Mots, locutions et expressions d’autrefois ou Le registre désuet
Cette collection réunit l’ensemble de mes articles consacrés à ces mots, locutions et expressions du registre désuet, utilisés autrefois mais souvent considérés comme vieillis ou passés de mode.
Nombre d’articles à paraître dans cette collection : 17
Nous disposons ainsi d'au moins 14 façons de dire "Une automobile" :
"Une tuture" relève du langage enfantin.
"Une bagnole", "Une caisse", "Une chignole" et "Une tire" appartiennent au registre argotique.
Et "Un taxi" au registre familier, de même que l'apocope "Une auto". Et, pour nos amis québecois : "Un char".
"Une voiture" relève du langage courant.
Tandis que "Un véhicule automobile" appartient au registre soutenu.
Et que les locutions nominales "Un véhicule particulier" (VP) ou "Un véhicule de tourisme" relèvent du jargon administratif et du jargonmercatique.
"Une titine" (registre familier) désigne uniquement une petite voiture. Tandis que "Une gamos" (registre argotique) désigne - pour les jeunes - un véhicule haut de gamme).
3 façons de dire "Une vieille automobile" :
"Un tacot" appartient au registre familier. De même que "Une guimbarde".
Et "Une teuf-teuf" (gémination) relève du langage enfantin.
et 8 façons de dire "Une automobile en très mauvais état" :
"Une chiotte", "Une guimbarde" et "Un os" relèvent du registre argotique.
De même que "Un veau" (idiotisme animalier), qui s'applique aux véhicules jugés insuffisamment puissants ou rapides.
"Une poubelle", "Un tape-cul", "Un tas de boue" et "Un tas de ferraille" appartiennent au registre familier.
De même que "Un poulailler", qui relève également du registre désuet.
Cette expression du langage courant, remonterait au XVIIIe siècle.
Et elle s'utilise :
autrefois (registre désuet) :
pour indiquer qu'un paiement, pour être retardé, n’en était pas moins assuré.
On disait par exemple : "Tu ne perds rien pour attendre : j'attends de grosses rentrées d'argent".
et, par extension : pour exprimer que le retard apporté à quelque chose n’était pas un préjudice et pouvait même devenir un avantage.
On disait par exemple : "Je tarde à vous livrer votre costume, mais vous ne perdrez rien pour attendre, car il n'en sera que plus beau".
et de nos jours, de façon le plus souvent ironique : pour indiquer que l’on infligera tôt ou tard à la personne à laquelle on s'adresse un châtiment, une punition, une vengeance ; que l'on n'oubliera pas ce qui vient de se passer.
On dit par exemple : "Tu peux bien rigoler, mais tu ne perds rien pour attendre !".
J'aime assez ces trois mots du registre familier et du registre désuet, que je continue personnellement d'utiliser :
"Bigre !" est une interjection dérivée du mot "Bougre" et constitue une exclamation exprimant la crainte, le dépit, l'étonnementou l'admiration.
On dit par exemple : "Bigre ! Tu ne vas pas passer inaperçu avec ce costume !".
tandis que "Bigrement" est un adverbe dérivé du mot "Bougrement", ayant la même signification, c'est à dire : très, extrêmement ou rudement (registre familier).
On dit par exemple : "Mon chéri, ton rôti était bigrement bon !".
Ou : "J'ai trouvé ce documentaire bougrement intéressant".
Ces trois mots sont synonymes de "Fichtre !" et "Fichtrement" ou "Foutrement", qui relèvent - pour moi - des registres populaire et vulgaire.
"Le pathos" est un substantif masculin qui nous vient du mot grec" Pathos" signifiant "Souffrance, passion, affect, douleurs".
Il désigne en français :
autrefois, dans le registre soutenu et dans le registre désuet : la partie de la rhétorique traitant des moyens propres à émouvoir l'auditeur, par opposition à l'"ithos" (qui traite de l'impression morale que doit produire l'orateur sur l'auditeur).
et, de nos jours, de façon péjorative et dans le registre familier : une enflure verbale, un style oratoire ou littéraire pathétique, déplacé, affecté ou outré, consistant à emprunter un ton solennel afin d'apporter de l'émotion, mais qui se révèle maladroit, vain et souvent incompréhensible.
On dit par exemple : "Après l'attentat, le président nous a encore fait du pathos lors des obsèques des victimes".
Source : www.linternaute.fr, www.cnrtl.fr et wiktionary.org
dans le registre désuet : un drap, un rideau, ou un couverture de lin.
Le terme "Linceul" vient en effet du latin "Lintoleum" ("Petite pièce de lin") et était à l'origine le nom usuel du "Drap de lit".
de nos jours, dans le langage courant : une pièce de toile dans laquelle on enveloppe le corps d'un mort avant de l'ensevelir. Que l'on appelle également "Un suaire".
Un linceul (rite funéraire juif)
et au sens figuré, dans le registre soutenu : ce qui couvre ou enveloppe complètement.
On dit par exemple : "Le paysage est recouvert d'un linceul de neige".
Ou : "Le monument émergeait à peine de son linceul de sable".
Le substantif masculin "Fur" signifiait autrefois "Mesure", "Proportion" et n'est plus utilisé de nos jours qu'au travers de la locution adverbiale du langage courant "Au fur et à mesure".
Celle-ci signifie, selon le contexte :
Progressivement, avec l'acquis du temps qui passe, à mesure que le temps passe ; petit à petit.
On dit par exemple : "Je meuble mon appartement au fur et à mesure".
Mais pas : "J'achète des meubles au fur et à mesure de mes rentrées d'argent" ni "Je contrôle mon compte bancaire au fur et à mesure de mes dépenses".
Cette forme "Au fur et à mesure de" relève en effet du registre familier, qu'il convient, si possible, d'éviter.
ou : au même rythme que, en même temps et proportionnellement ; à proportion.
On dit par exemple : "Au fur et à mesure que le temps passe, ma nervosité augmente".
Au XVIe siècle, l'expression "Au fur" signifiait, à elle seule, "En proportion de", "Dans la même proportion que".
Mais son sens s’est perdu au fil du temps, en sorte que l'on a cru bon d'enrichir la formule "Au fur", devenue obscure, du complément "et à mesure", pour être certain d'être compris.
Et cela, bien que la nouvelle forme "Au fur et à mesure" constitue un pléonasme !
Sources : www.larousse.fr, wiktionary.org et www.linternaute.fr
Cette locution verbale du registre désuet, qui remonterait au XVIe siècle, signifie :
au sens originel du terme : avoir la possibilité de se saisir d’un joueur adverse, dans une partie de "Barres", un jeu traditionnel de course entre des écoliers ou des jeunes gens, qui se partagent entre deux camps opposés, délimités par des sillons, branches de feuillage, etc., appelés "barres",
et par extension : prendre l'ascendant, l'avantage sur une personne, la dominer.
On dit par exemple : "C'est incroyable comme mon assistante a pris barre sur certaines de ses collègues".
Sources : wiktionary.org et www.expressions-francaises.fr