qu'un ballon ou une balle, en rebondissant, ne suit pas la direction qu’il/elle aurait pris/e naturellement si la surface qu’il/elle a frappé/e était bien plane.

Cela peut être le cas au basket-ball, au football, au handball, au jeu à XIII, au rugby (avec un ballon) ainsi qu'au tennis ou au tennis de table (avec une balle).

  • et au sens figuré : manquer à l’engagement que l’on a pris envers quelqu’un ou à ce qu’il était en droit d’attendre de nous.

On dit par exemple : "Un ami devait s'associer aves moi mais il m'a fait faux-bond".

Source : wiktionary.org

Pourquoi dire : "Une wild card" ou "Une WC" ?

Et pas : "Une invitation privilégiée" ou "Une invitation" !

Ce terme est en effet utilisé dans un certain nombre de sports - e particulier le tennis - pour désigner une autorisation exceptionnelle accordée à un joueur, une joueuse ou une équipe de participer à une épreuve bien qu'il ou elle ne réponde pas aux critères communs de sélection.

"Faire du mur" et "Faire le mur".

Ces deux locutions verbales, qui doivent étonner bien des étrangers, ont des significations bien différentes :

  • "Faire du mur" (langage courant) c'est s'entraîner seul au tennis, face à un mur d'entraînement,

Joueur de tennis en train de faire du mur

  • Tandis que "Faire le mur" (registre familier), c'est s'échapper de quelque part ; le plus souvent du logis familial ou d'un établissement scolaire.

Pourquoi dire : "Un tennis elbow" ?

"L'épicondylite", également appelée "Tendinite du bras" ou "Tennis elbow"

Et pas : "Une épicondylite" ou "Une tendinite du coude" !

Il s'agit d'une affection douloureuse résultant d'une inflammation des tendons reliant la main au coude et servant à la flexion du poignet, appelés "tendons épicondyliens".

L’épicondyle est en effet le petit relief osseux de l’humérus (os du bras) situé au niveau de la partie externe de l’articulation du coude. Elle permet l’insertion de certains muscles qui servent à étendre les doigts, tendre le poignet et faire tourner l’avant-bras de façon à ce que la paume de la main soit visible.

Anatomie du coude et visualisation des tendons en cause dans "L'épicondylite", également appelée "Tendinite du bras" ou "Tennis elbow"

Une épicondylite est en réalité une tendinite du bras qui se caractérise par des douleurs du coude. Elle est provoquée par l’atteinte des muscles et plus particulièrement des tendons permettant de les fixer sur l’épicondyle. Les tendons sont constitués de fibres solides non étirables, lesquelles, si elles subissent des contraintes trop importantes ou des chocs soudains, peuvent se déchirer. Les épicondylites sont actuellement expliquées par des micro-déchirures des tendons. En effet, les symptômes surviennent après une mobilisation importante et/ou répétée du bras, la douleur au niveau du coude étant réveillée par la mise en tension ou la rotation du poignet, ainsi que par la répétition de mauvais gestes du bras et de la main.

Cette affection est classée dans les troubles dits musculo-squelettiques (TMS), un ensemble de pathologies affectant les muscles, les tendons ou les nerfs rendant impossible la réalisation de certains mouvements. Une prise en charge adaptée permet d’en limiter l’évolution. L’atteinte du coude représente 19% des cas de TMS affectant les membres supérieurs. Contre 45% pour l’atteinte du poignet, qui reste la pathologie la plus fréquente et détient la première place.

Chaque année, en France, l’épicondylite concerne 1 à 3% des adultes. Elle touche plus volontiers les personnes entre 40 ans et 60 ans et représente 80% des pathologies liées au coude. La fréquence de cette affection s’est par ailleurs accrue ces dernières années dans la population française, avec une augmentation de 20% du nombre de cas entre 1995 et 2005.

Dans de rares cas, les douleurs du coude sont attribuées à une épitrochléite, une affection semblable à l’épicondylite à la différence qu’elle touche l’épitrochlée (relief osseux de la face interne du bras).

Sources : www.santemagazine.fr et xww.sante-sur-le-net.com