"Frapper un noeud" ou "Pogner un noeud".

Ces curieuses locutions verbales québecoises appartiennent au registre familier.

Et - à l'instar de notre formule "Tomber sur un os" - elles signifient, au sens figuré : rencontrer une difficulté imprévue, un obstacle insurmontable.

Elles évoquent en effet une personne qui, sciant du bois, tombe sur un noeud, ce qui lui complique inévitablement la tâche.

 

Un noeud dans un tronc d'arbre
Un noeud dans un tronc d'arbre

Source : wiktionary.org

Pourquoi dire : "Aujourd'hui il est fit" ?

Le journaliste sportif français Étienne Moatti

Comme a pu le déclarer, le 1er juillet 2021, le journaliste sportif français Étienne Moatti, dans l’émission vespérale "L’Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L’Équipe.

Et pas simplement en français : "Aujourd'hui il est EN FORME" !

On ne dit pas : "Ils ne peuvent pas nous mettre en risque" !

L'homme politique français Xavier Bertrand

Comme a pu le déclarer, le 7 juillet 2021, l'homme politique français Xavier Bertrand, sur la chaîne de télévision française d'information en continu BFM TV.

Mais : "Ils ne peuvent pas nous mettre en DANGER" !

Ou : "Ils ne peuvent pas nous FAIRE COURIR ce risque" !

"La plus belle conquête de l'homme" ou "La plus noble conquête de l'homme".

La plus belle conquête de l'homme : le cheval

Ces superbes périphrases désignent : le cheval, un grand mammifère herbivore et ongulé à sabot unique.

Et elles ont pour origine un propos du naturaliste français Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon, extrait de sa célèbre Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roi, parue de 1749 à 1789 : "Le cheval : la plus noble conquête que l'homme ait jamais faite".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Un cheval" en français.

"Le corned-beef".

Une boîte de corned-beef

Ce substantif masculin anglais désigne une préparation culinaire de viande de boeuf ayant joué un rôle important dans l'alimentation des soldats, des prisonniers et des civils, et se présentant sous deux formes :

  • soit en une pièce de viande (généralement la poitrine), dite "demi-sel", ayant été préparée dans une saumure,
  • soit en menus morceaux agglomérés de boeuf maigre, additionnés d'un mélange salant, moulés en forme de pain et mis en conserve, se consommant tel quel, en tranches ne se déchiquetant pas .

Dans les pays anglophones, "Corned beef" est le terme utilisé pour les deux formes.

Utilisation du mot dans les pays francophones

Tandis que dans les pays francophones, depuis la Seconde Guerre mondiale, "Corned-beef " ne s'applique qu'à la deuxième forme, commercialisée en boîte de conserve métallique.

Et on l'appelle souvent "Singe", une appellation née au XIXe siècle, lorsque les soldats français en poste en Côte d'Ivoire auraient été réduits à manger de la viande de singe.

On dit par exemple : "On a mangé du singe pendant des mois".

Étymologie et orthographe

Le mot "Corned-beef" vient de l’anglais "beef" ("viande de boeuf) et "corned" ("assaisonné de grains (corn) de sel", pour la conservation).

Cette appellation est apparue en anglais au milieu du XVIe siècle.

Et la forme "Corn'd-beef" est attestée dans les textes français, dès 1716,.

Historique

En 1881, sort le "Compressed cooked corned beef" en boîte de conserve, premier du genre, distribué par la société Liebig.

Le corned-beef s'est exporté rapidement dans le monde entier.

Dès la fin du XIXe siècle, il est consommé dans l'armée et la marine de toutes les grandes nations de l'époque, même s'il est peu apprécié des soldats. Ces viandes gélatineuses, cuites dans leur jus, ne sauraient en effet être comparées à la viande fraiche bouillie, et encore moins à la viande rôtie.

Mais le corned-beef constitue une alternative efficace au bétail sur pied. Difficile à nourrir en déplacement, celui-ci supporte en effet difficilement les longs transports, perd poids et qualité, et arrive parfois malade.

Seconde Guerre mondiale

Le corned-beef a joué un rôle non négligeable dans la Seconde Guerre mondiale.

Il appartenait à la ration K (ration de nourriture individuelle de combat des soldats états-uniens, qui le surnommaient souvent "Corned-Willy").

Et malgré les problèmes nutritionnels qu'il a posé à ceux qui la consommaient trop longtemps, il a largement contribué à résoudre le problème du ravitaillement en campagne.

Il a fait partie de l'aide économique fournie par les Anglo-Saxons à l'URSS dès 1941.

Et par sa distribution aux populations, là ou les soldats états-uniens arrivaient, il a promu une image positive des États-Unis d'Amérique et de leur mode de vie, et a modifié celui de nombreuses populations.

Et cela, que ce soit dans des parties du monde indirectement touchées par le conflit né en Europe, ou en Europe, lors de la libération de populations qui avaient souffert de la faim.

Une ration de corned-beef ouverte
Une ration de corned-beef ouverte

Connotation négative

L'usage répétitif du corned-beef par les soldats en campagne a cependant créé une lassitude décrite notamment par Hugh C. Hulse, militaire en 1918-1919, expliquant que le partage d'un seul navet pour deux personnes a pu être préféré à la ration de viande en boite et de pain du déjeuner.

La texture fait parfois comparer cette viande à une sorte de pâté pour chats.

L'odeur en est jugée rance, et le corned-beef devient peu à peu le symbole négatif d'une nation dominante - les États-Unis d'Amérique - que ce soit par rapport à l'Europe ou par rapport à l'Afrique.

Il constitue le plus souvent une nourriture pour les gens peu fortunés. Et on le retrouvait encore, dans les années 1990, dans les cantines françaises pour SDF (Sans Domicile Fixe), comme dans les prisons.

Source : wikipedia.org

"Au regard de" ou "Au regard des".

J'aime beaucoup employer cette locution prépositive qui relève du registre soutenu et qui signifie, selon le contexte: compte tenu de/s, par rapport à/aux, eu égard à/aux, en considération de/s, en comparaison de/s.

On dit par exemple : "Au regard de mes revenus, le coût de cette réparation est vraiment très élevé".

Ou : "Je ne suis pas inquiet pour les résutats de ma fille à ce concours, au regard de son excellent niveau".

Sources : www.linternaute.fre et www.academie-francaise.fr

Malgré une fréquentation catastrophique depuis une semaine (- 6 %, du jamais vu depuis deux ans !), J’aime les mots a fêté ce 8 juillet 2021, son 600 000e visiteur différent dans 205 pays ou territoires.

Ce chiffre a été atteint 40 jours après avoir célébré le 500 000e lecteur différent, le 29 mai 2021.

Alors qu’il avait fallu 450 jours pour fêter le 100 000e, le 22 septembre 2020.
Puis 89 jours pour atteindre le 200 000e, le 20 décembre 2020.
68 jours pour atteindre le 300 000e, le 26 février 2021.
50 jours pour atteindre le 400 000e, le 17 avril 2021.
Et 42 jours pour atteindre le 500 000e, le 29 mai 2021.

J'aime les mots compte à ce jour, 8 juillet 2021 :

  • 7 583 articles,
  • 6 570 photos,
  • 318 vidéos,
  • ainsi qu'un lexique exclusif de 4 215 mots.

Pourquoi dire : "Nos warriors de la mécanique sont en train de checker le faisceau électrique", "Le king des pièces anciennes" et "Électricité et moteur : checked" ?

Comme peut lamentablement le déclarer le commentateur de l'un des épisodes de l'émission "Vintage mecanic" diffusé le 3 juillet 2021, sur la chaîne de télévision française RMC Découverte.

Et pas simplement : "Nos GUERRIERS de la mécanique sont en train de VÉRIFIER le faisceau électrique", "Le ROI des pièces anciennes" et "Électricité et moteur : VÉRIFIÉS" !

On ne dit pas : "Les ITV que l'on peut réaliser" !

L'ancien champion cycliste français Thomas Voeckler, devenu consultant

Comme a pu le déclarer, le 7 juillet 2021, l'ancien champion cycliste français devenu consultant Thomas Voeckler, lors de la 11e étape du Tour de France 2021, Sorgues (84)-Malucène (84), qu'il commentait sur la chaîne de télévision publique française France 2.

Mais, à tout le moins : "Les InTerViews que l'on peut réaliser" !

Et idéalement : "Les ENTRETIENS que l'on peut réaliser" !

Pense-t-il vraiment que les téléspectateurs comprennent ce sigle, relevant du jargon journalistique ?

"Un kop".

Le kop de Boulogne, au Parc de Princes

Ce substantif masculin anglais est utilisé en français pour désigner, selon le contexte :

  • une tribune, souvent située derrière une cage de but, où se rassemblent les supporteurs les plus acharnés d'un club de football (ou de hockey sur glace).

Comme par exemple le kop de Boulogne, figurant en illustration de cet article, situé dans la tribune homonyme du Parc des Princes, le stade du PSG, situé dans le 16e arrondissement de Paris (75).

Implantation du Parc des Princes, avec la ville de Paris (75) à l'Est, la ville de Boulogne-Billancourt (92) à l'Ouest, et le quartier de la Porte d'Auteuil, au Nord
Implantation du Parc des Princes, avec la ville de Paris (75) à l'Est, la ville de Boulogne-Billancourt (92) à l'Ouest, et le quartier de la Porte d'Auteuil, au Nord

Ce nom de "tribune Boulogne" résulte de ce qu'elle est située au Sud-Est du stade, à proximité immédiate de la ville de Boulogne-Billancourt (92), la tribune Nord-Est étant appelée "Auteuil", du nom du quartier limitrophe (où se trouve le fameux "stade de la porte d'Auteuil" : Rolland-Garros), celle de l'Ouest "Présidentielle" ou "Borelli", du nom de l'ancien président du club Francis Borelli et celle de l'Est "Paris".

Plan du Parc de Princes, le stade du Paris Saint-Germain, à Paris (75)

 

  • ou bien : ces supporteurs eux-mêmes.

Le mot "Kop" fait référence à la bataille de Spion Kop qui se déroula en Afrique du Sud, lors de Seconde Guerre des Boers en 1900, qui vit la victoire des Boers face aux troupes britanniques.

Traumatisés  par cette défaite, les Britanniques baptisèrent alors plusieurs tribunes de stades sportifs du nom de "Spion Kop" puis, par ellipse "Kop ".

Et ce mot est resté pour désigner certaines tribunes de stades où se regroupent les supporters les plus actifs.

En néerlandais, "Spion" signifie "Regarder" ou "Espionner" ("Spioen", en afrikaans) et "Kop" signifie "Tête".

C'est la furie des combats sur le plan incliné de la colline qui a suscité ce rapprochement avec les tribunes populaires animées des stades de football.

Arsenal FC, club alors basé en plein milieu des arsenaux royaux de Woolwich, est le premier à adopter le terme en 1904, suivi, en 1905, par Birmingham City FC puis Liverpool FC.

Le kop de Liverpool
Le kop de Liverpool

Le kop de Liverpool

Sources : www.larousse.fr et wikipedia.org

"Comme deux comme deux ronds de flan".

Enfant, j'avais trouvé très amusante cette étrange locution adverbiale, en forme d'idiotisme numérique et d'idiotisme alimentaire.

Appartenant au registre populaire, son origine n'est pas vraiment établie, mais elle signifie, au sens figuré : ébahi, stupéfait, surpris, étonné, estomaqué, atterré, coi, frappé d'étonnement.

On dit par exemple: "Mon darron est resté comme deux ronds de flan quand je lui ai dit que j'avais eu un 6 en maths : je n'ai jamais eu une aussi bonne note en six années de collège !".

Ou : "Ma femme va en rester comme deux ronds de flan lorsqu'elle va découvrir que j'ai pensé à acheter du pain et à sortir la poubelle".

 

Sources : www.expressio.fr, www.languefrancaise.net et wiktionary.org