"Le mariage est consommé" et "Le divorce est consommé".

La formule "est consommé" n'a absolument pas la même signification dans ces deux expressions :

  • "Le mariage est consommé" signifie que les époux se sont unis charnellement,

Un mariage "non consommé", donc, au sein duquel les époux n'ontpas eu de relations sexuelles, peut être reconnu par le Pontife romain comme étant nul pour une juste cause, à la demande des deux parties ou d'une seule, même contre le gré de l'autre.

  • tandis que "Le divorce est consommé" signifie, au sens figuré, puisque l'expression s'utilise à propos de personnes non mariées, que la rupture est définitive, la séparation actée.

Les journalistes sportifs disent par exemple : "Entre l'attaquant brésilien et le club de la capitale, le divorce est désormais consommé".

" 'Est 'aud 'ais 'est 'on !".

Cette formule étrange, utilisée lors d'un repas, après après avoir commencé à goûter un mets arrivé très chaud sur la table, constitue une façon plaisante et humoristique de signifier à son commensal que "C'est chaud mais c'est bon".

"Ne pas s'en faire".

Le "en" dont il est ici question, c'est naturellement "du souci".

Et cette locution du registre familier signifie donc tout simplement "Ne pas se faire de souci".

"Le corps du délit n'est pas forcément un cadavre" !

Il s'agit en effet d'un objet prouvant matériellement l’existence d’un délit ou d’un crime.

Il peut donc certes s'agir d'un cadavre. Mais tout aussi bien d'une fenêtre brisée, d'une porte forcée ou d'un véhicule carbonisé.

On n'écrit pas : "Un pélerin" ou "Un pélerinage" !

Mais : "Un pèlerin" et "Un pèlerinage" !

Avec un"è", car ces mots se prononcent "pèlerin" et "pèlerinage", et non "pélerin" ou "pélerinage".

Il s'agit ici d'un parfait exemple de l'importance de la prononciation ; une mauvaise prononciation entraînant ipso facto une mauvaise orthographe.

"Se mettre à poil" et "Se retrouver à poil".

Ces deux expressions du registre argotique peuvent avoir, selon le contexte, deux significations très différentes :

  • au sens propre, elles signifient en effet respectivement :
    • "Se mettre à poil" : se dénuder, se mettre nu. Ou "Se dépoiler" (registre argotique).

On dit par exemple : "On s'est mis à poil dans les fourrés et on a plongé dans le lac".

Sur un sujet contigu, je me permets de recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Se déshabiller".

    • et "Se retrouver à poil" : se retrouver nu.

On dit par exemple : "On s'est retrouvé à poil sans avoir dit un mot".

  • tandis qu'au sens figuré, elles signifient respectivement :
    • "Se mettre à poil" : se dévoiler totalement.

On dit par exemple : "Je me suis mis à poil, tu sais tout : à toi de tout me dire en ce qui te concerne à présent".

    • et "Se retrouver à poil" : se retrouver démuni, sans rien.

On dit par exemple : "Après mon divorce, je me suis retrouvé à poil : j'allais aux Restos du Coeur".

Sur un sujet contigu, je me permets de recommander la lecture de mon article "Se promener à poil", "Être à poil" ou Être torsepoil".

"Se promener à poil", "Être à poil" ou "Être torsepoil".

Dans ces trois locutions verbales relevant du registre argotique, la locution adjectivale "À poil" ou le suffixe "Poil" signifient "Nu".

  • "Se promener à poil" signifie par conséquent : se promener nu,

On dit par exemple : "Quand je suis seul chez moi je me promène très souvent à poil".

  • "Être à poil" : être nu,

On dit par exemple : "J'étais à poil quand le facteur a sonné".

  • et "Être torsepoil" : être torse nu.

On dit par exemple : "Quand je suis arrivé chez Michel il était torsepoil en train de préparer le barbecue".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous suggérer la lecture de mon article "Se mettre à poil" ou "Se retrouver à poil".

"Reprendre du poil de la bête".

Cette expression étrange du registre familier signifie, selon le contexte :

  • "aller mieux après avoir été très malade, reprendre des forces",
  • ou "reprendre l'avantage sur un adversaire, après avoir été en situation de faiblesse"

Elle trouve son origine dans la croyance populaire en vertu de laquelle appliquer le poil d’une bête ayant mordu quelqu'un sur la plaie permettrait de guérir celle-ci.

Source : www.expressio.fr et wikipedia.org

"Comme par un fait exprès" et "On le dirait fait exprès pour vous".

Ces deux locutions homographes n'ont absolument pas la même nature ni la même signification :

  • Dans "Comme par un fait exprès", le mot "fait" est en effet un substantif et "fait exprès" est donc une locution nominale, qui désigne un fait favorisant ou - le plus souvent - contrariant un projet. Et qui, bien que dû au hasard, semble voulu et concerté.

Ainsi, "fait exprès" exprime souvent, de manière ironique, la contrariété face à un empêchement.

On dit par exemple : "C'est tout de même incroyable : je dis que je veux voir une émission à la télévision et, comme par un fait exprès, tu me demandes de t'emmener faire des courses !".

  • Tandis que dans "On le dirait fait exprès pour vous", le mot "fait" est un adjectif et "fait exprès" est donc une locution adjectivale, qui désigne une adaptation naturelle, des dispositions naturelles pour ce dont il s’agit".

On dit par exemple : "Ce tailleur vous sied à ravir : on le dirait fait exprès pour vous".

Dans les deux cas le mot "fait" se prononce "faite" car le "t" final est suivi d'une voyelle.

Voir à ce sujet mon article sur la prononciation du mot fait.

"Un fait".

Ce mot qui signifie "une action" se prononce :

  • au choix "fai" ou "faite" lorsqu'il est au singulier.

On dit par exemple : "Être coutumier du fai" ou "Être coutumier du faite" pour "Être coutumier du fait".

    • mais "faite" si le mot est suivi d'une voyelle et que la liaison amène à prononcer le "t".

On dit par exemple : "Comme par un faite exprès" pour "Comme par un fait exprès".

  • et uniquement "fai" lorsqu'il est au pluriel :

On dit par exemple : "Les fai sont là" ou "Les fai sont têtus" pour "Les faits sont là" et "les faits sont têtus".