Ne dites pas : "Les militaires sont arrivés sur zone" ou "Les secours sont déjà sur site" !

Les secours sont sur place ("sur zone")

Mais : "Les militaires sont arrivés sur PLACE" ou "Les militaires sont arrivés sur LA zone (de conflit)"

Et : "Les secours sont déjà sur PLACE" ou "Les secours sont déjà sur LE site (de l'attentat ou du sinistre)" !

 

"Un casus belli".

Cette locution latine qui signifie littéralement "Occasion de guerre", désigne :

  • au sens propre, un acte de nature à déclencher les hostilités entre deux États, pouvant motiver un conflit armé.

On dit par exemple :"Faire franchir la frontière à des troupes armées au motif de poursuivre un groupe terroriste est un casus belli".

  • et, par extension, un acte susceptible de provoquer un conflit ou une dispute entre deux personnes ou entités.

On dit par exemple : "Si leur concurrent sort une nouvelle fois un produit largement inspiré du leur, ce sera un casus belli." ou "Dimanche matin, mon voisin a tondu sa pelouse à 6H du matin. Je considère cela comme un casus belli !".

"Jusqu'à la garde", "Enferré jusqu'à la garde" ou "S'enferrer jusqu'à la garde".

Ces deux expressions du langage courant font référence à l'épée ; la garde étant, sur une arme blanche, la partie en forme de coquille ou/et de branche perpendiculaire à l'axe de l'arme, destinée à protéger la main tenant l'arme.

  • "Jusqu'à la garde" signifie donc :
    • au sens propre, "Jusqu'à la poignée",
    • et au sens figuré, "Totalement, profondément".
  • Et "Enferré jusqu'à la garde" ou "S'enferrer jusqu'à la garde" :
    • au sens propre : "Enfoncé jusqu'à la poignée" et "Enfoncer son épée sur toute la longueur de la lame, jusqu’à la poignée",
    • et, au sens figuré, :"Enfoncé jusqu'au cou" et "S'enfoncer jusqu'au cou" (dans les ennuis).

Source : www.cnrtl.fr

"N'être que du baragouin" et "Baragouiner".

Ce mot de "Baragouin", ainsi que le verbe qui en découle, proviennent presque directement du breton, puisqu'ils sont constitués d'une contraction des mots "Bara" ("pain") et "Gwin" ("vin"), qui étaient très souvent prononcés par les premiers conscrits bretons !

Mais je ne me permettrais pas pour autant d'effectuer le moindre sous-entendu ou allusion douteuse sur la réputation actuelle de mes amis bretons à l'égard des boissons alcoolisées.

Source : Almanach Hachette. Petite encyclopédie populaire. 1906

"Un bleu".

Ce substantif polysémique peut avoir pas moins de... 16 significations différentes :

  • c'est d'abord ainsi que l'on appelle une ecchymose, dans le registre familier,

Ecchymose sur la cuisse

  • ou, au sens figuré, une blessure infligée à la psyché, aux sentiments ou à la pensée (on parle par exemple de "bleus à l'âme"),
  • mais également une personne sans expérience, un novice, nouvellement arrivé ou engagé, à l'armée ou au travail (registre familier),
  • un policier ou un gendarme (registre familier),

Policiers en intervention dans le métro

  • un sportif de haut niveau français, sélectionné dans l'équipe nationale de sa discipline,

L'équipe de France de handball

  •  un fromage dont les champignons contenus dans la pâte forment des veines de couleur bleue,

Fomage bleu

  • un vêtement de travail ("bleu de travail") utilisé pour la mécanique ("bleu de mécanicien") ou la chaufferie ("bleu de chauffe"),

 

  • un plan, schéma ou croquis reproduit sur papier au ferro-prussiate,
  • le document relié en bleu représentant le budget proposé par le gouvernement (par opposition au "vert", le budget voté par le Parlement),
  • un document de travail interministériel relatif à un projet de loi,
  • une maladie du lait et du vin blanc, causée par des bactéries.

Et c'était également autrefois :

  • un soldat des armées de la République durant la guerre de Vendée (surnom donné par les chouans),
  • puis, par extension, un républicain, par opposition aux "blancs" (royalistes) ou aux "rouges" (communistes),
  • un soldat états-unien nordiste confédéré durant la guerre de Sécession (par opposition aux "gris" sudistes unionistes),

Un soldat nordiste au corps à corps avec un soldat sudiste

  • un télégramme (registre familier),

  • un document utilisé dans la seconde moitié du XXe siècle par les coloristes de bande dessinée, afin d'appliquer leurs couleurs en aplats ("bleu d'imprimerie" : copie de la planche au format de parution, où les traits encrés apparaissaient en bleu clair).

un bleu de coloriage de bande dessinée

"Enfumer quelqu'un" ou "Se faire enfumer par quelqu'un".

Le verbe "Enfumer" signifie :

  • au sens propre, remplir ou environner de fumée.

"Enfumer un animal ou quelqu'un " c'est donc remplir de fumée le lieu où il se trouve, afin de l'obliger à sortir de son terrier ou de sa cache. Et cette technique est utilisé par les chasseurs, les forces de l'ordre ou les militaires.

  • et au sens figuré, tromper par des mensonges.

On dit par exemple : "Les hommes politiques français ont une fâcheuse propension à enfumer leur auditoire avec leur novlangue".

Quand le "lieutenant" était un "tenant lieu de".

Comme moi j'imagine, vous serez sans doute nombreux à découvrir ici que le mot "lieutenant" relève presque... du "verlan" !

Ce terme désigne en effet :

  • aujourd'hui :
    • dans le domaine de l'armée, de la marine, de la police ou des pompiers, celui qui est subordonné au capitaine, et qui avait autrefois le second rang dans le grade ou le commandement,
    • par extension, dans l'armée, celui qui tient la place du chef de guerre en l'absence celui-ci, ou le seconde ordinairement,
    • et par analogie, celui qui est le second de quelqu'un, à qui il est tout dévoué ; l'auxiliaire de quelqu'un, son disciple,
  • et, sous l'Ancien Régime, l'officier de justice qui secondait ou suppléait un autre officier.

Il était le "tenant du lieu" ou le "tenant lieu de", c'est-à-dire celui qui était chargé par délégation d'une responsabilité de chef.

Ayant en théorie beaucoup de travail, le titulaire - un officier supérieur appartenant à la noblesse - empochait en effet les émoluments et se faisait assister par un suppléant, le "lieutenant", qui faisait tout le travail.

Source : www.cnrtl.fr

On n'écrit pas : "Autant pour moi" !

Mais : "Au temps pour moi" !

  • au sens propre, cette locution averbiale est une expression militaire du registre désuet, signifiant qu'un des soldats n'est pas dans le temps en faisant un mouvement, et que l'opération doit être reprise depuis le début. Les saluts militaires avec des armes étant parfois très compliqués, une hésitation de quelques soldats dans un peloton peut immédiatement donner une impression de désordre.
  • et elle exprime, au figuré, la reconnaissance d'une erreur de la part du locuteur.

Celui qui parle reconnaît que la faute vient de lui. Et fait généralement suivre cette formule de la correction de l'erreur commise.

En disant par exemple : "Lundi soir j'ai dû me coucher vers 23H... au temps pour moi ; plutôt vers 0H30 !".

Source : wikipedia.org

"Montéhus".

Montéhus

Il s'agit du nom de scène du chansonnier français Gaston Mardochée Brunswick, né le 9 juillet 1872 et mort le 31 décembre 1952. Il est notamment l'auteur des chansons antimilitaristes "Gloire au 17e", "La Butte Rouge" et "La Jeune Garde".

D'abord socialiste modéré, il évolue en 1906 vers un antimilitarisme radical, avant de rejoindre l'Union sacrée en 1914, et d'adhérer à la SFIO dans les années 1930.

"Un piou-piou" ou "Un pioupiou".

Ce mot construit du registre familier, construit à partir de l'onomatopée du cri du jeune poussin peut désigner, selon le contexte :

  • un oiseau,
  • un jeune fantassin. Il s'agit d'un néologisme dû à Antoine-François Varner, qui l'a inventé dans une comédie publiée en 1838 et intitulée "Le Pioupiou". Le mot a ensuite connu un grand succès dans le sillage de la chanson de Montéhus, "Gloire au 17e", composée en souvenir de la mutinerie des soldats du 17e régiment d'infanterie de Narbonne (11), qui avaient refusé de tirer sur les manifestants lors de la révolte des vignerons du Languedoc en 1907. Après 1914, le mot "Pioupiou" a subi de nombreuses concurrences, notamment celles des mots "Bidasse" et "Troufion", qui l'ont supplanté dans le langage courant.
  • dans la nomenclature de l'ESF (Ecole du Ski Français), un enfant de 3 à 6 ans qui ne sait pas encore ou très peu skier,
  • un anémomètre autonome principalement destiné aux amateurs de vol libre.

Alimenté par un panneau solaire et communiquant ses données via un signal radio, il peut être placé n'importe où, même sans électricité ni connexion internet. Les données ainsi récoltées sont compilées sur un site internet public, qui permet de connaître en temps réel la direction et la force du vent pour l'ensemble des Pioupious présents sur le territoire.

Source : wikipedia.org

"Un bélier".

Il s'agit d'une machine de guerre en forme de poutre, beaucoup utilisé au Moyen Âge pour forcer l'ouverture des portes.

Bélier ancien (la machine de guerre)

  • L’origine de cet engin de siège remonte à l’Antiquité, où il était utilisé pour enfoncer les murs des fortifications ou les portes.

Bélier sur roue

Dans sa version la plus simple, le bélier est juste un gros tronc d’arbre manoeuvré par plusieurs personnes et projeté avec force contre un obstacle. La quantité de mouvement emmagasinée par le bélier était suffisante pour endommager la cible si le tronc était assez massif et/ou était déplacé assez rapidement (c'est-à-dire, avec suffisamment de vitesse).

Bélier moderne de force d'intervention

  • De nos jours, les béliers ont encore de nombreux usages différents.

Les équipes de certaines forces de police peuvent avoir recours à de petits béliers métalliques manoeuvrés par un ou deux hommes, afin de défoncer des portes verrouillées et pour donner l’assaut à un bâtiment.

D'autres béliers modernes sont composés d’un cylindre dans lequel un piston est automatiquement mis à feu au moment de l'impact, ce qui renforce la puissance de l'impact de manière significative.

Bélier (l'animal)

Dans tous les cas, le nom de cet engin découle de celui de l'animal "Bélier", qui est le mâle adulte non châtré chez les ovins, réservé pour la reproduction (production d'"agneaux") ; le mâle châtré s'appellant le "Mouton" et la femelle, la "Brebis".

Source : wikipedia.org