"S'en aller la queue levée" et "Voir sa queue reluire".

Contrairement à ce que nombre d'entre vous pensez certainement, ces deux expressions n'ont en réalité aucune connotation grivoise.

Relevant du registre désuet, elle signifiaient autrefois "content et joyeux" et "éprouver de la fierté" (en relation avec un beau poil brillant).

À l'instar de la formule "Partir la queue entre les jambes" ou "S'en aller la queue entre les jambes", elles se référaient naturellement au comportement du chien.

Mais leur utilisation s'est aujourd'hui perdue, en raison du sens qu'à pris ce mot dans le registre argotique, où il désigne couramment la "verge".

Imaginez-vous, aujourd'hui, dire à vos amis, en parlant de votre enfant qui vient de brillamment obtenir son baccalauréat : "Mon époux voit sa queue reluire et s'en va la queue levée" !

Sources : wiktionary.org, www.expressio.fr et www.linternaute.fr

"Honnir".

J'aime beaucoup ce verbe du registre soutenu et du registre désuet, qui signifie "Vouer à la haine et au mépris publics de façon à couvrir de honte".

C'est par exemple ce que fit le roi d'Angleterre Édouard III, le 23 avril 1348, avec sa célèbre déclaration, devenu la devise du très noble ordre de la Jarretière, "Honni soit qui mal y pense".

Sources : www.linternaute.fr et www.cnrtl.fr

"Des vers de mirliton".

J'aime beaucoup cette expression du registre désuet désignant de mauvais vers, faciles, peu recherchés, dépourvus d'ambition poétique, où la plupart des mots ne sont là que pour la rime, souvent approximative, ou pour obtenir le bon compte de syllabes.

Cette expression délicieusement désuète trouve son origine dans les rébus, devises ou poèmes de faible qualité, que l'on trouvait autrefois, imprimés sur des bandes de papier, enroulées autour de tubes de roseau creux servant d'instruments de musique bon marché appelés "Mirlitons".

Chacune des extrémités du tube comportait une ouverture latérale et était garnie avec une pelure d'oignon ou un morceau de peau de baudruche. On appliquait la bouche sur l'une des ouvertures, en chantant un air populaire. La vibration des pelures d'oignon donnant à la voix un son nasillard et ridicule, le "Mirliton" - surnommé "Flûte à l'oignon" - n'était employé que par plaisanterie et pour faire rire.

Source : wikipedia.org

Ne pas confondre : "Une goguette" et "Une guinguette" !

Ces deux mots paronymes du registre désuet sont souvent confondus :

  • La "Goguette" était une pratique festive consistant autrefois à se réunir en petits groupes afin de passer un bon moment et de chanter.

Ce mot survit de nos jours dans les expressions "Partir en goguette" (partir s'amuser) ou "Être en goguette" (être d'humeur enjouée).

  • Tandis que la "Guinguette" était un cabaret populaire de la fin du XXe siècle, faisant aussi office de restaurant et, souvent, de lieu de bal.

"Un dépendeur d'andouilles" ou "Un grand dépendeur d'andouilles".

J'adore ces deux locutions nominales s'utilisant au sens figuré, dans le registre familier et le registre désuet, pour désigner une personne dont la seule qualité est d’être assez grande pour décrocher ou "dépendre" les andouilles.

Autrement dit : une personne qui ne brille pas particulièrement par ses qualités intellectuelles.

Sur ce même thème, je vous recommande la lecture de ma collection d'articles "Mille et une façons de dire Être idiot ou Un idiot" et, en particulier, mon article sur mes façons préférées de dire "Être idiot".

Source : wiktionary.org

"Bailler", "Bâiller" et "Bayer".

Ces trois verbes homophones ont évidemment des significations fort différentes :

  • "Bâiller" avec un accent circonflexe (sur le "a" et non sur le "i" !) signifie "Ouvrir involontairement la bouche en inspirant et en contractant les muscles du gosier" ou, par analogie, "Être ouvert, béant, mal ajusté".

On dit par exemple : "Dès que je commence à bâiller, j'éteins ma lampe de chevet et j'essaie de ne pas laisser passer le train du sommeil".

Ou : "Le col de cette chemise bâille ( "est mal ajusté"), "La fenêtre de sa chambre bâille ("est ouverte") ou "La carlingue du Boeing éventré bâille sur le tarmac".

  • "Bailler" sans accent circonflexe est un verbe du registre désuet signifiant "Donner".

On disait par exemple : "Bailler une ferme" ou "Bailler un conseil".

De nos jours, le verbe "bailler" ne s'utilise plus, mais nous continuons à parler de "Bail" et de "Bailleur"» à propos d’un contrat de location, ou de "Bailleur de fonds", pour évoquer la personne qui finance un projet.

  • "Bayer" avec un "y" signifie "Rester la bouche ouverte, être bouche bée, s’étonner".

Mais ce verbe du registre désuet ne s'utilise plus que dans l’expression en forme d'idiotisme animalier "Bayer aux corneilles"

Source : www.languefrancaise.com

"L'agace" ou "L'agasse".

Pie bavarde

Il s'agit de l'ancien nom de la "pie", encore usité parfois, de nos jours, dans certaines de nos régions.

Et que l'on retrouve dans l'expression en forme d'idiotisme animalier "Les corbeaux ne font pas d'agasses".

La "pie" est un oiseau de la famille des corvidés très répandu en Europe et dans une grande partie de l'Asie, dont il existe de nombreuses sous-espèces. Et que sa morphologie et son plumage noir et blanc caractéristique rendent aisément identifiable.

Source : wikipedia.org

"Coiffer Sainte Catherine".

Cette expression du registre familier et du registre désuet signifie, pour une femme, :

  • être célibataire au delà de l’âge de vingt-cinq ans,
  • et, par extension, devenir vieille fille c'est à dire ne s'être jamais marié.

Cette expression trouve sa source dans une tradition datant du Moyen Âge et aujourd'hui largement passée de mode, qui voulait qu'à la date du 25 novembre (la Sainte Catherine), les jeunes femmes de 25 ans non mariées - considérées à ce titre comme vierges et appelées "Catherinettes" - coiffent la statue de sainte Catherine à Paris (75), une jeune femme vierge, symbole de pureté et sainte patronne des jeunes filles. Et arborent des tenues excentriques ainsi qu'un couvre-chef de couleur jaune (symbole de la foi) et verte (symbole de la connaissance).

"Le présent" et "Un présent".

  • "Le présent" c'est la partie du temps qui se déroule en ce moment ; le moment théorique qui sépare le temps qui a cessé d'être (le passé) de celui qui n'est pas encore (le futur).
  • Alors que "Un présent", c'est :
    •  une personne qui est là, ici, qui assiste à ce qui se passe en ce moment (par opposition à "Un absent"),
    • ou un cadeau, un don, une offrande (registre soutenu et registre désuet).

"Dussé-je".

J'adore cette formule du registre soutenu correspondant à la première personne du singulier de l’imparfait du subjonctif du verbe "devoir" et signifiant : même si je dois, quand bien même je devrais, quitte à ce que je.

Le sujet ("Je"), placé après le verbe, fait l'objet de ce que l'on appelle en grammaire une "Postposition".

On dit par exemple : "Dussé-je le poursuivre jusqu'en enfer, je retrouverai l'assassin de ma fille !".

Ou : "Dussé-je y passer des heures, je trouverai d'où vient cette erreur !".

Source : wiktionary.org

 

"Une marchette".

Ce joli petit mot, fort peu usité à ma connaissance, désigne :

  • en France (registre désuet) :
    • un petit tapis où poser ses pieds, par exemple devant un fauteuil ou une bergère,
    • le petit bâton qui soutient le piège d’un oiseleur et sur lequel les oiseaux ne peuvent marcher sans détendre la machine et sans se trouver pris.
    • la petite marche qui abaisse les lices (fils métalliques, également appelés "lisses") d’un métier à tisser.
  • et, pour nos amis québecois, : un déambulateur, cet appareil qui aide les personnes âgées à marcher, en leur servant de support.

Que nos amis suisses appellent eux "Un tintébin" et nos amis belges : "Une tribune" !

Sources : wiktionary.org et www.cnrtl.fr

Remerciement : Merci à Françoise, fidèle lectrice de la première heure, qui m'a suggéré l'écriture de cet article après avoir découvert le mot "Marchette" dans une grille de mots fléchés.