"Elle est bonne" ou "Être bonne".

Cette locution verbale polysémique signifie selon le contexte et le niveau de langue :

  • dans le langage courant : sa température convient parfaitement pour se baigner, en parlant de l'eau.

On dit par exemple : "Comment est  l'eau ?". "Elle est bonne".

"Elle est bonne !" : un homme teste la température de l'eau d'une piscine

  • dans le registre désuet, par ellipse de "bonne à tout faire" : elle est domestique, employée de maison.

On dit par exemple : "Que fait-donc ta nièce à Paris ?" "Elle est bonne".

Une bonne et son employeur
Une bonne et son employeur
  • et dans le registre vulgaire, par ellipse : elle est très jolie, "bonne à baiser".

On dit par exemple : "Elle est comment la meuf à Kevin ?" "Elle est bonne !".

"Elle est bonne" se dit par ellipse, dans le registre vulgaire, d'une très jolie femme, considérée comme "Bonne à baiser"

"Tomber sur le paletot".

J'aime beaucoup cette locution verbale en forme d'idiotisme textile et vestimentaire.

Appartenant au registre familier et au registre désuet, elle signifie :

  • au sens propre : assaillir, agresser à l'improviste, de façon brusque,

On dit par exemple : "Un gars m'est tombé sur le paletot hier soir lorsque je retirais de l'argent au distributeur de billets".

  • et au sens figuré :
    • survenir par hasard, de façon totalement inattendue.

On dit par exemple : "Oui, je suis grand-père : ça m'est tombé sur le paletot il y a six mois !".

    • ou : insulter quelqu'un, le critiquer très violemment.

On dit par exemple : "Je n'ai rien compris à ce qui se passait : cette fille m'est tombé sur le paletot ce midi alors que je la connais à peine".

On dit également "Tomber sur le râble", "Tomber sur le poil" ou "Tomber sur le dos".

Source : wiktionary.org

 

"Au débotté".

"Au débotté", c'est à dire, au sens propre : lorsque l'on retire ses bottes

Cette locution adverbiale du langage courant en forme d'idiotisme vestimentaire signifie :

  • au sens propre, dans le registre désuet : au moment où l'on ôte ses bottes, où l'on se débotte.
  • par extension : au moment où l'on arrive ; chez soi ou à destination.
  • et au sens figuré : à l'improviste ; de façon inattendue ; sans préparation.

On dit par exemple : "Vous me prenez au débotté : je ne sais pas quoi vous répondre !".

Sources : wiktionary.org et www.expressio.fr

"Las" ou "Las" et "Un las".

Ces différents termes homographes ne doivent surtout pas être confondus :

  • "Las" :
    • - prononcé "la-ss" -  est une interjection de plainte, exprimant la douleur, le regret.

Équivalant à notre actuel "Hélas", elle appartient aujourd'hui  au registre désuet et au registre soutenu. Et je me plais personnellement à l'utiliser régulièrement.

On dit par exemple : "Je voulais absolument voir cette exposition. Las, je n'ai pas pu obtenir de billet".

    • - prononcé "la" - est un adjectif du registre soutenu signifiant :
      • qui éprouve trop de fatigue pour continuer une chose commencée ou même pour la commencer.

On dit par exemple : "Je suis trop las pour regarder un film ce soir".

      • qui est importuné jusqu’au dégoût par quelque chose ou par quelqu’un.

On dit par exemple : "Je suis las d'entendre des anglicismes à longueur de journée".

  • et "Un las" - prononcé "la" - est un substantif masculin désignant :
    • l'endroit de la grange où l'on stocke la récolte de céréales.
    • ou : une pelle en bois utilisée par les sauniers.

Source : wiktionary.org

 

"Gustatif" ou "Gustuel" et "Gustative" ou "Gustuelle".

Ces différents adjectifs parfaitement synonymes qualifient ce qui concerne ou ce qui se rapporte au sens du goût.

Et ils ont été formés à partir du latin "Gustus" signifiant "Goût".

  • "Gustatif" et "Gustative" appartiennent au registre soutenu.

On parle par exemple de "papilles gustatives" ou de "nerf gustatif".

  • "Gustuel" et "Gustuelle" ont été inventés au tournant du XIXe siècle par le gastronome français Jean Anthelme Brillat-Savarin (2 avril 1755 - 1er février 1826) et relèvent aujourd'hui du registre désuet.

On parle par exemple de "propriétés gustuelles" ou de "jouissances gustuelles".

Source : www.cnrtl.fr

"Une villégiature", "Un villégiateur" et "Une villégiatrice".

Une villa au bord du lac de Côme
  • J'aime beaucoup le subtantif féminin "Une villégiature", qui relève du registre soutenu et désigne :
    • un séjour de repos, pris à la belle saison dans un lieu de plaisance ou de tourisme : campagne, montagne, bord de mer ou ville thermale.

On dit par exemple : "Cet été, mon oncle sera en villégiature en Suisse".

L'opéra de Vichy (03)
L'opéra de la ville thermale de Vichy (03)
    • et par métonymie :
      • un lieu de séjour de vacances ; une maison où l'on va en villégiature.

On dit par exemple : "Mon grand-père possédait une superbe villégiature en Corse".

      • la durée pendant laquelle on est hors de chez soi ou d'un lieu habituel.

On dit par exemple : "Ce livre a été écrit durant une villégiature d'un an à la campagne".

  • Quant aux substantifs masculin "Un villégiateur" et féminin "Une villégiatrice", ils désignent, dans le registre désuet : l'homme ou la femme en villégiature.

Mais pas le "vacancier" ou la "vacancière". Ni le ou la "touriste".

La villégiature se distingue en effet des vacances, qui correspondent à une interruption des activités habituelles (congés payés, vacances scolaires) et n'impliquent pas systématiquement un déplacement depuis la résidence principale.

Et elle se distingue également du tourisme lorsque celui-ci est un tourisme de masse ou un tourisme itinérant.

Le terme "Villégiature" vient de l'italien "Villegiare" signifiant littéralement "Être dans sa maison". Et il est introduit dans la langue française en 1755 par l'abbé Prévost.

La villégiature est le lieu et le temps de l'oisiveté. Le terme a pour origine le concept, initié par les Vénitiens fortunés de la Renaissance italienne, de la résidence durant certaines parties de l'année (et notamment l'été) dans leurs villas de plaisance à la campagne, rappelant la pratique de l'"otium" dans les villas de Campanie durant l'Antiquité romaine.

Le concept de villégiature est directement associé à l'appartenance à une classe sociale privilégiée. De la résidence aristocratique à la maison de campagne, l'évolution de la pratique, à l'origine élitiste, indique son appropriation par les classes moyennes, les classes économiquement défavorisées en étant de fait exclues.

Les saisons de la villégiature varient au fil de l'histoire et des modes : des campagnes de la Renaissance elle se déplace vers les côtes aux hivers doux et vers les montagnes aux étés frais jusqu'au XIXe siècle. La tendance s'inverse au XXe siècle où les côtes deviennent des stations balnéaires estivales et les montagnes des stations de sport d'hiver.

Un hôtel de station thermale
Un hôtel de station thermale

La santé est souvent prétexte à l'éloignement des villes et donne à nouveau naissance à la pratique antique du thermalisme.

Sources : Le Robert, www.larousse.fr, www.cnrtl.fr et wikipedia.org

 

"Contendant" ou "Contendante" et "Contondant" ou "Contondante".

Ces deux adjectifs paronymiques du registre soutenu ne doivent surtout pas être confondus, car ils possèdent des significations fort éloignées :

  • "Contendant" ou "Contendante" - qui relève également du registre désuet - qualifie en effet : celui ou celle qui est acteur ou actrice d'une situation ; protagoniste d'un conflit ou d'un litige.

On parle par exemple d'un "héritier contendant" ou d'un "prince contendant".

Et d'une "partie contendante", dans le domaine juridique.

Le mot peut également être utilisé comme substantif : "Un contendant" ou "Une contendante".

On dit par exemple : "Il faudrait que l'un des contendants accepte de faire quelques concessions".

  • tandis que "Contondant" ou "Contondante" qualifie : ce qui meurtrit par écrasement, blesse par le choc, sans couper, ni percer, mais en produisant des contusions.

On parle par exemple d'un "objet contondant" ou d'un "outil contondant", lorsqu'une personne a utilisé un gros cendrier ou une statuette pour frapper et assommer ou tuer sa victime.

Et d'une "arme contondante", pour désigner une arme constituée d'un manche pour la prise en main et d'une partie opposée servant à asséner des coups écrasants et non tranchants.

Les gourdins, les masses d'armes, les massues, les marteaux d'armes et les bâtons de combat sont des armes contondantes.

Mais pas les pics à glace ou les haches.

Une arme contondante est

Sources : wikipedia.org et www.cnrtl.fr

"Un croulant" ou "Les croulants"

Adolescent, dans les années 1970, j'adorais ce substantif masculin qui désignait, dans le registre familier et désormais, je pense, dans le registre désuet :

Un vieillard atteint de camptocormie
Un vieillard atteint de camptocormie idiopathique
  • une personne très âgée, cassée par les ans, un vieillard,

On dit par exemple : "Tu l'a vu ce croulant, avec sa canne !".

Un quincagère

 

  • par extension : une personne d'âge mur,

On dit par exemple : "Dans mon quartier y'a qu'des croulants !".

"Les croulants", pour un adolescent, c'est à dire : les parents ou "les vieux"

  • et même, pour les adolescents : les parents, également appelés "les vieux".

On dit par exemple : "mes croulants ne veulent pas que j'aille au cinoche samedi prochain !".

Source : www.cnrtl.fr

"Prendre ses quartiers", "Prendre ses quartiers d'été" ou "Prendre ses quartiers d'hiver".

Ces différentes locutions verbales relèvent du registre militaire.

Et elles signifient :

  • "Prendre ses quartiers" : s'installer à demeure quelque part (registre désuet).

On dit par exemple : "Sitôt arrivé à la caserne, le nouveau lieutenant a pris ses quartiers".

  • "Prendre ses quartiers d'été" ou "Prendre ses quartiers d'hiver" :
    • au sens propre : s'établir dans un casernement (ou cantonnement) propre à passer l'été ou à hiverner, pour un militaire.
    • et par extension : s'installer là où l'on va passer la saison estivale ou la saison hivernale.

On dit par exemple : "Ma grand-mère a pris ses quartiers d'été à Biarritz (64)".

Sources : www.linternaute.fr et wiktionary.org

"Un tâcheron".

Ce substantif masculin désigne :

  • au sens propre, dans le langage courant : un petit entrepreneur travaillant le plus souvent à la tâche.

Cet usage du mot relève aujourd'hui du registre désuet.

  • et dans le registre familier : une personne travaillant énormément, avec application mais sans initiative, à des tâches sans prestige, exigeant surtout de la régularité et de l'application.

Sources : Le Robert et www.larousse.fr

"Babouiner".

Cet étrange verbe appartenant au registre désuet et au registre argotique signifiait autrefois, selon le contexte :

  • faire des singeries, faire le bouffon,
  • ou : manger.

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "mangeré et en particulier "Manger abondamment".

Sources : www.cnrtl.fr et wiktionary.org

"Discourir".

Ce verbe ne signifie absolument pas "prononcer un discours", ainsi que je l'entends malheureusement parfois, mais :

  • autrefois (registre désuet) : parler sur un sujet déterminé, en le développant de manière méthodique.
  • et de nos jours :
    • s'entretenir de choses diverses, échanger des propos sans chercher à approfondir le ou les sujets ; converser.
    • et, de façon usuelle et péjorative : parler longuement, inutilement ou avec recherche, de façon lassante pour ses auditeurs ; palabrer, pérorer.

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Bavarder".

Source : www.cnrtl.fr