Ne dites pas : "J'y entrave que dalle !" ni "J'y comprends que pouic" !

Mais plutôt : "J'y comprends rien !" (registre familier).

Et, si possible, : "JE N'y comprends rien !" (langage courant).

Voire, idéalement, : "Je n'y entends rien !" (registre soutenu).

"J'y entrave que dalle !" relève en effet du registre argotique et "J'y comprends que pouic !" du registre populaire et du registre désuet.

"Une faiseuse d'anges"

On appelait "faiseuse d'ange" (ou "faiseur d'anges" lorsqu'il s'agissait d'un homme) une femme (le plus souvent non médecin) qui agissait de manière volontaire afin d'interrompre la grossesse non voulue d'une autre femme.

Ces interventions se pratiquaient de façon illégale, dans la clandestinité, souvent par des méthodes dangereuses (injection d'eau savonneuse dans l'utérus, pose de sondes dans le col, aiguilles à tricoter, massages etc.).

Les complications graves étaient fréquentes (lésions, infections, saignements) avec parfois des suites mortelles et étaient passibles de peines plus ou moins graves selon les époques.

L'idée était que ces embryons innocents devenaient des anges après la mort.

Dans la plupart des pays occidentaux, cette activité a disparu depuis la légalisation de l'avortement, qui est devenu une intervention médicale.

En France, c'est la loi du 17 janvier 1975 relative à l'IVG (Interruption Volontaire de Grossesse), dite "loi Veil", qui a encadré la dépénalisation de l'avortement en France.

Source : wikipedia.org

"En route, mauvaise troupe !".

Cette expression du registre désuet signifie "En avant !" et s'adresse à un groupe amical ou familial.

Un père de famille peut par exemple dire à ses enfants, au moment de partir à la plage, - surtout s'ils sont relativement nombreux - : "En route, mauvaise troupe !".

Contrairement à ce que pense, je crois, l'immense majorité des gens, cette formule ne constitue en rien un idiotisme militaire, mais a directement pour origine... un poème de Paul Verlaine, publié en 1884 dans le recueil "Jadis et naguère" et intitulé "Prologue", dont elle constitue le premier vers !

Prologue de Paul Verlaine (1884)

"En route, mauvaise troupe !
Partez, mes enfants perdus !
Ces loisirs vous étaient dus :
La Chimère tend sa croupe.

Partez, grimpés sur son dos,
Comme essaime un vol de rêves
D’un malade dans les brèves
Fleurs vagues de ses rideaux.

Ma main tiède qui s’agite
Faible encore, mais enfin
Sans fièvre, et qui ne palpite
Plus que d’un effort divin,

Ma main vous bénit, petites
Mouches de mes soleils noirs
Et de mes nuits blanches. Vites,
Partez, petits désespoirs,

Petits espoirs, douleurs, joies,
Que dès hier renia
Mon coeur quêtant d’autres proies.
Allez, aegri somnia".

"Se faire rincer le gosier".

Cette expression du registre argotique et du registre désuet signifie "Se faire inviter à boire".

On dit par exemple : "J'ai aidé le père Gustave à réparer sa charrue et après j'me suis fait rincé le gosier !".

"Un spadassin".

J'aime beaucoup ce mot du registre désuet qui désignait autrefois - à l'origine - un homme se battant à l'épée pour sa gloire, un ferrailleur recherchant les duels. Puis, un tueur à gages.

Le terme est utilisé en 1534 dans "Gargantua" de Rabelais.

Mais on trouve également des spadassins dans :

  • certaines pièces de Molière, comme "Dom Juan" (1665) ou "Les Fourberies de Scapin" (1671),
  • des opéras, comme "Rigoletto" de Giuseppe Verdi (1851),
  • ou des romans de cape et d'épée (par la suite adaptés au cinéma), comme "Le Bossu" de Paul Féval (1857) ou "Le Capitaine Fracasse" de Théophile Gautier (1863).

Source : wikipedia.org

"Il me semble", "Me semble-t-il" et "Ce me semble".

Ces trois formules signifient toutes : à mon avis, selon moi.

  • "Il me semble" appartient au langage courant,
  • "Me semble-t-il" relève du registre soutenu,
  • et "Ce me semble" relève du registre désuet ; raison pour laquelle - sans doute - je l'utilise volontiers !

Source : forum.wordreference.com

"Ragoûtant" ou "Ragoûtante".

J'aime bien cet adjectif qui signifie :

  • au sens propre : "appétissant(e), qui ragoûte, qui excite l'appétit".

On dit par exemple : "Un brouet peu ragoûtant".

  • et au sens figuré : "plaisant(e)".

On dit par exemple : "Des détournements fiscaux peu ragoûtants".

Concrètement, ce mot du registre désuet est le participe présent adjectivé du verbe "Ragoûter" qui signifiait "redonner du goût, remettre en appétit".

Et il ne s'utilise plus aujourd'hui qu'à la forme négative "peu ragoûtant(e)".

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Du verbiage" et "Verbiage".

  • J'aime beaucoup le substantif masculin du registre soutenu "Verbiage", que j'utilise avec plaisir.

Il désigne : une abondance de paroles, de mots vides de sens ou qui disent peu de choses ; un flot de paroles superflues masquant la pauvreté de la pensée.

On dit par exemple : "Je ne supporte pas le verbiage des journalistes des chaînes de télévision françaises d'information en continu".

  • Mais il n'en est pas de même du verbe "Verbiager", qui appartient au registre familier et au registre désuet et signifie : parler beaucoup pour dire peu de choses.

On dit par exemple :"Comme son prédécesseur, le nouveau ministre verbiage après chaque dérapage de ses troupes, sans que l'on constate la moindre amélioration".

Sources : www.larousse.fr, www.cnrtl, wiktionary.org et www.linternaute.fr

 

"La phtisie" ou "La phthisie", "Phtisique" et "La phtisiologie".

  • "La phtisie" ou "La phthisie" est un terme médical du registre désuet désignant :
    • et dans un sens étroit, la "phtisie pulmonaire", qui sera interprétée au cours du XIXe siècle comme étant la "tuberculose pulmonaire".

Le mot "tuberculose" apparaît dans son sens moderne en 1834, et le terme "phtisie" est définitivement écarté du vocabulaire médical en 1891.

Au début de l'ère industrielle, la phtisie a marqué les sensibilités artistiques ou littéraires, avec des oeuvres telles que "La Peau de chagrin" de Honoré de Balzac (1831) ou "Une page d'amour" de Émile Zola (1879).

  • et "Phtisique" est :
    • soit un adjectif du registre désuet signifiant "relatif à la phtisie",
    • soit un substantif du registre désuet désignant la "personne malade atteinte de phtisie".
  • Quant au terme "Phtisiologie", son usage perdure étonnamment, puisque c'est ainsi que l'on désigne de nos jours la spécialité médicale consacrée à la tuberculose !

Source : wikipedia.org

Dites : "Maintes fois" ou "À maintes reprises", plutôt que "Souvent".

Par exemple : "Je l'ai maintes fois prévenu et cette fois c'est en trop !".

Ou : "Le renard était venu à maintes reprises se régaler des poules du fermier lorsque celui-ci se décida à clôturer son poulailler".

Vous passerez ainsi du langage courant au registre désuet, mais soutenu.

"Hors pair".

J'aime beaucoup cet adjectif invariable du registre soutenu qui signifie exceptionnel(le)s, sans égal(e)s, supérieur(e)s à tous les autres.

On dit par exemple :

  • "J'ai trouvé un mécanicien hors pair",
  • "Ma tante est une cuisinière hors pair",
  • "Les entreprises de haute couture font appel à des couturières hors pair",
  • ou "Les opérateurs de téléphonie ont parfois des techniciens hors pair".

On disait autrefois "Hors de pair" ou "Hors du pair" (registre désuet).

 

"Faire fi de " ou "Fi de".

J'aime beaucoup ces deux formules du registre désuet et du registre familier que j'utilise assez régulièrement.

  • "Faire fi" signifie :
    • au sens propre : mépriser, dédaigner.

On dit par exemple : "Une fois de plus, le gouvernement fait fi des difficultés des français les plus défavorisés".

    • et, au sens figuré, : ne pas tenir compte de.

Mais sans idée de mépris, par exemple de façon négligente, ou par convenance, sans connotation méprisante.

On dit par exemple : "Je fais fi de la tendance actuelle et continue d'écrire En tous cas avec un s à tous".

  • et "Fi de" est une ellipse de "Faire fi de" et s'utilise uniquement au sens propre pour signifier "mépriser, dédaigner".

On dit par exemple : "Fi de ces pratiques nauséabondes !".

Source : wiktionary.org