Pourquoi dire : "Un hardtop" ou "Un hard-top" ?

Un toit en dur ou toit rigide ("Hardtop")

Et pas : "Un toit en dur" ou "Un toit rigide" !

Il s'agit en effet d'un type de toit automobile, amovible ou, plus rarement, escamotable ; manuellement ou grâce à un moteur électrique.

Un véhicule de type "Break" équipé d'un toit en dur ou toit rigide ("Hardtop")

Il est souvent monté dans les régions froides pendant la période hivernale sur les véhicules cabriolets qui le permettent ; à l'instar de la Mini 2021 cabriolet.

Mini 2021 cabriolet avec hardtop

Source : wikipedia.org

 

Pourquoi dire : "Il est sans arrêt en train de faire des rushs" ?

Comme l'a fait le journaliste sportif français Bertrand Latour, le 4 juillet 2020, dans l'émission vespérale "l'Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L'Équipe.

Et pas : "Il est sans arrêt en train d'ACCÉLÉRER" ou "Il est sans arrêt en train d'EFFECTUER DES ACCÉLÉRATIONS" ?

On ne dit pas : "On oblige le port du masque" ni "Je n'autoriserai plus des événements de cette capacité" !

L'homme politique français Christian Estrosi

Comme l'a déclaré l'homme politique français Christian Estrosi, le 13 juillet 2020.

Mais : "On IMPOSE le port du masque" !

Et : "Je n'autoriserai plus des RASSEMBLEMENTS de cette IMPORTANCE" !

Certes M. Estrosi a arrêté ses études avant même l'obtention de son baccalauréat et cela pourrait éventuellement constituer une excuse pour ne pas maîtriser correctement notre langue.

Mais il est né en 1955 et a eu je pense, depuis, le temps de s'instruire par lui-même. Son utilisation de la formule "de cette capacité" qui constitue un anglicisme atteste ainsi de ce qu'il lit ou entend beaucoup d'anglais.

En tout état de cause, je considère que l'on ne peut pas continuer à s'exprimer aussi mal lorsque l'on a derrière soi, comme lui, 32 années de vie politique au plus haut niveau (trois fois ministre, six fois député, président du conseil général des Alpes-Maritimes, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, président de la métropole Nice Côte d'Azur, maire de Nice) et lui décerne par conséquent sans hésiter mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

Pourquoi dire : "Le moonwalk" ou "Le backslide" ?

Et pas : "La rétro-glissade" ou "Le pas glissé vers l'arrière" !

"Moonwalk" est le nom donné par le chanteur états-unien Michael Jackson au "Backslide".

Dans ce mouvement de danse consistant en un pas glissé vers l'arrière ("backslide"), le danseur se déplace à reculons tout en créant l'illusion par ses mouvements corporels qu'il est en train de marcher vers l'avant.

Ce spectaculaire jeu visuel (individu marchant vers l'avant mais se déplaçant en arrière) donne l'impression qu'il flotte.

Ce pas, bien que d'apparence simple, se révèle d'exécution plutôt difficile. En effet, même si les mouvements principaux sont réalisés, la différence entre une version réussie et une quelconque peut se révéler de l'ordre du détail pour le profane : quelques subtils mouvements de corps comme la tête ou les bras ou la vitesse d'enchaînement et la distance entre chaque pas.

Par ailleurs, d'autres éléments extérieurs influent sur la qualité du mouvement tel que les chaussures et le sol (de préférence lisse et légèrement glissant).

Historique

On voit une scène de rétro-glissade dansée par Charlie Chaplin dans le film "Les temps modernes" en 1936.

Et la technique de mouvement utilisée pour donner l'illusion de la marche en avant était déjà utilisée par des mimes, tel que Jean-Louis Barrault dans "Les Enfants du paradis" (1945).

Ou par la suite Marcel Marceau dans ce qu'il appellera "la marche contre le vent", qu'il mime pour la première fois à la télévision en 1953.

Mais c'était le mime français Étienne Decroux qui avait travaillé sur les différentes actions que produit le corps humain, et avait trois semaines durant, créé, avec l'acteur Jean-Louis Barrault, un modèle de la marche humaine. Qu'il avait ensuite enseigné à son élève Marcel Marceau.

Cette marche restait cependant statique, et le mouvement de danse a donc consisté à ajouter un déplacement vers l'arrière renforçant l'irréalité du mouvement.

À la même période - les années 1950 -, on peut voir les prémices du mouvement dansé, par les chanteurs états-uniens Cab Calloway et James Brown.

La rétro-glissade a été exécutée pour la première fois en public par le danseur états-unien Bill Bailey durant une représentation de claquettes, en 1955.

Puis par Jeffrey Daniel auteur-compositeur-interprète, danseur et chorégraphe du groupe disco-funk "Shalamar", lors de l'émission britannique "Top of the Pops" en juin 1982.

Michael Jackson perfectionne le "Backslide" et en a fait son pas emblématique, le rebaptisant "Moonwalk"

Le "Backslide" a enfin été popularisé par le chanteur états-unien Michael Jackson, qui n'a jamais prétendu avoir inventé ce pas de danse.

Il l'a intégré dans sa chorégraphie, sous le nom de "Moonwalk" avec quelques variantes et a créé des pas dérivés.

  • Il s'exprime à ce sujet dans son autobiographie du même nom ("Moonwalk") :

"C'était un pas de breakdance très sautillant, que les enfants noirs avaient inventé sur les trottoirs des ghettos. Alors, je me suis dit : Je vais l’essayer. Et ça a marché. Trois gamins me l'ont appris. Ils m’ont appris la base, et je me suis entraîné tout seul".

  • Il apporte une précision sur cette rencontre lors d’un entretien exclusif au révérend Jesse Jackson lors de son émission "Keep hope alive" sur WGRB, le 28 mars 2005 :

"Je traversais Harlem en voiture vers la fin des années 70, début des années 80, et je voyais ces enfants qui dansaient dans la rue, notamment un qui glissait en arrière, il faisait ce que j'appelle une danse à illusion. J'ai gardé ce pas en mémoire visuellement, je suis monté dans ma chambre à Encino et je me suis mis à le reproduire, à danser, à créer, à le perfectionner".

Il a par la suite perfectionné ce mouvement auprès de Jeffrey Daniel, qui s'occupa de la chorégraphie du spectacle "Motown 25 : yesterday, today, forever" (célébrant le vingt-cinquième anniversaire du label Motown), diffusée sur la chaîne NBC le 16 mai 1983, et devint son chorégraphe durant plusieurs années.

Et c'est la prestation de Michael Jackson lors de cette émission qui marqua le début de la popularisation de ce pas de danse, exécuté sur le titre "Billie Jean" et qui suscita des hurlements enthousiastes et spontanés de la part du public.

Curiosité !

Étonnamment, le mâle "Manakin à cuisses jaunes", une espèce d’oiseau passereau vivant au Mexique, en Amérique centrale, au Nord de l'Amérique du Sud et au Brésil, réalise une parade nuptiale proche de la rétro-glissade !

Pourquoi dire : "L'appartement a déjà été cleané" ni "Il faudra cleaner le balcon" !

Comme j'ai pu l'entendre dire au printemps dernier au cours d'une réunion professionnelle.

Mais : "L'appartement a déjà été NETTOYÉ" et "Il faudra NETTOYER le balcon" !

Pourquoi dire : "Un crush" ou "Avoir un crush pour quelque chose ou pour quelqu'un" ?

Et pas, tout simplement : "Un COUP DE COEUR" ou "Avoir un COUP DE COEUR pour quelque chose ou pour quelqu'un" !

L'utilisation de ce mot anglais rigoureusement inutile me donne véritablement envie de hurler !

Pourquoi dire : "Est-ce que vous aimez les punchlines de Donal Trump ?" ?

Comme l'a déclaré un présentateur de la chaîne de télévision française d'information en continu BFMTV le 21 juin 2020.

Et pas : "Est-ce que vous aimez les PHRASES CHOC de Donal Trump ?" !

Pourquoi dire : "S'imposer au finish" ou "Un finish époustouflant".

Et pas, tout simplement : "S'imposer À LA FIN" et "UnE FIN époustouflantE" !

Pourquoi dire : "Un sprinkler" ou "Un sprinkleur" !

Et pas : "Un asperseur" !

Un substantif masculin dérivé du verbe "Asperger" et à rapprocher du substantif féminin "Aspersion", utilisé dans la locution nominale "Baptème par aspersion".

L'asperseur est un appareil qui disperse de l'eau en fines goutelettes.

On retrouve ce terme dans deux domaines précis :

  • La lutte contre l'incendie :

Où l'asperseur est appelé "Gicleur d'incendie", "Gicleur" (par ellipse), "Tête d'extincteur automatique à eau", "Tête d'extincteur automatique d'incendie", "IEA (Installation d'Extinction Automatique à eau)"... ou "IFEA (Installation Fixe d'Extinction Automatique à eau)".

Ces six appellations désignent un appareil d'extinction fonctionnant seul en cas de chaleur excessive dans un local ou un site à protéger lors d’un incendie.

Ce système est mis en réseau au-dessus de la zone à protéger et comporte trois éléments constitutionnels : des têtes extinctrices (ou "buses"), vissées sur des canalisations, le tout relié à un poste de contrôle qui régule l'arrivée de l'eau.

Une augmentation anormale de la température entraîne la rupture de l’ampoule ou la fonte du fusible qui maintient la tête fermée.

La canalisation d’eau sous pression permanente, connectée à la tête, alimente alors celle-ci pour arroser par brumisation la zone enflammée.

Son déclenchement ne nécessite aucune intervention humaine. La circulation d’eau dans les canalisations actionne une cloche hydraulique donnant l’alarme au niveau du poste de contrôle (et renvoie une alarme vers le poste de sécurité grâce à un pressostat.

  • Le jardinage et l'agriculture.

l'asperseur constitue une composante d'un système d'arrosage.

On parle alors d'"arroseur automatique enterré", avec, selon les cas :

Turbine arrosage

    • des tuyères d'arrosage, à jet fixe, qui arrosent en pluie fine sur un rayon de 3 à 5 mètres,

 

    • ou des turbines d'arrosage, à jet circulaire ou oscillant, en arc de cercle, couvrant un rayon de 5 à 15 mètres.

Source : wikipedia.org

Pourquoi dire : "Grave !" ?

Comme les jeunes français ont commencé à le faire, à partir des années 2000, pour dire :

  • d'abord : "beaucoup", "sérieusement",

En disant par exemple : "Il me saoule grave" ou "Elle l'aime grave".

  • puis : "tout à fait" ou "absolument"...

En disant par exemple : "Elle est grave bien cette chanson" ou "Il est grave nul ce film".

Dérivée à l'origine de l'adjectif anglais "grave" ("sérieux", "sérieusement"), cette utilisation parfaitement impropre de l'adjectif français "grave" constitue un épouvantable anglicisme.

Mais elle est également devenue, depuis les années 2010, un véritable tic de langage ; de nombreux jeunes - mais souvent aussi des trentenaires, désormais - l'utilisant à présent de manière elliptique, sous forme d'interjection !

En vous répondant par exemple : "Grave !" à des questions aussi diverses que :

  • "Tu as aimé le gigot de tante Suzanne ?",
  • "Tu es fatigué ?",
  • "Tu l'aimes, ce Kevin ?",
  • ou "Tu n'as pas trouvé ennuyant le récit de papy Marcel ?".

Source : www.lefigaro.fr

Pourquoi dire : "Un update", "Updaté" ou "Updatée" et "Updater" ?

Et pas : "Une mise à jour", "Mis à jour", "Mise à jour" et "Mettre à jour" !

Pourquoi dire : "Flipper" ?

Et pas - si du moins on tient absolument à rester dans le registre argotique - : "Baliser" !

Ou encore : "Pétocher" ou "Trouiller" !

Et idéalement, tout simplement : "Angoisser" !

Concernant ce sujet, je vous recommande mon article consacré à toutes les façons de dire "avoir peur".