"Couper la poire en deux".

Une demi-poire

Cette locution verbale en forme d'idiotisme numérique et d'idiotisme alimentaire relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : établir un compromis, choisir pour une position médiane, partager, répartir équitablement ; renoncer à une partie de ses prétentions pour parvenir à un accord, trouver une entente mutuelle, un terrain d’entente commun.

On dit par exemple : "Je suis à mille euros et vous à deux-mille euros. Coupons la poire en deux et disons mille-cinq-cents euros".

Source : www.edilivre.com, www.expressio.fr, www.femmeactuelle.fr et www.linternaute.fr

"S'humecter le gosier" ou "Se rincer le gosier".

Ces deux jolies locutions verbales en forme d'idiotisme corporel relèvent du registre familier.

Et elles signifient tout simplement : boire.

On dit par exemple : "Après tout ce boulot, on s'humecterait bien le gosier !".

"Les carottes sont cuites".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme culinaire relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : il n’y a plus rien à faire, il n'y a plus aucun espoir, c’est trop tard, tout est perdu ; la situation est irrémédiablement compromise.

On dit par exemple : "La police va arriver, nous sommes blessés et coincés, sans possibilité de nous enfuir : les carottes sont cuites".

Sources : www.linternaute.fr, www.expressio.fr et wiktionary.org

"Un centre au cordeau" ou "Un centre millimétré".

Ces deux locutions verbales relèvent du jargon du football et désignent : un centre parfait, en l'air ou à ras de terre, permettant à un attaquant de marquer un but de la tête ou du pied, depuis la surface de réparation, grâce à une passe adressée depuis les côtés.

La formule "Un centre au cordeau" s'utilise au sens figuré et fait référence à l'utilisation du "Cordeau", un outil de jardinier ou de maçon, permettant de tracer des lignes bien droites.

Utilisation d'un cordeau par un jardinierUtilisation d'un cordeau dans le bâtiment

Source : wikipedia.org

"Se rincer l'oeil".

"Se rincer l'oeil"

Cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : assister à une scène érotique ; regarder discrètement et avec plaisir une situation érotique ; regarder avec concupiscence une personne nue.

On dit par exemple : "D'innombrables badauds new yorkais se sont rincé l'oeil, le 15 septembre 1954, lors du tournage nocturne de la cultissime scène de "Sept ans de réflexion", la célèbre comédie états-unienne de Billy Wilder (1955). Les remontées subites d'air chaud suscitées par le passage des rames de métro faisaient bouffer la jupe de Marilyn Monroe, tandis qu'elle se tient au-dessus d'une grille d'aération, pour le plus grand plaisir des spectateurs, mais également de l'acteur Tom Ewell et du machiniste, qui, sous la grille actionnait un énorme ventilateur.

"Se rincer l'oeil"

Source : www.expressio.fr et wiktionary.org

"Le pas de l'oie".

Cette locution nominale masculine en forme d'idiotisme animalier désigne selon le contexte, au sens figuré :

  • dans le domaine militaire : un pas cadencé appelé en allemand "Stechschritt" et adopté par certains corps d'armées lorsqu'ils défilent.

Le soldat marche alors, le buste droit, les jambes tendues, qu'il lève jusqu'à presque 90 degrés du corps et fait claquer ses bottes en les laissant retomber au sol, le balancement accentué des bras étant parfois synchronisé lorsque ceux-ci ne portent pas d'armes.

Appliqué pour la première fois par les Prussiens au XVIIIe siècle, il est alors appelé "Pas de parade" ou "Pas prussien".

L'armée allemande en hérite notamment durant le Troisième Reich.

Puis l’armée de l'Italie fasciste, sous le nom de "Passo Romano" ("Pas romain").

Dans la Russie impériale, l’armée du Tsar, modernisée et entraînée par des officiers prussiens (puis allemands), l'adopte également (il est néanmoins légèrement plus lent que le pas prussien "d'origine"). Après la Révolution d'Octobre, l'Armée rouge en hérite à son tour et l'exporte dans la plupart des régimes communistes (généralement par l'intermédiaire d'officiers instructeurs soviétiques).

Et il est toujours en vigueur en Russie et dans la plupart des pays anciennement membres ou satellites de l'Union soviétique, ainsi que dans de nombreux États du monde d'obédience ou d'inspiration marxiste (République populaire de Chine, Corée du Nord, Cuba, etc.).

  • et dans le domaine du sport :
    • au rugby à XV : un jeu de jambes particulier, inventé par l'Australien David Campese, qui permet de ralentir sa course puis d'effectuer un départ rapide, déstabilisant pour la défense adverse et permettant de prendre dès le départ une petite longueur d'avance. Pour cela, on procède en donnant une impulsion à sa jambe d'appui grâce à l'autre jambe que l'on fait aller de haut en bas devant soi,
    • en athlétisme : deux variantes de ce pas, consistant à courir en rebondissant sur une jambe et en montant le pied devant, jambe tendue vers les fesses :
      • le petit pas de l'oie : debout, en avançant sur la pointe des pieds et en levant alternativement chaque jambe jusque 45° au-dessus du sol,
      • et le grand pas de l'oie : même exercice, mais en se propulsant au maximum vers l'avant entre chaque foulée.

Le petit pas de l'oie se pratique à l'échauffement avant une épreuve de vitesse, tandis que le grand pas de l'oie est utilisé avant le triple saut.

Dans tous les cas, le rapport avec le véritable pas de l'oie - au sens propre - n'est pourtant que très lointain.

Source : wikipedia.org

"Mettre sous le joug" et "Passer sous le joug", "Subir le joug" ou "Vivre sous le joug".

Ces différentes locutions verbales relèvent du langage courant.

Utilisées essentiellement au sens figuré, elles font référence au "Joug", une pièce de bois (simple, double, frontale, de nuque) fixée soit en avant, soit en arrière des cornes du boeuf pour y attacher un dispositif d'attelage.

Un joug ancien, en bois massifDeux boeufs sous le joug

Et qui symbolise, par métaphore, dans le registre soutenu : la domination, la tyrannie, l'esclavage, la servitude, l'asservissement ; la sujétion, la contrainte matérielle ou morale.

Ou, plus généralement : tout ce qui entrave, freine ou gêne la liberté, l'épanouissement, le progrès.

  • "Mettre sous le joug", c'est donc : soumettre, asservir.

On dit par exemple : "Staline a mis sous le joug des centaines de millions de personnes".

  • et "Passer sous le joug", "Subir le joug" ou "Vivre sous le joug", c'est : subir la domination, la tyrannie, l'esclavage, la servitude, l'asservissement.

On dit par exemple : "Une grande partie de l'Europe a vécu sous le joug nazi durant plusieurs années".

Sources : www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Un bâton de vieillesse".

J'aime beaucoup cette locution nominale masculine en forme d'idiotisme botanique relève malheureusement de nos jours du registre désuet.

Et elle désigne :

  • au sens propre : la canne qu'utilisent les vieillards pour faciliter leur déambulation,

Un bâton de vieillesse au sens propre

  • et au sens figuré : le réconfort, le soutien moral sur lequel ces vieillards peuvent s'appuyer ; la personne qui sert d'appui à une personne âgée vulnérable, dépendante et qui l'assiste dans ses besoins.

En particulier, autrefois : un enfant attentionné, plein de piété filiale.

Ou, plus souvent, de nos jours : une aide ménagère ou une aide à domicile rémunérée.

On dit par exemple : "Heureusement que j'ai ma fille pour m'aider de temps à autres : elle est mon bâton de vieillesse".

Un bâton de vieillesse au sens figuré

Sources : www.persee.fr, www.linternaute.fr et psychologies-polard.fr

"Dire ses quatre vérités" à quelqu'un.

Cette locution verbale en forme d'idiotisme numérique relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : dire à une personne en toute franchise, sans ménagement et parfois même brutalement, toutes les choses désagréables que l'on pense vraiment d'elle ou une vérité blessante, qu'on lui dissimulait jusqu'alors, par courtoisie ou par respect des conventions sociales.

On dit par exemple : "J'ai dit ses quatre vérités à ma soeur : je pense que je vais être tranquille pendant un bon moment".

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr et www.edilivre.com

Tout le monde connaît ne serait-ce que l'introduction de la célébre chanson du groupe de hard rock Deep Purple "Smoke on the water", mais nombreux sont ceux qui ignorent de quoi elle parle exactement....

Le disque 45 tours "Smoke on the water" du groupe de hard rock britannique Deep Purple (1971)

Sorti en 1972, l'année de mes 11 ans, la chanson "Smoke on the water" est assurément le titre le plus célèbre du groupe de  hard rock britannique Deep Purple.

Le groupe de hard rock britannique Deep purple, en 1971
Le groupe de hard rock britannique Deep purple, en 1971

Et tout le monde connaît son riff de guitare d’anthologie répété six fois  - sans doute le plus célèbre riff, tous instruments confondus, de toute l’histoire de la musique - sans même parfois connaître le nom du groupe.

Aussi me semble-t-il intéressant de connaître l'événement à l'origine directe de la naissance de cette chanson.

Au départ, un incendie

En décembre 1971, Deep Purple est en Suisse, où ils doivent enregistrer leur sixième album studio, "Machine Head" au Casino de Montreux (Vaud).

Le disque 33 tours "Machine Head" du groupe de hard rock britannique Deep Purple (1971)

Le 4 décembre, ils assistent dans ce même casino à un concert de Frank Zappa and the Mothers of Invention. Deux milles personnes sont présentes et, lorsqu'un homme tire une fusée éclairante, le plafond prend feu, puis les décors, avant que le bâtiment tout entier ne finisse en cendres, le public devant même sauter par les fenêtres du premier étage pour échapper aux flammes.

Le casino de Montreux (Vaud) (Suisse) en flammes, le 4 décembre 1971
Le casino de Montreux (Vaud) (Suisse) en flammes, le 4 décembre 1971
Le casino de Montreux (Vaud) (Suisse) en flammes, le 4 décembre 1971 (© John grandchamp, Christian Guhl Collection Zurcher)
Le casino de Montreux (Vaud) (Suisse) en flammes, le 4 décembre 1971 (© John grandchamp, Christian Guhl Collection Zurcher)

 

 

 

 

 

 

 

Le casino de Montreux (Vaud) (Suisse), après l'incendie du 4 décembre 1971
Le casino de Montreux (Vaud) (Suisse), après l'incendie du 4 décembre 1971

Parmi les rescapés, saufs mais traumatisés, se trouvent l’intégralité des membres de Deep Purple.

Réunis dans la véranda d’un restaurant, ils observent l’incendie mourir alors qu’un rideau de fumée obscurcit le lac Léman. Roger Glover, le bassiste, trouve l’image troublante et pense qu’elle pourrait donner un bon titre de chanson . Et Ian Gillan, le chanteur, imagine ses paroles : une description factuelle détaillée et chronologique des événements de la nuit. La conjonction des deux constituerait une sorte d’oeuvre documentaire, intitulée "Smoke on the water".

Un enregistrement compliqué

Privé de lieu d’enregistrement, le casino étant réduit en cendres, Deep Purple s’attelle tout de même à la réalisation de son album les jours suivants. Brièvement relocalisés au théâtre "Le Pavillon", ils sont expulsés manu militari par la police suisse, les riverains s'étant plaint de tapage nocturne. Ils atterrissent donc au Grand Hôtel de Territet, un établissement fermé au public durant l’hiver et situé en périphérie de la ville, pour enregistrer "Machine Head" sur le studio mobile aimablement prêté par les Rolling Stones.

L’enregistrement, étalé du 6 au 21 janvier 1972, est un sommet de difficultés techniques, au point d’obliger le groupe à travailler exclusivement à l’oreille, sans ambition de réécouter aucune prise avant leur retour en Angleterre.

Une chanson conçue en un temps record

Pour couronner la galère, l’album, conçu autour de six titres, s’avère trop court : il manque une dernière chanson.

Ian Gillan, le chanteur, se souvient : Notre manager, Martin Birch, nous a dit "J’ai une mauvaise nouvelle. Il manque sept minutes de matériel et il ne nous reste que vingt-quatre heures".

"Smoke on the water", dont les paroles sont ébauchées et le titre trouvé, s’impose au groupe comme la solution de secours.

Et la chanson est donc écrite et enregistrée en un temps record.

Un petit emprunt…

La musique, comme bien d'autres disciplines artistiques, on le sait bien, est souvent constituée de petits emprunts. Et Deep Purple n’échappe pas à la règle.

Le célèbre riff de guitare que n’importe quel adolescent s’amuse à reprendre est ainsi un copié-collé.

Car l'introduction de "Smoke on the water" est librement inspirée de l’introduction au piano de la chanson "Maria quiet", chantée par Astrud Gilberto et arrangée par Gil Evans sur l’album "Look to the rainbow", sorti en 1966.

Une chanson pas tout de suite appréciée

"Smoke on the water" n’est pas le premier titre sorti par la maison de disques pour promouvoir "Machine Head" en mars 1972. C’était "Never Before". Mais, elle n’a pas eu le succès escompté. Elle passe même complètement inaperçu aux Etats-Unis.

Mais l'album ayant atteint la première place des classements anglais, australiens, français, danois, finlandais, allemands, canadiens et yougoslaves, "Smoke on the water" est proposé en 45 tours l’année suivante, en mai 1973. Et il se classe à la quatrième place du Billboard 100 états-unien.

Pour le groupe, "C’était juste un titre de plus. Quand vous enregistrez en studio, vous ne faites pas la différence entre une chanson pas mal et une super chanson. D’ailleurs, ce n’est pas vous qui décidez si un morceau va vraiment prendre de l’importance, c’est le public".

Paroles

"We all came out to Montreux
On the Lake Geneva shoreline
To make records with a mobile
We didn't have much time
Frank Zappa and the Mothers
Were at the best place around
But some stupid with a flare gun
Burned the place to the ground

Smoke on the water
A fire in the sky
Smoke on the water

They burned down the gambling house
It died with an awful sound
Uh, Funky Claude was running in and out
Pulling kids on the ground
When it all was over
We had to find another place
But Swiss time was running out
It seemed that we would lose the race

Smoke on the water
A fire in the sky
Smoke on the water

We ended up at the Grand Hotel
It was empty, cold, and bare
But with the Rolling truck Stones thing just outside
Making our music there
With a few red lights, a few old beds
We make a place to sweat
No matter what we get out of this
Ha, I know, I know we'll never forget

Smoke on the water
A fire in the sky
Smoke on the water"

Paroliers : Ian Gillan, Jon Lord, Ritchie Blackmore, Roger Glover et Ian Paice

Sources : wikipedia.org, blog.culture31.com (Eva Kristina Mindszenti), Musixmatch et rocknfool.net

"Une broutille" ou "Des broutilles".

Ce joli substantif féminin désigne :

  • au sens propre, dans le langage courant :
    • de menues branches d’arbre entrant, avec les morceaux de bois, dans la composition des fagots (surtout au pluriel),
Des fagots de broutilles adossés à un tas de bûches, en extérieur
Des fagots de broutilles adossés à un tas de bûches, en extérieur

On dit par exemple : "Le bûcheron se mit à couper du bois, et ses enfants à ramasser des broutilles pour faire des fagots" (Le Petit Poucet, de Charles Perrault, 1697).

    • ou (singulier et pluriel) : un bourgeon naissant à l'aisselle des feuilles de la vigne,
  • et au sens figuré, dans le registre familier (idiotisme botanique) :
    • un élément sans grande importance au vu de l’ensemble (d'un projet, par exemple) et que l’on peut considérer comme accessoire (surtout au pluriel),

On dit par exemple : "Ce lit m'a coûté 350 euros et des broutilles".

Ou : "Cesse donc de te perdre dans des broutilles, et occupe-toi de l’essentiel".

    • et par extension (au singulier et au pluriel) :
      • un ou des objet(s) inutile(s) et de peu de valeur, bricole(s) ou babiole (s).

On dit par exemple : "Ne vas pas croire que je me sois ruiné, il ne s'agit que d'une broutille".

Ou : "J'ai acheté quelques broutilles dans un vide-greniers pour décorer le sapin de Noël".

Des broutilles

      • une ou des chose(s) sans grande importance, insignifiante(s), dérisoire(s), qui ne mérite(nt) pas que l’on s’y attarde ; fadaise(s), pécadille(s), vétille(s).

On dit par exemple : "Tu ne vas quand même pas te formaliser pour ces broutilles".

Ou : "Vous ne pouvez incarcérer ce type pour une simple broutille".

Sources : www.larousse.fr, Le Robert, www.linternaute.fr, www.cnrtl.fr et wiktionary.org

"Un voeu pieux".

Cette locution nominale en forme d'idiotisme religieux relève du registre soutenu.

Et elle désigne : un souhait que l'on pense irréalisable, dont on sait qu'il ne pourra se réaliser.

Sources : Le Robert et www.larousse.fr