"Colomb-Béchar".

Localisation de la ville de Béchar (Algérie)

Il s'agit du nom colonial de la localité algérienne de Béchar, située dans le Sud-oranais.

La ville coloniale de Colomb-Béchar, en Alhérie française

La Poste de Colomb-Béchar, dans les années 1920
La Poste de Colomb-Béchar, dans les années 1920

Située à 1 150 km au Sud-Ouest de la capitale Alger, à 852 km au Nord-Est de Tindouf et à environ 80 km à l'Est de la frontière marocaine, elle est la plus grande ville du Sud-Ouest algérien, et sa population est de 172 000 habitants.

"Colomb" était le nom de l'officier français qui la découvrit en 1870 : le général Louis Joseph Jean François Isidore de Colomb (6 janvier 1823 - 18 novembre 1902).

Le général de division français Louis Joseph Jean François Isidore de Colomb (6 janvier 1823 - 18 novembre 1902)
Le général de division français Louis Joseph Jean François Isidore de Colomb (6 janvier 1823 - 18 novembre 1902)

Ce militaire effectua toute sa carrière en Algérie, où il se distingua à plusieurs reprises. Général de Division, il commanda le 15ème Corps d'Armée et fut mis à la retraite en 1888.

La prise du Ksar Béchar datant de 1903, et la mort du Général Colomb en 1902 incita les autorités françaises à lui donner son nom.

L'aventure spatiale française a débuté à Colomb-Béchar

C'est en effet depuis l'Algérie que la France devint la troisième puissance spatiale avant de rendre les clés de ses champs de tir sahariens le 1er juillet 1967.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les militaires français cherchaient un lieu pour expérimenter de nouveaux systèmes d'armes.

Leur choix se porta sur l'oasis de Colomb-Béchar en Algérie française, dans la partie Ouest du Sahara.

Occupée depuis 1906, la région était une porte ouverte sur le vaste monde saharien. Idéale pour y tester discrètement des missiles sans mettre en danger les populations, celle-ci disposait de grandes richesses minières (charbon, manganèse), d'une main-d'oeuvre qualifiée (française, italienne et espagnole) et d'importants axes de communication (pistes, routes, aérodrome, ligne de chemin de fer "Mer-Niger" jusqu'à Oran).

Véritable havre de prospérité, Colomb-Béchar offrait - du moins pour les Européens - un niveau de vie plus élevé qu'en métropole.

L'armée de terre y implanta le 24 avril 1947 le CEES (Centre d'Essais d'Engins Spéciaux), qui devint l'année suivante un centre interarmées sous le nom de CIEES (Centre Interarmées d'Essais d'Engins Spéciaux). Les premiers champs de tir furent aménagés entre 1949 et 1952.

En pleine guerre d'Algérie, entre 1959 et 1963, quatre champs de tir supplémentaires spécifiques furent aménagés à "Hammaguir", un endroit plat, situé en plein désert, à 120 km au Sud-Ouest de Colomb-Béchar. "Hammaguir" est un mot inventé créé par les militaires français, à partir du mot arabe "Hamada", désignant les plateaux du Sahara et de "Guir", un oued voisin :

  • "Bacchus" pour les fusées-sondes à propergols liquides et solides (Agate, Bélier, Centaure, Dragon, Rubis, Topaze, VE10 Aigle),
  • "Blandine" pour les fusées-sondes à propergol liquide (Véronique, Vesta),
  • "Béatrice" pour des engins testés en coopération (sol-air Hawk américain, fusée Cora pour le lanceur européen Europa),
  • et "Brigitte" pour le lanceur de satellites Diamant A et le programme de fusées expérimentales de la série des Pierres précieuses Agate, Émeraude, et les missiles MSBS M1, Saphir, SSBS S1 ou VE10 Aigle.
Pas de tir Brigitte qui lança en orbite le satellite "Astérix" en 1965
Pas de tir Brigitte qui lança en orbite le satellite "Astérix" en 1965

Avec l'indépendance algérienne, et malgré la proposition du nouvel État de rester, la France décida de quitter le Sahara. Elle craignait que Hammaguir fît l'objet de pressions et s'imaginait mal procéder à des essais en plein coeur d'un État indépendant. Dès lors, le ministre des Armées Pierre Messmer décida le 4 juillet 1962 de transférer progressivement les essais militaires près de Biscarrosse (40), dans les Landes, au plus tard le 1er juillet 1967.

En 1964, il fut par ailleurs décidé que les lancements spatiaux se feraient à partir de 1967 depuis la Guyane française (973). En attendant, les essais continuèrent et de manière spectaculaire.

Tous les ans, plusieurs centaines d'engins furent expérimentés : des missiles, des fusées météorologiques, des fusées-sondes spatiales (avec parfois à leur bord des petits animaux).

Le 26 novembre 1965 ce fut au tour de la fusée Diamant A de décoller et de placer sur orbite "Astérix", le tout premier satellite français.

La France devint alors la troisième puissance spatiale. Quelques mois avant de rendre les champs de tir, deux fuséees Diamant furent lancés en février 1967. Puis les activités de lancement déclinèrent rapidement. Vint ensuite le temps du démantèlement ; tous les instruments de mesure, de suivi et les matériels de télécommunication furent ramenés en métropole.

Le 1er juillet 1967, le général Yves Hautière, le dernier directeur du CIEES, remit officiellement les champs de tir aux autorités algériennes, ainsi que le prévoyaient les accords d'Évian signés en mars 1962.

Une page se fermait, après que plus de 270 fusées aient été lancées depuis ce site.

La base spatiale de Colomb-Béchar

Bien que le site soit inhabité depuis 45 ans, les installations sont toujours en place et notamment le pas de tir de la fusée Diamant.

Sources : www.capcomespace.net, gw.geneanet.org, military-photos.com et lhistoire.fr

"Une arconada".

Les joueurs français Luis Hernandez et Bernard Lacombe, en joie après l'incroyable bourde du gardien de but espagnol Luis Arconada, qui, le 27 juin 1984 à Paris (75), ne parvient pas à maîtriser le ballon, sur un coup franc tiré par Michel Platini

Ce mot fait référence au nom de l'ancien gardien de football international espagnol Luis Miguel Arconada Etxarri, né le 26 juin 1954.

Et il désigne malheureusement pour lui, depuis le 27 juin 1984 : une boulette ou bourde de gardien.

On le sait, l'histoire est souvent cruelle. Et elle l'est tout particulièrement avec ce très grand joueur, en retenant presque exclusivement son erreur lors de la finale de l’Euro 1984. Cet homme qui a causé le chagrin de l’Espagne et laissé son nom à la postérité pour cette bourde était pourtant un excellent gardien.

Cet enfant du Pays Basque brillait chaque semaine sur les pelouses de Liga avec son club, la Real Sociedad. Il a d’ailleurs conduit son club de San Sebastian (Pays Basque) (Espagne) au sommet du football espagnol en remportant consécutivement deux fois le championnat (1981-1982) et en étant désigné meilleur gardien de la Liga.

Le gardien de but espagnol Luis Arconada

Du haut de son petit mètre 78, Luis Arconada impressionnait par sa détente et son explosivité. Surtout, il savait rassurer sa défense et bénéficiait d’une confiance aveugle de la part des supporters de la Real Socieda, qui avaient l’habitude d’employer la formule "No pasa nada, tenemos a Arconada" ("Il n’y a rien à craindre, nous avons Arconada").

Ses meilleurs arrêts :

International espagnol depuis 1977 et jusqu'en 1985 (70 sélections), Luis Arconada connaît l'apogée avec la Roja lors de l’Euro 1984. Capitaine de l'équipe d'Espagne, il est cet été là considéré comme le meilleur portier du tournoi et ne cesse de le démontrer au cours de la compétition.

En finale face à la France, le duel tant attendu entre le capitaine espagnol, Luis Arconada, et le capitaine français, Michel Platini, a bien lieu.

Le coup franc de Michel Platini et la bourde de Luis Arconada

À la 55e minute de ce France-Espagne, dans un Parc des Princes plein à craquer, les Bleus de Michel Hidalgo obtiennent un coup franc à l’entrée de la surface de réparation. Alors que le score est toujours nul et vierge entre les deux équipes, Michel Platini s’élance et frappe du droit.

Le 27 juin 1984, en finale de l'Euro, le coup franc de Michel Platin qui vaudra au malheureux Luis Arconada de voir son patronyme entrer dans le lexique international du football...
Le 27 juin 1984, en finale de l'Euro, le coup franc de Michel Platini qui vaudra au malheureux Luis Arconada de voir son patronyme entrer dans le lexique international du football...

Luis Arconada qui semblait avoir capté le ballon, le voit en réalité, glisser sous son corps.

Cela fait 1-0 pour l’équipe de France, pour la plus grande joie des Bleus, mais une bien cruelle désillusion pour le pauvre Arconada.

Un second but français marqué dans le temps additionnel par Bruno Bellone, délivre enfin le peuple français, encore traumatisé par la dramatique "Nuit de Séville" du 8 juillet 1982 : une terrible défaite aux tirs au but face à l'Allemagne, en demi-finale de la Coupe du monde jouée en Espagne, après avoir mené 3-1, en marquant deux buts dans les dix premières minutes de la prolongation, s'ouvrant ainsi la route - pensions-nous tous alors - vers la première finale de notre histoire.

Mais l’Espagne toute entière voit s'envoler ses rêves de sacre.

Le résumé de la finale France-Espagne (2-0) :

Arconada, héros de la demi-finale face au Danemark, devient le symbole de cet échec.

Difficile à avaler pour l’ancien gardien, même des années après : "Le poste de gardien, c’est pour le bon comme pour le mauvais côté. Mais le plus dur, c’est que les gens se souviennent de moi seulement pour cette action" a-t-il expliqué, il y a quelques années à la télévision espagnole.

Sources : labeautedufootball.com et www.football-vintage.com

"Une charlotte" ou "Une Charlotte".

Ce substantif féminin en forme de prénom féminin peut avoir en français au moins six significations différentes :

  • une sorte de bonnet féminin, populaire dans les classes modestes du XVIIIe au XIXe siècle, et considérée comme le précurseur de la capote.

Fréquemment portée en Lorraine, la charlotte est née d'une évolution du bonnet auquel furent ajoutés des bords et des liens pour le nouer sous le cou. Elle servait à cacher les cheveux afin d'indiquer la respectabilité. Et elle était souvent portée comme bonnet d'intérieur au XVIIIe siècle .Tandis qu'on la portait couramment sous un chapeau de paille en été.

Elle se confectionnait en batiste ou en mousseline, avec une bordure froncée.

Dès le milieu du XVIIIe siècle, les liens furent remplacés par des rubans.

Et au cours du XIXe siècle, on lui ajoute des bords derrière et sur les côtés, afin de couvrir la nuque, préfigurant ainsi la capote mais sans amidon.

Une fillette portant une charlotte

  • un bonnet jetable à élastique, recouvrant les cheveux pour des raisons d'hygiène.Cet EPI (Equipement de Protection Individuelle) est utilisé dans certaines industries (en particulier les industries agro-alimentaires, pharmaceutiques et parfois chimiques) et en chirurgie,

Une femme portant une charlotte jetableUne charlotte jetableDes charlottes jetables

  • un type de dessert moulé, de forme cylindrique ou tronconique, d'environ 10 cm de hauteur, formé d'une croûte faite de biscuits à la cuillère (ou des boudoirs), ou de tranches de pain, ou encore d'une génoise, et dont le centre est garni soit de fruits, soit d'une crème.

L’origine de ce dessert est incertaine, mais il se dit qu'il aurait été inventé en l'honneur de Sophie-Charlotte de Mecklembourg-Strelitz (19 mai 1744 - 17 novembre 1818), épouse du roi Georges III et, à ce titre, reine du Royaume-Uni, de 1761 à 1818, sous le nom de "reine Charlotte".

Sophie-Charlotte de Mecklembourg-Strelitz (19 mai 1744 - 17 novembre 1818), épouse du roi Feorges III et, à ce titre, reine du Royaume-Uni, de 1761 à 1818, sous le nom de "reine Charlotte"

À l'origine, la Charlotte aux fruits (pomme, poire, ou pêche), aux tranches de pain beurré, était servie chaude avec le thé chez les Anglais ; puis un cuisinier anglais a légèrement changé la recette et notamment son service froid.

De nos jours, on sert la Charlotte froide, on utilise les biscuits et on farcit d'une crème ou d'une mousse, aux fruits (fraise ou poire essentiellement) ou au chocolat.

Une Charlotte aux fruits
Une Charlotte aux fruits
Une charlotte aux fraises
Une charlotte aux fraises
Une Charlotte au chocolat
Une Charlotte au chocolat
  • une variété de fraise ronde, produite de juin à septembre,

Des fraises Charlotte

  • une variété de pomme de terre mise sur le marché en 1981,

Pommes de terre Charlotte

Une rose Charlotte

Sources : wikipedia.org et wiktionary.org

"Le homburg", "Le Eden" ou "Le chapeau du parrain".

Chapeau "Homburg" rebatipsé "Eden" par les tailleurs londoniens

Ces différentes appellations désignent toutes un seul et même type de couvre-chef masculin d'origine allemande, popularisé depuis la fin du XIXe siècle.

De forme arrondie, ce chapeau semi-rigide en feutre de laine se caractérise par une "gouttière" centrale sur le dessus, par un large gros-grain en soie et par un bord ourlé. Il est en général de couleur grise ou foncée.

Chapeux "Homburg", rebatipsés "Eden" par les tailleurs londoniens

Le homburg est considéré comme relativement "habillé" (moins que le haut-de-forme mais davantage que le fédora), et il impose le port d'un costume. En principe, il ne comporte pas de creux latéraux, mais on peut pincer le tissu pour lui donner une allure plus décontractée.

  • Il doit son nom de homburg à la ville de Bad Homburg vor der Höhe, dans le Land de Hesse, d'où il est originaire.

Localisation de la ville allemande de BadHomburg vor der Höhe (Hesse)

C'est lors de l'une de ses nombreuses cures dans cette ville, au cours des années 1890, que le prince de Galles, futur roi Édouard VII, découvrit ce chapeau. Il en rapporta un exemplaire et décida d'en lancer la mode.

Le roi d'Angleterre Édouard VII, coiffé d'un homburg

On a ainsi souvent vu le Premier ministre britannique Winston Churchill coiffé d'un homburg.

Le Premier ministre britannique Winston Churchill, coiffé d'un chapeau "Homburg"

  • Mais, dans les années 1930, le ministre britannique des affaires étrangères Anthony Eden porta si souvent le homburg en public que ce chapeau fut surnommé le "Eden" chez les tailleurs londoniens.

Le ministre britannique Anthony Eden, coiffé de son éternel chapeau "Homburg", rebatipsé "Eden" par les tailleurs londoniensLe ministre britannique Anthony Eden, coiffé de son éternel chapeau "Homburg", rebatipsé "Eden" par les tailleurs londoniensLe ministre britannique Anthony Eden, coiffé de son éternel chapeau "Homburg", rebatipsé "Eden" par les tailleurs londoniens

  • Enfin, le homburg connut un regain de popularité dans les années 1970, après que l'acteur Al Pacino l'ait porté dans le film "Le parrain" de Francis ford Coppola, en 1972, ce qui lui vaut parfois le sobriquet de "Chapeau du Parrain".

L'acteur états-unien Al Pacino, dans le film états-unien "Le parrain", de Francis Ford Coppola (1972)

Certains Juifs orthodoxes portent un chapeau de type homburg, au bord plus large et de couleur noire.

Chapeau juif orthodoxe de type homburg

Sources : wikipedia.org

"Un col mandarin" ou "Un col Mao".

Une veste portant un "col Mao"

Ces deux locutions nominales masculines parfaitement synonymes désignent un type de col originaire de Chine, se distinguant par son pied-de-col ouvert au niveau de la gorge.

Ce col non fermé à vocation décorative se présente comme une alternative originale au classique col retombant, ou col boutonné.

Élégant et original avec ses pans de col qui s’embrassent au lieu de se chevaucher, il met le port de tête en valeur et offre une grande liberté de mouvement.

Dans la tradition chinoise, les pans de col sont fermés à la base du cou grâce à une passementerie. En Chine, on le retrouve tantôt sur les tuniques, tantôt intégrés aux kimonos en soie.

Et chez nous sur les vestes.

Une veste portant un "col Mao"

Ou sur les chemises.

Chemise "col Mao ou "col mandarin"

Le nom de "col Mao" est naturellement hérité du nom de l'homme d'État chinois Mao Tsé-Toung, fondateur de la République populaire de Chine, qui lui préférait pourtant souvent la veste à col retombant.

Le dirigeant communiste chinois Mao Tsé-Toung jeune (1893-1976), portant un "col Mao"
Le dirigeant communiste chinois Mao Tsé-Toung jeune (1893-1976), portant un "col Mao"

Comme elle ne dispose pas d’un col boutonné, et que de surcroît elle est ouverte au niveau du pied de col, la chemise col Mao pour homme se porte toujours sans cravate. Et si elle est à l’origine considérée comme exotique, elle a été largement démocratisée depuis les années 1960, d’abord par les étudiants, puis par des créateurs reconnus.

Elle se porte facilement avec une tenue de ville et offre une alternative décontractée et confortable aux autres types de col, tout en restant suffisamment élégante pour être portée sur le lieu de travail.

Le 17 avril 1985, la veste col Mao arborée par le ministre de la Culture Jack Lang au sein de l'hémicyle avait suscité une polémique, le ministre socialiste ne portant pas de cravate visible.

Source : www.hast.fr

"Le Littré".

"Le dictionnaire de la langue française", plus communément appelé "Le Littré"

On désigne ordinairement sous ce nom "Le Dictionnaire de la langue française", un dictionnaire écrit par Émile Littré et publié entre 1863 et 1872 pour sa première édition.

Émile Littré est un médecin français, lexicographe, philosophe et homme politique (il fut notamment député et sénateur sous la IIIe République), né le 1er février 1801 et mort le 2 juin 1881.

Le lexicographe français Émile Littré, médecin, philosophe et homme politique (1 février 1801 - 2 juin 1881) photographié par Félix Nadar

Son "Dictionnaire de la langue française" est d'abord conçu en 1841 comme un dictionnaire étymologique qui serait publié chez Hachette.

Le projet se transforme en 1846 en un dictionnaire étymologique, historique et grammatical, pour finalement adopter son modèle définitif. Pour cette réalisation, Littré fait appel à des collaborateurs bénévoles, ainsi qu'à une équipe de lecteurs, qui inscrivent, sur de petits papiers portant en tête le mot et l'exemple, les phrases relevées.

Littré présente ainsi son dictionnaire dans la préface : "Je n'ai prétendu à rien de moindre qu'à donner une monographie de chaque mot, c'est-à-dire un article où tout ce qu'on sait sur chaque mot quant à son origine, à sa forme, à sa signification et à son emploi, fût présenté au lecteur. Cela n'avait pas encore été fait".

En ce qui concerne le choix des mots à inclure, Littré ne se contente pas de reprendre les mots figurant dans le Dictionnaire de l'Académie, dont l'édition la plus récente datait de 1835, mais intègre les mots trouvés dans la littérature des XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi que des termes techniques, des néologismes et des mots de la langue parlée.

Ainsi le dictionnaire intègre dans sa version la plus complète près de 80 000 entrées, ce qui en fait le dictionnaire le plus complet de son époque. Il innove aussi en organisant les articles selon un ordre à la fois logique et historique. Les articles présentent une étymologie de chaque mot (telle qu'elle était connue ou supposée par Littré, qui n'avait pas de formation philologique), les différences sémantiques entre plusieurs synonymes, des remarques grammaticales sur le bon usage, et de nombreuses citations littéraires. Celles-ci sont la principale raison de la réputation de l'ouvrage et ont contribué à en faire un des monuments les plus remarquables élevés en l'honneur d'une langue vivante.

On a en revanche critiqué le côté puriste de l'ouvrage, qui recommande parfois des prononciations tombées en désuétude et se montre peu accueillant vis-à-vis des termes techniques. Comme le remarquait déjà son contemporain Pierre Larousse : "Souvent entre deux mots qui se suivent, chez M. Littré, pourraient s'en glisser une vingtaine d'autres qui, sans être usuels, devraient occuper une place dans un dictionnaire aussi volumineux.

Outre ces lacunes de la nomenclature et les insuffisances du savoir étymologique, les spécialistes déplorent "le désordre du classement et l'absence de référence aux grands écrivains du XIXe siècle". Dépassé sur le plan lexicologique, ce dictionnaire survit cependant à titre de monument élevé à la "religion de la langue" et continue à procurer à ceux qui le consultent "un plaisir intense, subtil (et) indispensable" selon le lexicographe Alain Rey.

"Le Dictionnaire de la langue française" est publié par Hachette entre 1863 et 1872 pour la première édition ; et entre 1873 et 1877 pour la seconde édition. Il compte quatre volumes, auxquels s'est ajouté un Supplément, comprenant des néologismes et des ajouts, suivi d'un dictionnaire étymologique des mots d'origine orientale (arabe, hébreu, persan, turc, malais), par Marcel Devic.

Une version abrégée, connue en France sous le nom de "Petit Littré", et au Canada sous celui de "Littré-Beaujean", a été publiée en 1874 par le principal collaborateur de Littré, Amédée Beaujean.

Au XXe siècle, "le Littré" a connu de nombreuses éditions, notamment aux Éditions Jean-Jacques Pauvert (1956), au
Club français du livre (1956-1958), aux Éditions du Cap (1969) ainsi qu'aux Éditions Encyclopaedia Britannica (1974 et 1997).

Dictionnaire Littré

Une version mise à jour et augmentée de la version abrégée de 1874 est publiée à partir de 2004 sous le nom de "Le Nouveau Littré" et "Le Nouveau Petit Littré".

Le nouveau petit Littré

Le nouveau Littré 2006

Cependant, les versions contemporaines du Littré, en particulier les collections en plusieurs volumes (datant des années 1960 et au-delà), sont tout à fait différentes de l'édition originale, en se démarquant sur les points suivants : simplification sémantique de beaucoup d'articles, ce qui se traduit par la disparition de remarques grammaticales, des différences entre les divers synonymes, et surtout suppression pure et simple de l'étymologie des mots.

D'autre part, la disposition typographique et l'organisation des articles dont le principal souci était la clarté des divers sens d'un mot (marquée par des paragraphes bien séparés dans l'édition originale) n'est plus reproduite dans le Nouveau Littré.

Enfin, à partir de son édition 2006, le Nouveau Littré a intégré toutes les rectifications orthographiques de 1990.

Source :  wikipedia.org

"Un laïus" ou "Faire un laïus".

J'aime beaucoup le petit substantif masculin latin "Laïus", qui désigne :

  • dans le langage courant : un petit discours,

On dit par exemple : "Pour la cérémonie des voeux, le président va encore nous faire son laïus habituel".

  • mais surtout, dans le registre familier, où on l'utilise de façon péjorative, afin de discréditer l'orateur (ou l'auteur) : une allocution, un discours (ou un texte) souvent long, creux, vague ou emphatique, dont le ton ampoulé et la banalité des propos tenus sont ennuyeux pour l'auditoire ou le lectorat.

On dit par exemple : "Avec J'aime les mots, je m'efforce de founir des définitions et des explications simples et claires, plutôt que des laïus du type de ceux que fournissent parfois certains blogues ou sites".

On l'ignore souvent, mais ce mot "laïus" nous vient du nom latin de "Laïos", un personnage de la mythologie grecque, fils de Labdacos, roi de Thèbes, et père... d'Oedipe !

Et le sens actuel du mot "laïus" ainsi que de la locution verbale "Faire un laïus" remonte au concours d'entrée à l’École polytechnique organisé en 1804 (année de sa militarisation par Napoléon 1er).

Cette année-là, en effet, on proposa aux candidats comme sujet de composition "Le Discours de Laïus. Imaginez la réponse de Laïus à Oedipe" (*), lorsque ceux-ci se croisèrent sans se connaître sur une route étroite et se querellèrent au sujet de la priorité.

Ce sujet eut un vif succès, et les candidats, particulièrement inspirés, écrivirent de nombreuses pages d'une qualité très variable, justifiant ainsi, par la suite, le sens du mot "laïus", qui signifia d'abord pour les élèves toute composition ou dissertation, pour ensuite passer dans le langage courant, avec la définition que nous lui donnons actuellement.

Rappel du mythe :

Laïos n'a qu'un an à la mort de son père, Labdacos, roi de Thèbes, et la régence est donc confiée à son grand-oncle Lycos. Lorsqu'il atteint sa majorité, Laïos, au lieu de monter sur le trône, est chassé de Thèbes et trouve asile auprès du roi Pélops.

Celui-ci lui confie son fils Chrysippe, en lui demandant de lui apprendre l'art de conduire un char. Laïos s'éprend de son jeune élève, l'enlève pendant une course de chars et le viole. Accablé de honte, Chrysippe se serait alors pendu. Selon une autre version, il aurait été assassiné par ses demi-frères à la demande de leur mère Hippodamie. Pélops appelle alors sur Laïos la malédiction d'Apollon.

Après que Zéthos- qui régnait sur Thèbes avec son jumeau Amphion- s'est donné la mort, Laïos devient roi de Thèbes et épouse Jocaste. Mais un oracle de Delphes avertit Laïos que si un héritier mâle lui naît, celui-ci tuera son père et épousera sa mère. Laïos, prudent, se garde alors de toute relation avec son épouse. Une nuit pourtant, sous l'emprise de la boisson, il fait l'amour avec Jocaste. Et de leur union naît un fils : Oedipe. Pour conjurer l'oracle, il fait exposer l'enfant sur le mont Cithéron. Mais Oedipe est recueilli par un berger qui le confie au roi de Corinthe, Polybe. Et Oedipe est donc élevé loin de Thèbes, dans l'ignorance de sa véritable origine et de son adoption.

Des années plus tard, Oedipe apprend par l'oracle de Delphes que sa destinée est de tuer son père et d'épouser sa mère. Croyant être le fils naturel de Polybe, il décide de s'enfuir loin de Corinthe afin d'empêcher l'accomplissement de la prophétie.

Mais lors de sa fuite, il croise son père biologique, Laïos, sur une route étroite. Oedipe laisse passer le convoi du roi de Thèbes, mais les deux personnages se querellent au moment de décider qui devra garer son char sur le côté pour laisser passer celui de l'autre (dans une autre version, un écuyer tue l'un de ses chevaux). Une bagarre éclate alors, au cours de laquelle Laïos est tué par son propre fils. Ainsi, la première partie de la malédiction se réalise-t-elle.

(*) : L'enseignement des mythologies grecque et romaine étant devenu ce qu'il est, je frémis à l'idée des copies que nous rendraient les candidats actuels... mais on va encore me traiter de dinosaure et de vieux ronchon !

Sources : Google, www.linternaute.fr, wikipedia.fr et www.larousse.fr

"Le français" et "Le Français".

  • "Le français" (avec un "f" minuscule) est une langue indo-européenne de la famille des langues romanes. Elle s'est formée en France et a été déclarée langue officielle en France en 1539.

Le français est parlé, en 2018, sur tous les continents par 280 à 300 millions de personnes : 235 millions l'emploient quotidiennement, et 80 à 90 millions en sont des locuteurs natifs (il s'agit de leur langue maternelle). En 2018, 80 millions d'élèves et étudiants s'instruisent en français dans le monde. Selon l'OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), il y pourrait y avoir 700 millions de francophones dans le monde en 2050, compte tenu notamment de la croissance démographique du continent africain.

Le français est une des six langues officielles ainsi qu'une des deux langues de travail (avec l'anglais) de l'ONU (Organisation des Nations Unies). Il est aussi langue officielle ou de travail de plusieurs organisations internationales ou régionales, dont l’UE (Union Européenne). Et langue officielle de 29 pays.

Après avoir été, sous l'Ancien Régime, la langue des cours royales et princières, des tsars de Russie aux rois d'Espagne et d'Angleterre, en passant par les princes de l'Allemagne, il demeure une langue importante de la diplomatie internationale, aux côtés de l'anglais.

 Surnommé "la langue de Molière", le français est une langue dite "académique" et elle est le principal véhicule de la pensée et de la culture française dans le monde.

Son développement et sa codification présentent la particularité d'avoir été en partie l'oeuvre de groupes intellectuels, comme la Pléiade, ou d'institutions, comme l'Académie française.

Le français est la deuxième langue la plus souvent enseignée en tant que langue étrangère à travers le monde, y compris aux États-Unis, bien que spn enseignement y soit en nette régression.

Il est également la quatrième langue la plus utilisée sur internet après l'anglais, le mandarin et l'espagnol.

  • tandis que "Le Français" (avec un "F" majuscule), par ellipse de "Le Théâtre-Français", constitue le surnom de La Comédie-Française, une institution culturelle française fondée en 1680 et résidant, depuis 1799, salle Richelieu au coeur du Palais-Royal, dans le 1er arrondissement de Paris (75).
Le "Français" (Théâtre-Français) souvent appelé "Comédie-Française"
Le "Français" (Théâtre-Français) souvent appelé "Comédie-Française"

EPIC (Etablissement Public à Caractère Industriel et Commercial) depuis 1995, c'est le seul théâtre national en France disposant d'une troupe permanente de comédiens, la Troupe des Comédiens-Français.

Le "Français" (Théâtre-Français) souvent appelé "Comédie-Française"

Bien que mort depuis sept ans lorsque la troupe a été créée, Molière est considéré comme le "patron" de l'institution, surnommée "La maison de Molière".

Source : wikipedia.org

"Une redondance", "Un pléonasme", "Une périssologie" et "Une battologie".

Seuls les deux premiers de ces quatre termes sont généralement connus : le pléonasme et la redondance. Et ils sont les seuls à pouvoir être considérés comme des figures de style.

La périssologie et la battologie sont en effet des défauts et ne peuvent donc être employés à bon escient que dans des textes ironiques ou comiques.

Essayer de différencier les quatre n'est cependant pas chose aisée, une certaine confusion règnant clairement quant à ces quatre termes.

"Redondance" et "Pléonasme" sont, a priori, très proches, leur étymologie renvoyant à peu près aux mêmes idées d’excès, de trop-plein ou de surabondance.

"Une redondance" est une figure de style consistant en un redoublement de l’idée dans deux phrases ou membres de phrase.

Le mot procède du latin classique "redundans" ("qui déborde")

Il s'agit d'une abondance de répétitions, de développements, d’ornements, généralement considérée comme excessive, critiquée pour sa lourdeur, son obscurité, son emphase".

"Redondance" est donc un terme générique, ce que l'on nomme en linguistique un "hyperonyme", c'est à dire un mot dont le sens recouvre, par son degré de généralité, le sens d’autres mots, plus précis.

Et "Pléonasme" serait l’un de ses "hyponymes" (antonyme d’"hyperonyme").

Une redondance est un redoublement expressif de l’idée par deux phrases proches.

La redondance n’est pas nécessairement une erreur, elle apparaît comme justifiée lorsqu'il faut insister sur l’étrangeté d’une assertion. S’il y a redondance dans les mêmes termes, c’est une "homéologie" et si c’est en termes différents, une "macrologie".

En d’autres termes, la redondance est propre à de nombreux discours, à de nombreux échanges où il faut revenir sur un élément, préciser, reprendre, rappeler au risque de répéter les mêmes mots ("homéologie") ou de redire quelque chose d’approchant avec d’autres mots ("macrologie").

Elle est donc nécessaire, incontournable, vraisemblablement omniprésente.

"Un pléonasme est une figure de style consistant en un redoublement de l’idée dans deux mots du même membre de phrase.

Le mot procède du grec ancien "Pleonasmos" ("surplus, excédent").

Un pléonasme est un terme ou une expression qui ajoute une répétition (consciente ou inconsciente) à ce qui a été énoncé.

Par exemple lorsque le Tartuffe de Molière dit : "Je l’ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu, ce qui s’appelle vu…" (1669).

Contrairement à la redondance, le redoublement de l’idée se fait dans deux mots du même membre de phrase.

"Une périssologie est un vice d'élocution ("défaut") consistant en un pléonasme vicieux (avec d’autres termes).

La périssologie consiste en effet à ajouter une pensée déjà suffisamment exprimée d’autres termes qui sont surabondants.

Mais bien qu'il s'agisse d'un défaut, ce défaut - et c’est toute la richesse et la puissance créatrice de la langue - peut être mis à profit en littérature ou dans le discours pour obtenir par exemple un effet comique.

Cela peut par exemple être le cas de formules telles que "monter en haut" ou sortir dehors", dès lors qu'elles sont utilisées en connaissance de cause.

Car on a redoublement de l’idée dans deux mots du même membre de phrase (comme dans un pléonasme) mais également vice d’élocution (comme dans une battologie) puisqu’il y a déviance par rapport à une norme d’élocution.

Et "Une battologie" est un vice d'élocution ("défaut") consistant en une redondance excessive, injustifiée (avec reprise des mêmes termes).

Ils'agit d'une répétition inutile, oiseuse et fastidieuse des mêmes pensées sous les mêmes termes dans deux propositions proches.

Et le mot "Battologie" vient du nom de "Battos 1er", un ancien roi qui était bègue et qui fut le fondateur et premier roi de Cyrène (actuelle Libye), vers 630 av. J.-C.

Sources : wsrl.wordpress.com/2013/06/01/de-la-distinction-entre-redondance-pleonasme-perissologie-et-battologie/, www.cnrtl.fr, Littré et "Gradus Les procédés littéraires" (Bernard. Dupriez)

"Un John Wayne".

Ouvre-boîte états-unien P38 "John Wayne"

Il s'agit du surnom donné par les marines états-uniens à l'ouvre-boîte militaire P38, en référence à sa robustesse et à sa fiabilité ; qualités alors unanimement attribuées à l'acteur états-unien John Wayne, devenu durant les années 1940 et 1950 l'archétype du militaire viril et courageux.

L'acteur états-unien John Wayne dans le film "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)
L'acteur états-unien John Wayne dans le film "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)

Inventé en 1942 à l'occasion de l'entrée en guerre des États-Unis d'Amérique, il a fait partie des rations des soldats de l'armée des États-Unis jusque dans les années 1980.

Ouvre-boîte états-unien P38 "John Wayne"

Près de 80 ans plus tard, sa dimension réduite (38 mm de long), son faible poids (4,5 g), sa conception simplissime et sa robustesse légendaire font encore du P38 "John Wayne" un élément indispensable de la panoplie du soldat ou du randonneur.

Sur un sujet contigu, je vous recommande deux de mes autres articles, dont la lecture vous permettra de découvrir ce que signifie :

Source : ww.pecheurextreme.com

"Une John Wayne".

L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)

C'est ainsi que les soldats états-uniens du corps des Marines surnommaient un acte de bravoure, un fait d'armes ou une action héroïque, tel que par exemple la prise d'un nid de mitrailleuse.

En particulier dans les années 1950-1960, durant la guerre de Corée (25 juin 1950 - 27 juillet 1953) et pendant les premières années de la guerre du Vietnam (1er novembre 1955 - 30 avril 1975).

Et cela, bien sûr, en référence à l'acteur états-unien John Wayne, devenu, durant la Seconde Guerre mondiale, le symbole d'une certaine virilité.

L'affiche du film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)

L'affiche du film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)
L'affiche du film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)

Sur un sujet contigu, je vous recommande deux de mes autres articles, dont la lecture vous permettra de découvrir ce que signifie :

"Porter le casque à la John Wayne", "Porter son casque à la John Wayne" ou "Porter un casque à la John Wayne".

L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)

Les soldats états-uniens du corps des Marines qualifiaient ainsi, à compter des années 1950, le fait de porter son casque sans attacher la mentonnière.

L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Le jour le plus long" de Ken Annakin, Andrew Marton, Bernhard Wicki, Gerd Oswald et Darryl F. Zanuck (1962)
"Porter son casque à la john Wayne" : L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Le jour le plus long" de Ken Annakin, Andrew Marton, Bernhard Wicki, Gerd Oswald et Darryl F. Zanuck (1962)
L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)
"Porter son casque à la John Wayne" : L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)

Et cela à l'instar de l'acteur états-unien John Wayne, dans la plupart des plans des films où il incarnait un militaire, qu'il soit marine, marin, parachutiste ou soldat.

"Porter son casque à la John Wayne" : L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Opération dans le Pacifique" de George Waggner (1951)
L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Opération dans le Pacifique" de George Waggner (1951)

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