Ne pas confondre : "Ils sont neuf" et "Ils sont neufs".

L'orthographe (la présence d'un "s" final au mot "neuf") prend ici toute son importance, puisque ces deux locutions homophones signifient respectivement :

  • "Ils sont neuf"  : ils sont "au nombre de neuf" ("9"),
  • et "Ils sont neufs"  : ils ne sont pas d'occasion, ils n'ont jamais été déballés ni a fortiori utilisés.

Et, à ce sujet, le collectionneur invétéré que je suis profite de l'occasion qui lui est ici donnée de préciser que le "neuf" doit être distingué de l'"état neuf".

"Un frimas" et "tu frimas"

  • "Un frimas" est un brouillard froid et épais se cristallisant en tombant et formant du givre.
  • et "Tu frimas", deuxième personne du singulier du passé simple du verbe "Frimer" (registre familier) signifie "Tu cherchas à te faire remarquer".

"La paie" ou "La paye".

Ce mot féminin du langage courant désigne à la fois ;

  • l'action de payer un salarié ("la paye du personnel"),
  • ou le salaire perçu, la somme touchée par ledit salarié ("Dépenser toute sa paye").

Il peut s'écrire de deux façons différentes, chacune des deux graphies étant parfaitement correcte.

On a toutefois de plus en plus tendance à écrire "Paie".

Tout en prononçant majoritairement "pai-ye".

Pourquoi dit-on : "Tirer la chasse" voire "Tirer la chaîne" ?

Réplique de toilettes anciennes avec chasse d'eau suspendue, chaîne et tirette, permettant de "Tirer la chaîne" ou "Tirer la chasse".

On dit en effet couramment "Tirer la chasse" - voire "Tirer la chaîne" - lorsque l'on a fini d'utiliser des toilettes, alors même qu'il s'agit le plus souvent d'appuyer sur un bouton (dans les toilettes publiques, notamment) ou de le "soulever", bien plus que de le "tirer".

Pictogramme montrant un individu en train de "tirer la chasse"

L'explication est toute simple : c'est parce que le réservoir d'eau des toilettes se trouvaient originellement en hauteur (pour de simples raisons techniques de gravité, j'imagine) et que l'on en libérait le jet nettoyant (la "chasse d'eau") en tirant sur une "poignée" ou "tirette" pendant au bout d'une petite chaîne.

Ancienne tirette de chasse d'eau suspendue et sa chaîne, du temps où l'on "tirait la chaîne"
Ancienne tirette de chasse d'eau suspendue et sa chaîne, du temps où l'on "tirait la chaîne"

C'était en particulier le cas dans la plupart des toilettes des vieux cafés-restaurants jusqu'à il y a encore quelques dizaines d'années à peine.

Comme me l'a judicieusement précisé un aimable lecteur, les installations étant fréquemment vétustes et mal entretenues, il y avait souvent des "accidents de chasse" !

Une lectrice m'a ainsi rapporté se souvenir d'avoir une fois reçu sur elle l'intégralité du contenu de la cuve ; ce qui avait naturellement eu pour conséquence de l'asperger de la tête aux pieds !

Le procédé technique ayant fort heureusement évolué, on a commencé par ne plus dire "Tirer la chaîne", mais encore souvent "Tirer la chasse".

"Un plafonniste" et "Un plafonnier".

Ces deux substantifs qu'il doit être bien difficile de distinguer pour nos amis apprenants de FLE se rapportent naturellement tous deux aux plafonds.

  • Mais "Plafonniste" est un néologisme désignant un spécialiste des plafonds.

Plafonnier

  • tandis que le mot "Plafonnier" désigne un appareil d'éclairage électrique, directement appliqué sur le plafond, sans suspension.

Plafonnier automobile

Le mot s'utilise notamment pour parler de la lampe d'éclairage fixée au plafond des automobiles.

www.cnrtl.fr

Quel est donc le féminin des mots "Prédécesseur" et "Successeur" ?

Voila bien une question qui fait polémique !

  • Concernant le mot "Prédécesseur" (registre soutenu), certains considèrent que celui-ci n’étant ni un titre, ni une fonction, mais une situation, un état, la distinction du genre -donc du sexe - n’est pas pertinente.
    • Le Larousse ou le CNRTL indiquent que ce substantif est toujours masculin, même pour désigner une femme.

Pour d’autres, tout mot peut - ou doit - adopter le genre de la personne désignée :

      • Le Robert, comme l'OQLF retiennent ainsi le terme "Prédécesseure",
      • mais on rencontre également le terme "Prédécesseresse",
      • ou le terme "Prédécesseuse",
      • voire le rarissime et épouvatable "Prédécessrice", cité par le CNRTL.
  • Et concernant le mot "Successeur", son antonyme, sa forme féminine n’est pas encore établie :
    • Elle n’existe pas pour Larousse ou le CNRTL,
    • alors que le Robert et l’OQLF proposent le terme "Successeuse".

L’usage n’ayant à ce jour fixé aucune forme, les différentes propositions sont acceptables.

Source : wiktionary.org, www.cnrtl.fr et www.question-orthographe.fr

"Je suis", "Je suis" et "J'essuie".

Avez-vous déjà imaginé le désarroi qui peut-être celui de nos jeunes enfants ou amis étrangers lorsqu'ils peuvent entendre ou lire ces formes conjuguées à la première personne du singulier des verbes "Être", "Suivre" et "Essuyer" ?

Les deux premières sont en effet parfaitement homophonographes :

  • "Je suis", première personne du singulier du verbe "Être",
  • et "Je suis", première personne du singulier du verbe "Suivre",
  • et la troisième, "J'essuie", première personne du singulier du verbe "Essuyer", est paronymique puisqu'elle se prononce "jai-sui" !

Tout cela peut évidemment prêter à confusion :

  • Ainsi d'un jeune migrant africain non francophone de ma connaissance, qui n'avait pas compris la recommandation que lui faisait un éducateur de suivre l'un de ses camarades ("Tu suis Ibrahim") et lui avait répondu "Non, moi je suis Mohamed !"...
  • Ou de cette délicieuse blague, narrée à la suite de la publication de cet article par Jonatan, un fidèle lecteur finnois que je remercie ici, :

Une jeune fille raconte à l'une de ses amies :

"Je suis Jennifer Lopez sur Instagram".
"Quoi ? Mais comment parviens-tu à faire une chose pareille ?"
« Et ben.... je clique sur Jennifer et je la suis...".

"Avoir perdu la tête" et "Ne pas avoir de tête".

Ces deux expressions du langage courant ne signifient absolument pas la même chose :

  • "Avoir perdu la tête", c'est en effet être devenu fou.

Ou avoir été décapité, autrefois, mais la formule n'a que rarement été utilisée en ce sens, sinon au second degré...

  • tandis que "Ne pas avoir de tête", c'est être terriblement distrait, toujours tout oublier.

"Les femmes sans mails", "Les femmes sans méls", "Les femmes s'emmêlent" ou "Les femmes s'en mêlent" ?

  • Les femmes sans mails n'ont pas de courriels,
  • Les femmes sans méls non plus,
  • les femmes qui s'emmêlent :
    •  se mêlent, s'enchevêtrent,
    • deviennent confuses, complexes, embrouillées,
    • se prennent dans quelque chose de telle sorte qu'elles ont du mal à s'en dégager,
    • s'embrouillent dans leurs actions ou leurs discours,
  • et les femmes qui s'en mêlent se préoccupent de quelque chose, s'y intéressent.

"Sans encombre".

Cette locution adverbiale du langage courant s'utilise assez couramment pour dire : sans obstacle, sans embarras, sans accident, sans difficulté matérielle ou morale.

On dit par exemple : "Ma commande est arrivée sans encombre malgré les grèves".

En revanche, le substantif masculin "Encombre" - qui signifie : obstacle, embarras, difficulté d'ordre matériel ou moral - ne s'emploie, lui, que très rarement.

Sources : wiktionary.org et www.cnrtl.fr

"Fleurer" et "Fleurir".

Ces deux verbes paronymiques ne doivent évidemment pas être confondus :

  • "Fleurer" est en effet un verbe synonyme d'"Embaumer", qui signifie : exhaler ou répandre une odeur agréable, sentir bon.
  • Tandis que le verbe "Fleurir" signifie : "être en fleurs", "couvrir de fleurs" ou "se couvrir de fleurs".

On dit par exemple :

    • "Les cerisiers fleurissent au printemps",
    • "Je vais chaque année fleurir la tombe de ma grand-mère",
    • ou "Vivement la venue du printemps, que les pelouses du parc fleurisse".