"Un carabin" et "Une carabine".

Ces deux substantifs possèdent de nombreux sens que l'on ignore souvent :

  • "Un carabin" signifie en effet tout à la fois :
    • dans le registre désuet :
      • un soldat de cavalerie légère portant une carabine et que l’on employait d’ordinaire dans les reconnaissances ou les escarmouches (XVIe siècle),
Un carabin ou soldat de cavalerie légère armé d'une carabine
Un carabin ou soldat de cavalerie légère armé d'une carabine
      • du sarrasin ou "farine de blé noir",

Du sarrasin ou "farine de blé noir"

      • ou : celui qui se contente de hasarder quelque chose au jeu et qui se retire ensuite, qu’il ait perdu ou gagné.

On dit par exemple : "C'était un vrai carabin au jeu".

    • et dans le registre familier, encore aujourd'hui : un étudiant en médecine,
Un carabin et une carabine
Un carabin et une carabine
  • tandis que "Une carabine" désigne aussi bien :
    • une petite arquebuse puis un mousquet, c'est à dire une arme à feu du type fusil, d'abord utilisée au XVIe siècle par les carabins, des soldats de cavalerie légère,

Une carabine russe

    • dans le registre familier : une étudiante en médecine (féminin de "carabin"),
    • et dans le registre familier, ainsi que dans le registre désuet : la maitresse, souvent pauvre, d’un étudiant en médecine.

Sources : wiktionary.org

"Se requinquer" ou "Se refaire une santé".

Ces deux locutions verbales relèvent du langage courant.

Et elles signifient : recouvrer la santé, guérir, se rétablir, retrouver la forme.

Et par extension : améliorer sa situation.

On dit par exemple : "Le parti va devoir se requinquer s'il ne veut pas subir une terrible défaite aux prochaines élections européennes".

Ou : "La société a su se refaire une santé après quelques années difficiles où ses concurrents avaient pris le dessus".

Et on dit également, dans le registre familier : se refaire la cerise.

"La colocation" et "La collocation".

Une fois encore, l'orthographe a ici toute son importance et, comme vous allez pouvoir le constater, la présence d'un seul ou de deux "l" change radicalement le sens de ce mot :

La colocation, dans le feuilleton états-unien "Friends", diffusé du 22 septembre 1994 au 6 mai 2004 sur NBC et créée par Marta Kauffman et David Crane
La colocation, popularisée par le feuilleton états-unien "Friends", diffusé du 22 septembre 1994 au 6 mai 2004 sur la chaîne NBC et créée par Marta Kauffman et David Crane
  • "La colocation" - avec un seul "l" -, désigne en effet la location d'un même logement par plusieurs locataires, constituant leur résidence principale et formalisée par la conclusion d'un contrat unique ou de plusieurs contrats entre les locataires et le bailleur,
La colocation dans le film français "L'auberge espagnole", réalisé en 2002 par Cédric Klapisch
La colocation popularisée par le film français "L'auberge espagnole", réalisé en 2002 par Cédric Klapisch
  • tandis que "La collocation" - avec deux "l" - désigne :
    • en droit : le classement judiciaire des créanciers dans l'ordre de leur paiement,
    • en linguistique : l'association attendue d'un mot à un autre au sein d'un texte,
    • en calcul numérique : une méthode de calcul (dont je ne saurais vous expliquer quoi que ce soit !),
    • et, en Belgique, enfin, autrefois tout du moins, : l'hospitalisation sans consentement, désormais appelée "mise sous protection".

Source : wiktionary.org

Que signifie donc les sigles "AG" ou "TAG", lorsqu'il s'agit de désigner un trouble ou une maladie ?

Eh bien tout simplement : anxiété généralisée et trouble anxieux généralisé.

Ces deux pathologies se caractérisent par la présence d’inquiétudes et d’anxiété excessives et chroniques.

Le temps moyen quotidien passé à se faire du souci serait en effet d'environ 310 minutes par jour, contre 55 minutes pour le reste de la popiulation.

Au-delà des problèmes réels, actuels ou déjà vécus, et de la bien naturelle anticipation de leurs conséquences négatives, les patients souffrant d'AG ou de TAG s'inquiètent d'événements ayant une très faible probabilité de se produire, telles que la fin du monde, l'enlèvement ou la chute d'une météorite géante.

Leur mode de raisonnement est en effet le suivant : "si je ne m'inquiète, il pourrait arriver un malheur".

L'AG ou le TAG se déclarent en général au début de l'adolescence ou de l'âge adulte, et ils s'installent en général lentement et progressivement, sachant que l'on repère fréquemment une tendance à se faire du souci déjà présente dans l'enfance.

www.quebec.ca et tcc.apprendre-la-psychologie.fr

Connaissez-vous "La prosopagnosie" ?

Il s'agit du vocable médical désignant un trouble de la reconnaissance des visages, empêchant de se souvenir de ses interlocuteurs.

Il s'agit d'une maladie relativement rare, atteignant environ 2,5% de la population mondiale, dont reconnaissent être atteints des personnalités telles que l'acteur français Thierry Lhermitte, le journaliste français Philippe Vandel ou l'acteur américain Brad Pitt.

"Un menton en galoche".

Un menton en galoche

Cette locution nominale masculine en forme d'idiotisme corporel relève du registre familier.

Et elle désigne : un menton saillant.

Cette affection est appelée médicalement : prognathie mandibulaire ou prognathisme mandibulaire(pour la machoire du bas) ou maxillaire (pour la machoire du haut).

 

"Cogner comme un sourd", "Frapper comme un sourd" ou "Taper comme un sourd" et "Gueuler comme un sourd" ou "Hurler comme un sourd".

Ces différentes locutions verbales relèvent du registre familier (et du registre argotique pour "Gueuler comme un sourd").

Toutes les six se fondent sur le fait que l'on pourrait croire que la personne qui cogne, frappe, tape, crie, gueule ou hurle est sourde car elle ne semble pas se rendre compte du vacarme qu'elle génère.

Et elles signifient respectivement :

"Cogner comme un sourd", "Frapper comme un sourd", "Taper comme un sourd"

  • "Cogner comme un sourd", "Frapper comme un sourd" ou "Taper comme un sourd" : cogner, frapper ou taper très très fort.

On dit par exemple : "J'arrive : inutile de cogner comme un sourd !"

"Crier comme un sourd", "Gueuler comme un sourd" ou "Hurler comme un sourd"

  • et "Crier comme un sourd", "Gueuler comme un sourd" ou "Hurler comme un sourd" : crier très fort, hurler.

On dit par exemple : "Tu n'as pas fini de gueuler comme un sourd : on a compris que ton équipe a perdu !".

Source : www.linternaute.fr

"La prognathie" ou "Le prognathisme" et "La rétroprognathie" ou "Le rétroprognathisme".

Une jeune femme prognathe c'est à dire atteinte de prognathie

  • La prognathie ou le prognathisme (du grec pro, "avant" et gnathos, "mâchoire") est une configuration faciale selon laquelle une ou les deux mâchoires sont projetées en avant par rapport à la "verticale" allant du front au nez.

Lorsqu'une seule des deux machoires est concernée, on parle de prognathie ou de prognathisme mandibulaire ou maxillaire.

Mais dans les écrits non-médicaux, lorsque le terme est employé seul, il désigne généralement une avancée de la mâchoire inférieure.

La personne atteinte de prognathie ou de prognathisme est dite "prognathe".

Et le grand public parle plus couramment de "menton en galoche" ou de "menton saillant".

Une jeune femme rétrognathe c'est à dire atteinte de rétrognathie

  • La réthrognathie ou le rétrognathisme (du grec retro, "arrière" et gnathos, "mâchoire"), phénomène inverse, caractérise une ou deux machoires situées en retrait de cette ligne. L'angle facial est la mesure qui permet d'évaluer le prognathisme.

La personne atteinte de rétroprognathie ou de rétroprognathisme est dite "rétrognathe".

Et le grand public parle plus couramment de "menton fuyant".

Source : wikipedia.org

"L'abbé de l'Épée".

L'abbé Charles-Michel de l'Épée (1712-1789), bienfaiteur des sourds-muets

Nombre de français n'ont dû découvrir ce nom qu'à l'occasion d'une lecture détaillée de la profession de foi pour le deuxième tour des élections présidentielles du 24 avril 2022 de Marine Le Pen.

Celle-ci propose en effet la panthéonisation de ce prêtre français, précurseur de l'enseignement spécialisé dispensé aux personnes sourdes.

Charles-Michel de L'Épée, appelé abbé de L'Épée, est né Charles-Michel Lespée, le 24 novembre 1712  et mort le 23 décembre 1789.

L'INJS (Institut National des Jeunes Sourds), fondé par l'abbé de l'Épée, à Paris (75 005)

Il est le fondateur de l'INJS (Institut National des Jeunes Sourds), à Paris (75).

L'INJS se situe à proximité immédiate de la rue qui porte aujourd'hui son nom.

Plaque de la rue de l'abbé de l'Épée, à Paris (75 005)

De nombreuses autres villes posssèdent des voies appelées "Abbé de l'Épée" : Amiens (80), Bordeaux (33), Clermont-Ferrand (63), Marseille (13), Montpellier (34), Nantes (44), Poitiers (86), Reils (51), Rouen (76), Saint-Jean-de-la-Ruelle (45), Strasbourg (67) ou Versailles (78), sa ville natale.

Mais aussi Bruxelles (Belgique) ou Montréal (Canada).

L'abbé de l'Épée est également l'inventeur de la LSF ou Langue des Signes Françaises.

L'abbé Charles-Michel de l'Épée (1712-1789), inventeur de la langue des signes

D'abord avocat, il est ordonné prêtre en 1736.

Possédant une fortune personnelle, l'abbé décide de consacrer son temps aux oeuvres de charité.

Entre 1760 et 1762, il découvre deux soeurs sourdes à la rue des Fossés-Saint-Victor, les soeurs en questions communiquant entre elles par des signes. Leur précepteur, le père Vanin, étant décédé en 1759, il accepte de le remplacer pour enseigner aux jumelles. L'abbé de L'Épée étudie les signes employés par ces filles. Et sa maison se transforme en école ouverte à tous les sourds où il accueille 60 élèves sourds. Il a alors l'idée de mettre au point un alphabet à deux mains avec lequel les sourds pourront communiquer.

Au fil du temps, l'abbé aura 19 disciples qui fonderont plus tard 17 écoles pour les sourds.

Le 23 décembre 1789, devenu pauvre et infirme en se privant durant des mois pour servir toujours au mieux ses chers élèves, Charles-Michel de l'Épée meurt à l'âge de 77 ans.

Enseignement de la LSF

L'abbé de l'Épée a mis en place la recherche sur une langue des signes méthodique utilisable par les sourds, afin de lier ces signes avec le français écrit, mais, comme l’a ultérieurement souligné Ferdinand Berthier, son erreur fut de vouloir assimiler la structure syntaxique du français à celle de la gestuelle des sourds.

Contrairement à ce que certains croient encore, ce n'est pas l'abbé de L'Épée qui a éduqué des sourds, même avec des gestes. Comme dit Pierre Desloges : "Ce n'est donc pas Monsieur l'abbé de L'Épée qui a créé et inventé ce langage ; tout au contraire, il l'a appris des sourds et muets". En revanche, c'est le regroupement des élèves sourds dans son institution et le besoin de communiquer entre eux qui favorisèrent et perfectionnèrent la LSF, la langue naturelle des sourds.  Car il est vain de vouloir enseigner aux sourds sans tenir compte de leur identité culturelle.

L'abbé Charles-Michel de l'Épée (1712-1789), inventeur de la langue des signes

Postérité

  • L'abbé de l'Épée a été immortalisé par l'acteur français Jacques Mathou, dans le superbe film "Ridicule" de Patrice Leconte, en 1996.

L'acteur français Jacques Mathou

Timbre-poste français de 1959 rendant hommage à l'abbé de l'Épée, bienfaiteur des sourds-muets, au profit de la Croix-Rouge française

Source : wikipedia.org

 

"La malignité".

Ce substantif féminin relève du registre soutenu.

Et il désigne, selon le contexte :

  • la tendance à faire le mal, à essayer de nuire en secret, en se servant des ressources de l'intelligence et de l'imaginatione ; la malveillance, la perfidie,

On dit par exemple : "Je me suis toujours méfié de la malignité de ce dirigeant".

  • ou : le caractère dangereux et insidieux d'une affection et sa tendance à s'aggraver.

En particulier, le caractère cancéreux d'une tumeur.

On dit par exemple : "Il s'agit malheureusement d'un cancer dont la malignité est particulièrement redoutable".

Source : Le Robert, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Une fièvre de cheval".

Cette locution nominale féminine en forme d'idiotisme animalier et d'idiotisme médical relève du registre familier.

Et elle désigne au sens figuré : avoir une température corporelle extrêmement élevée, avoisinant les 40 degrés centigrades ; la température normale se situant entre 36,2 °C et 37,7 °C environ.

Source : www.microlife.fr