"La scoumoune" ou "La chkoumoune".

J'aime beaucoup ce très joli substantif féminin du registre populaire désignant : la malchance, la guigne, la poisse.

On dit par exemple : "Tu nous portes la scoumoune avec toutes tes appréhensions à la noix !".

Le mot "Scoumoune" nous vient de l'italien "Scomunicare" ("Excommunier") et il se prononce de ce fait "ch-kou-moun".

Il se serait propagé en France métropolitaine par le biais des pieds-noirs d’Algérie.

Et il a très vraisemblablement été popularisé par le film du même nom, réalisé en 1972 par José Giovanni, avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle-titre.

Affiche belge du film français "La scoumoune" de José Giovanni (1972)

Affiche belge du film français "La scoumoune" de José Giovanni (1972), rebaptisé "L'homme de Marseille" outre-Quiévrain.
Affiche belge du film français "La scoumoune" de José Giovanni (1972), rebaptisé "L'homme de Marseille" outre-Quiévrain.

Le scénario était tiré de son roman "L'excommunié", paru en 1958 et rebaptisé "La scoumoune" après 1972.

Le roman français de 1958 de José Giovanni "L'excommunié", rebaptisé "La scoumoune" en 1972, après qu'il en ait tité le film du même nom, avec l'acteur français Jean-Paul Belmondo dans le rôle principal

Ci-dessous un court extrait du roman, expliquant l'origine du surnom du héros :

"Il tirait plus vite et plus juste que les autres et, quand son regard d'encre se posait sur l'adversaire, celui-ci sentait la mort sur lui. C'est pour cela qu'on l'appelait la Scoumoune-l'Excommunié... un nom de malheur. Pourtant, ses amis l'avaient vu s'attendrir : une fois sur une femme et sur l'orgue de Barbarie toujours".

Sources : wiktionary.org, wikipedia.org, www.gallimard.fr et www.larousse.fr

"Un plan italien".

Cette locution nominale masculine, qui appartient au jargon cinématographique, désigne : un cadrage d'un personnage en pied, mais sans les pieds, jusqu'aux mollets.

Les acteurs états-uniens Charles Bronson et Henry Fonda, en plan italien, dans le film états-unien "Il était une fois dans l'Ouest", de Sergio Leone" (1968)
Les acteurs états-uniens Charles Bronson et Henry Fonda, en plan italien, dans le film états-unien "Il était une fois dans l'Ouest", de Sergio Leone (1968)

Le "plan italien" est sensiblement plus rare que le "plan américain", qui permet de cadrer un personnage jusqu'à mi-cuisses.

Les différents plans de cinéma
Les différents plans de cinéma, du TGP (Très Gros Plan) au plan italien
L'acteur états-unien Henry Fonda, en plan italien, dans le film états-unien "Il était une fois dans l'Ouest", de Sergio Leone" (1968) (et Charles Bronson, de dos, en plan américain)
L'acteur états-unien Henry Fonda, en plan italien, dans le film états-unien "Il était une fois dans l'Ouest", de Sergio Leone" (1968) (et Charles Bronson, de dos, en plan américain)

Source : wikipedia.org

"Une nuit américaine".

Une image partiellement en "Nuit américaine"

Cette locution nominale féminine désigne, dans le jargon cinématographique, une technique permettant de tourner en plein jour des scènes d'extérieur censées se dérouler la nuit.

On obtient des ambiances noctunes en journée en recourant à une importante sous-exposition et en utilisant un filtre bleu foncé.

En noir et blanc, l'effet de nuit se marque principalement par un ciel noir et un éclairage contrasté où ressortent les sources de lumière. La plus grande partie de l'image est sous-exposée, obscure.Une image noir et blanc en "nuit américaine"Quand les prises de vues sont en couleurs, il y a une forte dominante bleue.

Une image en "nuit américaine" de "La prisonnière du désert", le film états-unien de John Ford (1956)
Une image en "nuit américaine" de "La prisonnière du désert", le film états-unien de John Ford (1956)

Comme "Plan américain", l'expression "Nuit américaine" est exclusivement française. Et elle est le symbole du caractère précurseur du cinéma états-unien, premier utilisateur du procédé.

En 1973, le film français "La nuit américaine", de François Truffaut, a, quelques temps, popularisé l'expression. Mais celle-ci me semble depuis lors, être à nouveau devenue quelque peu mystérieuse pour une bonne partie du grand public.Affiche du film français "La nuit américaine" de François Truffaut (1973)La technique de la "Nuit américaine" été outrageusement utilisée des décennies durant, sans que cela semble avoir dérangé le grand public.

Souvenir personnel

Je me souviens pourtant, enfant, m'être souvent amusé de l'abondance des ombres, dans les scènes de nuit tournées en "nuit américaine", souvent présentes dans les westerns, un genre dont je raffolais, comme la plupart des petits garçons de mon âge, dans les années 1960.

Les plus grands réalisateurs y avaient recours, tel l'immense John Ford, dans son superbe film de 1956, "La prisonnière du désert", avec le grand John Wayne.

Une image en "nuit américaine" de "La prisonnière du désert", le film états-unien de John Ford (1956)
Une image en "nuit américaine" de "La prisonnière du désert", le film états-unien de John Ford (1956)

Affiche du film états-unien "La prisonnière du désert", de John Ford (1956)

Affiche flamande du film états-unien "La prisonnière du désert", de John Ford (1956)

Affiche du film états-unien "La prisonnière du désert", de John Ford (1956)

Affiche du film états-unien "La prisonnière du désert", de John Ford (1956)

Source : wikipedia.org

"Celia Siderova", "Maria Istromena" et "Cyd Charisse".

L'actrice états-unienne Cyd Charisse surnommée "Les jambes" ou "Les plus belles jambes du monde".

Il s'agit des noms d'artiste successifs de l'actrice et danseuse états-unienne Tula Ellice Finklea, épouse Charisse, née le 8 mars 1922 et morte le 17 juin 2008.

Après des cours de ballet dans sa jeune enfance, elle intègre, en 1934, dès l'âge de 12 ans, la formation des Ballets russes de Monte-Carlo, avec lesquels elle se produit sous les pseudonymes de "Celia Siderova" et "Maria Istromena".

À 17 ans, elle épouse, en 1939, à Paris, le chorégraphe Nico Charisse. Le prénom de Cyd qu'elle adoptera plus tard est inspiré du surnom que lui donnait son jeune frère quand il était petit, " Sid" (dérivé de "Sis", l'apocope de "Sister" : "soeur " en anglais).

Après la dissolution de la troupe au début de la Seconde Guerre mondiale, elle regagne Hollywood, où elle décroche quelques petits rôles dansés non crédités, avant d'être remarquée pour son pas de deux avec le danseur Fred Astaire, dans "Ziegfeld Follies" en 1946. Une prestation qui lui procure un contrat de sept ans avec la MGM.

L'actrice états-unienne Cyd Charisse surnommée "Les jambes" ou "Les plus belles jambes du monde".

Réputée avoir "Les plus belles jambes du monde", Cyd Charisse est surnommée "Les jambes" ("Tthe legs"), tout comme Lauren Bacall était surnommée "Le regard" ("The look").

Des jambes qu'elle fait assurer pour 5 millions de dollars dès 1952.

En 1952, le danseur Gene Kelly la choisit comme partenaire pour le numéro sans paroles du film "Chantons sous la pluie" ("Broadway Melody").

L'actrice états-unienne Cyd Charisse surnommée "Les jambes" ou "Les plus belles jambes du monde". Ici avec Fred Astaire, dans "Tous en scène" de Vincente Minelli (1953)

Bien qu'elle ne soit pas chanteuse (elle sera doublée dans tous ses films), ses qualités plastiques et artistiques lui permettent de décrocher son premier rôle principal parlant, en 1953, dans "Tous en scène" de Vincente Minnelli, dans lequel elle retrouve Fred Astaire.

Affiche du film états-unien "Tous en scène", de Vincente Minelli (1953)Affiche du film états-unien "Tous en scène", de Vincente Minelli (1953)

S'ensuivent au cours des années 1950 plusieurs films musicaux à succès qui la hissent au rang de vedette, dont "La belle de Moscou" de Rouben Mamoulian, en 1957, une nouvelle version du "Ninotchka" d'Ernst Lubitsch (1939), l'avant-dernier film de Greta Garbo.

Affiche du film états-unien "La belle de Moscou", de Rouben Mamoulian (1957)

Le déclin du genre dans les années 1960 est également le sien, mais elle a attaché son nom aux grandes heures de la comédie musicale.

Affiche du film états-unien "Traquenard", de Nicholas Ray (1958)
Affiche du film états-unien "Traquenard", de Nicholas Ray (1958)

Vie privée

Divorcée de Nico Charisse en 1947, elle se remarie, en 1948, avec le chanteur et acteur états-unien Tony Martin.

Source : wikipedia.org

"Baïonnette au canon" ou "Baïonnette au canon !".

Un fusil napoléonien baïonnette au canon

Cette locution nominale relève du registre militaire et signifie selon le contexte :

  • au sens propre : prêt à attaquer, à charger l'ennemi.
Une charge à la baïonnette de l'infanterie française, en 1914
Une charge à la baïonnette de l'infanterie française, en 1914

La forme interjective "Baïonnette au canon !", utilisée par les officiers du XIXe siècle et de la Première Guerre mondiale constituait ainsi un véritable préalable à l'assaut.

Et un siècle plus tard, de nos jours, le fantassin à la charge, baïonnette au canon, constitue toujours pour l'imaginaire collectif une image évoquant autant le courage chevaleresque du combattant que l'horreur de la guerre.

Une charge à la baïonnette de l'infanterie française, durant la Première Guerre mondiale
Une charge à la baïonnette de l'infanterie française, durant la Première Guerre mondiale

L'interjection "Baïonnette au canon !" a servi de titre français au film états-unien "Fixed bayonets", réalisé en 1951 par Samuel Fuller et évoquant la guerre de Corée.

Affiche du film états-unien "Baïonnette au canon !" de Samuel Fuller (1951)
Affiche du film états-unien "Baïonnette au canon !" de Samuel Fuller (1951)
  • et au sens figuré : prêt à agir, à passer à l'action.

On dit par exemple : "Tu l'aurais vu : baïonnette au canon, prêt à débouler dans le bureau et à tout casser".

Sources : wikipedia.org et www.defense.gouv.fr

"Un John Wayne".

Ouvre-boîte états-unien P38 "John Wayne"

Il s'agit du surnom donné par les marines états-uniens à l'ouvre-boîte militaire P38, en référence à sa robustesse et à sa fiabilité ; qualités alors unanimement attribuées à l'acteur états-unien John Wayne, devenu durant les années 1940 et 1950 l'archétype du militaire viril et courageux.

L'acteur états-unien John Wayne dans le film "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)
L'acteur états-unien John Wayne dans le film "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)

Inventé en 1942 à l'occasion de l'entrée en guerre des États-Unis d'Amérique, il a fait partie des rations des soldats de l'armée des États-Unis jusque dans les années 1980.

Ouvre-boîte états-unien P38 "John Wayne"

Près de 80 ans plus tard, sa dimension réduite (38 mm de long), son faible poids (4,5 g), sa conception simplissime et sa robustesse légendaire font encore du P38 "John Wayne" un élément indispensable de la panoplie du soldat ou du randonneur.

Sur un sujet contigu, je vous recommande deux de mes autres articles, dont la lecture vous permettra de découvrir ce que signifie :

Source : ww.pecheurextreme.com

"Un plan américain" ou "Un plan trois-quarts".

La locution verbale masculine "Un plan américain" désigne une manière de cadrer un personnage ou un groupe de personnages à mi-cuisse, au cinéma comme en photographie.

Les différents plans de cinéma
Les différents plans de cinéma, du TGP (Très Gros Plan) au plan italien

Le "plan américain" est parfois appelé "Plan trois-quarts", notamment en photographie, comme le manteau "Trois-quarts", qui couvre jusqu'à la même hauteur.

Les cinéastes et historiens français l'ont nommé ainsi parce qu'il s'agit d'un plan typique des films états-uniens ("américains") des années 1910 à 1940.

Ce cadrage de la tête au buste, utilisé dans des films à petit budget, permettait alors, en effet, de limiter l'usage de décors. Et, accessoirement, de voir entièrement le pistolet à la ceinture des acteurs dans les westerns !

L'acteur états-unien Clint Eastwood, dans le film italien de Sergio Leone "Pour une poignée de dollars" (1964)
L'acteur états-unien Clint Eastwood, filmé en plan américain, dans le film italien de Sergio Leone "Pour une poignée de dollars" (1964)
Un plan américain du film états-unien "La prisonnière du désert", de John Ford (1956)
Un plan américain du film états-unien "La prisonnière du désert", de John Ford (1956), avec John Wayne

Comme "Nuit américaine", l'expression "Plan américain" est exclusivement française. Et elle est le symbole du caractère précurseur du cinéma états-unien, premier utilisateur du procédé.

Source : wikipedia.org

"Une John Wayne".

L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)

C'est ainsi que les soldats états-uniens du corps des Marines surnommaient un acte de bravoure, un fait d'armes ou une action héroïque, tel que par exemple la prise d'un nid de mitrailleuse.

En particulier dans les années 1950-1960, durant la guerre de Corée (25 juin 1950 - 27 juillet 1953) et pendant les premières années de la guerre du Vietnam (1er novembre 1955 - 30 avril 1975).

Et cela, bien sûr, en référence à l'acteur états-unien John Wayne, devenu, durant la Seconde Guerre mondiale, le symbole d'une certaine virilité.

L'affiche du film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)

L'affiche du film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)
L'affiche du film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)

Sur un sujet contigu, je vous recommande deux de mes autres articles, dont la lecture vous permettra de découvrir ce que signifie :

"Porter le casque à la John Wayne", "Porter son casque à la John Wayne" ou "Porter un casque à la John Wayne".

L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)

Les soldats états-uniens du corps des Marines qualifiaient ainsi, à compter des années 1950, le fait de porter son casque sans attacher la mentonnière.

L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Le jour le plus long" de Ken Annakin, Andrew Marton, Bernhard Wicki, Gerd Oswald et Darryl F. Zanuck (1962)
"Porter son casque à la john Wayne" : L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Le jour le plus long" de Ken Annakin, Andrew Marton, Bernhard Wicki, Gerd Oswald et Darryl F. Zanuck (1962)
L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)
"Porter son casque à la John Wayne" : L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)

Et cela à l'instar de l'acteur états-unien John Wayne, dans la plupart des plans des films où il incarnait un militaire, qu'il soit marine, marin, parachutiste ou soldat.

"Porter son casque à la John Wayne" : L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Opération dans le Pacifique" de George Waggner (1951)
L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Opération dans le Pacifique" de George Waggner (1951)

Sur un sujet contigu, je vous recommande deux de mes autres articles, dont la lecture vous permettra de découvrir ce que signifie :