"Apurer" et "Épurer".

Ces deux verbes paronymes sont parfois confondus.

  • "Apurer" signifiait autrefois "Affiner, purifier une dorure" (registre désuet).

Mais c'est avant tout, de nos jours, un terme de comptabilité et de technique financière :

    • "Apurer un compte", c'est le vérifier et l'arrêter définitivement.

On dit par exemple : "Il va falloir apurer les comptes, mais je crois que le rachat de cette société pourrait s'avérer très judicieux".

    • Et "Apurer une dette" c'est donc la rembourser et s'en libérer.

On dit par exemple :  "Maintenant que tu as un salaire correct, tu vas pouvoir apurer ta dette".

  • Tandis que "Épurer", c'est :
    • Rendre pur, plus pur, en éliminant les éléments étrangers, purifier.

On dit par exemple: "Épurer un minerai".

    • Rendre meilleur, plus correct ou plus fin, améliorer, perfectionner, enlever tout ce qui peut porter atteinte à sa pureté, son harmonie, etc.

On dit par exemple: "Épurer un texte".

Je le confesse, je rédige aujourd'hui cet article après avoir constaté que j'avais employé le verbe "Apurer" à mauvais escient, en lieu et place du verbe "Épurer"... Et, au surplus, écrit "APPurer", avec deux "p" !

"Avoir ses vapeurs".

Cette expression du registre désuet signifie "S'évanouir, avoir un malaise" ; le mot "vapeur" faisant référence aux bouffées de chaleur, parfois à l'origine de ce type d'évanouissement.

L'expression s'utilise plutôt de nos jours :

  • pour définir, de manière quelque peu ironique, une personne sujette à des troubles émotifs peut-être exagérés, dont les réactions émotives ou colériques paraissent exagérées.
  • ou pour évoquer les bouffées de chaleur d'une femme ménopausée.

www.linternaute.fr

"Un bedeau".

Ce substantif masculin désigne un employé laïque chargé d'une manière générale de maintenir le bon ordre dans une église pendant l'office, et plus particulièrement de précéder le clergé dans les processions ou les quêteurs afin de leur ouvrir le passage parmi les fidèles.

  • Il existait également autrefois le "Bedeau de justice", qui était un officier de justice subalterne, chargé d'exécuter les sentences prononcées par les baillis, sénéchaux, etc.
  • Ainsi que le "Bedeau d'université", un employé subalterne qui, dans les cérémonies publiques, précédait le recteur et autres membres de l'Université, en portant une masse à la main.

Source : www.cnrtl.fr

"Élucider" et "Résoudre".

  • "Élucider" est un verbe signifiant "Rendre clair quelque chose, expliquer ce qui était confus, obscur ; éclaircir, clarifier".

On dit par exemple : "Élucider la pensée d'un philosophe".

  • et "Résoudre" est un verbe pouvant signifier, selon le contexte, :
    • trouver, grâce à un processus d'analyse et de réflexion, la solution d'une difficulté, d'un problème, d'une question.

On dit ainsi : "Résoudre une énigme", "Résoudre un mystère" ou "Résoudre un problème".

    • prendre le parti, la détermination de faire telle chose ("Il a résolu de s'expatrier"),
    • inciter quelqu'un à accomplir telle action ("Nous n'avons pu le résoudre à accepter notre offre"),
    • déterminer l'ensemble des solutions d'une équation ou d'un système d'équations ("Résoudre une équation"), en mathématiques,
    • priver d'effets un contrat ("Résoudre un bail, un contrat, un marché"), dans le domaine juridique,
    • faire disparaître peu à peu et sans suppuration ("Résoudre un épanchement ou une tumeur"), dans le domaine médical,
    • dissocier, distinguer les étoiles qui composent une nébuleuse, en l'observant à l'aide d'un instrument d'optique suffisamment puissant ("Résoudre une nébuleuse"), en astronomie,
    • Enfin, dans le domaine de chimie, : dissocier les éléments constituants d'un corps composé ; décomposer (registre soutenu et registre désuet).

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

18 façons de dire "Flatter".

Dans le registre vulgaire, nous trouvons : "Être lèche-cul", "Jouer les lèche-cul" ou "Lécher le cul".

On peut également dire, dans le registre argotique, "Cirer les godasses" , "Cirer les grolles" ou "Cirer les pompes" .

"Cirer les bottes" appartient au registre familier.

Et la jolie formule "Passer la brosse à reluire" au langage courant. Ainsi que les verbes "Complimenter", (légèrement en deçà de "Flatter") ou "Glorifier" (sensiblement au-delà de "Flatter") et les locutions verbales "Couvrir de louanges", "Faire compliment (de quelque chose)", "Faire l'éloge", "Tresser des couronnes" ou "Tresser des lauriers".

Les verbes "Louanger" et "Louer" (légèrement au-delà de "Flatter") relèvent du registre soutenu.

Et personnellement j'apprécie particulièrement le verbe du registre désuet "Flagorner", qui sous-entend "Flatter bassement, servilement".

Ne pas confondre : "T'étonner" et "Tétonner".

Ces deux verbes homonymes n'ont naturellement pas la même signification :

  • "T'étonner" signifie "Te surprendre" ; surprendre quelqu'un que l'on tutoie, l'ébranler, le secouer dans ses fondements, dans son assurance.

On dit par exemple : "Je vais t'étonner chérie, mais pour nos 25 ans de mariage j'ai décidé de faire la vaisselle après le repas !".

  • Tandis que "Tétonner", signifie, selon le contexte, :
    • prendre de la poitrine, pour une jeune femme, dans le registre familier,
    • laisser apparaître après cuisson une protubérance en forme de téton, pour des madeleines correctement concoctées, dans le jargon culinaire.
    • ou, autrefois, d'arranger ses cheveux ou ceux de quelqu'un, en les coiffant et en les peignant (registre désuet).

"Se récrier".

Je trouve malheureusement insuffisamment employé ce verbe du registre désuet et du registre soutenu, qui signifie :

  • s'exclamer sous l'effet d'une vive émotion, d'une surprise,
  • manifester avec véhémence son désaccord, son indignation, s'indigner, protester.

Source : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

5 façons de dire "Un parapluie".

Parapluie

Un parapluie est un objet portatif constitué par une étoffe tendue sur une armature pliante à manche, et servant d'abri contre la pluie.

"Un pébroque" (ou "Un pébroc") ou "Un riflard" relèvent du registre populaire.

Et "Un pépin" du registre familier.

On disait autrefois "Un en-cas" (de pluie).

Et l'on a dit, quelques décennies durant, à compter des années 1930, "Un chamberlain", en référence à Sir Arthur Neville Chamberlain, célèbre homme d'État britannique qui en portait souvent un (registre désuet).

Sir Arthur Neville Chamberlain

Source : www.larousse.fr

"Une hirondelle".

Hirondelle en vol
  • Ce mot désigne tout d'abord naturellement un petit oiseau passereau migrateur, au dos généralement noir bleuté, au ventre blanc, à longues ailes effilées, à queue fourchue,

Mais également deux moyens de transport :

Vélo de la marque "Hirondelle"

  • une bicyclette de la marque "Hirondelle" (registre désuet),
  • et un petit vapeur rapide assurant le transport de voyageurs sur certains cours d'eau (registre désuet),

Et cinq types de personnes :

Hirondelles de la Préfecture de Police à Paris (75)

  • par extension : un agent de police cycliste parisien, circulant sur une bicyclette de la marque "Hirondelle". Les vélos "Hirondelle" ont en effet été utilisés par les brigades cyclistes de la police de Paris (75) des années 1900 jusqu'en 1984.Mais ce surnom leur venait aussi de la silhouette d'oiseau que leur donnait leur pèlerine flottant dans le vent (registre familier),
  • un resquilleur (registre populaire),
  • un jeune vagabond parisien sans abri ("Les hirondelles du pont d'Arcole", citées par Victor Hugo en 1862 dans "Les misérables") (registre désuet),
  • une personne dont la grâce, la vivacité, l'esprit voyageur, le caractère protecteur rappelle l'hirondelle,
  • une religieuse appartenant à la congrégation des Petites Soeurs de l'Assomption, fondée en 1865 ("Petite soeur hirondelle")

Voir également : "Une hirondelle ne fait pas le printemps".

Source : www.cnrtl.fr

"Marronner" ne signifie pas "Devenir marron" ou "Colorier en marron" !

Ce verbe peut en revanche avoir quatre significations différentes :

  • autrefois :
    • friser en grosses boucles, en "marrons" (registre désuet),
    • pratiquer l'art de la navigation ou de la piraterie (registre désuet),
    • ou aux Antilles : s’enfuir, "faire marron", en référence aux esclaves "marrons", ainsi que l'on appelait alors les fuyards (registre désuet),
  • et de nos jours, pour les marseillais notamment, : marmonner, murmurer de façon hostile, entre ses dents, grommeler.

On dit par exemple : "Arrête de marronner et va me ranger le bazar qu'il y a dans ta chambre !".

Source : www.cnrtl.fr

"Ne pas laisser de".

J'apprécie beaucoup cette locution verbale du registre désuet et du registre soutenu, qui signifie :

  • "Ne pas cesser de".

On dit par exemple : "La qualité du jeu d'acteur de Robert de Niro ne laisse pas de me surprendre".

  • ou "Ne pas manquer".

On dit par exemple : "La culture cinématographique de ma fille ne laisse pas de me surprendre".

"Un daim".

Un daim mâle

  • Le daim est avant toutes choses un mammifère sauvage ruminant de nos contrées, appartenant à la famille des cervidés et dotés - pour les mâles - de grands bois plats et palmés.
  • Mais c'est également, dans le registre argotique et dans le registre désuet, un imbécile, un niais, quelqu'un d'ignorant, de bête.

Ou encore : un dupe, un bourgeois, quelqu'un de riche.

Bonbon "Daim"

  • Et, enfin, un bonbon au chocolat originaire de Suède.

La marque Daim a été créée en 1953 par le groupe américain Kraft Foods, et elle appartient, depuis une scission intervenue en 2012, au groupe américain Mondelez International.

Source : wikipedia.org

 

"Requinquer" ou "Se requinquer".

J'aime assez ce verbe un peu désuet du registre familier.

  • "Requinquer quelqu'un", c'est :
    • l'habiller de neuf,
    • lui redonner des forces, lui rendre la santé,
    • ou lui redonner du courage, de l'entrain.
  • et "Se requinquer", c'est :
    • s'habiller de neuf, soigner sa mise (en général d'une manière affectée),
    • reprendre des forces, retrouver la santé,
    • ou retrouver la bonne humeur.

"Mannequin chez Olida".

Publicité pour la marque de charcuterie française Olida, créée en 1855 par Ernest Olida

Olida était une célèbre société industrielle et commerciale de produits charcutiers, fondée en 1855 par Ernest Olida.

Et l'expression "mannequin chez Olida" servait autrefois à désigner de manière narquoise - dans le registre familier - les jeunes femmes enrobées ou dodues.

Je l'entendais encore couramment dans les années 1970 et 1980, mais son usage s'est logiquement perdu avec la disparition de la marque.

Sur un thème contigu, je vous recommande la lecture de mes articles sur toutes les façons non grossières de dire "Une personne en surpoids" et sur toutes les façons de dire "Une fille laide".